Trump signe un décret pavant le chemin vers le blocage d'Huawei aux USA
La France assure qu'elle n'a pas l'intention de faire la même chose

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Le président Donald Trump a signé mercredi un décret établissant les bases pour empêcher des entreprises de télécommunications chinoises telles que Huawei de vendre du matériel aux États-Unis, visant à neutraliser la capacité de Beijing à compromettre les réseaux sans fil et les systèmes informatiques américains de la prochaine génération.

L’ordonnance interdit l’achat ou l’utilisation de toute technologie de communication produite par des entités contrôlées par «un adversaire étranger» et susceptible de créer un «risque de sabotage indu» des systèmes de communication américains ou des «effets catastrophiques» sur l’infrastructure américaine.

« Moi, DONALD J. TRUMP, Président des États-Unis d'Amérique, constate que les adversaires étrangers créent et exploitent de plus en plus de vulnérabilités dans les technologies et les services de l'information et de la communication, qui stockent et communiquent de grandes quantités d'informations sensibles, facilitent l'économie numérique et soutiennent infrastructures critiques et services d’urgence essentiels, afin de mener des actions malveillantes fondées sur le numérique, y compris l’espionnage économique et industriel contre les États-Unis et leur population.

« Je conclus en outre que l’acquisition ou l’utilisation sans restriction aux États-Unis de technologies ou de services de l’information et de la communication conçus, développés, fabriqués ou fournis par des personnes détenues par, contrôlées ou soumises à la juridiction ou à la direction d’adversaires étrangers, accroissant la capacité des adversaires étrangers à créer et exploiter des vulnérabilités dans les technologies ou les services d’information et de communication, avec des effets potentiellement catastrophiques, constituent ainsi une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale, la politique étrangère et l’économie des États-unis ».


Le Département du commerce dispose de 150 jours pour élaborer des règles permettant d’identifier « des pays ou des personnes » en tant qu’adversaires étrangers. Il est presque certain que ces règles indexent la Chine, Huawei ou les deux.

Le décret suscitera certainement la colère de Pékin à un moment où les deux plus grandes économies du monde luttent pour résoudre une guerre commerciale qui bouleverserait les marchés. La directive intervient également alors que le ministère de la Justice demande l'extradition du Canada d'un dirigeant de Huawei accusé d'avoir violé les sanctions contre l'Iran.

Le décret-loi tant attendu de Trump invoque la loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationale et déclare une urgence nationale pour habiliter le gouvernement à bloquer l’achat de technologies liées à des adversaires étrangers.

Le ministère américain du Commerce prend une mesure connexe

Le ministère américain du Commerce a pris mercredi une mesure distincte, mais connexe, interdisant aux entreprises américaines de traiter avec Huawei et 70 affiliés en les ajoutant à la « liste d'entités » (une décision qui interdit donc à la société d’acquérir des composants et des technologies auprès de sociétés américaines sans l’approbation du gouvernement). L'administration a engagé une action similaire à l'encontre de ZTE, une autre entreprise de télécommunication chinoise, pour violation présumée des sanctions américaines sur l'Iran, mais Trump a renversé la décision et infligé à la société une lourde amende.

Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a déclaré que le président Donald Trump avait soutenu la décision « d'empêcher que des entités sous contrôle étranger utilisent la technologie américaine de manière potentiellement préjudiciable à la sécurité nationale ou aux intérêts de la politique étrangère des États-Unis ».

Huawei, qui affirme que ses produits ne représentent pas une menace pour la sécurité, a déclaré qu’il était « prêt et disposé à s’engager avec le gouvernement américain et à proposer des mesures efficaces pour assurer la sécurité des produits ».

Il a déclaré que le fait d'empêcher Huawei de faire des affaires aux États-Unis « limiterait les États-Unis à des alternatives inférieures mais plus coûteuses, laissant les États-Unis à la traîne dans le déploiement de la 5G et finissant par nuire aux intérêts des entreprises et des consommateurs américains ».

S'exprimant lors d'une audience du sous-comité du Sénat sur les crédits au Sénat américain, Steven Mnuchin, le Secrétaire au Trésor, a qualifié de constructives les deux journées de pourparlers de haut niveau avec des responsables chinois à Washington la semaine dernière.

« Je m'attends à ce que nous nous rendions à Beijing dans un proche avenir pour poursuivre ces discussions », a-t-il déclaré. « Il reste encore beaucoup de travail à faire ».

