Les États-Unis demandent à leurs alliés de boycotter les équipements télécoms du chinois Huawei
évoquant des préoccupations de sécurité nationale

Le , par Stéphane le calme

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Les États-Unis ont lancé ce que le Wall Street Journal qualifie de « campagne extraordinaire de sensibilisation » de ses alliés afin de tenter de persuader les fournisseurs d'accès sans fil et Internet dans ces pays d'éviter les équipements de télécommunication provenant du chinois Huawei. Le quotidien s’appuie sur des sources familières à cette situation.

Des responsables de l’administration du président Donald Trump auraient recherché et informé de nombreux partenaires et alliés, allant des homologues gouvernementaux aux entreprises de communication de haute technologie, à la suite des préoccupations de sécurité nationale concernant les intentions et les capacités de cette entreprise chinoise de télécommunications.

Fondé par Ren Zhengfei, ancien officier de l’Armée de libération du peuple, Huawei est désormais le deuxième fabricant mondial de smartphones, après le sud-coréen Samsung.

Le quotidien a rapporté que, jusqu'à présent, les États-Unis ont informé l'Allemagne, l'Italie et le Japon.

Les autorités américaines ont également indiqué à la presse que l'administration envisageait d'offrir une aide financière aux pays qui franchissent le pas et bloquent Huawei.

Les États-Unis ont imposé des droits de douane sur des milliards de dollars d'importations chinoises, provoquant des représailles rapides de la part du gouvernement chinois.

Les États-Unis ont également resserré les règles relatives aux investissements étrangers visant les accords chinois et ses principaux alliés commencent à prendre des mesures similaires.


Guerre froide ou risques réels ?

Début avril, la Commission fédérale des communications (FCC : Federal Communications Commission) s'est jointe au congrès, à l'administration Trump et à d'autres organismes gouvernementaux pour limiter le champ d'action du géant chinois Huawei et de ZTE, un autre fabricant chinois en Amérique.

Le président de la commission Ajit Pai, a proposé une règle renforçant les restrictions imposées aux entreprises construisant des infrastructures Internet aux États-Unis. Il a alors expliqué qu'elle s'appliquerait à tout fournisseur de services de télécommunication ou sous-traitant défini comme un risque de sécurité. La règle proposée ne mentionne pas Huawei par son nom, mais il n'y avait aucun doute que Huawei en était la cible.

L'agence avait également indiqué qu'elle n'avait pas encore déterminé comment identifier les entreprises présentant un risque pour les systèmes de télécommunication, notamment en tant qu'outils d'espionnage. Néanmoins, elle pouvait décider de suivre l'exemple des agences de renseignement et du Congrès. Le congrès dans son autorisation de dépenses militaires, a interdit au Pentagone d'acheter du matériel de réseau auprès de Huawei ou de ZTE.


L'accès de Huawei est déjà entravé sur le marché américain à cause des politiques et des règlements du gouvernement américain remontant à plusieurs années et motivés par des préoccupations sécuritaires. Après constat, Doug Brake, directeur de la politique des télécommunications à la fondation pour les technologies de l'information et l'innovation, une organisation de recherche non partisane déclare : « c'est un pas de plus dans la confrontation plus large avec la Chine ». La grande entreprise chinoise a réalisé un chiffre d'affaires mondial de plus de 90 milliards de dollars l'année dernière. Aux États-Unis, ses ventes ont été de 200 à 300 millions de dollars, estiment les analystes. La plupart des ventes aux États-Unis sont des smartphones, bien qu'elle vende de l'équipement de réseau aux petits opérateurs de télécommunication ruraux.

Des soupçons justifiés ?

Selon Danielle Cave de l'Australian Strategic Policy Institute (ASPI), quiconque doute de l'emprise du Parti communiste chinois sur des entreprises d'État et de l'inaptitude essentielle de Huawei à participer à des projets d'infrastructure de communication doit se familiariser avec l'article 7 de la loi de 2017 sur le renseignement de la Chine (家 情报 法).

La loi stipule:

« Toutes les organisations et tous les citoyens doivent, conformément à la loi, soutenir, coopérer et collaborer au travail de renseignement national et garder le secret du travail de renseignement national dont ils ont connaissance[...]. L'État protégera les individus et les organisations qui soutiennent, coopèrent et collaborent dans le travail de renseignement national ».

Selon Cave, même si une entreprise chinoise avait « les meilleures intentions du monde », la loi énonce clairement son devoir chaque fois que l'occasion se présente.

« Une entreprise peut avoir les meilleures intentions du monde - travailler dur, avoir une bonne réputation, faire des profits - mais cette loi compromet ces intentions en précisant que les organisations chinoises sont censées soutenir, coopérer et collaborer au travail de renseignement national », a soutenu Cave. « Elles doivent également garder le travail de renseignement qu’elles connaissent comme un secret ».

La réaction américaine, enclenchée avant l’adoption du gouvernement actuel, reflète les craintes de nombreux analystes selon lesquelles les entreprises chinoises de mauvaise foi pourraient s’intégrer au moment même où le réseau 5G sans fil de nouvelle génération est déployé dans le monde entier.

Source : WSJ

Et vous ?

Que pensez-vous de cette décision ? Vous semble-t-elle justifiée ?

