La loi contre la manipulation de l'information adoptée par les députés
Mais ils suspectent aussi les algorithmes de diffuser les fausses informations

Le , par Michael Guilloux

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« Pour 40 000 euros, vous pouvez lancer des opérations de propagande politique sur les réseaux sociaux et pour quelques milliers d'euros, vous pouvez acheter des dizaines de milliers de commentaires haineux ou de followers sur Twitter », avait rappelé en juin le député de La République en marche (LaRem) Pieyre-Alexandre Anglade. « À ce prix-là, la relation de confiance entre les citoyens et leurs élus se trouve sapée », disait-il.

Cela donne le contexte dans lequel a été conçue cette fameuse loi dont l'objet initial de lutte contre les « fausses informations » a été finalement modifié pour lutter « contre la manipulation de l'information ». Elle est en effet destinée à empêcher la diffusion « artificielle » de fausses nouvelles en période électorale. Dans sa dernière version, c'est donc l'intention « délibérée » de diffuser de fausses informations qui sera sanctionnée.

À l'origine, rappelons que c'était l'un des vœux d'Emmanuel Macron qui estime avoir été victime pendant la dernière présidentielle de campagnes de fake news. Les campagnes de désinformation en question, propagées via les réseaux sociaux, auraient émané de médias russes après un piratage "massif et coordonné" de l'équipe En Marche. Cela dit, le projet vise notamment à :

  • mettre en place de nouveaux outils qui permettront de mieux lutter contre la diffusion de fausses informations durant la période électorale ;
  • imposer aux plateformes des obligations de transparence renforcée en vue de permettre, d’une part, aux autorités publiques de détecter d’éventuelles campagnes de déstabilisation des institutions par la diffusion de fausses informations et, d’autre part, aux internautes de connaître l’annonceur des contenus sponsorisés ; et
  • de permettre que soit rendue une décision judiciaire à bref délai visant à faire cesser leur diffusion.


Dans la nuit du mardi 3 au mercredi 4 juillet, c'est un texte très controversé que les députés ont adopté. Dès le début de l'examen de ce projet, certains parlementaires avaient en effet critiqué les mesures prévues qu'ils ont jugées inutiles vu que des lois existent déjà pour répondre à ce problème. D'autres encore ont averti des dangers du projet pour la liberté d'expression et celle de la presse. Mais pour la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, « ce texte ne crée aucune interdiction nouvelle », mais il vise à « mieux faire respecter les règles existantes en les adaptant aux nouvelles réalités caractérisées par le poids croissant des réseaux sociaux, la viralité de l'information et le développement du sponsoring ».

Les algorithmes des plateformes en ligne ont-ils tendance à mettre en avant les fausses informations ?

Dans le texte adopté par l'Assemblée nationale figure également un amendement qui stipule que les opérateurs de plateforme en ligne qui ont recours à des algorithmes de recommandation, classement ou référencement de contenu doivent publier des statistiques agrégées sur leur fonctionnement. Pour chaque contenu hébergé, il doit être mentionné la part d'accès direct au contenu (c'est-à-dire via l'URL ou un moteur de recherche extérieur) et les parts d'accès indirects, dus à chacun des algorithmes de recommandation, de classement ou de référencement de la plateforme qui sont intervenus dans l’accès aux contenus.

L'objectif est de pouvoir vérifier si ces algorithmes ont tendance à mettre en avant les fausses informations. « Au cours de la lutte contre les fausses informations, de nombreux acteurs ont constaté que celles-ci sont souvent mises en avant par les algorithmes des plateformes (réseaux sociaux, moteurs de recherche) », peut-on lire dans l'exposé sommaire de l'amendement proposé par Paula Forteza, Éric Bothorel et Cédric Villani.

Cette idée se fonde, entre autres, sur le travail d'un ancien ingénieur de YouTube qui indique que la plateforme favoriserait les vidéos sur lesquelles les internautes passent plus de temps, car celles-ci rapportent plus en termes de revenus publicitaires. « Or, ce choix a un effet pervers qui a un impact majeur sur l’information mondiale », écrivent les députés en citant l'ingénieur. « Autrement dit, les algorithmes déduiraient que les contenus les plus efficaces pour capter l’attention de l’utilisateur sont des contenus polémiques, pas nécessairement vérifiés, aux formats courts et susceptibles de véhiculer de fausses nouvelles, et en proposeraient davantage », ont-ils ajouté.

Mais comme Google a réfuté ces affirmations, les députés estiment que ces statistiques (qui doivent être publiées en ligne et accessibles à tous, dans un format libre et ouvert) devraient permettre de vérifier les faits. Si ce genre d’algorithmes a un effet sur la diffusion de fausses nouvelles, on doit pouvoir en étudier les biais, pour mieux les contrôler, disent-ils. Ils précisent toutefois qu'il ne s'agit nullement d’accéder au fonctionnement de l’algorithme en lui-même.

Sources : Challenges.fr, Amendement N° 136

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ?
Les algorithmes des plateformes en ligne ont-ils tendance à mettre en avant les fausses informations ?
Si oui, croyez-vous que c'est l'effet attendu par les plateformes d'hébergement de contenu en ligne ?
Si les soupçons des députés sont confirmés, mettre en place une solution technologique ne va-t-il pas entraîner plus de censure ?

