Chine : Google propose un prototype de son moteur de recherche qui lie les utilisateurs
à leurs numéros de téléphone

Le , par Stéphane le calme

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Google a mis au point un prototype de moteur de recherche censuré pour la Chine, qui relie les recherches des utilisateurs à leurs numéros de téléphone personnels, facilitant ainsi la surveillance par le gouvernement chinois des requêtes des internautes.

Le moteur de recherche, baptisé Dragonfly, a été conçu pour les appareils Android et supprimerait les contenus jugés sensibles par le régime du Parti communiste chinois, tels que les informations sur les dissidents politiques, la liberté d’expression, la démocratie, les droits de l’homme et même sur les manifestations pacifiques.

Le quotidien The Intercept a affirmé avoir obtenus des détails ce vendredi qui montrent que Google a compilé une liste noire de censure comprenant des termes tels que « droits de l'homme », « protestation des étudiants » et « prix Nobel » en mandarin.

Les principaux groupes de défense des droits de l’homme ont critiqué Dragonfly, affirmant que cela pourrait avoir pour conséquence que l'entreprise « contribue directement aux violations des droits de l'homme ou en devienne complice ». Une préoccupation centrale exprimée par les groupes est que, au-delà de la censure, les données des utilisateurs sauvegardées par Google sur le territoire chinois pourrait être accessible aux autorités chinoises, qui ciblent régulièrement les militants politiques et les journalistes.


Des sources proches du projet ont déclaré que les prototypes du moteur de recherche reliaient l’application de recherche sur le smartphone Android d’un utilisateur à son numéro de téléphone. Cela signifie que les recherches de personnes individuelles pourraient être facilement suivies (et tout utilisateur cherchant des informations interdites par le gouvernement pourrait potentiellement être soumis à un interrogatoire ou à une détention si les agences de sécurité devaient obtenir les enregistrements de recherche de Google).

« C’est très problématique du point de vue de la protection de la vie privée, car cela permettrait un suivi et un profilage beaucoup plus détaillés du comportement des personnes », a déclaré Cynthia Wong, chercheuse principale sur Internet chez Human Rights Watch. « Lier les recherches à un numéro de téléphone rendrait beaucoup plus difficile pour les gens d’éviter le genre de surveillance gouvernementale excessive qui est omniprésente en Chine ».

Une liste noire contrôlée par une entité chinoise

Le moteur de recherche serait exploité dans le cadre d’un partenariat de « joint venture » avec une société basée en Chine continentale, selon des sources proches du projet. Les personnes travaillant pour la coentreprise auraient la capacité de mettre à jour les listes noires de termes de recherche, ont indiqué les sources, soulevant de nouvelles questions quant à savoir si les dirigeants de Google aux États-Unis seraient en mesure de maintenir un contrôle et une surveillance efficaces de la censure.

Des sources proches de Dragonfly ont déclaré que la plateforme de recherche semblait également avoir été conçue pour remplacer les données sur la pollution atmosphérique et la météo par des informations fournies directement par une source anonyme à Beijing. Le gouvernement chinois a l'habitude de manipuler des détails sur la pollution dans les villes du pays. Une source de Google a déclaré que la société avait mis au point un système intégré à Dragonfly qui était « essentiellement codé pour forcer leurs données [fournies par la Chine] ». La source craignait que le système de recherche Dragonfly fournisse de fausses données sur la pollution qui afficheraient une quantité de toxines dans l'air inférieure à ce qu’il en est réellement.

Pendant ce temps, la pression sur Google ne fait que s’intensifier. Jeudi, 16 législateurs américains ont écrit au PDG de Google, Sundar Pichai, exprimant de « sérieuses inquiétudes » à propos de Dragonfly et exigeant des informations sur les projets chinois de la société. Pendant ce temps, Jack Poulson, un ancien chercheur principal de Google, a déclaré à The Intercept qu’il était l’un des cinq employés à avoir démissionné de la société en raison de Dragonfly.


« Je considère notre intention de capituler devant les demandes de censure et de surveillance en échange de l'accès au marché chinois comme une confiscation de nos valeurs et une tentative de négociation gouvernementale à travers le monde », a déclaré Poulson.

72,8 % des internautes chinois veulent utiliser Google

Malgré la polémique qui a suivi les révélations sur Dragonfly, certains commentateurs pensent que le retour de Google en Chine sera bénéfique pour les internautes chinois qui auront enfin une alternative à Baidu, le moteur de recherche chinois qui jouit d’une situation de quasi-monopole. Selon un sondage mené par Sina, 72,8 % des internautes affirment qu’ils veulent utiliser Google si jamais il revient en Chine.