La France n'a pas l'objectif d'interdire Huawei

La France n’a pas pour objectif d’interdire l’équipementier télécoms chinois Huawei, comme l’ont fait les États-Unis, et il ne lui paraît pas judicieux de déclencher une guerre technologique ou commerciale pour préserver sa sécurité nationale, a déclaré jeudi Emmanuel Macron.

« La France et l’Europe sont pragmatiques, réalistes: nous voulons développer l’emploi, l’activité, l’innovation et nous croyons en la coopération et dans le multilatéralisme », a dit en anglais le président français à l’occasion du salon Vivatech organisé à Paris.


« En même temps, pour la 5G par exemple et beaucoup d’innovations, nous sommes extrêmement attentifs au sujet de l’accès aux technologies essentielles pour préserver notre sécurité nationale », a-t-il poursuivi en réponse à une question sur Huawei et la décision prise mercredi par son homologue américain Donald Trump.

« Notre perspective n’est pas de bloquer Huawei ou toute autre entreprise, c’est de préserver notre sécurité nationale et la souveraineté européenne », a poursuivi Emmanuel Macron. « Mais je pense que déclencher maintenant une guerre technologique ou une guerre commerciale vis-à-vis d’un autre pays n’est pas judicieux ».

Les Etats-Unis pensent que les équipements de Huawei pourraient servir à des activités d’espionnage de la Chine et ils exhortent leurs alliés, notamment en Europe, à ne pas s’appuyer sur le groupe chinois pour le déploiement de la nouvelle génération de téléphonie mobile, la 5G.

Sources : décret présidentiel, Reuters (1, 2)

Voir aussi :

Canalys : la baisse de 23% de ventes d'iPhone est la plus forte de l'histoire d'Apple, Huawei est le seul constructeur à connaître la croissance
Vodafone nie avoir découvert des backdoors cachés dans les équipements de Huawei, il ne s'agirait que du protocole Telnet
Les USA envisagent de reconsidérer leur coopération avec les alliés qui utilisent les équipements 5G de Huawei, en ne partageant plus les informations

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Avatar de Patrick Ruiz
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 20/05/2019 à 10:38
Google met une pause à sa collaboration avec Huawei : plus de PlayStore,
Plus de Gmail pour les futurs smartphones Android du constructeur chinois

La semaine dernière, le président Trump a publié un décret qui interdit aux entreprises de télécommunication chinoises de faire des affaires dans ce domaine aux États-Unis. La manœuvre avait été largement comprise comme une interdiction des produits Huawei ; on en voit désormais la véritable portée. D'après une publication de Reuters, Google a mis une pause à sa collaboration avec Huawei : la firme de Mountain View restreint l'utilisation de l'écosystème Android par le constructeur chinois.

L'entreprise chinoise perd dans l’immédiat l'accès aux mises à jour du système d'exploitation Android ; en sus, sa prochaine génération de smartphones sera sevrée d'accès aux applications et services populaires y compris le Google Play Store via lequel les utilisateurs ont accès à des applications comme Gmail. « Huawei pourra uniquement faire usage de la version publique d'Android [celle de l'AOSP] et ne pourra pas accéder aux applications et services propriétaires de Google », précise Reuters.

Dans une note d’information parue sur le compte Twitter officiel du système d’exploitation Android, la firme de Mountain View indique : « pour les questions des utilisateurs de Huawei concernant les mesures que nous avons prises pour nous conformer aux récentes actions du gouvernement américain : nous vous assurons que pendant que nous nous conformons à toutes les exigences du gouvernement américain, des services tels que Google Play & security de Google Play Protect continueront à fonctionner sur votre appareil Huawei existant. »


L’autre annonce liée de façon immédiate à celle-ci est qu’en application du décret de Donald Trump, Les fabricants de puces dont Intel Corp, Qualcomm Inc, Xilinx Inc et Broadcom Inc, ne fourniront plus de logiciels et de composants critiques à Huawei, ce, jusqu’à nouvel ordre.

Quelles implications pour les affaires de Huawei ?

