Après l'Allemagne et le Royaume-Uni, la Belgique blanchit Huawei,
Nouveau coup dur pour la campagne de diabolisation des États-Unis ?

Le , par Christian Olivier

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Alors que l’entreprise chinoise Huawei est sur le point de jouer un rôle majeur dans le déploiement de la 5G à l’échelle planétaire, l’administration Trump s’est engagée dans une campagne de boycott de grande ampleur pour imposer le bannissement des équipements réseau du chinois. Les États-Unis veulent persuader leurs alliés de l’UE et des Big Five qu’en raison des forts soupçons de collusion qui existeraient entre Huawei et le gouvernement et l’armée de Chine, les logiciels et le matériel de cette société pourraient être utilisés par Pékin à des fins de cyberespionnage ou de sabotage.


La Belgique vient par la voix du Centre pour la Cybersécurité Belgique (ou CCB) de clarifier sa position sur le dossier Huawei. Katrien Eggers, la porte-parole de cette agence en charge de la politique belge en matière de cybersécurité, a déclaré à ce sujet : « à ce jour, nous n’avons pas de preuve suffisante pour établir qu’une menace émane de Huawei. Nous avons mené une longue enquête qui nous a permis d’arriver à cette conclusion finale ».

Comme l’Allemagne et le Royaume-Uni avant elle, la Belgique démontre avec cette annonce qu’à ce jour, il n’existe aucune preuve tangible faisant état d’actes d’espionnage ou de sabotage de la part du géant chinois des télécommunications. La campagne de diabolisation intensive menée par les États-Unis depuis plusieurs mois ne serait-elle donc motivée que par la simple volonté de calomnier ou de se débarrasser d’un concurrent gênant qui monte en puissance ?

L’arrivée des premiers réseaux 5G est imminente et les pays de l’Union européenne se préparent à déployer cette nouvelle technologie ultra-rapide. Mais comme l’a souligné le DG du géant Vodafone, abandonner les équipements Huawei retarderait le déploiement de la 5G sur le Vieux Continent « de probablement deux ans ».


Du côté de la France, les décideurs suggèrent d’adopter une « réponse technique et technologique à un problème technique et technologique ». Le DG de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), Guillaume Poupard, a indiqué à ce propos que « la priorité est avant tout de protéger l’ensemble des réseaux critiques. La 5G va être un système gigantesque et potentiellement à risque. Il ne faut pas se focaliser sur un seul équipementier, ce serait une erreur ». Le lancement des appels d’offres pour attribuer les fréquences 5G aux opérateurs étant prévu pour l’automne prochain, un nouveau texte de loi a été récemment introduit à l’Assemblée nationale. Cette nouvelle loi de la France était attendue par les opérateurs pressés de comprendre la situation afin de faire le choix de partenariat dans leur future mise en œuvre de la technologie 5G.

Source : Standaard

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?

Voir aussi

La Chine constitue un risque de sécurité pour le déploiement des câbles Internet sous-marins et de la 5G, mais est-ce le seul pays dans ce cas ?
Abandonner les équipements Huawei retarderait le déploiement de la 5G en Europe « de probablement deux ans » selon le PDG de Vodafone
L'équipement réseau de Huawei fait toujours courir des risques de sécurité « importants », selon le Royaume-Uni
Les Etats-Unis ne peuvent pas nous écraser, dit le fondateur de Huawei, et « Le monde ne peut pas nous quitter parce que nous sommes plus avancés »

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Avatar de Gluups
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 16/04/2019 à 17:39
C'est sûr que si les Américains n'avaient pas piraté tous nos mails il y a quelques mois, ils seraient plus audibles sur la question.

Donc, comme on n'a pas de solution de rechange, au passage on rappelle que si on a des informations confidentielles à transmettre il faut se méfier de l'informatique, en dehors de ça la position belge est tout-à-fait cohérente : on n'a rien d'autre à mettre que Huawei à part du matériel américain, donc comme le matériel américain est dangereux sur le plan de la confidentialité, rien ne dit que le matériel chinois l'est davantage.

