La Commission européenne s'invite dans le combat contre les « fake news »
Et annonce un ensemble de mesures pour lutter contre ce problème

Le , par Olivier Famien, Chroniqueur Actualités
À la faveur des diverses informations douteuses publiées en ligne lors des élections américaines, allemandes et françaises, les utilisateurs, les entreprises et les gouvernements sont d’accord pour agir afin de mettre un terme, sinon freiner ces campagnes de fausses informations (fake news en anglais) visant à tromper l’opinion publique.

Alors que plusieurs entités, notamment les plateformes de réseau de social comme Facebook et Twitter, et aussi d’autres entreprises comme Google et la fondation Mozilla ont déjà manifesté ouvertement leur désir de lutter contre ce phénomène de désinformation en proposant des pistes d’actions, l’on n’attendait plus que l’Union européenne s’invite dans le débat. Depuis quelques jours, c’est maintenant chose faite.

Mariya Gabriel, qui a pris fonction à son nouveau poste au sein de la Commission européenne depuis le mois de juillet dernier en tant que commissaire pour l’économie et la société numériques, a déclaré devant un parterre de journalistes il y a quelques jours qu’il « est évident que nous avons besoin d’une approche européenne, en plus des pratiques et lois nationales. » Elle a renchéri en affirmant que « si nous ne mettons rien en place, les exemples d’abus ne feront que se multiplier. Il est réellement important d’assurer ce type de cohérence au niveau européen. »

Nous rappelons que plusieurs pays n’ont pas attendu la Commission européenne pour mener des actions afin de lutter contre ces fausses informations publiées sur la toile. L’Allemagne a déjà adopté une loi afin de faire payer jusqu’à 50 millions d'euros les plateformes en ligne comme Facebook, Twitter et autres types de médias sociaux qui comptent plus de 2 millions d’utilisateurs s’il est établi que des fausses informations ou des propos haineux ont été publiés sur leur plateforme et que ceux-ci n'ont pas été supprimés 24 heures après avoir été signalés. L’Italie pour sa part a donné en ce début d’année son avis sur la manière dont l’Europe doit s’y prendre pour lutter contre ces fausses informations en mettant en place un réseau d’agences indépendantes dédiées à cette tâche. Au-delà de l’Union européenne, nous avons la République tchèque qui a annoncé son intention de créer cette année un centre pour réguler les fake news.

Consciente donc des dérives qui pourraient résulter de la disparité des actions menées par chaque entreprise et chaque gouvernement au sein de l’Union européenne, Mariya Gabriel a annoncé un ensemble de mesures qui seront mises en place progressivement afin de s’attaquer efficacement à ce problème.

D’emblée, la nouvelle commissaire chargée du numérique annonce qu’un groupe d’experts de haut niveau sera mis en place incessamment pour l’aider à combattre la désinformation en ligne. En plus de cette mesure, Mariya Gabriel soutient qu’elle emploiera les deux ou trois prochains mois à rédiger une proposition de consultation publique sur le sujet, ce qui pourrait constituer un moyen idéal pour recueillir les avis à l’effet d’alimenter d’éventuelles nouvelles règles en la matière. Toutefois, la commissaire souligne qu’il « est prématuré de parler de législation ».

À un plus bas niveau, Mariya Gabriel pointe du doigt la responsabilité dont les médias sociaux devraient faire preuve et affirme que « les plateformes [en ligne] ont un devoir de vigilance » vis-à-vis des publications effectuées sur leur réseau et devraient donc mettre tout en œuvre pour garantir la crédibilité des informations véhiculées sur leur plateforme. À ce niveau, il faut préciser que plusieurs entreprises ont déjà mis en œuvre des outils pour faire de leurs plateformes des sources d’informations fiables, toute chose qui garantira la survie de leurs activités en ligne.

Par ailleurs, pour que chacun n’y aille pas de sa propre appréciation pour le retrait des informations jugées préjudiciables à des tiers, et aussi pour éviter des censures illégales sur ces réseaux sociaux, la Commission européenne pourrait annoncer le mois prochain des exigences communes entourant le retrait des fausses informations publiées par les utilisateurs sur ces plateformes en ligne. Nous rappelons qu’un groupe de députés européens a déjà demandé ce printemps à la Commission d’intégrer les mesures à une réglementation contraignante en créant des règles communes dans toute l’Union, afin d’éviter un excès de zèle à travers les pays de l’Union européenne.

