Le Parlement européen donne son feu vert au lancement d’un projet d’euro numérique pour sortir de la dépendance à Visa et Mastercard, mais des observateurs y voient du totalitarisme en gestation en UECe projet d’euro numérique s’aligne avec celui plus large d’affranchissement de l’Union européenne des géants technologiques américains qui peuvent servir de moyens de sanctions comme l’illustre le cas du juge français de la CPI Nicolas Guillou. En gros, l’Europe poursuit avec sa préparation à un scénario catastrophique dans lequel les Etats-Unis bloqueraient l’accès à leurs infrastructures numériques. Mais le projet d’euro numérique fait l’objet de controverse. Des observateurs y voient du totalitarisme en gestation dans l’espace européen.
Le juge français Nicolas Guillou a toute sa vie numérique et financière sévèrement restreinte en raison des sanctions globales ordonnées à son encontre par Donald Trump. Une élue française estime que l’une des solutions à de tels cas de figure réside dans le lancement de l’euro numériqueEuro Numérique : Le Parlement Européen donne son feu vert 🤓✨🩵 pic.twitter.com/aTVWKOWldn
— Farah RK (@FarahRrK) June 23, 2026
Ces sanctions de Donald Trump à l’encontre du juge français de la CPI Nicolas Guillou font suite à sa participation à la décision de la Cour pénale internationale (CPI) de délivrer des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Yoav Gallant pour crimes de guerre.
« Je suis allée voir le juge Guillou, placé sous sanction par Donald Trump. Du jour au lendemain, ses moyens de paiements et services numériques US ont été coupés. Une situation qui illustre l'importance du combat pour notre souveraineté en matière numérique et de paiements », indique la Présidente de la Commission des affaires économiques et monétaires du parlement européen.
« Pourquoi je suis allé le voir ? Parce qu’il a été mis sous sanction par Donald Trump lui-même parce que les décisions qu’il a prises ont déplu à Donald Trump. Concrètement qu’est-ce que ca veut dire ? Qu’il ne peut plus effectuer de paiements. Ca veut dire qu’il est quasiment interdit bancaire. Ca veut dire qu’il ne peut plus commander quoi que ce soit sur Internet. Ca veut dire qu’il ne peut plus louer une chambre d’hôtel, qu’il ne peut plus accéder à des plateformes de streaming, etc. Si je vous en parle aujourd’hui, c’est parce qu’au-delà du cas gravissime de ce qui arrive au juge Guillou, en fait, ce qui lui arrive pourrait arriver à chacun de nous. Pourquoi ? Parce qu’on est dépendants sur absolument tout : nos infrastructures numériques, nos infrastructures de paiement, etc. On ne le sait pas, mais par exemple, quand vous payez cela passe en fait par des infrastructures américaines, que ce soit par carte bancaire, par Apple Pay, etc. Sur tout on est dépendants des Américains et cela nous rend extrêmement vulnérables. Donc ce cas là est extrêmement grave sur le principe déjà, mais il est extrêmement grave parce qu’il illustre à merveille la vulnérabilité de l’Union européenne, de ses citoyens vis-à-vis des Américains et de l’Amérique de Donald Trump qui peut couper le robinet du jour au lendemain et changer radicalement notre quotidien », ajoute-t-elle avant de préciser que l’une des solutions réside dans le lancement de l’Euro numérique.
Des observateurs estiment que l’euro numérique cache non pas une alternative à Visa et Mastercard mais plutôt une architecture de surveillance de masse
Dans le cadre de la consultation publique préparatoire de la BCE, les répondants ont considéré que la confidentialité des transactions était le paramètre le plus important dans la conception de l’euro numérique (43 %).L'Euro numérique n'est absolument pas une alternative à Visa et compagnie mais bien un système de surveillance dont la facturation électronique fait partie !
— Marylin (@CornecMerlet) June 23, 2026
Il faut refuser en MASSE ce système, maintenant ☝️ https://t.co/qoCtSpF63T
La CNIL s’est penchée très tôt sur ce sujet pour relayer dans ce débat les préférences des citoyens-consommateurs et alerter sur les risques que pouvait comporter ce projet. Le Comité européen de la protection des données (CEPD) a également pris position, à l’été 2021, afin que l’euro numérique intègre un principe de respect de la vie privée et de la protection des données par défaut et dès la conception. Il a fait valoir aussi que l’euro numérique devait être conçu de manière aussi proche que possible de l’euro physique (les espèces).
Au-delà, les autorités européennes de protection des données considèrent que le respect de la confidentialité des transactions est une des conditions du succès du futur euro numérique. Afin que ce nouveau moyen de paiement, dans le cadre d’un écosystème des paiements européen déjà très performant et concurrentiel, trouve son public, il devra faire preuve d’une valeur ajoutée supplémentaire en termes de confidentialité et de protection des données.
Grosso modo, les sanctions américaines semblent avoir pour effet de stimuler l’innovation dans les pays qui dépendaient de ses technologies et ce, même si ces dernières font l’objet de controverses dans certains cas🔶 TOTALITAIRE ! 🔶
— Les Patriotes 21 (@LesPatriotes21) June 24, 2026
Honte à la Commission des affaires économiques qui vient de voter pour l’odieux et si dangereux euro numérique !
Atteinte à nos libertés, à la vie privée, dictature européiste, piratages et fuites de données, etc.
🟧 Pour s’en débarrasser il faut se… pic.twitter.com/4Z9FYnqyW1
Les sanctions américaines semblent plutôt avoir pour effet inattendu de stimuler l’innovation dans les pays qui dépendaient de ses technologies. En Chine, Huawei a divorcé d’Android avec le lancement d’HarmonyOS Next - un système d’exploitation architecturé autour d’un micronoyau et qui se positionne comme alternative à Android et iOS. Le ministère russe du développement numérique a annoncé son intention de créer une communauté de développement Linux indépendante à la suite du retrait des contributeurs russes du développement du noyau Linux. C’est dire que les initiatives se multiplient dans le but de s’affranchir de la dépendance aux technologies américaines. L’Europe pour sa part est encore à la traîne au point d’être considérée comme une colonie logicielle de Microsoft.
Et vous ?
Pour ou contre le lancement de l’euro numérique ? Partagez-vous les avis selon lesquels l’euro numérique cache non pas une alternative à Visa et Mastercard mais plutôt une architecture de surveillance de masse ?
Que vous inspire le cas du juge français Nicolas Guillou compte tenu du dilemme que représente l'euro numérique et de la possibilité d'un blackout numérique en Europe imposé par les Etats-Unis ?Voir aussi :
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