Une retranscription écrite d'une réunion contredit les démentis de Google à propos de Dragonfly
Qui pourrait être lancé bientôt

Le , par Bill Fassinou, Chroniqueur Actualités
Vous n'êtes plus sans savoir maintenant que le géant américain Google a mis au point un prototype de moteur de recherche censuré pour la Chine, qui relie les recherches des utilisateurs à leurs numéros de téléphone personnels, facilitant ainsi la surveillance par le gouvernement chinois des requêtes des internautes. Le moteur de recherche, baptisé Dragonfly, a été conçu pour les appareils Android et supprimerait les contenus jugés sensibles par le régime du Parti communiste chinois, tels que les informations sur les dissidents politiques, la liberté d’expression, la démocratie, les droits de l’homme et même sur les manifestations pacifiques.

Des voix se sont levées contre ce projet de Google. Les principaux groupes de défense des droits de l’homme ont critiqué Dragonfly, car pour eux, cela pourrait avoir pour conséquence que l'entreprise « contribue directement aux violations des droits de l'homme ou en devienne complice ». Et même le vice-président américain a demandé à Google de renoncer au projet Dragonfly. Mi-septembre, le quotidien The Intercept a affirmé avoir obtenus des détails qui montrent que Google a compilé une liste noire de censure comprenant des termes tels que « droits de l'homme », « protestation des étudiants » et « prix Nobel » en mandarin.

un ancien chercheur principal de Google, a déclaré qu’il était l’un des cinq employés à avoir démissionné de la société en raison de Dragonfly. Jack Poulson, a avertit dans une lettre les législateurs américains contre les « projets inquiétants » que Google serait en train d’envisager de mettre en place en Chine. Le vice-président américain, Mike Pence, qui s’en est pris avec virulence au vol de technologies américaines par la Chine, a exhorté Google à renoncer sans attendre à poursuivre la mise au point de Dragonfly.


Les voix se sont levées disais-je, que ce soit de la part des employés de Google que des autorités américaines, contre le projet Dragonfly de la firme de Mountain View qui a nié à maintes occasions la création d’un moteur de recherche censuré dédié au marché chinois. Pour exemple, Keith Enright, le responsable de la confidentialité chez Google, a déclaré que Google n’était pas près de lancer un produit en Chine. « Si nous devions, en fait, finaliser un plan pour lancer un produit de recherche en Chine, mon équipe serait activement engagée. Nos contrôles de confidentialité et de sécurité seraient respectés et tout projet ou produit de ce type suivrait et serait cohérent avec nos valeurs en matière de confidentialité et de protection des données », avait-il déclaré.

Ben Gomes, le responsable du moteur de recherche chez Google, disait aussi qu’aucun projet du genre (Dragonfly) n’est en cours. « Nous ne sommes pas près de lancer un produit de recherche en Chine », disait-il. Et pourtant, le quotidien The Intercept vient d'obtenir une retranscription écrite d’une réunion organisée par Ben Gomes, avec une poignée d’employés travaillant sur la plateforme Dragonfly, où il remerciait ses collègues pour le travail abattu tout en précisant quelques détails sur la nature du projet concerné. « Vous avez mené à bien quelque chose d’extrêmement important pour l’entreprise - notre mission fondamentale de servir tous les utilisateurs du monde », dit-il.

« Je dois admettre que le voyage a été difficile. Mais je pense aussi qu’il a été très important et digne d’intérêt. Et je nous souhaite bonne chance pour atteindre notre destination le plus rapidement possible », continua-t-il dans les propos retranscrits avant de faire allusion à la date de lancement de la plateforme censurée qui aurait lieu dans six à neuf mois environ. « Sur le chemin je pense qu’il y a de nombreux avantages auxiliaires dont nous bénéficieront, non pas de notre travail direct mais des choses auxiliaires que nous ferons en Chine… C'est clairement la plus grande opportunité de servir plus de gens que ceux que nous servons déjà », précise-t-il.

« Je pense que la Chine fait partie des marchés les plus intéressants pour ne pas dire le plus intéressant dans le monde contemporain. Juste en étant là bas et en faisant attention au marché chinois, nous apprendrons beaucoup de choses car la Chine dirige maintenant le monde dans le domaine de certaines innovations », des propos qui en disent long sur les intentions de Google en Chine.

