Facebook commence à tester son outil pour bloquer les fake news en Allemagne
Où les autorités craignent de la désinformation lors des élections

Le , par Michael Guilloux, Chroniqueur Actualités
Avec le rôle qu’il joue désormais dans la diffusion d’informations à travers le monde, Facebook a été accusé d’avoir influencé les élections présidentielles des États-Unis, en ne faisant pas le nécessaire pour bloquer les fake news qui ont circulé sur le réseau social. Après avoir banalisé l’affaire, la firme de Mark Zuckerberg a fini par travailler sur la mise en place d’une solution pour essayer de contrer ce phénomène sur sa plateforme.

Facebook a choisi de solliciter des organisations spécialisées dans le fact-checking, c’est-à-dire, qui seront chargées de vérifier la véracité des informations publiées sur le réseau social. Mais Facebook compte avant tout sur ses utilisateurs pour signaler tout article qui relèverait de la désinformation. Si un article est signalé par un certain nombre d’utilisateurs, Facebook va le soumettre aux organisations de fact-checking pour vérifier si cet article signalé relève bien de la désinformation ou s’il s’agit d’une fausse alerte. Pour les articles attestés comme étant de la désinformation, Facebook va afficher un avertissement aux utilisateurs en plus de veiller à ce qu’ils soient moins susceptibles de s’afficher dans les fils d’actualité. Le réseau social a également annoncé qu’il va bannir de son réseau publicitaire Audience Network les sites qui rapportent de fausses actualités.

Le mois dernier, Facebook a commencé à tester sa solution anti fake news aux États-Unis, en promettant de la déployer dans d’autres pays. Le choix du réseau social pour la prochaine destination pour tester son outil s’est porté sur l’Allemagne.

L’Allemagne fait partie des pays qui prennent très au sérieux le problème de la désinformation et son éventuelle influence sur ses élections. Alors que les élections générales approchent à grands pas, Berlin a accusé Moscou de vouloir s’y inviter, comme la Russie l’aurait fait pour les États-Unis.

Commentant la prétendue manipulation russe de l'élection présidentielle américaine en faveur de Donald Trump, Wolfgang Bosbach, membre du parti conservateur CDU d'Angela Merkel, a déclaré qu’il existe « un danger général - pour les élections fédérales de 2017 également - de trafic d'influence via une infiltration ciblée de l'extérieur, dans le but de manipuler des faits ou des opinions ». Allant dans le même sens que Bosbach, Rolf Muetzenich, porte-parole des affaires étrangères et membre du Parti social-démocrate (SPD), estimait également que « malheureusement nous ne pouvons exclure de telles activités [de manipulation extérieure] en Allemagne… Dans la campagne électorale, nous devrons également faire face à des distorsions et à de fausses informations », a-t-il dit.

Paranoïa ou pas, l’Allemagne et le parti d’Angela Merkel semblent convaincus de ce qu’ils avancent et prêts à sanctionner Facebook et les réseaux sociaux qu’ils accusent de ne pas faire suffisamment d’efforts pour lutter contre le phénomène des fake news. Thomas Oppermann, président du PSD au Parlement a appelé en décembre à adopter une loi qui vise à imposer une amende allant jusqu'à 500 000 euros à Facebook et ses pairs chaque fois qu’un article attesté comme étant de la désinformation n’est pas supprimé après 24 heures.

Interrogé par CNN sur les raisons d’avoir choisi l’Allemagne, un porte-parole de Facebook n’évoque toutefois rien de plus que le fait que le pays soit prêt à expérimenter sa solution. « Lorsque nous avons lancé ce programme aux États-Unis, nous avons dit que nous allions étendre le projet pilote à d'autres pays au fil du temps. Nous avons écouté notre communauté et entamé des discussions avec d'autres partenaires dans le monde », dit-il. « Le fait que les partenaires allemands soient prêts nous permet de commencer les tests en Allemagne », poursuit-il en ajoutant qu’ils comptent poursuivre le déploiement de leur solution dans d’autres pays prochainement.

Source : CNN

Et vous ?

