Abandonner les équipements Huawei retarderait le déploiement de la 5G en Europe « de probablement deux ans »
Selon le PDG de Vodafone

Le , par Stéphane le calme

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Lors d'une conférence de presse au Mobile World Congress à Barcelone lundi, le président de Vodafone, Nick Read, a déclaré qu'interdire à Huawei de fournir une infrastructure 5G en Europe entraverait la concurrence dans la chaîne d'approvisionnement. Les sociétés chinoise Huawei, Finlandaise Nokia et Suédoise Ericsson sont les trois plus grands fournisseurs d'équipements de télécommunication au monde, représentant plus de la moitié des revenus du marché, selon le cabinet d'études Dell'Oro.

« Si nous concentrons nos efforts sur deux acteurs, je pense que c'est une position malsaine, non seulement pour nous en tant qu'industrie, mais également pour l'infrastructure nationale du pays », a déclaré Read.

Lundi à Barcelone, Huawei et Vodafone ont vanté leur partenariat commercial avec une démonstration 5G lors de l'événement. La société britannique s'appuie sur les équipements de la société chinoise pour gérer bon nombre de ses réseaux.

Read a ajouté qu'il serait « extrêmement coûteux » pour les opérateurs et les consommateurs si les entreprises étaient obligées d'échanger leurs équipements Huawei pour se tourner vers les offres concurrentes, ajoutant que cela retarderait le déploiement de la 5G en Europe « de probablement deux ans ».

« Cela désavantage structurellement l'Europe », a-t-il déclaré. « Bien sûr, les États-Unis ne rencontrent pas ce problème, car ils ne se servent pas d'équipement Huawei »


Les États-Unis font pression pour provoquer un boycott d’Huawei chez leurs alliés

Huawei est l’un des plus grands fournisseurs d’équipements de télécommunication au monde et a conquis des marchés clés en proposant des équipements de haute technologie à un coût inférieur à celui de ses concurrents.

Mais la société a effectivement été laissée de côté sur le marché américain avec des responsables citant des préoccupations selon lesquelles sa technologie pourrait permettre l’espionnage du gouvernement chinois, accusations démenties par Huawei.

Il faut rappeler que des responsables américains ont publiquement déclaré que leur plus gros souci était que Pékin puisse contraindre Huawei à utiliser ses connaissances en matière de matériel pour espionner ou saboter des réseaux de télécommunications étrangers.

Néanmoins, certains pays comme l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont refusé de céder à la pression américaine

Allemagne

L’Allemagne a exprimé son scepticisme concernant cette affaire, affirmant n'avoir trouvé aucune preuve que la société pourrait utiliser son équipement pour l’espionnage. Spiegel Arne Schoenbohm, chef de l'Office fédéral allemand de la sécurité de l'information (BSI) a déclaré que pour des décisions aussi sérieuses qu'une interdiction, il faut des preuves, ajoutant que son agence ne disposait pas de telles preuves. Il fait également savoir que les experts du BSI avaient examiné les produits et composants Huawei du monde entier avant de se prononcer.

Cette décision du BSI n’a pas enchanté tout le monde et certains se sont exprimés. C’est le cas de Ronja Kniep, experte en sécurité dans le secteur des télécommunications qui a déclaré à l’AFP ceci : « Je pense qu'il est faux de laisser entendre que les préoccupations relatives à l'espionnage chinois sont infondées et faciles à détecter. Même si Huawei n’a aucune relation officielle avec le gouvernement chinois, cela ne signifie pas pour autant que les services chinois n’utilisent pas la société et sa technologie comme vecteurs d’espionnage. »


Grande-Bretagne

Par la voix de Ciaran Martin, directeur du National Cyber Security Centre (NCSC), la Grande-Bretagne a affirmé qu’aucun élément de preuve susceptible de confirmer une quelconque activité malveillante de la part de l’entreprise technologique Huawei n’existe et qu’elle est en mesure de gérer les risques de sécurité liés à l’utilisation des équipements de télécommunications fournis par ladite entreprise.

Précisons que le NCSC fait partie de l’agence de renseignement britannique du GCHQ et que Huawei est considéré à l’heure actuelle comme le plus grand fabricant mondial d’équipements de télécommunications. Mais le géant chinois traverserait une période trouble en Grande-Bretagne depuis qu’un rapport du gouvernement de juillet 2018 a constaté que des problèmes techniques et affectant la chaîne d’approvisionnement de ses équipements avaient exposé les réseaux de télécoms nationaux à de nouveaux risques de sécurité.