Source : The Intercept

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Avatar de Stéphane le calme Stéphane le calme - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 16/10/2018 à 14:57
Version censurée de Google en Chine : le PDG de Google se montre enthousiaste face aux progrès réalisés,
et explique le compromis

En mi-septembre, nous rapportions que Google a mis au point un prototype de moteur de recherche censuré pour la Chine, qui relie les recherches des utilisateurs à leurs numéros de téléphone personnels, facilitant ainsi la surveillance par le gouvernement chinois des requêtes des internautes.

Le moteur de recherche, baptisé Dragonfly, a été conçu pour les appareils Android et supprimerait les contenus jugés sensibles par le régime du Parti communiste chinois, tels que les informations sur les dissidents politiques, la liberté d’expression, la démocratie, les droits de l’homme et même sur les manifestations pacifiques.

Le quotidien The Intercept a affirmé avoir obtenus des détails ce vendredi qui montrent que Google a compilé une liste noire de censure comprenant des termes tels que « droits de l'homme », « protestation des étudiants » et « prix Nobel » en mandarin.

Les principaux groupes de défense des droits de l’homme ont critiqué Dragonfly, affirmant que cela pourrait avoir pour conséquence que l'entreprise « contribue directement aux violations des droits de l'homme ou en devienne complice ». Une préoccupation centrale exprimée par les groupes est que, au-delà de la censure, les données des utilisateurs sauvegardées par Google sur le territoire chinois pourrait être accessible aux autorités chinoises, qui ciblent régulièrement les militants politiques et les journalistes.

Google ne compte pas reculer

Les tests internes de Google pour le développement d’un moteur de recherche censuré en Chine sont très prometteurs, a déclaré lundi le PDG, Sundar Pichai, assurant « Qu’il s'avère que nous serons en mesure de traiter plus de 99% des requêtes ». Qui plus est, « Il existe de très nombreux domaines dans lesquels nous fournirions des informations meilleures que celles disponibles », telles que la recherche de traitements contre le cancer, a souligné Pichai. « Aujourd'hui, les gens reçoivent soit de faux traitements contre le cancer, soit des informations utiles »


Malgré la controverse autour de ce projet, Pichai a décidé de ne pas faire marche arrière. Au contraire, il a affirmé que le potentiel d’exposition du monde à plus d’informations guidait l’avancée de Google en Chine. « Notre mission nous oblige à fournir des informations à tout le monde, et la Chine représente 20% de la population mondiale ».

Pichai a pris soin de souligner que cette décision pèse lourdement sur la société. « Les gens ne comprennent pas tout à fait, mais il faut toujours trouver un équilibre entre un ensemble de valeurs », a-t-il déclaré. Ces valeurs incluent l'accès à l'information, la liberté d'expression et la vie privée des utilisateurs. « Mais nous respectons également l’état de droit dans tous les pays », a-t-il déclaré.

Un changement de cap

Il s’agit d’un revirement de la décision prise il y a environ huit ans. C’est d’ailleurs ce que l’EFF (Electronic Frontier Foundation), le défenseur des droits numériques, a rappelé dans un argumentaire visant à exhorter Google à ne pas suivre cette voie : « Huit ans après que Google se soit initialement opposé à la censure d’Internet en quittant le marché chinois de la recherche, nous sommes déçus d’apprendre que la société a réexaminé secrètement une collaboration étendue avec l’état de censure et de surveillance massive ».

Et de continuer en rappelant qu’en 2010, l’EFF et de nombreuses autres organisations ont félicité Google pour son refus de sacrifier les valeurs de l'entreprise pour l'accès au marché chinois. À l’époque, cette initiative faisait suite à des réactions publiques et à plusieurs attaques sur l’infrastructure de Google qui visaient les données personnelles de plusieurs militants des droits de l’homme chinois de premier plan.


« Le départ de Google de la Chine a montré que des valeurs fondamentales fortes en matière de droits de l’homme fondamentaux pouvaient surpasser le gain économique à court terme dans le calcul d’une société Internet. Mais maintenant, il semble que la société a changé de cap », a alors insisté l’EFF.

