Les motifs avancés par Trump pour justifier l'embargo contre Huawei sont inacceptables
Les USA auraient-ils bluffé depuis le début ?

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Alors que l’entreprise chinoise Huawei est sur le point de jouer un rôle majeur dans le déploiement de la 5G à l’échelle planétaire, l’administration Trump s’est engagée dans une campagne de boycott de grande ampleur pour imposer le bannissement des équipements réseau du chinois. Les États-Unis veulent persuader leurs alliés de l’UE et des Big Five qu’en raison des forts soupçons de collusion qui existeraient entre Huawei et le gouvernement et l’armée de Chine, les logiciels et le matériel de cette société pourraient être utilisés par Pékin à des fins de cyberespionnage ou de sabotage.


La semaine dernière, l’administration Trump a pris des mesures extrêmes et sans précédent contre Huawei, mettant sous embargo le géant technologique chinois au risque d’une rupture à long terme des relations commerciales entre Washington et Pékin. Ces mesures incluent l’ajout du géant des télécoms chinois, comme la société russe de cybersécurité Kaspersky avant elle, dans une liste noire qui contraint les entreprises étasuniennes à ne plus faire affaire avec Huawei, à moins d’avoir une autorisation officielle préalable. Cette action a poussé de nombreuses entreprises technologiques américaines (Microsoft, Intel, ARM, Google…) à mettre un terme à leurs relations commerciales avec le second fabricant mondial de smartphones qui occupe près du quart du marché dans la zone EMEA.

Pour justifier sa décision, l’administration Trump a expliqué que le matériel Huawei expose les États-Unis à un risque accru d’espionnage. D’après elle, « les adversaires étrangers créent et exploitent de plus en plus de vulnérabilités dans les technologies et services d’information et de communication ». Elle est persuadée que « l’acquisition ou l’utilisation sans restriction » d’équipements conçus par des adversaires étrangers aggrave ces vulnérabilités au point de constituer « une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale ».

Si cette manœuvre avait pour but de restreindre Huawei dans le domaine de l’infrastructure réseau, ça pourrait se comprendre. Mais quel est le rapport avec le matériel exporté et surtout destiné à des marchés autres que celui des États-Unis : pourquoi les puces Intel, AMD et Qualcomm ou la mémoire flash de Micron ne devraient-elles pas être vendues à Huawei pour être utilisées sur des produits (PC ou smartphones et autres) destinés à l’Europe ? Huawei ne vend pas de smartphones aux États-Unis et malgré le fait que la Chine a des antécédents de violation de la propriété intellectuelle et de vol de secrets commerciaux, pourquoi d’autres groupes chinois comme Lenovo, OnePlus ou DJI ne sont pas inquiétés ?


Les États-Unis et la Chine se livrent une intense guerre commerciale depuis l’an dernier, un conflit dans lequel la surenchère verbale, l’arrestation de hauts responsables de multinationales de part et d’autre et la manipulation des tarifs douaniers font partie des principaux instruments de cette confrontation économique. Certains pourraient voir les mesures contre Huawei comme faisant partie d’une stratégie visant à augmenter la pression sur l’économie chinoise afin d’obtenir des concessions à l’avenir. Mais invoquer des raisons liées à la sécurité nationale dans l’affaire Huawei comme le font les USA actuellement ne pourrait-il pas nuire durablement à la crédibilité des USA en cas d’apparition d’une menace réelle pour la sécurité ?

Récemment, le président Trump s’est adressé à la presse après un événement au cours duquel a été abordée la question de l’appui aux agriculteurs étasuniens impactés par la guerre commerciale entre Washington et Pékin. Lorsqu’un journaliste a interrogé Donald Trump au sujet des actions menées à l’encontre de Huawei, la réponse du président a été troublante : « Huawei est quelque chose de très dangereux. Si vous regardez ce qu’ils ont fait du point de vue de la sécurité, du point de vue militaire, c’est très dangereux. Il est donc possible que Huawei soit même inclus dans une sorte d’accord commercial. Si nous parvenions à un accord, j’imagine que Huawei pourrait être inclus dans un accord commercial sous une forme ou une autre ».


Trump semble indiquer qu’un embargo a été imposé à Huawei parce que cette entreprise constitue une menace pour la sécurité nationale des USA. Mais il précise aussi que ces restrictions pourraient être levées dans le cadre d’un accord commercial entre les États-Unis et la Chine, ce qui à première vue ne parait pas logique : comment pourriez-vous négocier une menace à la sécurité dans le cadre d’un accord commercial sachant que votre partenaire ne peut pas promettre de façon crédible qu’il n’essayera pas de vous espionner ?