En dehors de ça, j'ose espérer que si il s'agissait du déploiement d'un produit chimique, on dirait qu'on n'a pas toutes les preuves que le déployer ne présente pas de danger.

C'est quand qu'on fait du développement électronique en France ?
Ou est-ce qu'on voudrait nous vendre l'idée qu'en France on est trop cons pour ça ?
Avatar de Stérilux
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 16/04/2019 à 17:58
Me fait penser à une histoire quand j'étais minot, une entreprise française à reçu l'interdiction des état-unis de vendre des chauffe-biberon à je ne sais plus quel pays parce que ça contenait du propergol (qui peut être utilisé comme carburant à fusée). Ensuite une entreprise américaine leur a vendu leur propre produit contenant aussi du propergol...

On peut aussi parler de la façon dons les état-unis se sont accaparé alstom... maintenant si la france veut vendre des sous-marins elle doit demander l'autorisation aux USA vu qu'une partie de sa technologie est leur propriété.

Que les américains sont loin d'être net et que ce sont des chiens niveau biz et comme trump l'a si bien dit, même l'europe est à considérer comme une ennemie alors à partir de là.

On parle de l'espionnage chinois mais peu de la façon de faire des USA pour s'accaparer des technologies européenne depuis des décennies.
On parle souvent du non respect des droits de l'homme en chine mais il n'y a plus grand monde pour s'en prendre aux USA qui ne les respecte pas non plus. (peine de mort, montage tordu pour avoir des territoirs ou la torture à toujours cours etc.)

Est-ce que la chine risque d'exploiter l'implantation de la 5G, y'a des chance. Est-ce que c'est pire que si c'était les USA ? pas certain.
Pourquoi l'europe ne fait pas son propre truc ? parce qu'elle est encore très divisé et que les états unis en profite pour se rendre propriétaire de tout ce qui peut être stratégique.
Avatar de Fagus
Membre actif https://www.developpez.com
Le 17/04/2019 à 2:10
ça me semble évident que lorsqu'on gère les tuyaux, on est tenté de regardé ce qui y passe. On murmure d'ailleurs que la France est bien placée pour ses connections sur les câbles de l'internet africain...

Il me semble d'un intérêt stratégique évident d'avoir la mainmise nationale sur ce genre de technologie plutôt que de sous-traiter, quitte à attendre quelques années de plus.

Au passage, je ne connais pas le dossier de la 5G. Quelqu'un peut-il expliquer réellement en quoi c'est sensé être génial ? J'entends régulièrement des applications que je ne comprends pas trop.
À savoir, en 4G, je dois être à ~5Mbit/s et en fibre à ~120 en up et down.

Ex d'applications géniales régulièrement entendues :
* l'internet des objets
Alors déjà, je ne vois pas trop pourquoi mon frigo devrait aller sur internet, ni un quelconque de mes objets du commun, si ce n'est pour faire partie d'un botnet, ce qui semble être l'usage habituel. Si on admet que c'est utile, quel genre d'application autre que la vidéo ultra- HD a besoin de telles performances , sachant que l'internet des objets a déjà tout ce qu'il faut pour exister sauf l'utilité réelle ?
* opérer les gens avec un robot
En général, c'est une équipe chirurgicale qui opère les gens. Exceptionnellement , c'est un chirurgien via un robot et à distance, et on n'a pas attendu la 5G pour le faire (ça me semble plus être un démonstrateur technologique d'ailleurs qu'un système utilisé réellement. D'ailleurs, si j'ai le choix, ça m'arrangerait d'éviter que ma vie dépende d'une panne informatique/mécanique, etc.
* les voitures intelligentes.
Je crois que tout le monde ici est au courant qu'il s'agit d'un coup de com' et que personne ne sait si on aura une voiture qui saura lire les intentions sur le visage, différencier un camion avec une publicité du ciel, ou un poteau en béton d'une voie libre d'ici 50 ans.
* la vidéo en 25 000K.
Il me semble que la vidéo que je lis à distance en temps réel occupe déjà tous les pixels de mon écran et que si on met plus de pixels sur l'écran, ça videra ma batterie très vite. On n'a pas encore de nouvelle batterie géniale sinon ça se saurait...
* le télétravail
Pareil, entre tirer une ligne de fibre, techno bien éprouvée et monter plein d'antennes relai nouvelles, je ne vois pas trop la différence. Sans compter que le télétravail, c'est bon pour les gens sur un PC. Pour Me Michu qui vend des quiches aux épinards, je la vois sourire quand le politicien se la ramène avec sa 5G-télétravail comme soluce miracle.
Avatar de ddoumeche
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Le 17/04/2019 à 9:56
Citation Envoyé par Ecthelion2 Voir le message
Vu que je vois que l'on rameute encore une partie des fans de FA et que cela repart une énième fois sur Walter, je pose ça là :
N'est ce pas cette demoiselle qui exhume un document du Bundestag intitulée "ancien du NSDAP" et contenant le nom du Walter en question puis prétend que non cela ne veut rien dire ? pas très sérieux.
Si au moins elle s'était donner la peine de chercher sérieusement à quoi correspond son numéro d'inscription, on eut pu louer ses talents de journaliste d'investigation.