Une question de perspective

Mais Pichai ne voit pas les choses de cette manière. Selon lui, le moment est venu de réévaluer ce choix. « C'est un marché merveilleux et innovant. Nous voulions savoir à quoi cela ressemblerait si nous étions en Chine, c'est donc ce que nous avons développé en interne », a déclaré Pichai. « Compte tenu de l'importance du marché et du nombre d'utilisateurs, nous nous sentons obligés de réfléchir sérieusement à ce problème et d'adopter une vision à plus long terme », a-t-il ajouté.

Pichai était tout aussi prudent lorsqu’il avait discuté du travail de Google avec le ministère de la Défense, en particulier sur le contrat controversé baptisé Project Maven, visant à mettre au point une technologie de reconnaissance faciale boostée par de l’intelligence artificielle qui pouvait être utilisée par des drones militaires.

Les employés de Google et la grande communauté technologique ont vivement protesté contre le fait que les deux projets dépassent les frontières éthiques. À la suite de manifestations, Google a annoncé en juin qu'il ne renouvellerait pas son contrat sur le Project Maven. Plus tôt ce mois-ci, Google a également annoncé qu'il ne participerait pas à l'initiative JEDI (Joint Enterprise Defense Initiative).

Néanmoins, Pichai a déclaré que les commentaires des employés n’étaient pas la raison principale de l’abandon de Maven ou de JEDI.


« Tout au long de l'histoire de Google, nous avons beaucoup parlé de nos employés », a déclaré Pichai. « Mais nous ne gérons pas la société en organisant des référendums. C'est un apport important. Nous prenons cela au sérieux ». Cependant, sur la question de Maven, « c’est aussi le débat au sein de la communauté d’Amnesty International sur la façon dont vous percevez notre travail dans ce domaine », a expliqué Pichai.

De plus, le travail de Google avec l’armée est loin d’être terminé. Pichai a déclaré qu'ils continueraient à travailler sur un ensemble de projets dans les domaines de la cybersécurité, des transports, de la logistique et dans des domaines dans lesquels Google est particulièrement qualifié. Le seul domaine dans lequel la voix des employés pèse un peu plus est la manière dont « l'IA s'habitue aux armes autonomes ». Pichai l'a comparé aux progrès de la biologie. « Quand vous êtes aux prémices d’une technologie puissante», a-t-il déclaré, il est parfois nécessaire de s'auto-réguler.

Source : PDG de Google

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Avatar de Itachiaurion Itachiaurion - Membre habitué https://www.developpez.com
le 16/10/2018 à 16:58
Plus d'argent, pluuuuuuus, mon précieuuux argent, il en faut plus. retransmission d'une réunion chez le pdg d'alphabet

C'est quand même assez risible qu'il essaye encore de faire semblant d'être "gentil" et de respecter la confidentialité et tout ce qu'il ne pourront pas respecter en chine (et ne respecte pas ailleurs).
Avatar de Programming-Z Programming-Z - Membre habitué https://www.developpez.com
le 17/10/2018 à 8:39
Il essaie quand même de justifier la violation des droits de l'homme et la censure!
Avatar de Stéphane le calme Stéphane le calme - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 27/11/2018 à 18:54
Des employés de Google demandent à l'entreprise de renoncer à son projet Dragonfly,
une version censurée du moteur de recherche pour le marché chinois

Dans une lettre ouverte publiée mardi matin, des employés de Google ont demandé à leur employeur d’annuler le projet au nom de code Dragonfly, qui désigne une version censurée du moteur de recherche destiné au marché chinois. De plus, les employés ont demandé à la société de ne pas réagir contre les lanceurs d'alerte qui divulgueraient les détails de projets internes secrets s'ils étaient dans l'intérêt du public.

Citation Envoyé par employés Google
Nous sommes des employés de Google et nous nous associons à Amnesty International pour demander à Google d’annuler le projet Dragonfly, l’effort de Google visant à créer un moteur de recherche censuré pour le marché chinois permettant la surveillance par l’État.