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Voir aussi :

Après les États-Unis, l'Allemagne accuse la Russie de vouloir perturber ses élections, la France doit-elle craindre aussi une manipulation russe ?
L'Allemagne veut faire payer jusqu'à 500 000 euros à Facebook et aux autres réseaux, si les fausses actualités ne sont pas supprimées après 24 heures


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Avatar de Cpt Anderson Cpt Anderson - Membre éclairé https://www.developpez.com
le 16/01/2017 à 16:31
C'est l'AFP qui va être dans la merde...
Avatar de Ryu2000 Ryu2000 - Expert confirmé https://www.developpez.com
le 16/01/2017 à 16:37
Citation Envoyé par Michael Guilloux Voir le message
L’Allemagne fait partie des pays qui prennent très au sérieux le problème de la désinformation et son éventuelle influence sur ses élections. Alors que les élections générales approchent à grands pas, Berlin a accusé Moscou de vouloir s’y inviter, comme la Russie l’aurait fait pour les États-Unis.
Ils sont presque marrant à toujours mettre la faute sur Poutine, c'est un peu une running joke.

À l'époque c'était "Poutine va truquer les élections dans son pays" (en fait il est populaire et son peuple vote pour lui).
Ensuite ça a été "Poutine a aidé WikiLeaks à sortir des dossiers d'Hillary du coup ça lui a fait perdre les élections". (parce qu'elle avait beaucoup trop de casseroles)
Aujourd'hui c'est Merkel qui chouine... (beaucoup d’Allemands en ont marre d'elle)

Citation Envoyé par Michael Guilloux Voir le message
Commentant la prétendue manipulation russe de l'élection présidentielle américaine en faveur de Donald Trump, Wolfgang Bosbach, membre du parti conservateur CDU d'Angela Merkel, a déclaré qu’il existe « un danger général - pour les élections fédérales de 2017 également - de trafic d'influence via une infiltration ciblée de l'extérieur, dans le but de manipuler des faits ou des opinions ».
Une force extérieur qui vient se déplace pour manipuler de l'intérieur ça me rappelle les USA.

Citation Envoyé par Michael Guilloux Voir le message
Si un article est signalé par un certain nombre d’utilisateurs, Facebook va le soumettre aux organisations de fact-checking pour vérifier si cet article signalé relève bien de la désinformation ou s’il s’agit d’une fausse alerte.
C'est exactement comme le ministère de la propagande dans une dictature.

Bientôt sur les réseaux sociaux ceux qui auront une opinion qui diverge de l'opinion officielle perdront de la visibilité.
Avatar de coolspot coolspot - Membre confirmé https://www.developpez.com
le 16/01/2017 à 17:16
Et bien et bien encore un bouzin qui montre la décadence de notre époque et des élites qu'il faudrait faire fusiller au lieu de les entretenir avec nos impôts.

Ce truc sur la vrai information et la fausse information c'est une blague. Déjà est apte à faire le juge et décider de ce qu'est une vrai d'une fausse information.

Ensuite je vois pas en quoi les journaux officiel style (le monde, le figaro, etc...) qui sont tous sous la tutelle de milliardaire sont plus apte et crédible qu'un blog lambda sur le net. C'est pas non plus comme si personne ne savait que le journalisme officiel n'existe plus et qu'il n'y a plus d'article objectif de nos jours à part leur propagande grossière que plus personne ne croit au vu des vente ridicule de ces journaux qui auraient du disparaitre depuis 10 ans si les journalistes n'était pas des fonctionnaires assimilés payé par nos impôts grâce aux subventions.
Avatar de youtpout978 youtpout978 - Membre expert https://www.developpez.com
le 16/01/2017 à 23:51
Mediapart c'est déjà un peu plus fiable.
Avatar de ddoumeche ddoumeche - Membre expérimenté https://www.developpez.com
le 17/01/2017 à 0:41
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Bon après les liens ne sont peut être pas top...
Il y a surement moyen de trouver mieux.
Mais Georges Soros et Bill Gates financent vraiment le système de censure des "fakes news".
C'était de l'humour voyons, tu manques de second degré.
Avatar de Tagashy Tagashy - Membre actif https://www.developpez.com
le 17/01/2017 à 8:31
Je vis en Allemagne actuellement et je confirme ce que dis @Ryu2000
Aujourd'hui c'est Merkel qui chouine... (beaucoup d’Allemands en ont marre d'elle)
la majorité des personne avec qui je parle espèrent qu'elle s'en aille et ne revienne jamais (en particulier du aux politique sur l’accueil des réfugier qui dépossède les propriétaire de résidence secondaire en les donnant au réfugie, que les propriétaires sont obliger d'entretenir et de payer les coûts relatif à ceux ci tous en ne pouvant pas les utiliser, cad ils payent la vie des réfugies)

P.S je n’émets aucun avis j’énonce juste des fait
Avatar de Ryu2000 Ryu2000 - Expert confirmé https://www.developpez.com
le 17/01/2017 à 8:49
Citation Envoyé par Tagashy Voir le message
en particulier du aux politique sur l’accueil des réfugier
Ouais ça clairement ça n'a pas plu à certains Allemands.
Surtout qu'il y a eu pas mal d'agressions sexuelles réalisé par des migrants...
Après il y a eu des attaques terroristes (peut être pas réalisé par des migrants, mais l'amalgame se fait vite).