Citation Envoyé par NBoulfroy Voir le message
C'est pas une belle alliance avec les USA ça que de menacer ces alliés de couper court aux échanges d'information si on ne dit pas "oui" à tout ce qu'ils disent ? Franchement ... Cela n'a pas suffit à ce pays de se faire choper pour des surveillances illégales et des fuites d'informations majeurs qui ont provoqué des précédents en plus de détériorer les relations avec ses "allié" qui ressemblent de plus en plus à des sous-fifres.
Pourquoi s'en priveraient-ils puisque ce sont en effet des sous-fifres ?

Citation Envoyé par NBoulfroy Voir le message
Parfois, je pense qu'il est justifié de se demander s'il ne faudrait pas miser sur un autre État disposant aussi d'une aura diplomatique importante (oui, je parle de la Russie et de la Chine, le but étant, comme je l'ai dit précédemment, d'avoir des rapports cordiaux sans forcément être les meilleurs amis du monde, histoire d'avoir un allié puissant à nos cotés pour ainsi dire et profiter de son aura diplomatique pour obtenir des accords privilégiés avec certains États proches de ces États).
Cela s'appelle déshabiller Pierre pour habiller Paul. Dans les deux cas, tu restes un vassal.
D'ailleurs es-tu sur qu'il n'y ait point de backdoors dans les microprocesseurs du lac Baïkal ?
Avatar de Stéphane le calme
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Le 21/04/2019 à 14:18
Les services US de renseignements ont accusé Huawei d'avoir reçu des fonds de l'État chinois,
ravivant les tensions entre Washington et Beijing

Les services de renseignements américains ont accusé Huawei Technologies d'être financé par la sécurité de l'État chinois, a annoncé samedi le Sunday Times, ajoutant ainsi à la liste des allégations à l'encontre de la société de technologie chinoise en Occident.

La CIA a accusé Huawei d’avoir reçu des fonds de la Commission de la sécurité nationale chinoise, de l’Armée de libération du peuple et d’une troisième branche du réseau de renseignement chinois, a rapporté le journal britannique, citant une source britannique.

Plus tôt cette année, le renseignement américain a partagé ses revendications avec d'autres membres du groupe de partage du renseignement Five Eyes, qui comprend la Grande-Bretagne, l'Australie, le Canada et la Nouvelle-Zélande.

Sans surprise, Huawei a rejeté ces accusations dans une déclaration citée par le journal :

« Huawei ne commente pas les allégations non fondées étayées par zéro élément de preuve provenant de sources anonymes », a déclaré un représentant de Huawei au Times.

L’accusation vient à un moment de tensions commerciales entre Washington et Beijing et face à la crainte, aux États-Unis, que l’équipement de Huawei puisse être utilisé pour l’espionnage. La société a déclaré que les préoccupations ne sont pas fondées.

Les autorités américaines enquêtent sur Huawei à la recherche de violations présumées des sanctions.