Toutefois, les entreprises technologiques manifestent leurs inquiétudes face à ces mesures et soulignent que l’on ne devrait pas mettre de côté la loi européenne qui stipule qu’elles ne sont pas responsables des informations publiées sur leurs sites.

Au vu des dérives résultant des fausses informations publiées sur la toile, ne doit-on pas réviser cette loi pour contraindre ces entreprises à mieux veiller sur les contenus publiés sur leurs sites ? En offrant une plateforme de diffusion d’informations, ces entreprises ne devraient-elles pas avoir une responsabilité partagée avec les personnes publiant les fake news, en se constituant comme un réceptacle de fausses informations nuisibles à des tiers ?

Source : Euractiv

Et vous ?

Les mesures proposées par la Commission européenne vous semblent-elles efficaces pour lutter contre ces fake news ?

Selon vous, quelles solutions pourraient être envisagées pour lutter contre ces fausses informations en ligne ?

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Fausses actualités : « les gens sont clairement plus bêtes, ils ne vérifient rien », conclut un professionnel des fausses actualités
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Avatar de Neckara Neckara - Expert éminent sénior https://www.developpez.com
le 01/09/2017 à 15:55
Il était temps qu'on se penche sur la question...

Peut-être qu'on pourra enfin avoir, dans les média, un journalisme professionnel de qualité qui cite ses sources.

Citation Envoyé par Olivier Famien Voir le message
L’Allemagne a déjà adopté une loi afin de faire payer jusqu’à 50 millions d'euros les plateformes en ligne comme Facebook, Twitter et autres types de médias sociaux qui comptent plus de 2 millions d’utilisateurs s’il est établi que des fausses informations ou des propos haineux ont été publiés sur leur plateforme et que ceux-ci n'ont pas été supprimés 24 heures après après avoir été signalés.
Facebook et Twitter ne sont pas aptes à déterminer si un propos est faux, ni même si un propos est haineux et donc que le propos contrevient à la loi. D'autant plus qu'on peut redouter qu'ils fassent de l'excès de zèle. L'accusé est aussi automatiquement déclaré coupable sans même avoir pu défendre sa cause.

Il est dangereux de déléguer des activités de Justice à des entreprises privées. Au pire qu'elles puissent signaler des contenus aux autorités compétentes.

L’Italie pour sa part a donné en ce début d’année son avis sur la manière dont l’Europe doit s’y prendre pour lutter contre ces fausses informations en mettant en place un réseau d’agences indépendantes dédiées à cette tâche. Au-delà de l’Union européenne, nous avons la République tchèque qui a annoncé son intention de créer cette année un centre pour réguler les fake news.
On établi des critère sur le retrait des informations, mais rien sur le contenu de l'information ?

Que les affirmations doivent être correctement sourcées, qu'il ne faut pas user de certains raisonnements qui sont des sophismes, etc. ?

Si on n’établit pas de critères objectifs, la censure ne sera qu'arbitraire et subjective. Tu publies une information et tu croises les doigts sans savoir si elle sera considérée vraie ou fausse par la Pravda. Parce que c'est bien là le problème, peut importe si l'information est vraie ou fausse, l'important est qu'elle soit admise comme vraie par l'organisme qui fera office d'autorité. Et une autorité qui décide ce qui est vrai de ce qui est faux... c'est très dangereux.

Si on pouvait déjà, juste contrôler la forme, sans même avoir à contrôler le fond, par le biais de règles objectives, ce serait déjà une grande avancée.

D’emblée, la nouvelle commissaire chargée du numérique annonce qu’un groupe d’experts de haut niveau sera mis en place incessamment pour l’aider à combattre la désinformation en ligne.
Ce n'est pas très différent d'un réseau de propagande .
Avatar de nox1492 nox1492 - Membre du Club https://www.developpez.com
le 01/09/2017 à 22:09
Il y a aussi le décret du moi d'aout sur les injures non publiques :
https://www.legifrance.gouv.fr/affic...tegorieLien=id

On durci peu à peu la répression. On est clairement dans un régime autoritaire maintenant.
Avatar de Neckara Neckara - Expert éminent sénior https://www.developpez.com
le 02/09/2017 à 8:37
C'est n'importe quoi.

