Le bitcoin peut-il mener l’humanité au chaos dû au changement climatique ? C’est possible, si son adoption se fait à des taux similaires à ceux de technologies comme les cartes de crédit. C’est l’une des raisons pour lesquelles une entreprise de Bill Gates, fondateur de Microsoft, s’apprête à pulvériser de la poussière dans l’atmosphère. La raison : compenser le réchauffement climatique. Ces efforts prennent un coup de neuf avec une déclaration de l’investisseur et milliardaire américain Charlie Munger : « Le bitcoin est répugnant et contraire aux intérêts de notre civilisation. »« Je déteste le succès du bitcoin et je ne suis pas favorable à une monnaie qui est si utile pour les hors-la-loi. Je n'aime pas non plus l'idée de distribuer des milliards de dollars supplémentaires à quelqu'un qui vient d'inventer un nouveau produit financier à partir de rien. Je pense modestement que tout ce satané développement est répugnant et contraire aux intérêts de la civilisation et je laisserai la critique aux autres », a-t-il déclaré dans le cadre l'assemblée annuelle des actionnaires de la holding Berkshire Hathaway dont il est le vice-président sous Warren Buffet.
Le bitcoin figure dans la liste des potentielles causes de coupures d’électricité en Iran. Si l’on considère le réseau Bitcoin comme un pays, alors ce dernier consomme plus d’énergie électrique par an que l’Argentine tout entière. C’est l’une des plus grosses tares que le réseau sous-jacent à la célèbre monnaie cryptographique traîne.
La consommation d’énergie du réseau Bitcoin n’est pas un bogue. Elle est liée au mécanisme d’émission des jetons. Dans le jargon de la cryptomonnaie, le processus prend le nom de minage. Le principal problème qui découle de cette méthode de validation des transactions est sa lourdeur de fonctionnement. La preuve de travail, qui demande un consensus global de chaque nœud sur la blockchain, requiert une quantité d’énergie considérable. Cet algorithme demande à chaque nœud de résoudre un puzzle cryptographique.
Ce puzzle est résolu par les mineurs qui entrent dans une sorte de compétition de laquelle le gagnant ressort avec une récompense en bitcoins. Cette récompense lui est accordée lorsqu’il trouve le hash qui permettra la création d’un nouveau bloc. Mais trouver ce hash devient de plus en plus compliqué et nécessite l’usage d’un nombre chaque fois plus élevé de machines. C’est la raison pour laquelle certains construisent des fermes de minage, d’où les publications qui s’enchaînent et qui font état d’importantes consommations du « pays Bitcoin » À date, il consomme 121,36 TWh par an, selon l’analyse de l’université de Cambridge. Cette consommation devrait être revue à la hausse à l’avenir quand on prend en compte le fait qu’une augmentation du prix de la cryptomonnaie entraîne une augmentation de l’énergie nécessaire pour le minage. De même, les émissions de gaz a effet de serre dues au fonctionnement du réseau Bitcoin iront croissant.
C’est en raison de l’importance de cette consommation que ses détracteurs sont d’avis que « le bitcoin ne rend pas de réel service à l’humanité. » « C’est juste un énorme et inutile casino. Le bitcoin est exclusivement utilisé pour la spéculation et de façon marginale pour l’économie réelle », lançait Frank Leroy – défenseur de l’environnement – au premier trimestre de l’année en cours.
L’une des solutions envisageables dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique est que les autorités de régulation de divers pays trouvent un moyen de rendre le bitcoin plus coûteux de sorte à réduire la ruée vers ce dernier et ainsi provoquer une réduction des sollicitations du réseau Bitcoin. Le cofondateur de Microsoft est pour sa part d’avis qu’il faut explorer de nouveaux moyens de mise sur pied des monnaies cryptographiques.
Il penche pour des cryptomonnaies émises par des banques centrales et qui mettent de côté l’une des plus-values les plus importantes du bitcoin : le transfert de valeur entre individus sans nécessité de l'intervention d'un tiers dit de confiance (banque). « Une telle monnaie ne pourra pas être utilisée pour exiger des rançons ou pour du blanchiment », indique-t-il. Sa fondation fait partie de l’équipe qui a piloté le projet de monnaie cryptographique de l’Inde. Elle travaille en sus avec des pays d’Afrique dans le but de l’atteinte du même objectif. Les écologistes pour leur part préconisent la destruction du réseau Bitcoin.
Le bitcoin au centre d’une révolution monétaire amorcée ?
Dans un rapport de décembre 2019, la Bank of America (BofA) classe le bitcoin comme l’investissement le plus abouti de la dernière décennie. Grosso modo, de 2010 à 2021 c’est une hausse soutenue par l'intérêt croissant d'un certain nombre de grandes entreprises d'investissement et de fournisseurs de services financiers :
- MicroStrategy a investi 425 millions de dollar : Michael Saylor, le fondateur de MicroStrategy, a déclaré que son entreprise avait acquis 175 millions de dollars supplémentaires en bitcoins (BTC) en un seul achat : « le 14 septembre 2020, MicroStrategy a finalisé son acquisition de 16 796 bitcoins supplémentaires pour un prix d'achat total de 175 millions de dollars. À ce jour, nous avons acheté un total de 38 250 bitcoins pour un prix total de 425 millions de dollars qui incluent les frais et dépenses ».
- Square a annoncé un investissement de 50 millions de dollars en bitcoins en octobre 2020 : le 8 octobre 2020, Square a annoncé avoir acheté environ 4709 bitcoins à un prix d'achat global de 50 millions de dollars. Square estime que la cryptomonnaie est un instrument d'autonomisation économique et offre un moyen pour le monde de participer à un système monétaire mondial, qui s'aligne avec l'objectif de l'entreprise. L’investissement représente...
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