Des soupçons qui ont donné lieu à des enquêtes dans d’autres pays

Mi-février 2018, devant la commission permanente du Sénat des États-Unis dédiée à la surveillance de la communauté du renseignement américaine, le directeur du FBI Chris Wray a déclaré :

« Nous sommes profondément préoccupés quant aux risques liés à l'insertion dans notre réseau de télécommunications d'une entreprise ou entité détenue par un gouvernement étranger qui ne partage pas nos valeurs ». Et de poursuivre en assurant que « Cela ouvre la voie à des possibilités de pression ou de contrôle sur notre infrastructure de télécommunications. Cet état de choses permettrait à des tiers de modifier ou extirper des informations de façon furtive ».

L'Union européenne devrait se méfier de Huawei et d'autres entreprises technologiques chinoises en raison des risques qu'elles représentent pour l'industrie et la sécurité. C'est ce qu'a déclaré début décembre le chef de la technologie de l'UE. « Faut-il se méfier de Huawei ou d'autres sociétés chinoises ? Oui, je pense que nous devons nous méfier de ces entreprises », a déclaré Andrus Ansip, commissaire européen en charge de la technologie, lors d'une conférence de presse à Bruxelles. Ansip a déclaré qu'il était préoccupé par le fait que les sociétés de technologie chinoises étaient tenues de coopérer avec les services de renseignement chinois, notamment grâce à des portes dérobées pour permettre l'accès aux données cryptées. Ansip a également déclaré que ces entreprises chinoises produisaient de micropuces qui seraient utilisées pour espionner d'autres entreprises.

On se souvient d'un cas récent où la Chine aurait infiltré Apple et d'autres sociétés américaines en utilisant des micropuces « espion » insérées sur des cartes mères de serveurs. Selon un rapport publié le 4 octobre dernier par Bloomberg, le spécialiste américain des cartes mères de serveurs, Supermicro, aurait été compromis en Chine, où des groupes affiliés au gouvernement auraient infiltré sa chaîne d'approvisionnement pour insérer de minuscules puces, de taille comparable à un grain de riz ou à un bout de crayon, sur des cartes mères qui se sont retrouvées dans des serveurs déployés aux États-Unis. De tels propos ont été rapidement contesté par les sociétés américaines concernées. Apple a dit avoir ouvert une enquête à l'interne qui n'a révélé la présence d’aucune micropuce espionne dans ses cartes mères. Le géant américain dit n'avoir jamais « trouvé de puces malveillantes, de manipulations matérielles, ni de vulnérabilités créés intentionnellement sur un serveur ». Elle a nié également avoir connaissance d'une quelconque enquête du FBI sur cette affaire.

« Aucun gouvernement n'a jamais demandé à Huawei de d’introduire des portes dérobées ou de compromettre des réseaux, et nous n'aurions jamais toléré un tel comportement de la part de notre personnel », a déclaré la société dans un communiqué. Huawei a nié ces allégations et dit que ces commentaires de Ansip ne sont que de simples malentendus. Ansip a fait ces déclarations quelques jours après l'arrestation d'un haut dirigeant de Huawei au Canada dans le cadre d'une enquête sur une présumée fraude bancaire. En effet, une présentation PowerPoint vieille de cinq ans est au centre des allégations pénales contre le directeur financier de Huawei dans une affaire qui a des conséquences pour les relations internationales, le commerce et l'avenir de l'infrastructure de télécommunications au Canada. Meng Wanzhou a été arrêté le 1er décembre à l'aéroport de Vancouver au Canada. L’arrestation, effectuée à la demande des autorités américaines, a rendu le gouvernement chinois furieux et a aggravé les tensions préexistantes entre ces deux pays.

L’arrestation de la fille du fondateur d’Huawei pour faire pression ?

Meng Wanzhou, directeur financier de Huawei et fille de son fondateur, Ren Zhengfei, a été arrêté au Canada en décembre à la demande des États-Unis, accusé de fraude bancaire et bancaire en violation des sanctions américaines contre l’Iran.

Elle nie avoir commis des actes répréhensibles et son père a déjà déclaré que l'arrestation avait été «motivée par des considérations politiques».

Au milieu de ces accusations, de grands établissements d'enseignement occidentaux ont récemment rompu leurs liens avec Huawei pour éviter de perdre des fonds fédéraux.