Bon apparemment c'est parfois un migrant qui réalise l'attaque terroriste :
L'Allemagne cible d'attaques terroristes en série en 2016
18 juillet : attaque à la hache dans un train. Un jeune demandeur d'asile de 17 ans, affirmant être afghan
24 juillet : première attaque kamikaze dans un festival. Un réfugié syrien de 27 ans
Elle a un peu pété un câble la Merkel à un moment.
Elle voulait accueillir des millions et des millions de migrants.
Les chefs de l'industrie Allemandes étaient content ils se sont dit "chouette de la jeune main d'oeuvre non qualifiée pas chère !".
Mais Merkel a vite backdash, et au final elle a décidé d'y aller un peu plus mollo au niveau des millions de migrants à accueillir.

Elle sait qu'elle va se faire dégager au prochaine élections, elle cherche à empêcher les allemands de trop discuter sur les réseaux sociaux.
===

Une des principales différences entre médias traditionnelles et médias sur internet, c'est que sur internet les gens peuvent donner leur avis.
Alors si vous allez sur des pages facebook de médias mainstream type Canal + / TF1 on va vous censurer directement si vous n'avez pas dans le sens de leur idéologie.
Ils ont complètement le droit, c'est une page privée, ils peuvent supprimer les messages comme ils veulent.
Enfin bref c'est sympa de pouvoir réagir sur un article.

Un autre truc marrant avec les réseaux sociaux, c'est quand un candidat veut parler de sa campagne sur Twitter et il se fait critiquer par énormément d'utilisateurs.
J'ai vu ça avec Valls, j'avais trouvé ça sympa, lui il le mérite vraiment.
Avatar de hotcryx hotcryx - Membre émérite https://www.developpez.com
le 17/01/2017 à 12:27
Valls "El blancos" le candidat d'Israel
Avatar de Bourbaki3540340343 Bourbaki3540340343 - Candidat au Club https://www.developpez.com
le 20/01/2017 à 10:28
Qui est légitime pour juger de la qualité et de la véracité d'une information ? L'état ? L'oligopole médiatique ?

Pour eux, on doute déjà de leur propension à détenir et à vouloir diffuser la vérité, alors pour une entreprise privé, américaine...

C'est intéressant de voir comment une élite politico-financière œuvre pour contrôler l'information de masse...

Qu'en pensez-vous ?
Avatar de Stéphane le calme Stéphane le calme - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 25/01/2017 à 11:36
Fausses actualités : des politiciens en Allemagne voudraient durcir un projet de loi controversé autour des botnets,
pour endiguer leur propagation

Après le résultat des élections présidentielles américaines, un doigt accusateur a été pointé vers les réseaux sociaux qui ont été utilisés pour diffuser largement de « fausses actualités ». Selon les plaignants, lesdites fausses actualités ont contribué à mener Donald Trump à la victoire. Une conclusion qui a soulevé une polémique. Toutefois, pour Mark Zuckerberg, « l’idée que Facebook ait influencé l’élection de la moindre manière à cause de ses faux articles d’actualité, qui représentent une partie infime de notre contenu, me paraît ridicule ».

Pour le New York Times, le problème de l'influence de Facebook sur le discours politique ne se limite pas à la diffusion de fausses actualités, mais aussi à l’utilisation de cette plateforme comme chambre à écho. L'algorithme de l'entreprise choisit les publications qui apparaissent plus haut dans les flux d'actualité des utilisateurs, de même pour celles qui sont plus bas. « Les humains ont déjà tendance à se regrouper parmi les personnes partageant les mêmes idées et à chercher des actualités qui confirment leurs préjugés », avance le New York Times qui continue en disant que « les recherches de Facebook montrent que l'algorithme de l'entreprise encourage cet aspect en priorisant un peu les publications que les utilisateurs trouvent réconfortantes ».