Vodafone fait marche arrière, après avoir annoncé une suspension du déploiement des équipements Huawei

En janvier, Vodafone avait annoncé son intention de « suspendre » le déploiement d'équipements Huawei dans ses réseaux centraux européens, mais Read a déclaré que la société avait continué de déployer les équipements radio 5G de Huawei à un rythme accéléré dans toute l'Europe. Il a ajouté que les gouvernements devaient adopter une approche « factuelle » pour évaluer les problèmes de sécurité avec Huawei, ajoutant qu'il ne rencontrerait aucun responsable américain à Barcelone cette semaine.

« À ce stade, je préférerais travailler avec les gouvernements et les valeurs mobilières sur une base nationale et veiller à ce que nous ayons une conversation basée sur les faits », a-t-il déclaré.

Plus tôt lundi, Borje Ekholm, PDG d'Ericsson, a déclaré à Jon Fortt Huawei, de CNBC, que les préoccupations en matière de sécurité créaient une incertitude chez les opérateurs.

« C'est très spéculatif, nous n'avons aucune idée de ce qui va arriver », a-t-il déclaré. Dans le même temps, le PDG de Nokia, Rajeev Surav, a déclaré à Karen Tso, de CNBC, dimanche, qu'il observait « de près » l'évolution de Huawei.

Read de Vodafone a déclaré qu'il existait une « forte concurrence » entre les trois fournisseurs d'équipement, mais a ajouté que Huawei disposait d'une « technologie de pointe ». D’ailleurs, lors d'une table ronde avec les médias dimanche à Barcelone, le président de Huawei, Guo Ping, a déclaré que la société avait 12 mois d'avance sur ses concurrents en matière de technologie 5G.

La 5G devrait révolutionner l’économie numérique en permettant l’adoption de nouvelles technologies telles que les voitures autonomes et l’Internet des objets.

Source : CNBC

Et vous ?

Que pensez-vous du point du vue du PDG de Vodafone ?

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Avatar de tmcuh
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 26/02/2019 à 20:43
Je trouve ça un peu déb*** cette course à la 5G car de toute façon ça reste toujours un protocole de communication avec ses problèmes et ses avantages.
Lorsqu'on révèle que la 4G et 5G ont des problèmes de respect de la vie privé, il faudrait peut être attendre de corriger le protocole avant de se lancer tête baisser là dedans.
Ceux qui veulent faire de la recherche et développement sur base du protocole de base le font déjà très certainement. Il ne faut pas un réseau national pour ça
Même si j'en conviens que le réseau est saturé et qu'on se paye des grosses pertes de débit, il n'en reste pas moins que la plupart des objets connectés le sont à la maison, donc derrière une ligne fibré (logiquement).
Si on pense déjà aux voitures connectés, vu le peu d'encombrement de voiture dans nos régions et de données qu'elles transitent... et vu qu'on a de toute façon pas de voiture connectés qui sature le réseau le raisonnement est un peu biaisé !

Je trouve qu'il devrait y avoir un moratoire sur le sujet sur base d'expert, car tout le monde le sait bien, soit on se fera espionner par les chinois, soit par les américains, autant que la technologie reste en Europe même avec 6 mois, 1 an de retard. Après tout nos voiture rouleront pas plus vite, les bateaux non plus, on mangera pas plus vite et y'aura pas plus de bébés pour autant !
Mais comme nos chers sociétés privé sont avide de profits il y a de forte chance qu'elle vont prendre la mauvaise décision qu'on essayera de colmaté d'ici quelques années quand nos pays seront tellement espionné et qu'on sera les usines de la chine, que les choses changeront
Avatar de
https://www.developpez.com
Le 26/02/2019 à 22:03
Le président de Vodafone.

Touche combien de la part de HUAWEI pour raconter cela ?
Avatar de Mingolito
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 26/02/2019 à 22:22
Il a raison le président de vodaphone, la Chine est devenue clairement désormais leader technologique.

