Google : un employé a créé un fonds de grève pour aider les employés qui décident de se retirer du projet Dragonfly
Qui avance à grands pas

Le , par Bill Fassinou

55PARTAGES

15  0 
Google développe un prototype de son moteur de recherche censuré pour la Chine, qui relie les recherches des utilisateurs à leurs numéros de téléphone personnels, facilitant ainsi la surveillance par le gouvernement chinois des requêtes des internautes. Le moteur de recherche, baptisé Dragonfly, a été conçu pour les appareils Android et supprimerait les contenus jugés sensibles par le régime du Parti communiste chinois, tels que les informations sur les dissidents politiques, la liberté d’expression, la démocratie, les droits de l’homme et même sur les manifestations pacifiques. Des voix se sont levées contre ce projet de Google. Les principaux groupes de défense des droits de l’homme ont critiqué Dragonfly, car pour eux, cela pourrait avoir pour conséquence que l'entreprise « contribue directement aux violations des droits de l'homme ou en devienne complice ». Et même le vice-président américain a demandé à Google de renoncer au projet Dragonfly.

Mi-septembre, le quotidien The Intercept a affirmé avoir obtenus des détails qui montrent que Google a compilé une liste noire de censure comprenant des termes tels que « droits de l'homme », « protestation des étudiants » et « prix Nobel » en mandarin. un ancien chercheur principal de Google, a déclaré qu’il était l’un des cinq employés à avoir démissionné de la société en raison de Dragonfly. Jack Poulson, a avertit dans une lettre les législateurs américains contre les « projets inquiétants » que Google serait en train d’envisager de mettre en place en Chine. Le vice-président américain, Mike Pence, qui s’en est pris avec virulence au vol de technologies américaines par la Chine, a exhorté Google à renoncer sans attendre à poursuivre la mise au point de Dragonfly.


Il y a quelques jours, des employés de Google ont demandé à l'entreprise de renoncer à son projet Dragonfly. Dans une lettre ouverte publiée mardi dernier, des employés de Google ont demandé à leur employeur d’annuler le projet au nom de code Dragonfly, qui désigne une version censurée du moteur de recherche destiné au marché chinois. De plus, les employés ont demandé à la société de ne pas réagir contre les lanceurs d'alerte qui divulgueraient les détails de projets internes secrets s'ils étaient dans l'intérêt du public.

Yonatan Zunger, l'un des principaux ingénieurs de la société, faisait partie d'un petit groupe à qui on avait demandé de travailler sur Dragonfly. Présent lors de certaines des premières réunions, il a indiqué aux responsables du projet que les Chinois risquaient d'être interrogés ou placés en détention s'ils découvraient qu'ils avaient utilisé Google pour rechercher des informations interdites par le gouvernement. Scott Beaumont, responsable des opérations chez Google en Chine et l'un des principaux architectes de Dragonfly, ne considérait pas les préoccupations de Zunger comme suffisamment importantes pour mériter un changement de cap, selon quatre personnes ayant travaillé sur le projet. Selon les sources du quotidien The Intercept, Beaumont et d’autres dirigeants ont exclu les membres de l’équipe chargée de la sécurité et de la protection de la vie privée de toute réunion sur le moteur de recherche.

Les dirigeants de Google ont estimé que Dragonfly était si sensible qu'ils communiquaient verbalement à ce sujet et ne prenaient pas de notes écrites lors de réunions dans le but de réduire les traces de papier, selon les sources de The Intercept. Seulement quelques centaines des 88 000 employés de Google ont été informés du plan de censure. Certains ingénieurs et autres membres du personnel informés du projet ont appris qu'ils risquaient de perdre leur emploi s'ils osaient en discuter avec des collègues qui ne travaillaient pas eux-mêmes sur Dragonfly. « Les dirigeants étaient déterminés à empêcher les fuites au sujet de Dragonfly de se propager dans l’entreprise », a déclaré un employé de Google au courant du projet. « Leur plus grande crainte était que l'opposition interne ralentisse nos opérations », a-t-il ajouté.