Ces allégations apparemment incompatibles pourraient tout de même trouver un sens en admettant que la menace pour la sécurité nationale brandie par le camp étasunien était du bluff à la base. Quel que soit l’accord que Trump signe, les agences d’espionnage chinoises continueront leurs activités et si Huawei était une menace avant l’accord, elle le sera tout autant par la suite. Bien sûr, si la société technologique n’était pas vraiment une menace pour la sécurité et que l’administration Trump s’en est servi comme excuse pour intensifier la guerre commerciale, ce serait encore pire, car n’importe quelle autre entreprise technologique pourrait servir de bouc émissaire à l’avenir.

Le monde de la sécurité nationale repose sur des renseignements confidentiels et les opérations de vie ou de mort doivent souvent être entreprises pour des raisons qui ne peuvent être rendues publiques. Dans ces cas-là, le président et les autres chefs de gouvernement ne peuvent raconter qu’une partie de l’histoire, et au-delà de cela, ils ont besoin que le public ait confiance dans le fait qu’il existe une préoccupation de sécurité nationale valable pour dissimuler le reste. Cette confiance a été ébranlée ces dernières années, souvent pour de bonnes raisons, mais c’est une part importante de ce que signifie avoir un service de renseignement fonctionnel. Faire reculer des restrictions massives à la suite d’un accord commercial serait catastrophique pour cette crédibilité et la confiance dans cette institution est la principale raison pour laquelle nous devons croire que Huawei est une menace en premier lieu.

Il se pourrait que les propos de Trump aient été mal interprétés. Mais, quels que soient les faits, c’est au président de justifier ses actions auprès du public et de présenter clairement ces mesures contre Huawei dans le cadre d’un plan plus large entrepris pour le bien des États-Unis, ne serait-ce que pour préserver la crédibilité du gouvernement en place. La décision de Trump a causé un immense chaos et de l’inquiétude à l’échelle mondiale dans l’industrie technologique. Il doit au moins aux différents acteurs de ce milieu une explication honnête sur les raisons qui l’ont poussé à agir de la sorte.

Et vous ?

Que pensez-vous de l’embargo américain imposé à Huawei et des justifications avancés avancées par le président américain ?

Est-il, selon vous, possible de négocier une menace à la sécurité dans le cadre d’un accord commercial sachant qu’aucun des partenaires impliqués ne peut pas promettre de façon crédible qu’il n’essayera pas de vous espionner ?

Invoquer des raisons liées à la sécurité nationale dans l’affaire Huawei comme le font les USA actuellement ne pourrait-il pas nuire durablement à la crédibilité des USA en cas d'apparition d'une menace « réelle » pour la sécurité ?

Est-il admissible que des puces Intel, AMD et Qualcomm ou la mémoire flash de Micron ne puissent pas être vendues à Huawei pour être utilisées sur des produits (PC ou smartphones et autres) destinés à des marchés autres que celui des USA ?

Les USA auraient-ils bluffé depuis le début ?

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Avatar de AoCannaille
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 24/05/2019 à 16:29
Citation Envoyé par tanaka59 Voir le message
Lenovo c'est IBM , un truc américano - chinois. Étrangement personne n'en parle et pourtant Lenovo est maitre sur le marché des pc "pro".
Lenovo est 100% chinois depuis quelques temps déjà.

Et côté "maitre sur le marché des pc "pro"", depuis le scandale des spyware sur les pc tous public, lenovo a disparu des boites industrielles que j'ai traversé, au profit majoritairement de HP et dans une moindre mesure de Dell.
Avatar de NBoulfroy
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 24/05/2019 à 18:10
Ce que je pense sur l'embargo ? C'est uniquement une guerre commerciale car la marque chinoise est le 2e vendeur de téléphone au monde et que Apple, un des fleurons de l'industrie mobile des USA est entrain de perdre du terrain (en même temps, vu le prix de leurs téléphones et vu le gain technologique de chaque model, les gens commencent à comprendre qu'il y a entourloupe je crois).

Non, il n'est pas possible de négocier le non espionnage, s'il existe, dans des accords commerciaux.

L'affaire Huawei décrédibilise les USA en tant que partenaire commercial car il n'y a toujours pas de preuve des allégations de l'administration Trump. Il est possible que l'Europe devienne un partenaire privilégier pour les sociétés comme Huawei (à condition qu'on ne suive pas les USA évidemment) si cette affaire perdure trop longtemps.