D’autres pensent que Google a le plein droit de faire des affaires en Chine comme une panoplie d’autres firmes qui coopèrent déjà avec le gouvernement chinois. Pour eux, le fait que Google entre en Chine ou n’entre pas ne va rien changer à la situation de contrôle qu’a le gouvernement chinois sur les citoyens. Mais au moins, les Chinois pourront bénéficier d’un meilleur moteur de recherche et des avantages d’une compétition saine.

« Google évitant d’entrer en Chine va absolument nuire à la Chine », a écrit un commentateur. « Une compétition saine et la libre exploration des marchés mènent vers de meilleurs outils qui créent de la valeur économique et culturelle. La Chine est en train de sacrifier ça pour maintenir son contrôle culturel. Et c’est précisément le coût d’absence de Google qui va lui tordre le bras ».

« Vous n’allez pas aider les droits de l’Homme en Chine en refusant de travailler là-bas. Et il n’est pas clair comment en travaillant là-bas vous allez influencer les droits de l’Homme de toute façon. Dans tous les cas, il vaut mieux avoir une présence plutôt que de rester à l’écart », écrit un autre commentateur.

Source : The Intercept

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ?

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Avatar de Itachiaurion
Membre actif https://www.developpez.com
Le 15/09/2018 à 16:51
On m'expliquera qu'elle est la différence entre ça et ce que l'on chez nous, a part éventuellement l'obligation de lié le téléphone avec le compte en chine?
Avatar de Mingolito
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 15/09/2018 à 17:11
C'est pas faux l'état Français peut avoir accès à tout votre historique Google via votre FAI et Google.
Avatar de
https://www.developpez.com
Le 15/09/2018 à 22:28
Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
Qu'en pensez-vous ?
Que c'est chouette la France. On y trouve même des films présentant l’œuvre d'artistes chinois rigoristes et scrupuleux dans les bibliothèques municipales.



Ai Weiwei posant inopinément face à un tableau sur lequel est inscrit "Merde à la patrie".
Avatar de tanaka59
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 15/09/2018 à 23:03
La restriction nominative d'une ligne de téléphone est déjà une réalité en Espagne ... cela ne gène personne . Chez Orange , Vodafone ou encore Movistar si vous acheter un sim en supermarché ou même sur votre lieu de vacances . Genre pour correspondre avec tente Isabella ou oncle Rodriguez ... un pièce d'identité vous sera demandé . Que vous soyer Français , Espagnol , Chinois ou Bhoutanais ...

En France un projet de loi similaire est à l'étude pour interdire la vente des GSM en librairie . Seul les opérateurs ou les magasins avec un rayons téléphonie pourront vous fournir un abo.

Donc d'un côté les FAI on déjà accès à ce type d'info ...

Puis bon on peut toujours ouvrir 50 lignes au nom de tante suze qui est arrière grande mère au 15 eme de l'appart du bout de la rue.

Il faudrait pucer chaque utilisateur de Sim ? C'est impossible ...

A pourra toujours utiliser à la place de B ...
Avatar de weed
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 17/09/2018 à 22:28
Pour moi, ce n'est pas tout à fait pareil comme les opérateurs.

Alors c'est vrai que les opérateurs ont accès à des informations précises comme les appels entrants et sortant et ainsi la possibilité d'établir un profilage mais ce n'est pas autant que Google. Ne pas oublier que Google dispose de toute sorte de service présent aussi bien sur PC/téléphone/la TV, les objets connectés (le Home) et ne pas oublier que Google a noué un partenariat avec Mastercard.
Cela signifie qu'avec un numéro, il pourrait faire des croisements avec Google Search et bien d'autres. Je ne pense pas que ce soit comparable avec un opérateur qui selon moi, a pas grand chose comme information sur un individu
Avatar de Patrick Ruiz
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Le 22/09/2018 à 15:37
Version censurée de Google Search en Chine : la firme ordonne la suppression d’un mémo
Qui confirme des détails explosifs

Un mémo rédigé par l’ingénieur de Google chargé par l’équipe dirigeante de travailler sur la version censurée de Google Search en Chine s’est retrouvé entre les mains de tiers écartés de la « confidence. » Comme il est de coutume dans des situations de ce type, l’équipe dirigeante de la firme de Mountain View a fini par s’en rendre compte. D’après des sources bien introduites, Google a saisi toutes les parties prenantes à la messe basse.