Huawei n'est pas très impliqué dans la filière smartphones aux États-Unis, donc lui interdire de vendre des téléphones aux consommateurs américains ne changera pas grand chose. L'entreperise chinoise a fait quelques tentatives pour percer sur le marché américain, mais la pression du Congrès sur les partenaires commerciaux individuels de Huawei, comme AT&T et Verizon, les a poussés à se retirer des accords avec la société. Outre les smartphones, Huawei est également l'un des plus grands fournisseurs d'équipements de réseau et de télécommunications dans le monde et cette interdiction empêchera les routeurs, les tours et autres équipements de la société d'accéder aux réseaux américains. Une publication antérieure de Reuters décrit d'ailleurs le problème que l'interdiction causerait dans des États ruraux des USA qui ont adopté des équipements Huawei.

Le changement sur lequel il faudrait beaucoup plus s’appesantir ici est l'interdiction faite aux entreprises américaines de fournir à Huawei des logiciels et du matériel informatique. En dehors de la Chine, cette décision est une condamnation à mort pour les smartphones Huawei dans des endroits comme l'Europe (son second plus gros marché) et l'Inde. Des alternatives viables à l’écosystème Android de Google peinent à émerger donc les smartphones Huawei sans Google auraient du mal à trouver leur place sur le marché. La seule société qui a en quelque sorte fait fonctionner Android sans Google est Amazon qui vend des tablettes bon marché équipées d'un fork d'Android. De plus, Amazon est une société américaine, donc sa boutique d'applications ne saurait être disponible pour Huawei.

En Chine, la décision américaine ne pèse pas puisqu’on ne fait pas usage du PlayStore et de services Google Play. La plupart des fabricants d'équipement d'origine du pays disposent de leurs propres boutiques d’applications ou font l'acquisition de licences auprès d'app store tiers comme ceux d'entreprises telles que Tencent.

On y était déjà préparés …

C’est la déclaration de Ren Zhengfei suite à la décision du gouvernement américain d’ajouter Huawei à sa liste d’entités interdites d’acquisition de matériel auprès des firmes américaines. Dans un entretien accordé en mars à la publication allemande Die Welt, Richard Yu, responsable de la division consommateurs de l'entreprise, a déclaré que l'entreprise avait un "plan B". « Nous avons préparé notre propre système d'exploitation. S'il arrivait un jour que nous ne puissions plus utiliser ces systèmes, nous serions prêts », avait-il lancé.

Hongmeng OS – c’est le nom du système d’exploitation appelé à remplacer Android de l’américain Google. D’après les retours de l’entreprise chinoise, l’OS fait l’objet de tests dans le secret depuis un moment.


L’autre possibilité dont dispose le constructeur chinois est de travailler au développement d’un fork d’Android, ce qui pourrait constituer une alternative plus viable que celle d’un OS fait maison. D’après ce que rapporte The Guardian, Huawei a anticipé sur la décision américaine en stockant une importante quantité de puces. D’après Ren Zhengfei, l’entreprise est à même de gérer la transition sans s’appuyer sur les États-Unis.

« La fourniture de composants pour la production de smartphones Huawei est suffisante, et nous ne voyons pas d'impact significatif des sanctions américaines », confirme une publication toute fraîche du global Times.


Les sanctions contre Huawei ne sont pas sans faire penser à celles qu’a subies l’autre fabricant chinois de smartphones ZTE. À mi-parcours de l’année précédente, l’entreprise s’était vue obligée d’annoncer la fermeture de ses portes.

Sources : Reuters, The Guardian

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?

Huawei survivra-t-il aux sanctions américaines ? L’entreprise peut-elle être sur ce coup l’exemple de l’affranchissement du monopole des USA sur la Tech ?

Quelles alternatives viables à Android de Google ?

Voir aussi :

USA : la bataille opposant ZTE et les États-Unis touche à sa fin suite à un accord autour d'un dépôt d'entiercement de 400 millions de dollars

Les sanctions américaines contre ZTE pourraient à nouveau entrer en vigueur après un vote du Sénat malgré les efforts de Donald Trump

Le gouvernement américain devrait lever les sanctions contre ZTE, la société va payer à nouveau une amende d'un milliard de $

USA : ZTE peut de nouveau ouvrir ses portes après avoir accepté de payer 1,3 Md$ d'amende, de remanier sa direction ainsi que son conseil
Avatar de emixam16
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 20/05/2019 à 11:42
En fait, là, on a deux cas de figure.