Néanmoins, toutes les mesures prises par Google pour que ce projet reste confidentiel sont vaines. Bon nombre d'employés sont déjà informés et n'hésitent pas à saisir toutes les occasions pour protester. Un employé a annoncé la création d'un fonds de grève destiné à aider les employés qui décident de se retirer du projet. L'ingénieur Liz Fong-Jones s'est servie de son compte Twitter pour plaider en faveur d'une grève si la direction de Google faisait pression sur l'équipe de sécurité et de confidentialité de l'entreprise pour qu'elle approuve DragonFly. « S'ils ne sont pas autorisés à faire leur travail, c'est un autre signal qui indique clairement que démissionner le 1er février est la bonne décision pour moi », a-t-elle écrit avant de lancer une collecte de « fonds de grève ou de démission massive » de 100 000 $. Elle mettait régulièrement à jour son compte au fur et à mesure que les employés internes s'engageaient à sa cause. En l'espace de trois heures, Fong-Jones a déclaré qu'elle avait réuni les 100 000 USD.

Cependant, Un mémo interne soutenant DragonFly en tant que projet « bien conforme à la mission de Google » aurait été signé par plusieurs centaines d'employés. « La Chine compte le plus grand nombre d'utilisateurs d'Internet parmi tous les pays du monde, et pourtant, la plupart des services de Google ne sont pas disponibles en Chine », est-il écrit. « Cette situation est en contradiction flagrante avec notre mission » qui est de structurer l'information partout dans le monde et de la rendre universellement accessible et utile ». Néanmoins, la direction de Google subit de plus en plus de pressions pour déterminer le degré de dissidence qu'il va tolérer et comment elle traitera les employés qui s’opposent publiquement aux décisions de l’entreprise. Pendant des années, la culture d'entreprise de Google lui a permis d'empêcher que les désaccords internes ne se propagent au grand public. Mais au cours des derniers mois par exemple, la collaboration de la société avec le Pentagone a provoqué une insatisfaction interne.

Certains médias américains ont rapporté début mars que le géant de l'intelligence artificielle accompagne également le Département américain de la Défense dans son projet Maven. La contribution exacte de Google n'est pas claire, mais le simple fait que Google soit plus ou moins impliqué dans cette affaire a scandalisé certains employés ayant connaissance de l'affaire, avant que cette information sorte de l'entreprise. Des milliers d'employés de Google, dont des dizaines d'ingénieurs seniors, ont donc signé une lettre pour protester contre l'implication de l'entreprise dans le programme du Pentagone. « Nous pensons que Google ne devrait pas être impliqué dans la guerre », peut-on lire dans la lettre. Les auteurs de la lettre estiment que la participation de Google au projet du Pentagone va de manière irrémédiable salir l'image de l'entreprise et réduire sa capacité à rivaliser avec les autres géants de la technologie pour attirer les talents. Ils rappellent en effet que Google lutte déjà pour garder la confiance du public. La question qui se pose à présent est de savoir si Google va simplement demander à ses employés de se taire ou d'indiquer clairement à ceux qui souhaitent se plaindre publiquement qu'ils ne sont plus les bienvenus

Source : Compte Twitter

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ?

Voir aussi

Chine : Google propose un prototype de son moteur de recherche qui lie les utilisateurs à leurs numéros de téléphone

Le vice-président américain demande à Google de renoncer à Dragonfly une version censurée de son moteur de recherche proposée à Pékin

Des employés de Google demandent à l'entreprise de renoncer à son projet Dragonfly une version censurée du moteur de recherche pour le marché chinois

Un scientifique chevronné de Google présente sa démission et regrette que la firme est en train de renoncer à ses valeurs pour retourner en Chine

Une retranscription écrite d'une réunion contredit les démentis de Google à propos de Dragonfly qui pourrait être lancé bientôt

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-le nous !

Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 04/12/2018 à 8:08
Citation Envoyé par Doksuri Voir le message
donc la quadrature du net c'est poubelle ?
Il ne me semble pas que ce soit en lien avec Google et la Chine.

Mais sinon on peut parler de la neutralité du net, normalement tous les utilisateurs sont égaux, il n'y a pas de priorité et aux USA certains veulent changer ça.
Donc on s'éloigne de la philosophie de base du net.

Au début tout le monde disait "Internet c'est génial tout le monde peut partager ses passions et ses opinions !" et maintenant ça fait peur au système, puisque avec internet on peut partager des informations qui ne vont pas dans le sens des médias dominant, sans internet il n'y aurait peut-être pas eu l’élection de Trump, le Brexit, les Gilets Jaunes, l'alliance extrême gauche/extrême droite en Italie, etc.