Nous sommes parmi des milliers d'employés qui ont élevé notre voix pendant des mois. Des organisations internationales des droits de l'homme et des journalistes d'investigation ont également sonné l'alarme en insistant sur les graves préoccupations en matière de droits de l'homme et en appelant à plusieurs reprises Google à annuler le projet. Jusqu’à présent, la réponse de nos dirigeants n’a pas été satisfaisante.

Notre opposition à Dragonfly ne concerne pas la Chine: nous nous opposons aux technologies qui aident les puissants à opprimer les plus vulnérables, où qu’ils se trouvent. Le gouvernement chinois n’est certainement pas le seul à vouloir étouffer la liberté d’expression et à utiliser la surveillance pour réprimer la dissidence. Dragonfly en Chine créerait un dangereux précédent à un moment politique instable, empêchant Google de refuser aux autres pays des concessions similaires.

La décision de notre entreprise intervient alors que le gouvernement chinois étend ouvertement ses pouvoirs de surveillance et ses outils de contrôle de la population. Nombre d'entre elles reposent sur des technologies de pointe et associent activité en ligne, enregistrements personnels et surveillance de masse pour suivre et profiler les citoyens. Des rapports montrent déjà qui supporte les coûts, y compris les Ouïghours, les défenseurs des droits des femmes et les étudiants. Le fait de fournir au gouvernement chinois un accès rapide aux données des utilisateurs, conformément à la loi chinoise, rendrait Google complice de l'oppression et des violations des droits de l'homme.

Dragonfly permettrait également la censure et la désinformation dirigée par le gouvernement, et déstabiliserait la vérité sur laquelle reposent la délibération populaire et la dissidence. Compte tenu de la répression des voix dissidentes par le gouvernement chinois, de tels contrôles seraient probablement utilisés pour réduire au silence les personnes marginalisées et favoriser les informations qui vont dans le sens des intérêts du gouvernement.

Beaucoup d’entre nous ont accepté un emploi chez Google en gardant à l’esprit les valeurs de la société, y compris sa position antérieure sur la censure et la surveillance chinoises, et en comprenant que Google était une entreprise disposée à placer ses valeurs au-dessus de ses bénéfices. Après un an de déceptions, notamment avec le projet Maven, Dragonfly et le soutien de Google aux abuseurs, nous ne pensons plus que ce soit le cas. C’est pourquoi nous prenons position.

Nous nous joignons à Amnesty International pour exiger que Google annule Dragonfly. Nous exigeons également que les dirigeants s'engagent pour la transparence, une communication claire et une réelle responsabilité. Google est trop puissant pour ne pas être tenu responsable. Nous méritons de savoir ce que nous construisons et nous méritons d’avoir notre mot à dire dans ces décisions importantes.

Google est mis sous pression

Google a décrit l’application de recherche, connue sous le nom de Project Dragonfly, comme une expérience qui n’était pas proche du lancement. Mais comme des détails ont été divulgués depuis le mois d’août, les employés actuels et anciens, les défenseurs des droits de l’homme et les législateurs américains ont reproché à Google de ne pas s’opposer plus sévèrement à la politique du gouvernement chinois voulant que les résultats politiquement sensibles soient bloqués.

Le groupe de défense des droits de l'homme Amnesty International a également lancé mardi une pétition publique appelant Google à annuler Dragonfly. L'organisation a déclaré qu'elle encouragerait les travailleurs de Google à signer la pétition en les ciblant sur LinkedIn et en manifestant devant les bureaux de Google.

Environ 1 400 des 10 000 travailleurs de Google ont exhorté la société en août à améliorer la surveillance des entreprises éthiquement douteuses, notamment Dragonfly.

Google cherche depuis longtemps à renforcer sa présence en Chine, le plus grand marché Internet au monde. L’entreprise a besoin de l’autorisation du gouvernement pour faire concurrence aux principaux services Internet locaux du pays.

Les employés qui ont signé de leurs noms la lettre ouverte de mardi, ont déclaré avoir constaté peu de progrès et s'attendre à ce que davantage de collègues soutiennent publiquement l'annulation de Dragonfly.

La lettre exprime sa préoccupation devant le fait que le gouvernement chinois traque les dissidents à l'aide de données de recherche et supprime la vérité par le biais de restrictions de contenu.