Maintenant les Chinois font des avions, des fusées, des produits hi tech, et pendant ce temps la aux USA ils produisent des tonnes de bouses de vache avec leur bétail puant et la France produit du pinard et du camembert, donc ca va juste devenir des pays pour amuser les touristes Chinois, c'est comme remonter à l'époque médiévale. D'ailleurs les chinois ont un QI beaucoup plus élevés que les américains ou les français, et à Harvard il ont un problème c'est que ils sont obligés de tricher sur les admissions sinon il y aurais plus que des Chinois à Harvard
Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 27/02/2019 à 7:46
Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
L’Allemagne a exprimé son scepticisme concernant cette affaire, affirmant n'avoir trouvé aucune preuve que la société pourrait utiliser son équipement pour l’espionnage. Spiegel Arne Schoenbohm, chef de l'Office fédéral allemand de la sécurité de l'information (BSI) a déclaré que pour des décisions aussi sérieuses qu'une interdiction, il faut des preuves, ajoutant que son agence ne disposait pas de telles preuves. Il fait également savoir que les experts du BSI avaient examiné les produits et composants Huawei du monde entier avant de se prononcer.

(...)

Par la voix de Ciaran Martin, directeur du National Cyber Security Centre (NCSC), la Grande-Bretagne a affirmé qu’aucun élément de preuve susceptible de confirmer une quelconque activité malveillante de la part de l’entreprise technologique Huawei n’existe et qu’elle est en mesure de gérer les risques de sécurité liés à l’utilisation des équipements de télécommunications fournis par ladite entreprise.
Je suis d'accord avec l'Allemagne et le Royaume-Uni il n'y a aucune preuve que la Chine espionne.
Par contre on a les preuves en ce qui concerne les USA...

Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
Que pensez-vous du point du vue du PDG de Vodafone ?
C'est possible que si on se passe de Huawei la 5G va mettre 2 ans plus à arriver.
Mais personnellement je ne trouve pas ça grave...
De toute façon les voitures autonomes ne sont pas prête pour le moment (mais après ce sera peut-être chouette d'avoir des taxis sans chauffeur, ce sera encore moins cher qu'Uber).
L’Internet des objets ne m'intéresse pas du tout, pour moi c'est une très mauvaises idées ces objets connectés.
Chaque objet est un potentiel risque de se faire hacker.

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Certains téléviseurs intelligents sont moins chers parce qu’ils recueillent et vendent des données client

Pour moi c'est gadget. Contrôler plein de choses dans sa maison depuis internet ça me semble être une très mauvaise idée.
J'ai hâte que la fibre optique arrive chez moi, mais par contre la 5G je m'en tamponne l'oreille avec une babouche, elle pourrait ne jamais arriver ça ne changerait rien pour moi.
Avatar de DevTroglodyte
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 27/02/2019 à 8:50
Citation Envoyé par Mingolito Voir le message
Il a raison le président de vodaphone, la Chine est devenue clairement désormais leader technologique.
Sauf qu'on a 2 entreprises européennes pouvant déployer du matos 5G, autant se tourner vers elles que vers la Chine. Ne serait ce que pour une question d'indépendance technologique.

Puis bon, c'est facile d'être le leader quand après avoir piqué les technos du monde entier (même si nos entreprises sont clairement responsables), tu disposes de l'appui politique et financier de ton gouvernement.
Avatar de Stan Adkens
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 05/03/2019 à 8:54
Huawei se préparerait à poursuivre le gouvernement des États-Unis
Pour avoir interdit aux agences fédérales d'utiliser ses produits

Le gouvernement américain et le géant chinois de télécommunication Huawei ne sont pas en bon terme depuis quelques années déjà. Pendant longtemps, les responsables américains ont déclaré que Pékin pouvait utiliser l'équipement de télécommunication de Huawei pour espionner et perturber les réseaux de communication. L'entreprise a nié ces allégations, mais des manœuvres menées par Washington pour saper l'entreprise, que les responsables américains considèrent comme une menace pour la sécurité nationale, ne se sont pas arrêtées depuis lors.

Cependant, Huawei ne se contente plus de nier les accusations américaines portées contre lui. L’entreprise a décidé de se défendre désormais dans le conflit qui bat son plein entre elle et le gouvernement américain. Le géant chinois de l'électronique s'apprêterait à poursuivre le gouvernement des États-Unis pour avoir interdit aux agences fédérales d'utiliser les produits de l'entreprise, selon deux personnes au courant de l’affaire qui se sont confiées au New York Times.