Citation Envoyé par Doksuri Voir le message
vu que ca se passe en chine, il n'y a aucune chance pour que ca nous arrive, c'est ca ?
Les pratiques chinoises sont contre nos valeurs. (c'est une civilisation totalement différente de la notre)
En théorie en France on défend la liberté.
Malheureusement les gouvernements veulent de plus en plus surveiller et contrôler leur peuple.
Avant c'était facile les gens n'avaient pas d'alternative aux médias mainstream, mais maintenant c'est fini, les gens ont perdu confiance dans les grands médias et s'informent ailleurs.
Par exemple :
«BFM, collabos»: trois journalistes conspués à la mobilisation toulousaine des Gilets jaunes (VIDEO)

Du coup le modèle chinois risque de déteindre sur la France
Certains en rêvent depuis longtemps :
Christophe Barbier : "Ça se régule aussi Internet... Les Chinois, ils y arrivent bien !"

===
Le modèle chinois n'est pas compatible avec nous.
Par exemple, là-bas il y a un système de point pour déterminer si on est un bon citoyen.
J’espère que ça n'arrivera jamais en France, mais on sait jamais...

On sait que la surveillance US possède les informations personnelles de tout le monde, grâce à Google, Microsoft, Apple et tout ça.
Peut-être qu'un jour la NSA et les services de surveillance Français collaboreront ensemble.
Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 12/12/2018 à 6:01
Sundar Pichai : « Pour le moment, il n'est pas prévu de lancer un moteur de recherche en Chine »
le PDG de Google tente de calmer le jeu face au Congrès US

En mi-septembre, nous rapportions que Google a mis au point un prototype de moteur de recherche censuré pour la Chine, qui relie les recherches des utilisateurs à leurs numéros de téléphone personnels, facilitant ainsi la surveillance par le gouvernement chinois des requêtes des internautes.

Le moteur de recherche, baptisé Dragonfly, a été conçu pour les appareils Android et supprimerait les contenus jugés sensibles par le régime du Parti communiste chinois, tels que les informations sur les dissidents politiques, la liberté d’expression, la démocratie, les droits de l’homme et même sur les manifestations pacifiques.

Le quotidien The Intercept a affirmé avoir obtenu des détails qui montrent que Google a compilé une liste noire de censure comprenant des termes tels que « droits de l'homme », « protestation des étudiants » et « prix Nobel » en mandarin.

Les principaux groupes de défense des droits de l’homme ont critiqué Dragonfly, affirmant que cela pourrait avoir pour conséquence que l'entreprise « contribue directement aux violations des droits de l'homme ou en devienne complice ». Une préoccupation centrale exprimée par les groupes est que, au-delà de la censure, les données des utilisateurs sauvegardées par Google sur le territoire chinois pourraient être accessibles aux autorités chinoises, qui ciblent régulièrement les militants politiques et les journalistes.

La réaction de Google

Les tests internes de Google pour le développement d’un moteur de recherche censuré en Chine sont très prometteurs, a déclaré en octobre le PDG, Sundar Pichai, assurant « Qu’il s'avère que nous serons en mesure de traiter plus de 99% des requêtes ». Qui plus est, « Il existe de très nombreux domaines dans lesquels nous fournirions des informations meilleures que celles disponibles », telles que la recherche de traitements contre le cancer, a souligné Pichai. « Aujourd'hui, les gens reçoivent soit de faux traitements contre le cancer, soit des informations utiles ».

Malgré la controverse autour de ce projet, Pichai a décidé de ne pas faire marche arrière. Au contraire, il a affirmé que le potentiel d’exposition du monde à plus d’informations guidait l’avancée de Google en Chine. « Notre mission nous oblige à fournir des informations à tout le monde, et la Chine représente 20% de la population mondiale ».

Pichai a pris soin de souligner que cette décision pèse lourdement sur la société. « Les gens ne comprennent pas tout à fait, mais il faut toujours trouver un équilibre entre un ensemble de valeurs », a-t-il déclaré. Ces valeurs incluent l'accès à l'information, la liberté d'expression et la vie privée des utilisateurs. « Mais nous respectons également l’état de droit dans tous les pays », a-t-il déclaré.

Pichai essaye de calmer le jeu

Après avoir annoncé que Google n’allait pas reculer, Sundar Pichai a déclaré mardi 11 décembre à un panel du Congrès américain que Google n'avait pas l'intention de relancer un moteur de recherche en Chine, bien qu'il continue d'étudier cette idée.