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Avatar de Cpt Anderson
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 12/10/2018 à 16:25
L'humanité a rarement vécu dans une époque aussi totalitaire. Avec le flou de la définition de la fausse information, cela va être très facile de condamner n'importe quelle info qui ne suit pas la doxa officielle. Vraiment très triste cette période.
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Avatar de benjani13
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 05/07/2018 à 14:53
Les sites dit de ré-informations c'est comme les chercheurs de vérités, ils ne veulent ni informer ni chercher la vérité, juste exposer leurs délires.

Ça me fait rire les personnes qui se pensent au dessus des autres en rejetant les média mainstreams mais qui gobent tous les sites des propagandes et de complots à deux balles.

Il y a un mince filet d'informations de qualités entre les deux torrents de désinformations que sont les média mainstream et les sites complotistes/de propagandes. Il faut lire un peu tout et rester critique...

Sinon pour revenir à la loi, oui c'est probablement un outil dangereux, il faudra surveiller de près les conséquences.
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Avatar de Zardas
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 30/07/2018 à 11:37
Citation Envoyé par Michael Guilloux Voir le message
« Nous avons interrogé une soixantaine de professionnels et nous n'en avons trouvé aucun pour défendre cette loi »
Bien joué à eux pour cette initiative, si seulement plus de personnes pouvaient avoir ce réflexe, au niveau politique ou non
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Avatar de benjani13
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 27/11/2018 à 11:23
Perle du jour : Naima Moutchou, députée LREM et surtout rapporteure de la loi contre la manipulation de l'information, a diffusé sur son compte twitter... une fake news!

https://twitter.com/Brevesdepresse/s...84307117219840

https://www.francetvinfo.fr/economie...s_3053005.html
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Avatar de herdans
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 04/07/2018 à 18:43
Ne peut-on appliquer les lois existantes? La diffamation est déjà répréhensible.

macron a des amis à recaser, en créant une hadopi V2 pour censurer le web, en dehors de tout garde fou juridique?

Tout ça pour remédier à un ministère de la justice, lent, inefficace et inefficient?
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Avatar de Neckara
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 05/07/2018 à 15:37
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
En fait les sites de ré-information citent très souvent les sites mainstreams.
Ce n'est pas qu'une question de citer, mais de faire du cherry picking, ainsi que de faire dire à l'article ce qu'il ne dit pas.

Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Alors déjà qu'est-ce que ça peut faire si des gens croient en une terre mi-plate, mi-ronde et re mi-plate derrière contrôlé par des lézards ?
Ils font bien ce qu'ils veulent les gars, ils dérangent personne, tant qu'ils ne deviennent pas aussi chiant que les végans extrémistes.
Outre tout ce qui concerne les dérives sectaires, le plus chiant, c'est quand ils floodent les forums en balançant à qui veut l'entendre toutes leurs bêtises, parfois sur des sujets qui n'ont rien à voir.

Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Il faut prendre l'information un peu partout et faire le filtrage soi même.
Et le plus important, c'est de ne pas s'arrêter à la première étape...
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Avatar de Jiji66
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 12/10/2018 à 17:11
Citation Envoyé par Cpt Anderson Voir le message
L'humanité a rarement vécu dans une époque aussi totalitaire. Avec le flou de la définition de la fausse information, cela va être très facile de condamner n'importe quelle info qui ne suit pas la doxa officielle. Vraiment très triste cette période.
100% d'accord. triste époque !
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Avatar de Ecthelion2
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 15/10/2018 à 14:09
Et que viennent faire les "privilèges" des ministres et autres dans le sujet en cours ?

En plus d'être diffamatoires, tes messages sont complètement hors-sujet (pour changer).
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Avatar de TheLastShot
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 21/12/2018 à 19:55
Et en dehors des périodes électorales on s'en fout c'est ça ?
Non parce que l'impression que ça donne c'est osef que le peuple soit manipulé du moment qu'il vote pour les bonnes personnes....
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Avatar de benjani13
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 29/12/2018 à 23:10
Allez, une nouvelle Fake News diffusée par un député LREM, c'est au tour de Cédric Villani:



Premièrement ce n'est pas le bâtiment du Parisien qui a pris feu, mais une rangée de voiture devant. Deuxièmement, à l'heure ou j'ai vu ce tweet (20 minutes après), l'histoire était déjà tout autre. Les premiers éléments (et témoins) tendent vers une cause accidentel. Une voiture aurait eu une surchauffe moteur, a prit feu, feu qui s'est propagé aux véhicules adjacents. En tout cas, rien à l'heure du tweet ne permettait de conclure à un acte criminel. Mais M. le député nous vend l'histoire de journalistes pris aux pièges des flammes à cause des vilains gilets jaunes. Bravo...

EDIT:

Et Richard Ferrand:


Et la député LREM Olivia Grégoire:


Et je ne compte pas le nombre effrayant de journalistes ayant écrit/partagé le même genre de message. Ces mêmes journalistes qui s'offusque d'être détesté par les gilets jaunes, mais qui les accusent de tous les maux sans même vérifier les informations. C'est pas comme ça que ça va s'arranger...
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