Un porte-parole de Google a déclaré que la société n’avait pas de nouveau commentaire sur la lettre des employés, mais a rappelé ce que l'entreprise avait déjà déclaré : « Nous investissons depuis de nombreuses années pour aider les utilisateurs chinois, depuis le développement d’Android, via des applications mobiles telles que Google Translate ainsi que nos outils de développement. Mais notre travail de recherche n'a été qu'une exploration et nous n’avons pas l’intention de lancer un produit de recherche en Chine ».

Source : lettre ouverte, Reuters

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Avatar de bogonbo bogonbo - Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
le 27/11/2018 à 21:19
Dragon Endormi et Jeune Phénix, un seul suffit pour conquérir le monde. Je les ai tous les deux. Il est temps de faire revivre l'empire de Puyi.
Avatar de Bill Fassinou Bill Fassinou - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 30/11/2018 à 20:38
Google a exclu l'équipe de protection de la vie privée de toute réunion sur son projet Dragonfly,
la version censurée de son moteur de recherche pour la Chine

Vous n'êtes plus sans savoir maintenant que le géant américain Google a mis au point un prototype de moteur de recherche censuré pour la Chine, qui relie les recherches des utilisateurs à leurs numéros de téléphone personnels, facilitant ainsi la surveillance par le gouvernement chinois des requêtes des internautes. Le moteur de recherche, baptisé Dragonfly, a été conçu pour les appareils Android et supprimerait les contenus jugés sensibles par le régime du Parti communiste chinois, tels que les informations sur les dissidents politiques, la liberté d’expression, la démocratie, les droits de l’homme et même sur les manifestations pacifiques. Des voix se sont levées contre ce projet de Google. Les principaux groupes de défense des droits de l’homme ont critiqué Dragonfly, car pour eux, cela pourrait avoir pour conséquence que l'entreprise « contribue directement aux violations des droits de l'homme ou en devienne complice ». Et même le vice-président américain a demandé à Google de renoncer au projet Dragonfly.

Mi-septembre, le quotidien The Intercept a affirmé avoir obtenus des détails qui montrent que Google a compilé une liste noire de censure comprenant des termes tels que « droits de l'homme », « protestation des étudiants » et « prix Nobel » en mandarin. un ancien chercheur principal de Google, a déclaré qu’il était l’un des cinq employés à avoir démissionné de la société en raison de Dragonfly. Jack Poulson, a avertit dans une lettre les législateurs américains contre les « projets inquiétants » que Google serait en train d’envisager de mettre en place en Chine. Le vice-président américain, Mike Pence, qui s’en est pris avec virulence au vol de technologies américaines par la Chine, a exhorté Google à renoncer sans attendre à poursuivre la mise au point de Dragonfly.

Il y a quelques jours, des employés de Google ont demandé à l'entreprise de renoncer à son projet Dragonfly. Dans une lettre ouverte publiée mardi dernier, des employés de Google ont demandé à leur employeur d’annuler le projet au nom de code Dragonfly, qui désigne une version censurée du moteur de recherche destiné au marché chinois. De plus, les employés ont demandé à la société de ne pas réagir contre les lanceurs d'alerte qui divulgueraient les détails de projets internes secrets s'ils étaient dans l'intérêt du public.


« Nous sommes des employés de Google et nous nous associons à Amnesty International pour demander à Google d’annuler le projet Dragonfly, l’effort de Google visant à créer un moteur de recherche censuré pour le marché chinois permettant la surveillance par l’État. Nous sommes parmi des milliers d'employés qui ont élevé notre voix pendant des mois. Des organisations internationales des droits de l'homme et des journalistes d'investigation ont également sonné l'alarme en insistant sur les graves préoccupations en matière de droits de l'homme et en appelant à plusieurs reprises Google à annuler le projet. Jusqu’à présent, la réponse de nos dirigeants n’a pas été satisfaisante. Notre opposition à Dragonfly ne concerne pas la Chine: nous nous opposons aux technologies qui aident les puissants à opprimer les plus vulnérables, où qu’ils se trouvent. Le gouvernement chinois n’est certainement pas le seul à vouloir étouffer la liberté d’expression et à utiliser la surveillance pour réprimer la dissidence. Dragonfly en Chine créerait un dangereux précédent à un moment politique instable, empêchant Google de refuser aux autres pays des concessions similaires », pouvait-on lire dans la lettre.