Les législateurs et les employés de Google ont déclaré craindre que la société ne se conforme à la politique de censure et de surveillance de l’Internet en Chine si elle réintégrait le marché des moteurs de recherche du pays.

Il faut rappeler que la plateforme principale de recherche de Google est bloquée en Chine depuis 2010, mais l'unité Alphabet inc. tente de percer de nouveaux horizons dans ce pays, qui compte le plus grand nombre d'utilisateurs de smartphones au monde.


« Pour le moment, il n'est pas prévu de lancer un moteur de recherche en Chine », a déclaré Pichai au Comité judiciaire de la Chambre des représentants des États-Unis.

Mais il a ajouté que Google avait « développé et étudié en interne ce à quoi pourrait ressembler la recherche. Le projet est en cours depuis un moment. À un moment donné, plus de 100 personnes y ont travaillé, d’après ce que je comprends ».

Pichai a déclaré qu'il n'y avait pas de discussions en cours avec le gouvernement chinois. Il a promis qu'il serait « totalement transparent » avec les législateurs si la société venait à apporter les produits de recherche en Chine.

Dans une lettre adressée au législateur américain en août, Pichai a déclaré qu'un tel moteur de recherche apporterait de « vastes avantages » à la Chine, mais qu'il était difficile de savoir si Google pourrait lancer le service dans ce pays.

Un responsable du gouvernement chinois, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, a déclaré à Reuters le mois dernier qu'il était peu probable que Google obtienne l'autorisation de lancer un service de recherche en 2019.

Source : Reuters

Voir aussi :

Google décide d'accélérer la fermeture de Google+ après la découverte d'un nouveau bogue, qui affecte les informations de 52 millions d'utilisateurs
Mozilla n'est pas du tout content de l'adoption de Chromium par Microsoft, les navigateurs non basés sur la techno de Google sont-ils en danger ?
Après Google, Mozilla travaille à son tour au portage de son navigateur sur Windows 10 ARM, en collaboration avec Qualcomm
Google propose aux bêta testeurs Waymo One, son service de taxis autonomes, qui sera limité pour le moment à la ville de Phoenix
Google annonce qu'il va arrêter son application de messagerie Google Allo en 2019 pour se concentrer sur Messages
Avatar de Michael Guilloux
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 17/12/2018 à 23:06
Google aurait décidé d'avorter « au moins à court terme » son projet de moteur de recherche censuré en Chine
face à la protestation de ses employés

Google a fait face à une grande vague de contestations internes ces derniers mois à cause de son projet de création d'un moteur de recherche censuré en Chine.

L'information a fait l'objet d'une fuite relayée par The Intercept au début du mois d'août. Selon le quotidien consacré au journalisme d'investigation, Google a mis au point un prototype de moteur de recherche censuré pour la Chine, qui relie les recherches des utilisateurs à leurs numéros de téléphone personnels, facilitant ainsi la surveillance par le gouvernement chinois des requêtes des internautes. Le moteur de recherche, baptisé Dragonfly, a été conçu pour les appareils Android et supprimerait les contenus jugés sensibles par le régime du Parti communiste chinois tels que les informations sur les dissidents politiques, la liberté d’expression, la démocratie, les droits de l’homme et même sur les manifestations pacifiques. The Intercept a affirmé avoir obtenu des détails qui montrent que Google a compilé une liste noire de censure comprenant des termes tels que « droits de l'homme », « protestation des étudiants », etc.

Des sources proches de Dragonfly ont ajouté que la plateforme de recherche semblait également avoir été conçue pour remplacer les données sur la pollution atmosphérique et la météo par des informations fournies directement par une source anonyme à Pékin. Le gouvernement chinois a l'habitude de manipuler des détails sur la pollution dans les villes du pays et une source de Google a déclaré que la société avait mis au point un système intégré à Dragonfly qui était essentiellement codé pour forcer les données fournies par la Chine. Cette source craignait donc que le système de recherche Dragonfly fournisse de fausses données sur la pollution en affichant une quantité de toxines dans l'air inférieure à ce qu’il en est réellement.