Le service des ressources humaines du géant technologique s’est chargé de toucher à tous les employés susceptibles de posséder une copie du mémo par voie de courriel. « Les emails demandant la suppression du mémo intégraient des traqueurs qui avertissaient les responsables RH lorsque leurs messages avaient été lus », rapporte The Intercept. On parle d’un minimum de 215 employés – nombre qui représente les ingénieurs au courant des détails du projet ; « un groupe plus peuplé que ce à quoi l’on a coutume sur la majorité des projets de Google », rapporte le quotidien.

Au début de ce mois, la nouvelle du déploiement d’une version censurée du moteur de recherche pour la Chine a filtré. Jusqu’ici, le conditionnel avait prédominé au sein des développements sur la toile. « Le projet serait en développement depuis le printemps 2017. Le moteur de recherche baptisé Dragonfly serait adossé à une application pour les plateformes Android (et iOS) et devrait bloquer des sites web, ainsi que des termes de recherche sur les droits de l'homme, la démocratie, la religion et les manifestations pacifiques », rapportait The Intercept. Avec la fuite du mémo, The Intercept apporte confirmation sur ces aspects et d’autres plus explosifs : les recherches des utilisateurs sont liées à leurs numéros de téléphone personnels ; le système sauvegarde l’historique de recherches et d’autres informations sensibles comme la situation géographique des utilisateurs. C’était déjà connu et le quotidien l’a réitéré : les contenus sont mis à la disposition d’entreprises basées à Taïwan et en Chine.


Comme avec le très controversé projet Maven, la fuite du mémo laisse apparaître les désaccords des employés de la firme de Mountain View avec sa politique. « L’auteur du mémo déclare dans le document qu’ils (les ingénieurs sur le projet) étaient opposés au développement d’outils de censure en Chine », écrit The Intercept. « Plus que le projet en lui-même, je déteste la culture du secret qu’on lui a greffé », rapporte le quotidien. En 2010, la firme de Mountain View a retiré son service de recherche de Chine pour ne pas avoir à censurer les résultats de recherche. Avec les années, Google se ravise en délaissant ses valeurs autrefois résumées dans le slogan « don’t be evil. » L’approche n’est pas du goût de tous les employés et les plus courageux présentent leurs démissions.

Source : The Intercept

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?

Google a-t-il vraiment le choix ? Les entreprises technologiques ne sont-elles pas tenues de prendre en compte des spécificités de chaque pays ?

Voir aussi :

Google aide le Pentagone à développer une IA pour analyser les vidéos capturées par drone et certains de ses employés sont furieux

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Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 27/09/2018 à 17:48
Un ex-employé de Google met en garde contre les plans de l’entreprise pour la Chine
et exhorte les législateurs à accroitre la surveillance

Jack Poulson, chercheur de Google jusqu’à sa démission en août dernier, avertit dans une lettre les législateurs américains contre les « projets inquiétants » que Google serait en train d’envisager de mettre en place en Chine. Dans sa lettre, il informe que l’entreprise serait en train de travailler sur un produit dont l’objectif est d’aider le gouvernement chinois à censurer et surveiller la population en ligne. Le produit aurait été baptisé « Dragonfly ».

La lettre explique que l’entreprise travaillerait sur une liste noire de censure, une interface prototype conçue pour permettre à une entreprise partenaire du gouvernement chinois de rechercher des historiques de recherche d’un utilisateur sur la base du numéro de téléphone de ce dernier et un code explicite garantissant que les utilisateurs chinois ne reçoivent que les données approuvées par le gouvernement chinois. Ce à quoi, Ben Gomes, le responsable de la recherche chez Google, répondit qu’aucun projet du genre n’est en cours. « Nous ne sommes pas près de lancer un produit de recherche en Chine », ajoute-t-il.


Jack Poulson

L’ex-chercheur de Google continue en disant que les législateurs doivent accroître la transparence et la surveillance mise en place sur Google et sur toute l’industrie IT. Il proclame l’existence d’un « vaste processus de prise de décisions inexplicables ». Il attire également l’attention des législateurs sur les termes de l’accord fédéral entre Google et la Federal Trade Commission en 2011. Il rappelle que Google doit, entre autres, se soumettre à des audits de confidentialité réguliers.