Yonatan Zunger, l'un des principaux ingénieurs de la société, faisait partie d'un petit groupe à qui on avait demandé de travailler sur Dragonfly. Présent lors de certaines des premières réunions, il a indiqué aux responsables du projet que les Chinois risquaient d'être interrogés ou placés en détention s'ils découvraient qu'ils avaient utilisé Google pour rechercher des informations interdites par le gouvernement. Scott Beaumont, responsable des opérations chez Google en Chine et l'un des principaux architectes de Dragonfly, ne considérait pas les préoccupations de Zunger comme suffisamment importantes pour mériter un changement de cap, selon quatre personnes ayant travaillé sur le projet. Selon les sources du quotidien The Intercept, Beaumont et d’autres dirigeants ont exclu les membres de l’équipe chargée de la sécurité et de la protection de la vie privée de toute réunion sur le moteur de recherche.

Les dirigeants de Google ont estimé que Dragonfly était si sensible qu'ils communiquaient verbalement à ce sujet et ne prenaient pas de notes écrites lors de réunions dans le but de réduire les traces de papier, selon les sources de The Intercept. Seulement quelques centaines des 88 000 employés de Google ont été informés du plan de censure. Certains ingénieurs et autres membres du personnel informés du projet ont appris qu'ils risquaient de perdre leur emploi s'ils osaient en discuter avec des collègues qui ne travaillaient pas eux-mêmes sur Dragonfly. « Les dirigeants étaient déterminés à empêcher les fuites au sujet de Dragonfly de se propager dans l’entreprise », a déclaré un employé de Google au courant du projet. « Leur plus grande crainte était que l'opposition interne ralentisse nos opérations », a-t-il ajouté.

Le moteur de recherche serait exploité dans le cadre d’un partenariat de « joint venture » avec une société basée en Chine continentale, selon des sources proches du projet. Les personnes travaillant pour la coentreprise auraient la capacité de mettre à jour les listes noires de termes de recherche, ont indiqué les sources, soulevant de nouvelles questions quant à savoir si les dirigeants de Google aux États-Unis seraient en mesure de maintenir un contrôle et une surveillance efficaces de la censure. Des sources proches de Dragonfly ont déclaré que la plateforme de recherche semblait également avoir été conçue pour remplacer les données sur la pollution atmosphérique et la météo par des informations fournies directement par une source anonyme à Beijing. Le gouvernement chinois a l'habitude de manipuler des détails sur la pollution dans les villes du pays. Une source de Google a déclaré que la société avait mis au point un système intégré à Dragonfly qui était « essentiellement codé pour forcer leurs données [fournies par la Chine] ». La source craignait que le système de recherche Dragonfly fournisse de fausses données sur la pollution qui afficheraient une quantité de toxines dans l'air inférieure à ce qu’il en est réellement.

Zunger et ses collègues ont produit un rapport sur la protection de la vie privée mettant en avant des scénarios problématiques pouvant survenir une fois le moteur de recherche censuré lancé en Chine. Le rapport, qui contenait plus d'une douzaine de pages, concluait que Google devrait fonctionner en Chine dans le cadre du système autoritaire de maintien de l'ordre et de surveillance mis en place par le parti communiste au pouvoir. Il a ajouté que, contrairement à l'Europe et à l'Amérique du Nord, en Chine, il serait difficile, voire impossible, à Google de se défendre légalement contre les demandes du gouvernement, de refuser de construire des systèmes spécifiquement destinés à la surveillance ou même d'informer les personnes de la manière dont leurs données peuvent être utilisées.