- Soit les USA ont des preuves tangibles des accusations faites à Huawei. Et ils les fournissent. Et dans ce cas, on peut parler de sanctions voire d'interdiction.
- Soit ils n'ont rien à fournir et ces interdictions rentrent juste dans le cadre d'une guerre commerciale. Et dans ce cas, c'est absolument dégueulasse comme façon de faire.

D'ailleurs, je trouve ça assez cocasse que les USA critiquent des entreprises pour des questions de protection des données alors qu'ils ont Facebook et Google. (Pour nuancer mon propos, Facebook et Google entre autres sont aussi bloqués en Chine)

Pour le reste, tant que je n'ai rien de tangible, je ne donne pas de poids au accusations américaines : comme on dit: "la preuve à l'accusation"!

Tout ça pour dire: la guerre commerciale se durcit... Et on sait qui trinque dans ces cas là!
Avatar de Cpt Anderson
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 20/05/2019 à 11:58
Pour les Etats Unis, le commerce mondialisé fonctionne que quand ils le dominent. Si une multinationale, quelle que soit son origine, fait un peu d'ombre à leurs grosses structures, on l'accuse de n'importe quoi. Une bonne guerre commerciale bien dégueulasse à l'américaine. Et le pire, c'est qu'ils imposent à l'occident tout entier de suivre leurs prérogatives sous peine de sanctions. On appelle ça une dictature.
Avatar de ShigruM
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 20/05/2019 à 13:11
enfin, j’espère que les 2 pays vont s'entretuer jusqu'a disparaitre sous les abysses.
maintenant voyons ce que vas faire la putain de la mondialisation, je veut parler de "l'union européenne", vas t'elle continuer à être une colonie us ou bien gagner en indépendance ou devenir l'esclave des chinois ?

nous savons tous comment cela vas se terminer, les usa vont lancer une guerre totale contre la chine, l'ue vas les aider et les pays du tier du monde 'les oublier vont enfin reprendre leurs place.
la chine a une politque diplomatique catastrophique, ils sont detesté par tous, les japonais, les coréens du sud (je parle pas des sdf du nord), l'inde, taiwan et meme nous autres les musulmans les détesttons de part leurs méthoides colonialiste de plus en plus insupportable sur nos terres
Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 20/05/2019 à 13:33
Citation Envoyé par Patrick Ruiz Voir le message
Qu’en pensez-vous ?
Faire du protectionnisme c'est très bien, mais empêcher les smartphones d'une entreprise d'utiliser le PlayStore c'est exagéré.
Il faudrait que les ventes d'iPhones remontent ça calmerait peut-être le gouvernement US. ^^
Ça se vend si bien que ça les smartphones Huawei aux USA ?

Il y a peut-être moyen de faire une nouvelle guerre froide, en faisant passer les chinois pour des méchants communistes.

Citation Envoyé par ShigruM Voir le message
les usa vont lancer une guerre totale contre la chine, l'ue vas les aider
Les guerres ne commencent pas comme ça, il faut qu'il y ait un prétexte au bout d'un moment.
Comme Dick Cheney qui a réussi à faire une guerre en Irak en réponse à une attaque terroriste (les liens entre Ben Laden et l'Irak ne sont pas clair).

Si une guerre avait lieu je ne pense pas que toutes les nations de l'UE se retrouvent du même côté. On a des intérêts et des alliances différentes.
Le top ce serait de rester neutre "démerdez-vous entre-vous ça ne nous concerne pas", on achètera les smartphones du vainqueurs ^^ lol

Citation Envoyé par ShigruM Voir le message
la chine a une politque diplomatique catastrophique, ils sont detesté par tous
Je ne sais pas, en revanche je sais que selon comment on regarde la Chine est la première puissance économique mondiale.
La Chine est toujours l'usine du monde, mais maintenant les chinois ne se contentent plus de copier, ils créent.
Avatar de sylsau
Membre actif https://www.developpez.com
Le 20/05/2019 à 13:55
Pour Huawei, la situation est compliquée. Sans licence Google, ils ne pourront plus proposer l'accès au Google Play Store qui est le nerf de la guerre.
En termes d'OS, ils vont devoir partir de la version open source d'Android ou bien renforcer les efforts sur leur OS maison Kirin OS. Je ne sais pas à quel stade de développement en est ce projet.
Pour la partie store d'applications, ils devront se tourner vers le store d'Amazon ou celui d'Opera dans un premier temps.
Ensuite, il leur faudra pousser le leur pour essayer d'arriver à quelque chose d'équivalent au store Samsung Galaxy Apps.