L’entreprise doit également se soumettre à un programme complet de confidentialité comprenant des examens de tous ses produits avant leur commercialisation. Après que Dragonfly ait été révélé au public, plusieurs personnes ont élevé la voix pour faire comprendre qu’elles avaient travaillé sur le code de Dragonfly sans avoir bien compris le projet ou ses implications. Les examinateurs de confidentialité assignés à Google ont déclaré que des informations pertinentes sur Dragonfly leur ont été cachées.


Keith Enright, le responsable de la confidentialité chez Google, a nié toutes ces allégations et déclaré que Google n’était pas près de lancer un produit en Chine. « Si nous devions, en fait, finaliser un plan pour lancer un produit de recherche en Chine, mon équipe serait activement engagée. Nos contrôles de confidentialité et de sécurité seraient respectés et tout projet ou produit de ce type suivrait et serait cohérent avec nos valeurs en matière de confidentialité et de protection des données », déclare-t-il.

Dans un billet de blog, il poursuit : « Les utilisations novatrices des données ne devraient pas être présumées illégales simplement parce qu’elles sont sans précédent, mais les organisations doivent prendre en compte et atténuer les dommages potentiels. Cela implique de faire particulièrement attention aux informations sensibles susceptibles de présenter un risque important. Pour permettre aux organisations d’élaborer des mesures d’atténuation efficaces, les régulateurs doivent être clairs sur ce qui constitue un préjudice ». Toujours dans sa posture de déni, Google a publié lundi un cadre de législation sur la protection de la vie privée qui décrit aux législateurs comment l’entreprise considère son rôle dans la protection des données.

ci-joint la lettre de Jack Poulson adressée aux législateurs américains

Source : NYT

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Que vous inspirent ces allégations ?

Voir aussi

Version censurée de Google Search en Chine : l'EFF appelle Google à un débat public, le défenseur des droits numériques voudrait connaitre ses plans

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Des employés de Google protestent contre la création d'une version censurée de Google Search en Chine un projet que soutiendraient leurs dirigeants
Avatar de Stéphane le calme
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Le 05/10/2018 à 11:07
Le vice-président américain demande à Google de renoncer à Dragonfly,
une version censurée de son moteur de recherche proposée à Pékin

Google a mis au point un prototype de moteur de recherche censuré pour la Chine, qui relie les recherches des utilisateurs à leurs numéros de téléphone personnels, facilitant ainsi la surveillance par le gouvernement chinois des requêtes des internautes.

Le moteur de recherche, baptisé Dragonfly, a été conçu pour les appareils Android et supprimerait les contenus jugés sensibles par le régime du Parti communiste chinois, tels que les informations sur les dissidents politiques, la liberté d’expression, la démocratie, les droits de l’homme et même sur les manifestations pacifiques.

Mi-septembre, le quotidien The Intercept a affirmé avoir obtenus des détails qui montrent que Google a compilé une liste noire de censure comprenant des termes tels que « droits de l'homme », « protestation des étudiants » et « prix Nobel » en mandarin.

Les principaux groupes de défense des droits de l’homme ont critiqué Dragonfly, affirmant que cela pourrait avoir pour conséquence que l'entreprise « contribue directement aux violations des droits de l'homme ou en devienne complice ». Une préoccupation centrale exprimée par les groupes est que, au-delà de la censure, les données des utilisateurs sauvegardées par Google sur le territoire chinois pourrait être accessible aux autorités chinoises, qui ciblent régulièrement les militants politiques et les journalistes.

Des sources proches de Dragonfly ont déclaré que la plateforme de recherche semblait également avoir été conçue pour remplacer les données sur la pollution atmosphérique et la météo par des informations fournies directement par une source anonyme à Beijing. Le gouvernement chinois a l'habitude de manipuler des détails sur la pollution dans les villes du pays. Une source de Google a déclaré que la société avait mis au point un système intégré à Dragonfly qui était « essentiellement codé pour forcer leurs données [fournies par la Chine] ». La source craignait que le système de recherche Dragonfly fournisse de fausses données sur la pollution qui afficheraient une quantité de toxines dans l'air inférieure à ce qu’il en est réellement.


Pendant ce temps, la pression sur Google ne fait que s’intensifier. Le mois dernier, 16 législateurs américains ont écrit au PDG de Google, Sundar Pichai, exprimant de « sérieuses inquiétudes » à propos de Dragonfly et exigeant des informations sur les projets chinois de la société. Pendant ce temps, Jack Poulson, un ancien chercheur principal de Google, a déclaré à The Intercept qu’il était l’un des cinq employés à avoir démissionné de la société en raison de Dragonfly.