La loi empêché déjà la vente de composants à Huawei pour les sociétés américaines donc ... La question ne se pose pas en fait.

Sans preuve.s réelle.s et sérieuse.s, c'est du bluff à mes yeux.
Avatar de Gluups
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 24/05/2019 à 18:33
Citation Envoyé par NBoulfroy Voir le message
Ce que je pense sur l'embargo ? C'est uniquement une guerre commerciale car la marque chinoise est le 2e vendeur de téléphone au monde et que Apple, un des fleurons de l'industrie mobile des USA est entrain de perdre du terrain (en même temps, vu le prix de leurs téléphones et vu le gain technologique de chaque model, les gens commencent à comprendre qu'il y a entourloupe je crois).
Tiens, ça me rappelle que Huawei recrute, il va falloir que j'aille voir ça de près

Non, il n'est pas possible de négocier le non espionnage, s'il existe, dans des accords commerciaux.
Hum, on peut toujours dire non promis juré craché, quant à y croire ...

L'affaire Huawei décrédibilise les USA en tant que partenaire commercial car il n'y a toujours pas de preuve des allégations de l'administration Trump. Il est possible que l'Europe devienne un partenaire privilégier pour les sociétés comme Huawei (à condition qu'on ne suive pas les USA évidemment) si cette affaire perdure trop longtemps.

La loi empêché déjà la vente de composants à Huawei pour les sociétés américaines donc ... La question ne se pose pas en fait.

Sans preuve.s réelle.s et sérieuse.s, c'est du bluff à mes yeux.
C'est-à-dire surtout que là où il y a une certitude absolue d'espionnage c'est de la part des États Unis, dans la mesure où ils ne s'en cachent pas du tout.
Alors c'est quoi cette histoire du "hé mais ho, quoi, eux ils font comme moi, vous vous rendez compte d'un scandale !" ?
Avatar de ParseCoder
Membre averti https://www.developpez.com
Le 24/05/2019 à 20:16
Trump vient d'annoncer qu'il était prêt à intégrer Huawei dans un accord commercial avec la Chine. On dirait que Trump a pris une position très dure pour forcer les chinois à lâcher du lest dans le cadre des négociations commerciales USA-Chine en cours, plus qu'une réelle volonté de faire couler Huawei. Il veut que ces négociations aboutissent et il leur met la pression. C'est typiquement la stratégie Trump.
Avatar de sylsau
Membre actif https://www.developpez.com
Le 25/05/2019 à 7:22
Huawei est principalement un fusible utilisé par Donald Trump dans sa guerre commerciale avec la Chine.
Si la Chine cède face à Trump, toutes ces interdictions disparaîtront alors même que Huawei sera toujours en position d'espionner (éventuellement) le monde entier.
Avatar de KEKE93
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 25/05/2019 à 7:35
Déjà, dans le milieu des années 80, Ronald Reagan avait fait la guerre commerciale avec le Japon, accusant celui-ci de faire du dumping sur ses exportations d'acier et regrettant que ce dernier exporte trop de voitures japonaises vers les Etats-Unis; secteur automobile qui accusait le gros du déficit commercial US.
Sachant que le Japon est un allié des Etats-Unis et bénéficie du "parapluie US" en cas d'attaque atomique venant de l'URSS, les USA ont fait signer une sorte de diktat au Japon avec les Accords de Plazza en 1985 pour faire augmenter la valeur du Yen et rendre du coup les exportations japonaises plus honéreuses afin de réduire de déficit commercial US...
Et bien, cela a couté au Japon une récession larvée de plus de 20 ans...
Les Industriels automobiles japonais comme Toyota, Honda ont dû construire des transplants dans les Etats du Sud des Etats-Unis.

Il est clair que Trump ne peut pas faire la même chose avec la Chine ( faire signer des accords comme ceux de Plazza ) il est obligé de faire du chantage avec Huawei...
Avatar de Madmac
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 25/05/2019 à 16:23
Citation Envoyé par rawsrc Voir le message
au rythme auquel ces deux états se pilonnent, ça ne peut aller qu'en empirant.
Par ailleurs, les 40 dernières années à servir d'usine du monde ont permis aux Chinois d'acquérir en 10 fois moins de temps le savoir et la technologie pour devenir autonome dans presque tous les domaines.
Mais le développement de la Chine a été fait en volant le savoir-faire du reste de la planète. Ils ne sont pas devenu les experts de la contre-façon développant de nouvelle technologie: Les Chinois ne reconnaissent pas les patentes et les copyrights.