Selon le New York Times, le procès prévu pour être annoncé au cours de cette semaine par la société sera intenté dans le district est du Texas, où se trouve le siège social américain de Huawei. Cette poursuite fait partie des efforts conduits par le géant chinois qui s’est lancé dans des campagnes marketing afin de redorer le blason de l’entreprise auprès des consommateurs contre une vaste campagne de dénigrement des Etats-Unis.


En effet, au cours de l’année écoulée, le gouvernement américain a intensifié ses pressions sur l'entreprise. Le Congrès a accusé Huawei d’être lié au pouvoir chinois et d’utiliser ses smartphones à des fins d’espionnage. Le gouvernement avait fait pression sur l’opérateur AT&T pour annuler un contrat avec la firme asiatique. L'année dernière la National Defense Authorization Act (NDAA) – une loi d'autorisation de dépenses de la défense des États-Unis – avait, par ailleurs, été autorisée afin d’isoler davantage Huawei du marché américain. Des responsables américains ont même exhorté d'autres gouvernements à interdire l'utilisation des produits de Huawei, même si certains Etats comme l'Allemagne et la Grande-Bretagne ont refusé de céder aux pressions américaines pour bannir Huawei, en citant l'absence d'élément de preuves de l'espionnage dont Huawei est accusé.

Cette année, le ministère de la Justice a déposé des accusations criminelles contre l'entreprise et son directeur financier pour n’avoir pas respecté les sanctions américaines contre l'Iran. Cette semaine aura lieu au Canada l’audience qui déterminera si le directeur financier de Huawei et fille du fondateur de l'entreprise, Meng Wanzhou, sera extradé vers les États-Unis pour faire répondre à ces accusations.

Dans une interview accordée à BBC en février, Ren Zhengfei, fondateur de Huawei, s’est insurgé contre le gouvernement américain. M. Zhengfei s’est opposé aux accusations américaines contre le directeur financier et a qualifié l'arrestation de Meng Wanzhou d’être politiquement motivée. Les avocats de Mme Meng ont poursuivi le gouvernement canadien et la police, soutenant que les circonstances de son arrestation et de sa détention en décembre avaient violé ses droits.

Lors de l’interview, M. Zhengfei a marqué une confiance absolue en son entreprise qui s'apprête à jouer un rôle majeur dans la construction de réseaux sans fil de nouvelle génération à travers le monde. « Il n'y a aucun moyen pour que les Etats-Unis puissent nous écraser », a-t-il dit. « Le monde ne peut pas nous quitter parce que nous sommes plus avancés. Même s'ils persuadent d'autres pays de ne pas nous utiliser temporairement, on peut toujours réduire un peu les choses. », a-t-il ajouté. En effet, certains partenaires comme l'Australie et la Nouvelle-Zélande se sont déjà joints aux États-Unis pour interdire ou empêcher Huawei de fournir de l'équipement pour leurs futurs réseaux mobiles à large bande 5G.

Huawei n’a pas répondu à une demande de commentaire, mais une poursuite intentée par Huawei contre les États-Unis devrait être pour contester une section d'une loi d'autorisation de dépenses de la défense qui a été approuvée l'an dernier, d’après le New York Times. Cette disposition empêche les agences gouvernementales d'utiliser les équipements de télécommunications fabriqués par Huawei et ZTE, une autre société chinoise. L’entreprise serait en train de prévoir de soutenir que l'interdiction américaine sur son équipement est un acte législatif nommé « bill of attainder », qui vise à le punir sans procès. La Constitution des Etats-Unis interdit au Congrès d'adopter de telles lois.

Une précédente poursuite du gouvernement américain pour les mêmes motifs

L'affaire Huawei semble avoir eu un précédent. La société russe de cybersécurité Kaspersky Lab, une autre entreprise qui a suscité des inquiétudes en matière de sécurité aux États-Unis avait intenté deux poursuites contre le gouvernement américain après l’interdiction de ses produits. En effet, les responsables américains ont commencé à s'inquiéter du fait que Moscou pourrait utiliser le logiciel de l'entreprise pour recueillir des renseignements. En juin 2017, les sénateurs américains ont demandé d'interdire les produits de l’éditeur russe, utilisés par les militaires, en raison de la crainte que l'entreprise soit vulnérable à l'influence du gouvernement russe, le lendemain du jour où le FBI avait interrogé plusieurs de ses employés américains dans le cadre d'un sondage dans ses opérations.