Cette fois-ci, c’est le vice-président américain, Mike Pence, qui s’en est pris avec virulence jeudi au vol de technologies américaines par la Chine, et il a exhorté Google à renoncer sans attendre à poursuivre la mise au point de Dragonfly.

Washington a montré un scepticisme croissant à l'égard des liens du secteur américain de la technologie avec la Chine. Les démocrates et les républicains ont exprimé leur inquiétude à propos du retour de Google sur le marché chinois. En outre, au début de l’année, l’administration Trump avait interdit aux employés du gouvernement d’acheter des technologies auprès d’entreprises chinoises comme Huawei et ZTE.
« Il existe un nouveau consensus sur la montée en puissance de la Chine à travers l'Amérique », selon lequel de plus en plus de dirigeants d'entreprises « réfléchissent à deux fois avant de se lancer sur le marché chinois si cela signifie renoncer à leur propriété intellectuelle ou s’incliner devant la répression exercée par Pékin », assure Mike Pence.

« Par exemple, Google devrait sans attendre arrêter le développement de son moteur de recherche ‘Dragonfly’ qui va renforcer la censure du Parti communiste et s’insinuer dans la vie privée des utilisateurs chinois », a continué le vice-président.


Intra, le compromis qui tombe à pic ?

Ironiquement, Jigsaw, une division de Google, a proposé Intra, une nouvelle application dédiée à combattre la censure.

Dans un billet, Jigsaw explique que « 60 % des utilisateurs d'Internet, soit la majorité des internautes, vivent dans des pays qui ont recours à une forme de censure. Chaque jour, des informations importantes sont passées sous silence, et des activistes sont réprimés par des gouvernements qui cherchent à restreindre la liberté d'expression. Il est possible, pour seulement 20 $, de réduire au silence un site d'informations avec une cyberattaque, et des pare-feu gouvernementaux peuvent empêcher les internautes d'accéder aux informations dont ils ont besoin. Dans certains pays, les journalistes peuvent être emprisonnés ou torturés s'ils traitent de sujets controversés, et certains gouvernements votent des lois d'une extrême sévérité pour entraver le droit à la liberté d'expression ».

Il faut souligner que Jigsaw a été créé avec pour objectif d’empêcher les attaques par manipulation DNS et de protéger les utilisateurs contre la censure parrainée par l’État. C’est dans cette optique que cette division a développé une application baptisée Intra. Cette dernière transmet toutes les requêtes de navigation et le trafic applicatif via une connexion chiffrée à un serveur de noms de domaine approuvé, garantissant ainsi que les utilisateurs puissent se servir du réseau et accéder au site de manière appropriée, sans interférence.

Sur la description de l’application, qui est disponible sur Play Store, nous pouvons lire « Intra vous protège contre les manipulations DNS, un type de cyber-attaque utilisé pour bloquer l'accès aux sites d'actualités, aux plateformes de médias sociaux et aux applications de messagerie. Intra vous aide également à vous protéger contre le phishing et les logiciels malveillants. C’est facile à utiliser - il suffit de télécharger l’application et de commencer en quelques secondes à peine. Vous pouvez le laisser et l'oublier ».

Source : Reuters

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ?
Google lancerait-il la maladie tout en proposant le remède ?

Voir aussi :

Jigsaw, une division de Google, présente une nouvelle application dédiée à combattre la censure ! Intra est déjà disponible sur Play Store
Google aide le Pentagone à développer une IA pour analyser les vidéos capturées par drone et certains de ses employés sont furieux
Non, l'IA de Google ne doit pas être au service de la guerre ! Plus de 3000 employés de Google protestent contre la collaboration avec le Pentagone.
L'EFF appelle à ne pas utiliser l'intelligence artificielle pour la guerre s'adressant à Google et aux entreprises de l'IA
Des employés de Google présentent leur démission pour protester contre la participation de l'entreprise à un projet en IA du Pentagone
Avatar de Mrsky
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 05/10/2018 à 11:13
Il faudrait vraiment un énorme coup pour que Google renonce aux data de 20% de la planète.
Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 10/10/2018 à 18:00
Une retranscription écrite d’une réunion contredit les démentis de Google à propos de Dragonfly
qui pourrait être lancé bientôt

Vous n'êtes plus sans savoir maintenant que le géant américain Google a mis au point un prototype de moteur de recherche censuré pour la Chine, qui relie les recherches des utilisateurs à leurs numéros de téléphone personnels, facilitant ainsi la surveillance par le gouvernement chinois des requêtes des internautes. Le moteur de recherche, baptisé Dragonfly, a été conçu pour les appareils Android et supprimerait les contenus jugés sensibles par le régime du Parti communiste chinois, tels que les informations sur les dissidents politiques, la liberté d’expression, la démocratie, les droits de l’homme et même sur les manifestations pacifiques.