Source : The Intercept

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Avatar de FatAgnus FatAgnus - Membre averti https://www.developpez.com
le 01/12/2018 à 14:35
La vraie nouvelle donnée par cet article est qu'on apprend que Google possède une équipe de protection de la vie privée !
Avatar de Stan Adkens Stan Adkens - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 03/12/2018 à 15:03
Un ex-chercheur de Google qui a abandonné Dragonfly s’oppose publiquement à ses dirigeants
Et exige des réponses franches sur les droits de l’homme

Des contestations et des demandes d’éclaircissement concernant le projet controversé de navigateur censuré de Google en Chine ne manquent pas. Un ancien employé de Google qui a démissionné en août dernier en signe de contestation de ce projet et qui a adressé ensuite une lettre aux législateurs américains les informant que l’entreprise serait en train de travailler sur un produit dont l’objectif est d’aider le gouvernement chinois à censurer et surveiller la population en ligne est revenu à la charge en interpellant rudement ses anciens responsables à propos de Dragonfly, selon The Intercept. Ce retour de Jack Poulson, l’ex-employé en question, est intervenu à moins de deux semaines après une interview accordée par le président d’Alphabet Inc, la société mère de Google, à l’occasion de laquelle il s’est exprimé sur le projet de moteur de recherche censuré de Google en Chine.

En développement depuis printemps 2017, c’est le 1er août dernier que le projet de moteur de recherche chinois baptisé Dragonfly a été révélé au grand public par The Intercept. Selon The Inetercept, les connaissances sur Dragonfly avaient été limitées à quelques centaines de membres de l'effectif sur les 88 000 personnes, ce qui mettait les employés en colère. Selon des documents vus par The Intercept, Dragonfly n’affichera pas les sites ajoutés à la liste noire tels que le site de la chaîne de télévision britannique BBC et de l'encyclopédie en ligne Wikipedia. La liste noire de censure comprendrait également des termes tels que « droits de l'homme », « protestation des étudiants » et « prix Nobel ». Les recherches sur ces termes via Dragonfly n’afficheront pas de résultats.

Le projet de navigateur censuré a été conçu pour les appareils Android et supprimerait les contenus jugés sensibles par le régime du parti communiste chinois, tels que les informations sur les dissidents politiques, la liberté d’expression, la démocratie, les droits de l’homme et même sur les manifestations pacifiques. L’application lierait les recherches aux numéros de téléphone personnels, facilitant ainsi la surveillance par le gouvernement chinois des requêtes des internautes. Dès lors que le projet a été rendu public, des critiques se sont multipliés contre Google, traitant la société de contribuer « directement aux violations des droits de l'homme ou en devenir complice ».

Amnesty International est monté au créneau : « Ce sera un jour sombre pour la liberté sur Internet si Google a accepté les règles de censure extrêmes de la Chine pour accéder au marché. Il est impossible de voir comment un tel mouvement est compatible avec la devise « Faites le bien » de Google, et nous implorons l'entreprise à changer de cap… ». L'EFF, le défenseur des droits numériques, a appelé Google à un débat public pour en savoir d’avantage sur ses plans. La Vice-présidence américaine a demandé à Google de renoncer à Dragonfly, une version censurée de son moteur de recherche proposée à Pékin. Environ 1 400 des 10 000 travailleurs de Google ont exhorté la société en août à améliorer la surveillance des entreprises éthiquement douteuses, notamment Dragonfly. Par ailleurs, selon The Intercept, Google aurait exclu l'équipe de protection de la vie privée de toute réunion sur Dragonfly.


Jack Poulson, dans un retour sur les différentes interventions de ces anciens responsable, a fait un état de leurs différentes déclarations. John Hennessy, le président d’Alphabet dans une interview du 20 novembre en répondant à la question de savoir si le moteur de recherche censuré de Google procurerait un avantage pour les utilisateurs, a dit : « Je ne connais pas la réponse à cela. Je pense que c'est - je pense que c'est une question légitime », a-t-il répondu. « Quiconque fait des affaires en Chine compromet certaines de ses valeurs fondamentales. Chaque entreprise, parce que les lois en Chine sont assez différentes de celles de notre pays. »

Dans une première interview accordée par M. Hennessy à l’occasion de la promotion de son livre, « Leading Matters », il a déclaré ceci lorsque qu’il s’agissait de se prononcer sur la question de l’entrée de la Filiale d’Alphabet sur le marché chinois : « Il y a un ensemble de nuances dans la façon dont vous envisagez ce problème et votre perception de la question de la censure. La vérité est qu’il existe des formes de censure pratiquement partout dans le monde. » L’ex-employé de Google reproche à M. Hennessy de déplacer la discussion sur Dragonfly « des détails concrets et indéfendables vers le langage vague d'un compromis difficile ».