Les principaux groupes de défense des droits de l’homme ont critiqué Dragonfly, affirmant que cela pourrait avoir pour conséquence que l'entreprise « contribue directement aux violations des droits de l'homme ou en devienne complice ». Une préoccupation centrale exprimée par les groupes est que, au-delà de la censure, les données des utilisateurs sauvegardées par Google sur le territoire chinois pourraient être accessibles aux autorités chinoises, qui ciblent régulièrement les militants politiques et les journalistes.

Les employés de Google, à travers diverses formes de protestations, sont montés au créneau pour dénoncer le projet qui semble avoir obtenu la bénédiction des dirigeants du géant de la recherche en ligne. Google a également été interpellé par le vice-président américain, Mike Pence, qui a exhorté l'entreprise à renoncer sans attendre à poursuivre la mise en œuvre de Dragonfly.

Face à toute cette pression, Google a commencé à changer de langage concernant son projet de moteur de recherche censuré en Chine. Sundar Pichai, qui avait annoncé au départ que la firme n’allait pas reculer, a déclaré mardi 11 décembre à un panel du Congrès américain que Google n'avait pas l'intention de relancer un moteur de recherche en Chine, bien qu'il continue d'étudier cette idée. Mais d'après un nouveau rapport de The Intercept, citant deux sources anonymes, Google aurait fini par avorter son projet.

Ainsi, après des années d'absence du marché chinois de la recherche en ligne, Google va encore s'en priver. Les vagues de contestations internes et externes auraient en effet incité les dirigeants de l'entreprise à « arrêter au moins à court terme » le projet Dragonfly, moins de cinq mois après que l'information a été rendue publique.

Notons que ce n'est pas la première fois cette année que Google se voir contraint d'abandonner un projet de grande envergure face à la désapprobation de ses employés. Plutôt cette année, l'entreprise a décidé de ne pas renouveler son contrat avec le Département américain de la Défense (DoD) dans un projet baptisé Maven. Ce projet d'IA militaire vise à améliorer les opérations de drones en utilisant des technologies de reconnaissance d'images. Et selon le Pentagone, l'objectif initial de Maven était de fournir à l'armée une vision par ordinateur avancée, permettant la détection et l'identification automatique d'objets, dans pas moins de 38 catégories, capturés par la caméra d'un drone. Il va par conséquent permettre de suivre à la trace certaines cibles. Des intentions qui ont poussé plus de 3000 employés de Google à protester contre cette collaboration avec le Pentagone.

Sources : The Intercept, CNBC

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ?

Voir aussi :

Google décide d'accélérer la fermeture de Google+ après la découverte d'un nouveau bogue, qui affecte les informations de 52 millions d'utilisateurs
Mozilla n'est pas du tout content de l'adoption de Chromium par Microsoft, les navigateurs non basés sur la techno de Google sont-ils en danger ?
Après Google, Mozilla travaille à son tour au portage de son navigateur sur Windows 10 ARM, en collaboration avec Qualcomm
Google propose aux bêta testeurs Waymo One, son service de taxis autonomes, qui sera limité pour le moment à la ville de Phoenix
Google annonce qu'il va arrêter son application de messagerie Google Allo en 2019 pour se concentrer sur Messages
Avatar de Jonathan
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 05/03/2019 à 12:51
Google travaillerait toujours sur son moteur de recherche censuré pour la Chine selon des employés
mais l'entreprise nie tout en bloc

L'an dernier, Google a déclaré avoir abandonné son projet de lancer son moteur de recherche censuré, baptisé Dragonfly, en Chine. La société a déclaré qu'elle avait effectivement mis fin au projet et le PDG Sundar Pichai avait assuré au Congrès américain en décembre dernier qu'il n'y avait aucun projet de sortie du logiciel. Mais selon The Intercept, il semble qu'un groupe d'employés de la société n'étant pas convaincu a enquêté pour savoir ce qu'il en était réellement.

Il faut savoir qu'un grand nombre d'employés de Google avait déjà protesté contre le projet de lancement de ce moteur de recherche, conçu pour censurer de larges catégories d’informations liées aux droits de l’homme, à la démocratie, à la religion et aux manifestations pacifiques. S'il avait été mené jusqu'au bout, ce projet aurait offert à la Chine un moteur de recherche bloquant les résultats pour des sujets sensibles. Ces sujets auraient probablement inclus le massacre du Xinjiang, du Tibet et de la place Tiananmen, sur la base de ce qui est déjà censuré pour les moteurs de recherche existants en Chine.