En bref, leur objectif de devenir le premier vendeur de smartphones au monde devant Samsung semble s'éloigner désormais.
Avatar de earhater
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 20/05/2019 à 15:04
Pour la partie store d'applications, ils devront se tourner vers le store d'Amazon ou celui d'Opera dans un premier temps.
Pour Amazon, étant une entreprise américaine, ils ne pourront pas non plus l'utiliser
Avatar de Jiji66
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 20/05/2019 à 15:31
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
....................
Le top ce serait de rester neutre "démerdez-vous entre-vous ça ne nous concerne pas", on achètera les smartphones du vainqueurs ^^ lol
...................
Moi je dirais que le top ce serait de pouvoir acheter des smartphones Européens !
Avatar de air-dex
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 20/05/2019 à 15:42
Quand le monde de l'informatique est rattrapé par la nationalité des choses. Rien n'est "international". Tout à une nationalité et les lois du pays de cette nationalité s'y appliquent. Android est américain comme son propriétaire Google donc les lois américaines s'y appliquent, point barre.

Réfléchissez-y à l'avenir quand vous souscrivez à un service ou bien lorsque vous achetez du matériel informatique.

À croire que l'affaire Megaupload n'a servi de leçon qu'à Kim Dotcom.

Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Faire du protectionnisme c'est très bien, mais empêcher les smartphones d'une entreprise d'utiliser le PlayStore c'est exagéré.
Le Google Play Store ce n'est pas l'eau potable et courante ou l'électricité. Il n'est pas non plus sous l'égide de l'ONU mais d'une entreprise américaine. À partir d'un certain point Google se couchera toujours face à la loi américaine que ça leur plaise ou nom et que le président soit Trump ou Obama.
Avatar de Michael Guilloux
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 20/05/2019 à 15:43
Le blocage de Huawei pourrait s'étendre au-delà des frontières US
l'Allemand Infineon a déjà suspendu ses livraisons de puces au Chinois

La semaine passée, l'administration Trump a publié un décret qui place Huawei sur une liste noire, une décision qui contraint les entreprises américaines à ne plus faire affaire avec le géant chinois des télécoms, à moins d'avoir une autorisation officielle. La toute première réaction publique à ce décret a été signalée par Reuters. Le quotidien américain a rapporté que, dans un souci de se conformer à l'ordre de Donald Trump, Google a décidé de ne plus fournir de logiciels, de matériel informatique ou service technique à Huawei à l’exception des services disponibles en open source.

L'éditeur d'Android a toutefois relativisé en précisant que « pour les utilisateurs de [ses] services, Google Play et les protections de sécurité de Google Play Protect continueront de fonctionner sur les appareils Huawei existants » ; ce qui laisse croire que ce sera plus les nouveaux produits Huawei qui seront impactés par cette mesure. L'entreprise chinoise a aussi promis de son côté qu'elle continuera à prendre en charge ses appareils Android : « Huawei continuera à fournir des mises à jour de sécurité et des services après-vente à tous les smartphones et tablettes Huawei et Honor actuels, dont ceux déjà vendus et ceux en stock dans le monde », a déclaré le groupe chinois ce lundi.


Huawei, qui s'y attendait depuis, s'est préparé à cette éventualité et a développé son propre OS au cas où ses relations avec Google se dégradaient. Mais le décret de Donald Trump n'a pas d'implications que sur l'activité mobile de Huawei, mais de manière plus large dans l'ensemble des activités du géant des télécoms. Ainsi, comme Google, bon nombre de fournisseurs US de semi-conducteurs ont décidé de suspendre leurs relations commerciales avec le Chinois. C'est le cas par exemple d'Intel, Qualcomm, Xilinx et Broadcom, qui auraient décidé de ne plus fournir plus de logiciels et de composants critiques à Huawei, jusqu’à nouvel ordre. Cette liste s'est rapidement allongée avec Qorvo, Micron Technology et Western Digital, et probablement bien d'autres entreprises technologiques US.