Une autre société de technologie chinoise, ZTE Corp 0763.HK, 000063.SZ, a également été au centre de controverses similaires aux États-Unis.


Meng Wanzhou

Les sanctions américaines ont contraint ZTE à cesser ses activités entre avril et juillet de l'année dernière après que des responsables du département du Commerce eurent déclaré avoir rompu un pacte et se faire prendre illégalement en train d'expédier des marchandises d'origine américaine vers l'Iran et la Corée du Nord. Les sanctions ont été levées après que ZTE ait payé 1,4 milliard de dollars d'amendes.

Reuters a rapporté en début de semaine que les Etats-Unis pousseront leurs alliés lors d'une réunion à Prague le mois prochain pour adopter des mesures de sécurité et de politique partagées qui rendront plus difficile pour Huawei de dominer les réseaux de télécommunication 5G.

Les alliés américains ne suivent pas tous

Après avoir recommandé aux autres pays représentés à cette réunion de rester à l’écart de certains fournisseurs de télécommunications chinois, les États-Unis exercent également des pressions sur les autorités allemandes pour qu'elles abandonnent Huawei. L’Allemagne a exprimé son scepticisme concernant cette affaire, affirmant n'avoir trouvé aucune preuve que la société pourrait utiliser son équipement pour l’espionnage.

Spiegel Arne Schoenbohm, chef de l'Office fédéral allemand de la sécurité de l'information (BSI) a déclaré que pour des décisions aussi sérieuses qu'une interdiction, il faut des preuves, ajoutant que son agence ne disposait pas de telles preuves. Il fait également savoir que les experts du BSI avaient examiné les produits et composants Huawei du monde entier avant de se prononcer.

Cette décision du BSI n’a pas enchanté tout le monde et certains se sont exprimés. C’est le cas de Ronja Kniep, experte en sécurité dans le secteur des télécommunications qui a déclaré à l’AFP ceci : « Je pense qu'il est faux de laisser entendre que les préoccupations relatives à l'espionnage chinois sont infondées et faciles à détecter. Même si Huawei n’a aucune relation officielle avec le gouvernement chinois, cela ne signifie pas pour autant que les services chinois n’utilisent pas la société et sa technologie comme vecteurs d’espionnage. »

La Belgique vient par la voix du Centre pour la Cybersécurité Belgique (ou CCB) de clarifier sa position sur le dossier Huawei. Katrien Eggers, la porte-parole de cette agence en charge de la politique belge en matière de cybersécurité, a déclaré à ce sujet : « à ce jour, nous n’avons pas de preuve suffisante pour établir qu’une menace émane de Huawei. Nous avons mené une longue enquête qui nous a permis d’arriver à cette conclusion finale ».


Comme l’Allemagne et le Royaume-Uni avant elle, la Belgique démontre avec cette annonce qu’à ce jour, il n’existe aucune preuve tangible faisant état d’actes d’espionnage ou de sabotage de la part du géant chinois des télécommunications. La campagne de diabolisation intensive menée par les États-Unis depuis plusieurs mois ne serait-elle donc motivée que par la simple volonté de calomnier ou de se débarrasser d’un concurrent gênant qui monte en puissance ?

L’arrivée des premiers réseaux 5G est imminente et les pays de l’Union européenne se préparent à déployer cette nouvelle technologie ultra-rapide. Mais comme l’a souligné le DG du géant Vodafone, abandonner les équipements Huawei retarderait le déploiement de la 5G sur le Vieux Continent « de probablement deux ans ».

Du côté de la France, les décideurs suggèrent d’adopter une « réponse technique et technologique à un problème technique et technologique ». Le DG de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), Guillaume Poupard, a indiqué à ce propos que « la priorité est avant tout de protéger l’ensemble des réseaux critiques. La 5G va être un système gigantesque et potentiellement à risque. Il ne faut pas se focaliser sur un seul équipementier, ce serait une erreur ». Le lancement des appels d’offres pour attribuer les fréquences 5G aux opérateurs étant prévu pour l’automne prochain, un nouveau texte de loi a été récemment introduit à l’Assemblée nationale. Cette nouvelle loi de la France était attendue par les opérateurs pressés de comprendre la situation afin de faire le choix de partenariat dans leur future mise en œuvre de la technologie 5G.