Cela allait forcément leur revenir à la gueule. En vendant à l'Iran du matériel pouvant être utilisé pour fabriquer des missiles, ils ont franchis la ligne qui ne devaient pas dépasser.
Avatar de Madmac
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 25/05/2019 à 16:29
Citation Envoyé par KEKE93 Voir le message

Il est clair que Trump ne peut pas faire la même chose avec la Chine ( faire signer des accords comme ceux de Plazza ) il est obligé de faire du chantage avec Huawei...
Cela reste à voir. Leur économie dépend entièrement de l'exportation. Les Chinois ne peuvent consommer la majorité des produits qu'ils fabriquent. Et comme de plus en plus de pays commencent en avoir marre du protectionnisme chinois et du vol de technologie. Ils vont devoir faire des concessions, sinon ils risquent une belle révolution civile.
Avatar de KEKE93
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 25/05/2019 à 16:47
D'accord, je voudrais ajouter que la Chine ne peut rien faire de ses réserves de 3000 milliards de "foreign exchange".
Si la Chine vendait les réserves qu'elle détient en dollars à titre punitif envers les USA, elle verrait le Yuan s'apprécier et le Dollar sera attaqué...
Or une appréciation du Yuan n'est absolument pas ce que veut la Chine étant donné que c'est un pays exportateur...

NB: il faut savoir que les réserves de la Chine en dollars plafonnent voire régressent depuis longtemps déjà ( 7 ans ? ).

https://en.wikipedia.org/wiki/List_o...hange_reserves
Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 25/05/2019 à 16:49
Huawei perd également ses liens avec la Wi-Fi Alliance et la SD Association
et ses livraisons pourraient diminuer d’un quart cette année

Les relations continuent de se rompre pour Huawei depuis le décret pris par le président américain Donald Trump à l’encontre du géant chinois. Après le retrait de la licence Android à Huawei par Google en début de cette semaine, c’est aux tours de la Wi-Fi Alliance et de la SD Association de rompre leurs liens avec l’équipementier chinois. Ceci dit que Huawei ne pourra plus utiliser les cartes microSD dans ces prochains smartphones ou autres équipements et que Huawei pourrait avoir des problèmes avec les futures normes sur les réseaux Wi-Fi. Il s’agit là d’une situation qualifiée de délicate par les experts et qui, selon Reuters, peut avoir une incidence négative sur les livraisons de la société chinoise au cours du reste de l’année.

Le décret pris par Trump à l’encontre de Huawei continue de faire effet. Huawei a perdu sa licence Android en début de cette semaine après que Google ait annoncé qu’il mettait une pause à sa collaboration avec l’entreprise. D'après ce qu'a rapporté Reuters, Google a mis une pause à sa collaboration avec Huawei : la firme de Mountain View restreint l'utilisation de l'écosystème Android par le constructeur chinois. L'entreprise chinoise a ainsi perdu l'accès aux mises à jour du système d'exploitation Android ; en sus, sa prochaine génération de smartphones sera sevrée d'accès aux applications et services populaires y compris le Google Play Store via lequel les utilisateurs ont accès à des applications comme Gmail.

« Huawei pourra uniquement faire usage de la version publique d'Android [celle de l'AOSP] et ne pourra pas accéder aux applications et services propriétaires de Google », avait précisé Reuters sur le sujet. ARM a fait de même pour se conformer au décret de la présidence américaine, ce qui menace la capacité du chinois à concevoir de nouvelles puces pour ses smartphones. À l’heure actuelle, Huawei n’entretient plus de relations commerciales avec une longue liste d’entreprises américaines notamment Intel, Qualcomm, Xilinx, Broadcom, Qorvo, Micron Technology et Western Digital.

Cette liste vient encore de s’allonger, car hier, deux organismes internationaux de normalisation, la Wi-Fi Alliance et la SD Association viennent de s’y ajouter. La Wi-Fi Alliance qui établit les normes de la technologie sans fil et compte parmi ses membres Apple, Qualcomm, Broadcom et Intel, a annoncé avoir “temporairement restreint” la participation de Huawei aux activités de l’alliance. D’un autre côté, Huawei a également disparu de la liste des membres de la SD Association. Comme ARM, la SD Association a annoncé qu'elle a procédé au retrait de Huawei en vue de se conformer aux ordres du département américain du Commerce.