Kaspersky Lab avait rejeté les allégations, mais en septembre 2017, le Département de la sécurité intérieure a demandé aux organismes fédéraux de commencer à retirer les produits de l'entreprise des systèmes gouvernementaux. Et pour faciliter l’opération de retrait, le Congrès a codifié l'interdiction dans une loi d’autorisation de dépenses. Un juge du District de Columbia a ensuite rejeté les poursuites de Kaspersky Lab, jugeant que le Congrès était motivé par le désir légitime de protéger les réseaux informatiques du gouvernement contre l'intrusion russe. Le juge a également déclaré que les ventes de Kaspersky au gouvernement américain ne représentaient qu'une si petite fraction des affaires de la société que l'interdiction n'était pas particulièrement sévère.

La décision de rejet des poursuites de Kaspersky a été confirmée plus tard par une cour d'appel. Et le juge d'appel, David S. Tatel, a écrit que « Compte tenu de la probabilité non négligeable que les produits de Kaspersky aient pu compromettre les systèmes fédéraux et de l'ampleur des dommages qu'une telle intrusion aurait pu causer, la décision du Congrès de retirer Kaspersky des réseaux fédéraux représente une réponse raisonnable et équilibrée ».

Selon le News York Times, l'affaire pénale contre le directeur financier de Huawei aux États-Unis pourrait être compliquée vu les commentaires du président Trump alors que la Maison-Blanche a entamé des négociations commerciales avec la Chine. En effet, bien que les affaires criminelles aient traditionnellement été des affaires indépendantes, M. Trump aurait indiqué que le sort de Huawei pourrait être un objet de marchandage.

« Nous prendrons cette décision », c’est ainsi qu’aurait répondu le président Trump, lors d’une réunion avec une délégation de responsables chinois le mois dernier, lorsqu'on lui a demandé s'il abandonnerait les accusations criminelles contre Huawei dans le cadre de l’accord commercial qui se prépare entre les Etats-Unis et la Chine. « Nous allons parler au procureur général. », a-t-il ajouté.

Source : The New York Times

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Quelle suite donnez-vous à cette poursuite de Huawei ?

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Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 05/03/2019 à 11:27
Citation Envoyé par Stan Adkens Voir le message
Qu’en pensez-vous ?
Huawei a raison d'attaquer ! Le gouvernement US n'a pas le droit d'interdire Huawei alors qu'il n'existe aucun élément concret.
C'est une guerre commerciale, les USA font croire que la Chine espionne comme prétexte pour interdire les produits Huawei.
Les USA disent à la Chine "vous fabriquez ce qu'on vous dit de fabriquer pour que le profit reviennent à nos entreprises, mais vous ne nous vendez pas du matériel que vous avez conçu".
Les USA ont peur parce que la Chine va prendre de l'avance dans le monde de la technologie.
Le prochain Apple sera peut-être Chinois.
Le prochain CISCO sera peut-être Chinois
Si il faut mieux pour moins cher, pourquoi acheter US ?
La roue tourne, les entreprises US ne peuvent pas rester numéro 1 pour toujours.

Citation Envoyé par Stan Adkens Voir le message
Le Congrès a accusé Huawei d’être lié au pouvoir chinois et d’utiliser ses smartphones à des fins d’espionnage.
Microsoft, Google, Facebook, Twitter collaborent avec le gouvernement US donc on devrait peut-être bannir toutes ces entreprises dans l'UE ?
Grâce à des lanceurs d'alertes comme Snowden, nous sommes au courant de la surveillance de masse mondiale que pratique les USA avec des services comme la NSA. On a entendu parler de PRISM et tout ça.

Le gouvernement US se dit "merde peut-être que les chinois font comme nous ! ".

Citation Envoyé par Stan Adkens Voir le message
Quelle suite donnez-vous à cette poursuite de Huawei ?
Ça va finir comme Kaspersky, le juge va dire "on a pas d’élément mais dans le doute on interdit".