Des voix se sont levées contre ce projet de Google. Les principaux groupes de défense des droits de l’homme ont critiqué Dragonfly, car pour eux, cela pourrait avoir pour conséquence que l'entreprise « contribue directement aux violations des droits de l'homme ou en devienne complice ». Et même le vice-président américain a demandé à Google de renoncer au projet Dragonfly. Mi-septembre, le quotidien The Intercept a affirmé avoir obtenus des détails qui montrent que Google a compilé une liste noire de censure comprenant des termes tels que « droits de l'homme », « protestation des étudiants » et « prix Nobel » en mandarin.

un ancien chercheur principal de Google, a déclaré qu’il était l’un des cinq employés à avoir démissionné de la société en raison de Dragonfly. Jack Poulson, a avertit dans une lettre les législateurs américains contre les « projets inquiétants » que Google serait en train d’envisager de mettre en place en Chine. Le vice-président américain, Mike Pence, qui s’en est pris avec virulence au vol de technologies américaines par la Chine, a exhorté Google à renoncer sans attendre à poursuivre la mise au point de Dragonfly.


Les voix se sont levées disais-je, que ce soit de la part des employés de Google que des autorités américaines, contre le projet Dragonfly de la firme de Mountain View qui a nié à maintes occasions la création d’un moteur de recherche censuré dédié au marché chinois. Pour exemple, Keith Enright, le responsable de la confidentialité chez Google, a déclaré que Google n’était pas près de lancer un produit en Chine. « Si nous devions, en fait, finaliser un plan pour lancer un produit de recherche en Chine, mon équipe serait activement engagée. Nos contrôles de confidentialité et de sécurité seraient respectés et tout projet ou produit de ce type suivrait et serait cohérent avec nos valeurs en matière de confidentialité et de protection des données », avait-il déclaré.

Ben Gomes, le responsable du moteur de recherche chez Google, disait aussi qu’aucun projet du genre (Dragonfly) n’est en cours. « Nous ne sommes pas près de lancer un produit de recherche en Chine », disait-il. Et pourtant, le quotidien The Intercept vient d'obtenir une retranscription écrite d’une réunion organisée par Ben Gomes, avec une poignée d’employés travaillant sur la plateforme Dragonfly, où il remerciait ses collègues pour le travail abattu tout en précisant quelques détails sur la nature du projet concerné. « Vous avez mené à bien quelque chose d’extrêmement important pour l’entreprise - notre mission fondamentale de servir tous les utilisateurs du monde », dit-il.

« Je dois admettre que le voyage a été difficile. Mais je pense aussi qu’il a été très important et digne d’intérêt. Et je nous souhaite bonne chance pour atteindre notre destination le plus rapidement possible », continua-t-il dans les propos retranscrits avant de faire allusion à la date de lancement de la plateforme censurée qui aurait lieu dans six à neuf mois environ. « Sur le chemin je pense qu’il y a de nombreux avantages auxiliaires dont nous bénéficieront, non pas de notre travail direct mais des choses auxiliaires que nous ferons en Chine… C'est clairement la plus grande opportunité de servir plus de gens que ceux que nous servons déjà », précise-t-il.

« Je pense que la Chine fait partie des marchés les plus intéressants pour ne pas dire le plus intéressant dans le monde contemporain. Juste en étant là bas et en faisant attention au marché chinois, nous apprendrons beaucoup de choses car la Chine dirige maintenant le monde dans le domaine de certaines innovations », des propos qui en disent long sur les intentions de Google en Chine.

Source : The Intercept

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ?
Pour quelles raisons Google aurait-il menti à propos de Dragonfly selon vous ?
S'il arrivait que Dragonfly soit lancé, quelle pourraient en être les conséquences ?

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Des principaux groupes de défense des droits humains au monde exigent de Google l'annulation de son projet de moteur de recherche censuré, en Chine

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