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Avatar de a028762
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 24/11/2018 à 16:49
Bon, ce sont des soupçons sur des comportements que les sociétés en question pourraient avoir ...
Ca fait pas mal l'homme qu'a vu l'ours ....
Des faits, même à confirmer, seraient plus crédibles ...
Ah, Huawei et Honor ne permettent plus de rooter leurs smartphones,
ce qui est permet d'envisager tout et son contraire.
Apple fait ça aussi
Avatar de Eric80
Membre averti https://www.developpez.com
Le 24/11/2018 à 19:19
on parle de quoi au juste?
AMHA, ce que les US craignent n'est pas tant le constructeur de smartphones mais beaucoup plus le constructeur d'infrastructure réseau.
Notamment, Huawei pousse depuis 10 ans sur le marché des câbles de fibre optique sous-marin transcontinentaux. Ceci ont un aspect très stratégique dans l'écoute de ce qui se passe sur les réseaux: toutes les agences de renseignement (dont les 'five eyes' de US+CA+UK+AU+NZ) s'interessent particulièrement aux points de connexion de ces câbles trans atlantiques
Un article sur le sujet qui a déjà 2 ans:
https://www.latribune.fr/technos-med...ns-626277.html
Avatar de GUAM23
Futur Membre du Club https://www.developpez.com
Le 24/11/2018 à 20:17
Et puis quoi encore ? Manger tous les jours au Mac Do, porter des jeans et regarder toutes les daubes hollywoodiennes du moment ?
Avatar de Madmac
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 24/11/2018 à 21:35
Citation Envoyé par GUAM23 Voir le message
Et puis quoi encore ? Manger tous les jours au Mac Do, porter des jeans et regarder toutes les daubes hollywoodiennes du moment ?
Les grands "progrès technologique" de la Chine sont du à l'espionnage. Il ne faudra pas pleurer si un jour tu tente de te faire élire et quelqu'un t'appelle pour te dire qu'il a de tous les conversation salasse que tu pour avoir dites sur ton téléphone. La Chine n'a signé aucun traité international qui relève des droits de l'homme, ni le traité de Genève ni la déclaration universel des droits de l'homme. Alors pour ce qui est du respect de ta vie privé, ni compte pas trop...
Avatar de herr_wann
Membre actif https://www.developpez.com
Le 24/11/2018 à 23:56
Et en échange, ils promettent de ne plus nous écouter avec leurs matériels US ?
Avatar de pierre-y
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 25/11/2018 à 8:48
Citation Envoyé par Madmac Voir le message
Les grands "progrès technologique" de la Chine sont du à l'espionnage. Il ne faudra pas pleurer si un jour tu tente de te faire élire et quelqu'un t'appelle pour te dire qu'il a de tous les conversation salasse que tu pour avoir dites sur ton téléphone. La Chine n'a signé aucun traité international qui relève des droits de l'homme, ni le traité de Genève ni la déclaration universel des droits de l'homme. Alors pour ce qui est du respect de ta vie privé, ni compte pas trop...
Les américains (c'est pas les seul) le font aussi et depuis plus longtemps que la Chine même en ayant signé toute la paperasse... Et sa sent plus l'affaire de pression économique, que d'espionnage. Bref on sert juste de mouton.
Avatar de tanaka59
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 25/11/2018 à 12:14
Critiquer des pratiques autour de Huawei me fait doucement rigoler .

On reparle du refourgage de techno Lenovo/Motorola d'IBM à des chinois ?
Avatar de Refuznik
Membre actif https://www.developpez.com
Le 25/11/2018 à 14:43
On sait très bien que c'est avant tout une guerre économique qui a lieu entre Chine et Etats-Unis, guerre que les USA sont en train de perdre au fil des ans.
Avatar de MiaowZedong
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 25/11/2018 à 15:30
Citation Envoyé par Madmac Voir le message
Les grands "progrès technologique" de la Chine sont du à l'espionnage. Il ne faudra pas pleurer si un jour tu tente de te faire élire et quelqu'un t'appelle pour te dire qu'il a de tous les conversation salasse que tu pour avoir dites sur ton téléphone. La Chine n'a signé aucun traité international qui relève des droits de l'homme, ni le traité de Genève ni la déclaration universel des droits de l'homme. Alors pour ce qui est du respect de ta vie privé, ni compte pas trop...
FYI, la Chine est davantage signataire de la Convention de Genêve (les 4 conventions plus 2 protocoles) que les USA (les conventions et 1 seul protocole). Et la Chine à aussi signé tous les traités des droits de l'homme de l'ONU (déclaration universelle, etc).

Quant à la valeur de ces traités, les USA l'ont bien démontrée en se retirant du TPI: ça ne s'applique qu'aux faibles.
Avatar de Madmac
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 25/11/2018 à 22:55
Citation Envoyé par pierre-y Voir le message
Les américains (c'est pas les seul) le font aussi et depuis plus longtemps que la Chine même en ayant signé toute la paperasse... Et sa sent plus l'affaire de pression économique, que d'espionnage. Bref on sert juste de mouton.
Par contre, s'il utilise un de tes brevets, tu as des recours. Dans la cas de la Chine, tu peux toujours courir.
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