Lors de l’audience du Comité du commerce du Sénat sur la protection de la vie privée, Keith Enright, responsable de la protection des renseignements personnels chez Google, n’a pas lui, non plus, convaincu les sénateurs lorsque Ted Cruz, le sénateur du Texas, a insisté à plusieurs reprises pour obtenir des réponses sur Dragonfly concernant les objections de Jack Poulson. « En tant que représentant de Google pour la protection de la vie privée, je ne suis pas sûr d'avoir un avis éclairé sur cette question », a-t-il déclaré. Poulson lui reproche de plaider l’ignorance sur une question d’aussi grande importance.

Cependant, malgré l’imprécision sur l’objet réel du navigateur à Pékin, Google ne compte pas renoncer. Le PDG de Google se montre enthousiaste face aux progrès réalisés. Selon lui, les tests internes de Google pour le développement d’un moteur de recherche censuré en Chine sont très prometteurs, a-t-il déclaré à la mi-octobre dernier, en assurant « Qu’il s'avère que nous serons en mesure de traiter plus de 99 % des requêtes ». Cependant, selon M. Poulson, les réactions du PDG d’Alphabet et du responsable de la vie privée de Google sont en contradiction avec les assurances données par le PDG de Google.

« Un tel encadrement est peut-être l'exemple le plus extrême d'un vaste schéma de réorientation des conversations loin de leurs concessions gouvernementales concrètes », a écrit Poulson, qui ajoute ensuite : « ce qui, encore une fois, impliquait littéralement de mettre sur liste noire la phrase « droits de l'homme », risquant la santé en censurant les données sur la qualité de l'air et en permettant une surveillance facile par une liaison des requêtes à des numéros de téléphone », a rapporté The Intercept.

Les révélations de The Intercept du 1er août 2018 concernant le développement d’un navigateur selon le bon vouloir des autorités communistes au pouvoir en Chine a semé le doute dans la tête du commun des internautes. En effet, Google avait renoncé à la recherche en Chine en 2010, en justifiant dans un billet de blog que « des tentatives au cours de la dernière année pour limiter davantage la liberté d'expression sur le Web en Chine » avaient conduit à sa décision.

Toute fois, bien que les autorités de Google soient restées évasives jusqu’à présent, Poulson croit que sa demande de responsabilité des entreprises est un pas en avant pour obtenir ces réponses.

Source : The Intercept, Mashable

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Avatar de Ryu2000 Ryu2000 - Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
le 03/12/2018 à 15:23
Citation Envoyé par Stan Adkens Voir le message
Qu’en pensez-vous ?
Tout est dit ici : "Amnesty International est monté au créneau : « Ce sera un jour sombre pour la liberté sur Internet si Google a accepté les règles de censure extrêmes de la Chine pour accéder au marché"
Les utilisateurs chinois ne pourront pas aller sur Wikipedia ni chercher « droits de l'homme », « protestation des étudiants », « prix Nobel » et alors ?
Le but de Google c'est de gagner de l'argent, il y a des milliards et des milliards à se faire en Chine.

Si les GAFA respectaient un code d'éthique, elles ne seraient pas si grosse.
Google n'est pas là pour faire avancer les libertés dans le monde, Google est là pour faire de l'argent.

J’espère que ce genre de mesure n'arrivera jamais chez nous, mais on sait jamais...
Le mouvement des Gilets Jaunes est apparu grâce à internet, donc le gouvernement ne doit pas être hyper content du pouvoir de la liberté sur internet.
Le système aimerait bien contrôler internet comme la Chine le fait.
Avatar de Doksuri Doksuri - Membre émérite https://www.developpez.com
le 03/12/2018 à 17:04
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Le but de Google c'est de gagner de l'argent, il y a des milliards et des milliards à se faire en Chine.

Si les GAFA respectaient un code d'éthique, elles ne seraient pas si grosse.
Google n'est pas là pour faire avancer les libertés dans le onde, Google est là pour faire de l'argent.
donc la quadrature du net c'est poubelle ?
vu que ca se passe en chine, il n'y a aucune chance pour que ca nous arrive, c'est ca ?
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