Ce groupe d'employés a donc surveillé de près les systèmes internes de l'entreprise pour obtenir des informations sur le projet et a diffusé ses conclusions sur une liste de messagerie interne. Ils ont repéré environ 500 modifications apportées au code relatif à Dragonfly en décembre dernier, 400 autres modifications ont été apportées au code entre janvier et février de cette année, indiquant aux employés que le projet était toujours en cours. Ils ont également examiné les plans de budgétisation de l'entreprise et ont constaté qu'environ 100 travailleurs étaient encore regroupés dans le budget associé au projet Dragonfly.


Répondant aux dernières allégations, un porte-parole de Google a déclaré : « Cette spéculation est totalement inexacte. Comme nous le disons depuis plusieurs mois, nous n’avons pas l’intention de lancer ce moteur de recherche et aucun travail n’est entrepris pour un tel projet. Les membres de l'équipe ont migré vers de nouveaux projets. »

The Intercept révèle également qu'en raison du manque de transparence au niveau de la gestion de l'entreprise, Google a vu partir plusieurs de ses employés qualifiés. Colin McMillen, ingénieur logiciel chez Google pendant neuf ans, a quitté l'entreprise en début du mois de février de cette année et a déclaré qu'il était inquiet par rapport au projet Dragonfly, mais aussi par rapport à d'autres décisions éthiquement douteuses comme les indemnités de départ de plusieurs millions de dollars versées par Google aux cadres accusés de harcèlement sexuel.

Anna Bacciarelli, une chercheuse en technologie à Amnesty International, a demandé à Google de confirmer publiquement qu'elle avait abandonné ce projet pour toujours et pas seulement pour le moment. D'après elle, s'il s'avère exact que Google continue de travailler sur ce projet, ce serait non seulement un manquement à ses obligations en matière de droits de l’homme, mais ce serait aussi faire preuve indifférence suite aux appels à l'abandon de ce projet venant de plusieurs de ses employés ainsi que de plusieurs organismes à travers le monde.

Source : The Intercept

Et vous ?

Que pensez-vous de ce moteur de recherche censuré ?
Quelles peuvent être les conséquences de son lancement ?

Voir aussi :

Google utiliserait un site chinois qu'il a acheté pour développer une liste noire des termes de recherche qui sera incorporée dans la version locale
Chine : Google propose un prototype de son moteur de recherche qui lie les utilisateurs à leurs numéros de téléphone
Version censurée de Google Search en Chine : la firme ordonne la suppression d'un mémo qui confirme des détails explosifs
Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 06/03/2019 à 10:00
Citation Envoyé par Jonathan Voir le message
Que pensez-vous de ce moteur de recherche censuré ?
En Chine internet est censuré et Google ne souhaite pas se passer d'un gros marché.
Il doit y avoir plus d'1 milliard de chinois, ils peuvent devenir rentable pour Google. (il y a un paquet de pubs à afficher et d'informations personnelles à récupérer et à exploiter)

Il y a des gens en France qui rêvent de pouvoir censurer internet, mais ce n'est pas dans la culture française, donc ça ne devrait pas arriver.
Christophe Barbier : "Ça se régule aussi Internet... Les Chinois, ils y arrivent bien !"

Citation Envoyé par Jonathan Voir le message
Quelles peuvent être les conséquences de son lancement ?
Des employés de Google vont être un peu déçu par les décisions de leur entreprise, mais pour les chinois ça ne changera pas grand chose, tout est déjà censuré là-bas...

Le truc qui craindrait ce serait que Google remonte au gouvernement chinois la liste des utilisateurs qui ont effectué certaines requêtes (le gouvernement ferait ensuite baisser la note de civilité).
Avatar de ShigruM
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 06/03/2019 à 19:58
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message

Le truc qui craindrait ce serait que Google remonte au gouvernement chinois la liste des utilisateurs qui ont effectué certaines requêtes (le gouvernement ferait ensuite baisser la note de civilité).
quel genre de recherche ? quand on vois ou cela nous mene cette "internet" on peu se posé des questyon
genre ceux qui font des recherches sur le fn, les curée sur la pédophilie, les magouille européennes...etc. tous le système européen bâtie est la dessus.
comme qui dirais un typeque je ne nomerais point :
Un coup de pied dans cette baraque pourrie et tout s'écroulera
Contacter le responsable de la rubrique Accueil

Partenaire : Hébergement Web