Si les différentes plateformes ont déjà amorcé le combat pour endiguer le problème des fausses actualités, les entreprises ont tout de même reconnu qu’y parvenir ne sera pas aisé. Facebook a choisi de solliciter des organisations spécialisées dans le fact-checking. Le mois dernier, le réseau social a commencé à tester sa solution aux États-Unis, en promettant un déploiement dans d’autres pays. Le choix du réseau social pour la prochaine destination pour tester son outil s’est porté sur l’Allemagne.

L’Allemagne fait partie des pays qui prennent très au sérieux le problème de la désinformation et son éventuelle influence sur ses élections. Alors que les élections générales approchent à grands pas, Berlin a accusé Moscou de vouloir s’y inviter, comme la Russie l’aurait fait pour les États-Unis. D’ailleurs, la semaine dernière, un rapport du Bureau d’évaluation de la technologie du gouvernement fédéral allemand a prévenu que les « bots sociaux » pourraient miner la confiance dans la démocratie allemande. Notons que Facebook assure que sa plateforme ne compte aucun bot social grâce à sa politique qui invite à lui présenter son identité réelle ainsi que l'interdiction de créer de faux profils.

Selon le Berliner Morgenpost, plusieurs commissions parlementaires vont discuter du rapport cette semaine. Der Spiegel a rapporté que les ministres de la Justice des gouvernements régionaux de Hesse, de Saxe-Anhalt et de Bavière veulent s’appuyer sur le droit pénal pour contrer cette situation : ils voudraient modifier un projet de loi déjà controversé qui vise à criminaliser « de façon tentaculaire » le fonctionnement des botnets. Ce projet de loi a été jugé inadapté par certains médias allemands spécialisés qui estiment que des victimes pourront en faire les frais.

Pour Simon Hegelich, professeur de sciences politiques à l'Université technique de Munich, l'initiative qui en résulte est incohérente, mais pas sans « quelques bonnes idées ». Il estime que l'objectif principal ici est d'aider à forcer les grands réseaux sociaux à réprimer le problème eux-mêmes.

« Nous devons penser stratégiquement à ces propositions », a-t-il déclaré. « Je ne pense pas qu'elles aient été élaborées pour être mises en œuvre exactement comme elles le sont maintenant. C'est un geste stratégique pour montrer très clairement que nos politiciens se soucient de ces sujets et que les plateformes de médias sociaux doivent réagir, vous devrez faire face à des décisions politiques inconfortables ».

Les réseaux sociaux ont déjà eu des difficultés en Allemagne au cours des dernières années, principalement en ce qui concerne le traitement des propos haineux illégaux. Sous la pression du gouvernement, il n'était pas surprenant que Facebook ce mois-ci ait fait de l'Allemagne le deuxième pays après les États-Unis à bénéficier de son nouveau programme de fact-checking. Actuellement en phase de test, le système fait appel à des organismes de fast checking, partenaires bénévoles, tel que le service de journalisme d'investigation Correctiv dans le cas de l'Allemagne, pour faire le suivi des préoccupations des utilisateurs concernant la promotion de fausses actualités.

Un porte-parole du gouvernement fédéral allemand a déclaré que la question de la législation sur les bots sociaux fait actuellement l'objet d'une analyse. Cependant, il s’est abstenu de commenter cette initiative au niveau de l'État.

De nouvelles lois sont-elles nécessaires, voire pratiques ? Hegelich a noté qu'il est déjà illégal de diffuser des canulars dangereux en Allemagne et a souligné que la question des « fausses actualités » est entravée par de mauvaises définitions. « Même en tant que scientifiques, nous n'avons pas les bonnes catégories. Nous sommes tous presque aveugles dans ce sujet », a-t-il reconnu.

Cependant, il a suggéré que ce genre de désinformation pourrait ne pas être aussi efficace en Allemagne de toute façon : « je ne pense pas que la situation en Allemagne soit comparable à celle des États-Unis parce que la société allemande est beaucoup moins polarisée (...). Il est très difficile de changer les opinions des gens sur la politique via les médias sociaux ou n'importe quel type de média, donc l'effet sera probablement moins ressenti ici ».

Source : rapport du Bureau d’évaluation de la technologie (au format PDF), Der Spiegel, Berliner Morgenpost, détails sur quelques points de ce projet de loi

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