Je n'ai jamais compris en quoi une injure à caractère sexistes, homophobe, transphobe, handiphobe, ou racistes, était plus "grave" que des injures à tout autre caractère, e.g. de divergences politiques, de métier (e.g. policier, pompier, fonctionnaire, politique, etc.). Sur quel(s) principe(s) auraient-ils un statu particulier ?

Le pire, c'est qu'on a aussi "en raison de", déjà bon courage pour prouver la pensée de l'accuser au moment du délit... c'est ce qu'on appelle une police de la pensée. Et on insère l'identité de genre, alors que cela n'a jamais été correctement, et scientifiquement défini ! On ne peut même pas déterminer si ça existe réellement, c'est comme se demander si Dieu existe sans même être capable de définir ce qu'est "Dieu".

Il faut aussi se méfier, car certains sont aussi très prompt à voir du racisme et du sexisme là où ils veulent en voir. Et en déformant un peu les définitions du racisme ou du sexisme, on peut aussi pas mal s'amuser.

J'espère que notre gouvernement ne va pas devenir full-SJW retard. Sinon, je ne sais pas dans quel pays je pourrais trouver refuge.
Avatar de nox1492 nox1492 - Membre du Club https://www.developpez.com
le 02/09/2017 à 9:47
Livre à lire absolument : 1984 de George Orwell.
Disponible gratuitement ici : http://ebook-gratuit-francais.com/ebook/orwell-1984/

Voir aussi la vidéo d'Etienne Chouard :
https://youtu.be/sxKpFsjqxGY
Avatar de _skip _skip - Expert éminent https://www.developpez.com
le 02/09/2017 à 12:04
Citation Envoyé par Neckara Voir le message
C'est n'importe quoi.

Je n'ai jamais compris en quoi une injure à caractère sexistes, homophobe, transphobe, handiphobe, ou racistes, était plus "grave" que des injures à tout autre caractère, e.g. de divergences politiques, de métier (e.g. policier, pompier, fonctionnaire, politique, etc.). Sur quel(s) principe(s) auraient-ils un statu particulier ?

Le pire, c'est qu'on a aussi "en raison de", déjà bon courage pour prouver la pensée de l'accuser au moment du délit... c'est ce qu'on appelle une police de la pensée. Et on insère l'identité de genre, alors que cela n'a jamais été correctement, et scientifiquement défini ! On ne peut même pas déterminer si ça existe réellement, c'est comme se demander si Dieu existe sans même être capable de définir ce qu'est "Dieu".

Il faut aussi se méfier, car certains sont aussi très prompt à voir du racisme et du sexisme là où ils veulent en voir. Et en déformant un peu les définitions du racisme ou du sexisme, on peut aussi pas mal s'amuser.
Ben oui la suite est la suivante: on commence par introduire des délits de racismes, antisémitismes etc avec des critères super flous... Et ensuite on fait des lois pour empêcher une personne condamnée pour ce type de délit de se présenter à une élection, ce qui semble tout à fait moralement acceptable à priori, c'est clair personne ne veut de nouveau hitler . Ainsi on élimine des adversaires politiques à moindre frais.

Le problème avec les délits de non alignement bien pensant, non-gauchisme en général, c'est qu'on peut toujours condamner, ça les empêche pas d'exister. Et il y a hélas des personne très prompte à s'offusquer au moindre de mot de travers ou à la moindre allusion qui pourrait laisser penser que....

Les mesures proposées par la Commission européenne vous semblent-elles efficaces pour lutter contre ces fake news ?
Selon vous, quelles solutions pourraient être envisagées pour lutter contre ces fausses informations en ligne ?
Pour ce qui est de l'UE, je pense aussi que les journaux qu'elle subventionne sont des modèles d'objectivité journalistique et n'ont aucun parti pris idéologique... Le monde quelqu'un?