Source : Sunday Times, Reuters
Avatar de Olivier Famien
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 30/04/2019 à 16:24
Les USA envisagent de reconsidérer leur coopération avec les alliés qui utilisent les équipements réseaux 5G de Huawei,
en ne partageant plus les renseignements à sa disposition

Depuis plusieurs années, les États-Unis ne manquent pas de profiter de la moindre occasion pour faire savoir à qui veut l’entendre que les équipements réseau du fournisseur chinois Huawei comportent des risques de sécurité pour les données des entreprises qui les utilisent. Intimement convaincu de ce problème, le pays de l’Oncle Sam a ouvertement déconseillé à plusieurs pays de l’Union européenne ainsi qu’aux pays membres de l’alliance des services de renseignements des Five Eyes composée également de la Nouvelle-Zélande, de l’Australie, du Canada et du Royaume-Uni de se détourner des équipements réseau 5G du géant chinois des TIC Huawei.

En substance, les États-Unis reprochent déjà à l’équipementier Huawei d’avoir espionné des entreprises américaines et volé leurs secrets technologiques. En outre, le gouvernement américain reproche à Huawei d’entretenir une collusion avec le parti communiste chinois, ce qui pourrait favoriser l’introduction de portes dérobées dans les équipements de Huawei et permettre au gouvernement chinois de surveiller le trafic et espionner les communications réseau partout dans le monde. Enfin, avec le déploiement de la 5G, l’accroissement de l’usage des technologiques sans fil dans de nombreux domaines pourrait renforcer la position de Huawei tout en accroissant davantage les risques cités plus haut, selon les USA.


En référence à tous ces risques, les États-Unis ont interdit les agences gouvernementales d’acheter du matériel chinois y compris ceux de Huawei et contraint les opérateurs de télécom américains bénéficiant d’un financement public d’écarter Huawei dans la fourniture de matériels réseaux. Si cette démarche connaît du succès sur le territoire américain ainsi que chez certains de ses partenaires comme comme le Japon, l’Australie, et la Nouvelle-Zélande, le gouvernement américain peine encore à convaincre un de ses alliés majeurs qu’est le Royaume-Uni.

Pour ce dernier, bien que le réseau de Huawei comporte des risques de sécurité importants, il est en mesure de gérer ces risques liés à l’utilisation des équipements de télécommunications fournis par ce dernier. De même, le pays ajoute qu’il n’existe aucun élément de preuve susceptible de confirmer une quelconque activité malveillante de la part de l’entreprise technologique. Partant de ce fait, le Royaume-Uni a donc refusé de céder aux pressions américaines et de bannir Huawei des fournisseurs d’équipements réseau 5G dans le pays.

Il convient de préciser que depuis 2010, Huawei et le gouvernement du Royaume-Uni ont conclu un accord afin de permettre des examens approfondis de la sécurité du matériel et des logiciels du fournisseur d’équipements chinois. Ce serait donc en connaissance de cause que les autorités du Royaume-Uni n’ont pas écarté le géant chinois après avoir également eu accès aux matériels et au code source de certains logiciels utilisés par le géant chinois. Mais face à la pression des États-Unis à l’égard de ses alliés, Reuters rapporte que la semaine dernière le Conseil de sécurité britannique a décidé d’interdire l’usage des équipements de Huawei dans tous les éléments essentiels de son réseau 5G, tout en permettant l’utilisation des équipements de l’entreprise dans les parties non essentielles de réseau, et ceci avec des restrictions élevées.