Citation Envoyé par Stan Adkens Voir le message
Et le juge d'appel, David S. Tatel, a écrit que « Compte tenu de la probabilité non négligeable que les produits de Kaspersky aient pu compromettre les systèmes fédéraux et de l'ampleur des dommages qu'une telle intrusion aurait pu causer, la décision du Congrès de retirer Kaspersky des réseaux fédéraux représente une réponse raisonnable et équilibrée ».
Avatar de Stan Adkens
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 07/03/2019 à 19:59
Huawei poursuit le gouvernement des USA pour ce qu'il appelle une interdiction injuste
L’obligeant à rendre publiques ses accusations à son encontre

C’est fait. Le géant chinois de l’électronique Huawei a déposé sa plainte contre le gouvernement américain ce mercredi. L'intention de la société d'intenter une action en justice a été annoncée pour la première fois lundi par le New York Times. Le procès de Huawei contre le gouvernement des Etats-Unis allègue que la société avait été injustement et incorrectement interdite comme une menace pour la sécurité. C’est lors d’une conférence de presse, tenue mercredi dernier, que Huawei a annoncé que l’interdiction d’utilisation de ses produits imposée par les agences fédérales américaines violait toutes procédures légales.

En effet, les États-Unis ont fait valoir que Huawei représente un risque parce que ses équipements pourraient être utilisés par les autorités chinoises pour espionner les communications et perturber les réseaux de télécommunications. Cette position a conduit les principales entreprises de télécommunications sans fil aux États-Unis et les agences gouvernementales à éviter les produits de Huawei et de traiter avec les entreprises qui utilisent ces mêmes produits.

Huawei s’est défendu contre ces allégations en rejetant toutes ces accusations. La société affirme maintenant que la poursuite vise également à prouver qu'elle ne se livre pas à de telles pratiques. Lors de la conférence de presse du mercredi dernier, Guo Ping, président tournant de Huawei, a notamment déclaré ceci : « Pendant trois décennies, nous avons maintenu un solide bilan en matière de sécurité. Huawei n’a jamais installé de puces espionnes dans ses équipements technologiques. Le gouvernement américain a qualifié nos services de menace pour son pays.
Cependant, les États-Unis n’ont jamais fourni de preuves à l’appui de leurs accusations selon lesquelles Huawei représenterait une réelle menace pour la sécurité du pays. Le gouvernement américain tente par tous les moyens de salir notre image. Pire encore, il essaie de bloquer notre développement dans d’autres pays.


Selon le New York Times, la poursuite de Huawei obligera le gouvernement américain à rendre publiques ses accusations contre l'entreprise, mais elle pourrait aussi rendre Huawei vulnérable à un examen plus approfondi de ses pratiques commerciales et de ses relations avec le gouvernement chinois.

Dans un communiqué annonçant le dépôt de la poursuite judiciaire, Guo Ping a déclaré que « Le Congrès américain n'a, à maintes reprises, produit aucune preuve à l'appui de ses restrictions sur les produits Huawei ». « Nous sommes obligés de prendre cette action en justice en dernier recours. », a-t-il ajouté. Le procès de Huawei, intenté devant une cour de district des États-Unis à Plano, au Texas, où l’entreprise a son siège social américain, soutient qu'une section de la National Defense Authorization Act de 2019, une loi d'autorisation de dépenses de la défense, est inconstitutionnelle, car elle vise Huawei. En effet, la loi fait interdiction aux organismes gouvernementaux de passer des marchés avec Huawei ou des entreprises qui utilisent l'équipement de l'entreprise.

Depuis un certain temps, le fabricant chinois d’équipements de télécommunications a décidé de se défendre contre la pression qu’exercent les autorités américaines sur lui, et ce procès s’inscrit dans le cadre d'une offensive juridique et de relations publiques très agressive que Huawei a récemment lancée pour repousser les accusations d'espionnage des Etats-Unis. Le débat sur la sécurité des systèmes de Huawei arrive à un moment critique, les pays du monde entier se préparant à dépenser des centaines de milliards de dollars pour étendre les réseaux cellulaires à la technologie 5G de prochaine génération, et le géant chinois a un rôle déterminant à jouer dans cette transition technologique.

Après avoir écarté Huawei du marché américain, des responsables américains ont même exhorté d'autres gouvernements à interdire l'utilisation des produits de Huawei, même si certains Etats comme l'Allemagne et la Grande-Bretagne ont refusé de céder aux pressions américaines pour bannir Huawei, en citant l'absence d'élément de preuves de l'espionnage dont Huawei est accusé.

Cette année, le ministère de la Justice a déposé des accusations criminelles contre l'entreprise et son directeur financier pour n’avoir pas respecté les sanctions américaines contre l'Iran, bien que cela n’ait rien à avoir avec l’affaire d’interdiction des produits Huawei. Mme Meng, directeur financier et fille de Ren Zhengfei, le fondateur de l'entreprise, a comparu au cours de cette semaine à Vancouver, en Colombie-Britannique, dans le cadre d'une audience d'extradition. M. Ren Zhengfei était fermement opposé aux plaintes contre sa fille qu’il avait qualifiées de politiquement motivées.