La SD Association est une organisation à but non lucratif qui contrôle les normes des produits SD. L’organisme est connu pour avoir développé les normes de la carte SD, le format de carte mémoire le plus répandu dans les appareils portables. Cela inclut toutes les cartes SD standard et les cartes microSD de votre smartphone. Il inclut également les modèles de port qui lisent ces cartes. Si une entreprise n’est pas membre de l’Association, elle ne peut pas officiellement produire des produits conformes à ces normes.

Ces deux retraits constituent un coup dur pour Huawei, a rapporté le média Nikkei Asian Review. Cette situation va empêcher Huawei de participer à l’élaboration de nouvelles normes pour ses deux technologies : le Wi-Fi et les cartes SD. Cependant, la société se dit confiante et espère que la situation aura un dénouement dans un avenir très proche. « Huawei apprécie ses relations avec tous les partenaires et associations du monde entier et comprend la situation difficile dans laquelle ils se trouvent. Nous espérons que cette situation sera résolue et nous travaillons pour trouver la meilleure solution », a déclaré vendredi un porte-parole du groupe chinois.

Selon Nikkei Asian Review, il faut comprendre par là que les organismes de normalisation sont devenus de nouveaux champs de bataille mondiaux, où les acteurs de l'industrie se battent pour influencer le développement technologique en leur faveur. L'exclusion pourrait désavantager Huawei lors de l'expansion de ses activités à l'étranger. À ce titre, Reuters rapporte que selon certains groupes d’analystes, ces diverses pertes de relations et de partenariats pourraient engendrer une baisse des livraisons de Huawei dans le monde d’environ un quart cette année et que le chinois risque de voir ces smartphones disparaître des marchés internationaux.

En d’autres termes, les livraisons de smartphones chez Huawei, le deuxième fabricant mondial de smartphones en volume, pourraient chuter entre 4 % et 24 % en 2019 si l'interdiction restait en vigueur, selon Fubon Research and Strategy Analytics. « Si Huawei perd définitivement l'accès à Google, le marché des smartphones en Europe occidentale pourrait disparaître l'an prochain », a déclaré Linda Sui, directrice des stratégies pour les smartphones sans fil chez Strategy Analytics. De plus, plusieurs autres experts ont déclaré qu’ils s’attendent à une diminution des expéditions mondiales de Huawei au cours des six prochains mois, mais ont refusé de donner une estimation approximative en raison des incertitudes entourant l'interdiction.

En outre, Fubon Research, qui prévoyait auparavant que Huawei embarque 258 millions de smartphones en 2019, s'attend maintenant à ce que la société n'en expédie que 200 millions dans le pire des scénarios. Linda Sui prévoit que les livraisons de combinés Huawei diminueront encore de 23 % l’année prochaine, mais estime que la société pourrait survivre sur la taille du marché chinois. Néanmoins, la société pourrait toujours compter sur les marchés européens où elle n’est pas encore trop exposée aux sanctions. Selon l’IDC, la société considère l’Europe comme le marché le plus important pour ses smartphones haut de gamme. L’IDC estime qu’elle occupe environ 30 % du marché européen et a expédié 208 millions de téléphones l'année dernière, dont la moitié vers des marchés extérieurs à la Chine.

Selon PriceSpy, un site de comparaison de produits qui attire en moyenne 14 millions de visiteurs par mois, les téléphones Huawei attirent déjà moins de clics des acheteurs en ligne depuis que les États-Unis ont mis la société sur liste noire. « Au cours des quatre derniers jours, la popularité des téléphones Huawei a chuté. Ils ont enregistré près de la moitié moins de clics que la semaine dernière au Royaume-Uni et 26% de moins sur la scène mondiale », a déclaré PriceSpy. D’après Edison Lee, analyste chez Jefferies, l'interdiction d'exportation imposée à Huawei pourrait également retarder le déploiement de la Chine dans la 5G. Huawei a déclaré avoir signé des contrats 5G avec 40 clients à travers le monde.

Enfin, Huawei pourrait toujours développer ces puces et produits connexes, car les normes sont ouvertes à l'ensemble du secteur, mais la société chinoise n'aurait plus aucun mot à dire dans l'élaboration des normes occidentales, une situation qui peut faire disparaître le géant des marchés internationaux. L'intensification des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine pourrait creuser le fossé technologique grandissant entre les deux plus grandes économies du monde, ont déclaré des observateurs du marché.

Sources : Reuters, Nikkei Asian Review

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ?
Huawei pourra-t-il se remettre de ces sanctions, selon vous ?

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