En prévision de la répression américaine, Huawei a stocké des composants clés pour environ six mois à un an, d'après le quotidien Nikkei Asian Review. L'entreprise semble également assez sereine. Son fondateur, Ren Zhengfei, a déclaré samedi que tout irait bien même si Qualcomm et d'autres fournisseurs américains ne pouvaient pas vendre de puces à Huawei. « Nous nous y sommes déjà préparés », a-t-il déclaré dans son premier entretien après la publication du décret de Trump. Mais il semble que le décret de Trump va bien au-delà des frontières US.

La peur d'être sanctionné par les USA s’empare des entreprises européennes et asiatiques

En Europe comme en Asie, le décret de Trump ne laisse pas non plus indifférentes les entreprises qui font affaire avec Huawei. Le fabricant allemand de puces Infineon Technologies a déjà suspendu ses livraisons de composants à Huawei, selon Nikkei Asian Review, lui qui fournit notamment au Chinois des microcontrôleurs et des circuits intégrés de gestion d'alimentation.

La raison est que les entreprises étrangères utilisant une certaine quantité de technologie américaine dans la fabrication de produits qu'elles vendent à Huawei sont également soumises à la même restriction. Elles risquent donc des répercussions juridiques aux États-Unis si elles ne se conforment pas au décret de Donald Trump. Elles pourraient elles-mêmes être inscrites sur une liste noire.

« Infineon a décidé d'adopter une mesure plus prudente et a arrêté de fournir des composants à Huawei. Mais il tiendra des réunions cette semaine pour discuter de la situation et procéder à des évaluations », a déclaré l'un des responsables de l'entreprise allemande. Ce n'est qu'après avoir clarifié les problèmes juridiques qu'Infineon pourrait décider de reprendre les relations avec Huawei.

Si ses ventes à Huawei représentent une fraction de ses revenus annuels - à peine 100 millions de dollars par an ou moins, selon l'une des sources de Nikkei - la décision d'Infineon pourrait avoir de graves répercussions pour la société chinoise. Elle pourrait en effet inciter d'autres fournisseurs européens et asiatiques à adopter une approche tout aussi prudente.

ST Microelectronics, un autre fabricant de puces européen clé d'origine française et italienne, doit par exemple tenir des réunions cette semaine pour déterminer s'il va continuer à fournir des composants à Huawei. Pour le moment, ST Microelectronics poursuit ses livraisons au géant chinois de la technologie.

Taiwan Semiconductor Manufacturing Co. (TSMC), le principal fournisseur asiatique de puces en Chine, le plus grand fabricant de puces au monde, continue de livrer des produits à Huawei, mais procède aussi actuellement à un contrôle préalable afin d'évaluer l'impact potentiel du décret de Trump. TSMC a déclaré vendredi que la société possédait un « système de conformité au contrôle des exportations complexe et sophistiqué » et que sur la base des données du système, il ne modifie pas ses pratiques d'expédition pour le moment.

D'autres fournisseurs asiatiques, tels que Toshiba Memory, le deuxième fournisseur mondial de mémoire flash au monde, et Japan Display Inc, le fournisseur d'écrans, étudient aussi les conséquences du décret de Trump pour leurs entreprises.

Sources : Reuters, Nikkei Asian Review

Et vous ?

Que pensez-vous du fait que des entreprises européennes ou asiatiques reconsidèrent leurs relations avec un gros client comme Huawei à cause d'une décision US ?
Le décret de Trump ne devrait-il pas être sans effet en-dehors des USA ?
Couper les relations avec Huawei ne va-t-il faire perdre des marchés aux entreprises étrangères sachant que la Chine est en train de développer son industrie de semi-conducteurs ?

Voir aussi :

La Chine prévoit un fonds de 47 milliards de dollars pour stimuler son industrie de semi-conducteurs et réduire le fossé technologique avec les USA
La Chine aurait commencé la production de ses processeurs x86 pour serveurs basés sur AMD Zen, Dhyana serait un clone pur et simple d'EPYC
Les USA envisagent de reconsidérer leur coopération avec les alliés qui utilisent les équipements 5G de Huawei en ne partageant plus les informations
Technologie 5G : la France dégaine la « loi Huawei », ou plutôt une « réponse technique et technologique à un problème technique et technologique. »
USA : la bataille opposant ZTE et les États-Unis touche à sa fin suite à un accord autour d'un dépôt d'entiercement de 400 millions de dollars
Les sanctions américaines contre ZTE pourraient à nouveau entrer en vigueur après un vote du Sénat malgré les efforts de Donald Trump
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