En dépit de cette décision du conseil de sécurité présidé par Teresa May de donner un feu vert limité à Huawei pour la vente de ses équipements aux opérateurs télécoms du pays, Reuters informe qu’un responsable américain de la cybersécurité a annoncé lundi dernier que Washington ne voit aucune distinction entre les parties essentielles et non essentielles des réseaux 5G et réévaluera le partage de renseignements avec les alliés utilisant des équipements fabriqués par le chinois Huawei. « Les États-Unis sont d’avis que placer Huawei ou tout autre fournisseur indigne de confiance dans le réseau de télécommunication 5G constitue un risque », a déclaré Robert Strayer, sous-secrétaire adjoint chargé des politiques en matière de cyber, de communications internationales et d’informations au département d’État des USA. Et d’ajouter que « si d’autres pays insèrent et permettent aux fournisseurs non fiables de créer et de devenir les fournisseurs de leurs réseaux 5G, nous devrons réévaluer la possibilité pour nous de partager des informations et d’être connectés avec eux comme nous le sommes aujourd’hui ».

Source : Reuters

Et vous ?

Selon vous, Huawei présente-t-il un risque de sécurité pour les données des entités qui utilisent ses équipements ?

Ou pensez-vous que les pressions d’interdiction de Huawei dans le déploiement des réseaux 5G cachent autre chose ?

Pensez-vous que cette décision de reconsidérer ses rapports avec les alliés qui utilisent les équipements 5G de Huawei va faire fléchir certains pays qui ne voulaient pas bannir le géant chinois ?

Voir aussi

La Chine constitue un risque de sécurité pour le déploiement des câbles Internet sous-marins et de la 5G, mais est-ce le seul pays dans ce cas ?
Abandonner les équipements Huawei retarderait le déploiement de la 5G en Europe « de probablement deux ans » selon le PDG de Vodafone
L’équipement réseau de Huawei fait toujours courir des risques de sécurité « importants », selon le Royaume-Uni
Les États-Unis ne peuvent pas nous écraser, dit le fondateur de Huawei, et « Le monde ne peut pas nous quitter parce que nous sommes plus avancés »
Huawei a été accusé d’avoir triché sur les tests de plusieurs flagships, en se servant d’un « mode performance » pour booster ses appareils
Avatar de pboulanger
Membre averti https://www.developpez.com
Le 30/04/2019 à 16:45
Un juste retour des choses, les USA ayant le plus gros programme d'espionnage, ne devrait-on pas arrêter d'échanger des données avec les américains? On coupe les accès à amazon, facebook, etc... Si tous les pays européens le font, ils arrêteront vite... ou alors nouvelle guerre car faut pas toucher au grisby...
Avatar de chrtophe
Responsable Systèmes https://www.developpez.com
Le 30/04/2019 à 19:29
La NSA n'aime pas la concurrence.
Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 02/05/2019 à 8:14
Citation Envoyé par Olivier Famien Voir le message
Selon vous, Huawei présente-t-il un risque de sécurité pour les données des entités qui utilisent ses équipements ?
Non.
C'est juste une entreprise qui veut vendre ses produits...

Citation Envoyé par Olivier Famien Voir le message
Ou pensez-vous que les pressions d’interdiction de Huawei dans le déploiement des réseaux 5G cachent autre chose ?
Les USA préfèrent quand les européens achètent des produits étasuniens...

Ce pays se prend pour qui ?
Vous avez vu le chantage qu'il fait pour nous obliger à utiliser ses produits ?
Avatar de Christian_B
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 06/05/2019 à 19:39
Citation Envoyé par Ryu2000
Les USA préfèrent quand les européens achètent des produits étasuniens...
Ce pays se prend pour qui ?
Vous avez vu le chantage qu'il fait pour nous obliger à utiliser ses produits ?
En effet, c'est une des manifestations de la mégalomanie du gouvernement américain actuel. Mais je pense que la Chine est de taille à se défendre et que personne (y compris les Etats-Unis) n'a rien à gagner aux multiples guerres commerciales lancées par T...p (j'évite de prononcer un mot grossier).
Mais il serait temps que le reste du monde (à commencer par l'Europe) en profite pour remettre en cause son allégeance aux superpuissances, surtout les Etats-Unis qui sont les plus envahissants (avec le dollar, les GAFAM, les prétendus réseaux sociaux centralisés aux USA, etc).
Les calculs mesquins à court terme de coût, de commodité, etc ne peuvent rien donner de bon à long terme.
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