Le problème c'est pas de lutter contre la désinformation, c'est plutôt qui exactement décide de ce qui est de la désinformation et j'ai AUCUNE confiance en tout ce qui touche de près ou de loin à l'UE pour arbitrer.
Avatar de toutwd toutwd - Nouveau membre du Club https://www.developpez.com
le 02/09/2017 à 13:48
Au lieu de nous fabriquer une vrai Europe des citoyens, la commission Européenne part en bataille contre les fake news, p.... ça fait peur pffffff.
Bon à la fois c'est un peu normal que les politiciens Européen veuillent s'en occuper, c'est les premiers concernés par le problème, et pour cause... casserole & compagnies
Il me semble qu'il y à plus important pour "l’Européen basique"
- Lutte contre le travail déplacé (physiquement ou pas, volontairement ou pas)
- Les banques véreuses (tout le mode les connait)
- Le paradis fiscaux (tout le mode les connait)
- Les conflits d'intérêts (tout le mode les connait)
- Les concurrences déloyales entre pays (L’Irlande, pays des grosses multinationales Américaine qui ne veulent pas payer d’impôts)
- Un internet gratuit et libre pour tous avec un débit digne de se nom (selon moi aujourd’hui internet est comme l'alphabet, la parole, il doit être gratuit à tous)
- etc, etc, la liste est longue comme un jour sans pain....

Alain
Avatar de Madmac Madmac - Membre averti https://www.developpez.com
le 06/09/2017 à 0:04
Citation Envoyé par Neckara Voir le message
Il était temps qu'on se penche sur la question...

Peut-être qu'on pourra enfin avoir, dans les média, un journalisme professionnel de qualité qui cite ses sources.

Facebook et Twitter ne sont pas aptes à déterminer si un propos est faux, ni même si un propos est haineux et donc que le propos contrevient à la loi. D'autant plus qu'on peut redouter qu'ils fassent de l'excès de zèle. L'accusé est aussi automatiquement déclaré coupable sans même avoir pu défendre sa cause.

Il est dangereux de déléguer des activités de Justice à des entreprises privées. Au pire qu'elles puissent signaler des contenus aux autorités compétentes.
Je ne suis pas sûr que le privé soit le pire, généralement ils mentent par omission. Par contre, les gouvernements censurent volontairement des informations critiques et pénalisent les gens qui osent révélé la vérité.

http://www.lepoint.fr/high-tech-inte...1851519_47.php
Avatar de Neckara Neckara - Expert éminent sénior https://www.developpez.com
le 06/09/2017 à 7:19
Citation Envoyé par Madmac Voir le message
Je ne suis pas sûr que le privé soit le pire, généralement ils mentent par omission. Par contre, les gouvernements censurent volontairement des informations critiques et pénalisent les gens qui osent révélé la vérité.
Je pensais plus à un organe de la Justice, ou un organe indépendant. Il faut conserver la séparation des pouvoirs.
Avatar de Madmac Madmac - Membre averti https://www.developpez.com
le 07/09/2017 à 4:34
Citation Envoyé par Neckara Voir le message
Je pensais plus à un organe de la Justice, ou un organe indépendant. Il faut conserver la séparation des pouvoirs.
Je suis de moins en moins sûr que l'on puisse compté sur les gouvernements pour quoique ce soit. Depuis que la plupart des pays se sont dotés de Chartes des Droits de l'homme, l'Occident est devenu malade de son système politique. Et je constate une montée du marxisme culturel à travers l'Europe de l'ouest et l'Amérique. Quand une Cour Suprême est consulté pour déterminer le nombre de genre, je crois que l'on est en train de toucher le fond.

Avec en plus le génocide culturel des Européens organisé par l'Union Européenne, Je deviens de plus en plus réceptif aux types qui prêchent pour un état minimum.
Avatar de Neckara Neckara - Expert éminent sénior https://www.developpez.com
le 07/09/2017 à 4:53
Citation Envoyé par Madmac Voir le message
Quand une Cour Suprême est consulté pour déterminer le nombre de genre, je crois que l'on est en train de toucher le fond.
Personnellement, c'est à la Science de répondre à cette question, et certainement pas à la Justice. La Justice n'a pas à se substituer à la Science.

D'ailleurs était-ce réellement le nombre de genre, ou le nombre d'identity gender ? Ce n'est pas la même chose, malgré ce que certains militants voudraient nous faire croire.
Pour rappel, le genre est médicalement défini, il est le regroupement du sexe biologique et des stéréotypes qui lui sont associés. On en distingue pour le moment que deux (?). L'identity gender n'a jamais, à ma connaissance, été correctement défini, donc on ne sait même pas ce que c'est...

Par contre, attention, je ne dis pas qu'il faut tout censurer, ni même qu'il faut censurer. Je pense qu'on peut sanctionner, mais qu'il vaut mieux se contenter de pédagogie, et ne sanctionner que les cas vraiment extrêmes et récidivistes.
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