Lors d'une conférence de presse diffusée sur un flux officiel de Huawei sur Twitter, M. Guo a déclaré que « Le gouvernement américain a longtemps qualifié Huawei de menace, il a piraté notre service et volé nos courriels et notre code source », se référant aux documents de l'Agence de sécurité nationale fournis par l'ancien entrepreneur Edward J. Snowden qui ont montré que l'agence s'était introduite dans les systèmes de Huawei, d’après Le New York Times.

« Pourtant, le gouvernement américain ne ménage aucun effort pour dénigrer l'entreprise et induire le public en erreur au sujet de Huawei », a-t-il ajouté. Selon le New York Time, la séance d'information diffusée en continu sur Twitter a touché plus de deux millions de personnes.

Cependant, la Chine qui est en guerre commerciale actuellement contre les Etats-Unis a un historique d'interruption du commerce avec d'autres pays lors des querelles diplomatiques dont la toute dernière a eu lieu cette semaine. Selon le New York Times, cette semaine, les représentants canadiens se sont plaints du fait que la Chine avait commencé à suspendre les importations de canola en provenance du Canada, pendant que les relations entre ces deux pays sont tendues ces derniers temps suite à l’arrestation de Mme Meng au Canada. Toutefois, Lu Kang, porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la Chine, a déclaré jeudi que la décision chinoise était fondée sur la découverte de vermines dans le canola canadien.

La poursuite intentée par Huawei soutient qu'en ciblant l'entreprise, le Congrès a transgressé les principes constitutionnels sur la séparation des pouvoirs ainsi que la clause du projet de loi d'exécution, qui interdit une loi qui vise à punir une personne ou une entité sans procès.

« L'effet réel et voulu de ces interdictions est d'interdire à Huawei d'accéder à des segments importants du marché américain de l'équipement et des services de télécommunications, infligeant ainsi à Huawei des préjudices économiques, concurrentiels et de réputation immédiats et permanents », ont écrit les avocats de la société dans leur poursuite. Parlant d’une firme originaire de la Chine, un pays qui impose la censure aux entreprises étrangères, ces propos des avocats de Huawei sont un peu ironiques.

Le procès vise à mettre l'accent sur l’interdiction d'utilisation des l'équipement de Huawei dans les nouveaux réseaux 5G et à pousser le gouvernement des États-Unis à faire valoir ses arguments. Bien qu'il soit peu probable que Huawei puisse renverser l'opposition américaine à l'entreprise, elle peut espérer gagner la confiance des fonctionnaires d'autres pays, dont certains en Europe. Un procès similaire avait été intenté par Kaspersky Lab contre le gouvernement américain suite à l’interdiction de ses produits, il y a deux ans. Mais les poursuites avaient été rejetées par un juge américain, soulignant qu'elles découlaient d'un désir légitime de protéger les réseaux américains.

Source : The New York Times

Et vous ?

Qu’en pensez vous ?
Pensez-vous que Huawei remportera ce procès ?
Quelles seront les répercutions de ce procès sur les affaires de Huawei hors des Etats-Unis ?

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Avatar de NBoulfroy
Membre averti https://www.developpez.com
Le 08/03/2019 à 11:17
Si les USA ont aucune preuve réelle et sérieux, le pays va encore une fois être décrédibilisé sur la scène internationale et fragiliser sa position déjà bien amoindrie depuis l'investiture de Trump et son désir de voir les USA retourner vers une politique autarcique économiquement et un isolement politique progressif (la Russie et la Chine ayant débuté un réel et sérieux rapprochement et l'Europe qui débute un processus de refus de la puissance américaine et de son intervention dans nos affaires).
Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 12/03/2019 à 15:33
Les États-Unis demandent à l'Allemagne de cesser d'utiliser l'équipement Huawei,
sous peine de perdre un accès à certaines données des services de renseignements américains

Depuis déjà quelques mois la multinationale Huawei essuie beaucoup de reproches. Une réunion s’est tenue au mois de juillet au Canada et regroupait les représentants des pays tels que l'Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et les États-Unis. Les discussions ont porté sur les capacités de la Chine en matière de cyber espionnage et sur l'expansion militaire croissante. Il faut savoir que des responsables américains ont publiquement déclaré que leur plus gros souci était que Pékin puisse contraindre Huawei à utiliser ses connaissances en matière de matériel pour espionner ou saboter des réseaux de télécommunications étrangers.

Ces inquiétudes proviennent du fait que Huawei ait fait l’objet d’un examen minutieux de ses liens présumés avec les services de renseignement chinois. À la suite de cela, les pays présents à cette réunion ont décidé d’empêcher Huawei de bâtir leurs réseaux Internet 5G ultrarapides de nouvelle génération.

Après avoir recommandé aux autres pays représentés à cette réunion de rester à l’écart de certains fournisseurs de télécommunications chinois, les États-Unis ont exercé également des pressions sur les autorités allemandes pour qu'elles abandonnent Huawei. En décembre, l’Allemagne a exprimé son scepticisme concernant cette affaire, affirmant n'avoir trouvé aucune preuve que la société pourrait utiliser son équipement pour l’espionnage.

Spiegel Arne Schoenbohm, chef de l'Office fédéral allemand de la sécurité de l'information (BSI) a déclaré que pour des décisions aussi sérieuses qu'une interdiction, il faut des preuves, ajoutant que son agence ne disposait pas de telles preuves. Il fait également savoir que les experts du BSI avaient examiné les produits et composants Huawei du monde entier avant de se prononcer.

Cette décision du BSI n’a pas enchanté tout le monde et certains se sont exprimés. C’est le cas de Ronja Kniep, experte en sécurité dans le secteur des télécommunications qui a déclaré à l’AFP ceci : « Je pense qu'il est faux de laisser entendre que les préoccupations relatives à l'espionnage chinois sont infondées et faciles à détecter. Même si Huawei n’a aucune relation officielle avec le gouvernement chinois, cela ne signifie pas pour autant que les services chinois n’utilisent pas la société et sa technologie comme vecteurs d’espionnage. »

Le déploiement de la 5G devrait s'accélérer dans les années à venir et Huawei a investi des années et des milliards de dollars pour se préparer à ce moment. Selon des experts, une partie de cet investissement pourrait être gaspillée si la société était exclue des lucratifs marchés des télécommunications occidentaux. Sachant cela, il serait donc préférable pour la société chinoise de tout faire pour que cela ne se produise pas.


Les États-Unis réagissent

Dans l'une des demandes les plus explicites encore adressées à un allié sur Huawei, le gouvernement américain a demandé à l'Allemagne d'abandonner la société chinoise de ses projets ou de risquer de perdre l'accès à certaines données des services de renseignement américains, rapporte le Wall Street Journal.

Huawei a fait face à des accusations des États-Unis selon laquelle il pourrait être utilisé par le gouvernement chinois pour l'espionnage. La société a nié à plusieurs reprises qu’elle agirait au nom de la Chine et a souligné que le gouvernement américain n’avait présenté aucune preuve publique corroborant ces affirmations, mais que les autorités américaines n’étaient toujours pas convaincues. L'administration Trump a fait pression sur les alliés pour qu'ils mettent fin à leurs relations avec Huawei, mais l'Allemagne, poursuivant ses projets, n'a pas interdit la société de quitter ses réseaux.

Selon le journal, une lettre de l'ambassadeur américain en Allemagne avertit le pays que les États-Unis cesseront de divulguer certains secrets s'ils autorisent Huawei à travailler sur sa prochaine génération d'infrastructure 5G. Selon le journal, la lettre indique que la sécurité du réseau ne peut être gérée efficacement par des audits d’équipements ou de logiciels. Bien que les États-Unis envisagent de continuer à partager leurs renseignements avec l'Allemagne malgré tout, selon le journal, les responsables prévoient de limiter la portée de ces informations si du matériel Huawei est utilisé dans les infrastructures allemandes.

Aux États-Unis, la bataille autour de la société a continué de s'intensifier. Le ministère de la Justice a accusé Huawei d'avoir volé des secrets commerciaux et son directeur financier aurait été extradé vers les États-Unis, soupçonné d'avoir violé les sanctions imposées à l'Iran. Huawei a nié avoir commis des actes répréhensibles et la semaine dernière, la société a encore accru les enjeux en engageant une action en justice contre les États-Unis, arguant du fait qu'une interdiction de son équipement par le gouvernement était inconstitutionnelle.

Source : Wall Street Journal
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