L'Allemagne refuse de céder à la pression US et bannir Huawei
Estimant n'avoir aucune preuve que les équipements de l'entreprise servent à espionner

Le , par Jonathan

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Depuis déjà quelques mois la multinationale Huawei essuie beaucoup de reproches. Une réunion qui s’est tenue au mois de juillet au Canada regroupait les représentants des pays tels que l'Australie, le Canada, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et les États-Unis. Au cours de cette réunion, les discussions ont porté sur les capacités de la Chine en matière de cyber espionnage et sur l'expansion militaire croissante. Il faut savoir que des responsables américains ont publiquement déclaré que leur plus gros souci était que Pékin puisse contraindre Huawei à utiliser ses connaissances en matière de matériel pour espionner ou saboter des réseaux de télécommunications étrangers.

Ces inquiétudes proviennent du fait que Huawei ait fait l’objet d’un examen minutieux de ses liens présumés avec les services de renseignement chinois. À la suite de cela, les pays présents à cette réunion ont décidé d’empêcher Huawei de bâtir leurs réseaux Internet 5G ultrarapides de nouvelle génération.

Après avoir recommandé aux autres pays représentés à cette réunion de rester à l’écart de certains fournisseurs de télécommunications chinois, les États-Unis exercent également des pressions sur les autorités allemandes pour qu'elles abandonnent Huawei. L’Allemangne a exprimé son scepticisme concernant cette affaire, affirmant n'avoir trouvé aucune preuve que la société pourrait utiliser son équipement pour l’espionnage.


Spiegel Arne Schoenbohm, chef de l'Office fédéral allemand de la sécurité de l'information (BSI) a déclaré que pour des décisions aussi sérieuses qu'une interdiction, il faut des preuves, ajoutant que son agence ne disposait pas de telles preuves. Il fait également savoir que les experts du BSI avaient examiné les produits et composants Huawei du monde entier avant de se prononcer.

Cette décision du BSI n’a pas enchanté tout le monde et certains se sont exprimés. C’est le cas de Ronja Kniep, experte en sécurité dans le secteur des télécommunications qui a déclaré à l’AFP ceci : « Je pense qu'il est faux de laisser entendre que les préoccupations relatives à l'espionnage chinois sont infondées et faciles à détecter. Même si Huawei n’a aucune relation officielle avec le gouvernement chinois, cela ne signifie pas pour autant que les services chinois n’utilisent pas la société et sa technologie comme vecteurs d’espionnage. »

Le déploiement de la 5G devrait s'accélérer dans les années à venir et Huawei a investi des années et des milliards de dollars pour se préparer à ce moment. Selon des experts, une partie de cet investissement pourrait être gaspillée si la société était exclue des lucratifs marchés des télécommunications occidentaux. Sachant cela, il serait donc préférable pour la société chinoise de tout faire pour que cela ne se produise pas.

Sources : phys, wsj

Et vous ?

Croyez-vous que Huawei fasse de l'espionnage ?
Que pensez-vous de la décision de l'Allemagne ?

Voir aussi :

Huawei a été accusé d'avoir triché sur les tests de plusieurs flagships en se servant d'un « mode performance » pour booster ses appareils
Smartphones Android : plus de déverrouillage du bootloader chez Huawei, le constructeur chinois accorde un sursis de 2 mois pour certains appareils
IDC : Huawei détrône Apple en livrant plus de smartphones au second trimestre et devient la deuxième marque de smartphones la plus populaire au monde

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Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 19/12/2018 à 10:47
Citation Envoyé par Jonathan Voir le message
Croyez-vous que Huawei fasse de l'espionnage ?
Je ne sais pas...
En tout cas ce n'est pas impossible puisque les entreprises US le font bien, mais pour l'instant il n'y a pas de preuve d'espionnage de la part d'Huawei alors qu'on a les preuves pour l'espionnage US.

Citation Envoyé par Jonathan Voir le message
Que pensez-vous de la décision de l'Allemagne ?
L'Allemagne a raison de ne pas suivre la pression US.
Si il fallait bannir toutes les entreprises qui font de l'espionnage, on devrait se passer de Google, Apple, Facebook, Twitter, Cisco, Microsoft, etc...
Si ça se trouve c'est pire, il y a peut-être des backdoors dans les processeurs Intel et AMD
Avatar de abriotde
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 19/12/2018 à 13:51
peut-être des backdoors dans les processeurs Intel
C'est même probable, d'après les analyses des chercheurs. On ne sais juste pas a quels points ils transmettent des données sensible. Officiellement ce sont des stats et des mises à jours...
Avatar de Patrick Ruiz
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 31/12/2018 à 18:02
Voici 6 raisons pour lesquelles Huawei donne aux États-Unis et à ses alliés des cauchemars
En matière de sécurité informatique

Le listing est du MIT Technology Review – un magazine publié par l’une des plus célèbres institutions universitaires sur le sol étasunien : le Massachussets Institute of Technology. Il dresse un tableau des raisons pour lesquelles Huawei donne des sueurs froides aux USA et à ses alliés en matière de sécurité informatique.

Citation Envoyé par MIT Technology Review

L’équipement Huawei pourrait intégrer des kill switches ...

L'entreprise chinoise est le plus grand fabricant mondial de stations de base et d'antennes que les opérateurs mobiles utilisent pour exploiter des réseaux sans fil. Et ces réseaux transportent des données qui sont utilisées pour contrôler les réseaux électriques, les marchés financiers, les systèmes de transport et d'autres parties de l'infrastructure vitale des pays. On craint que les services militaires et les services de renseignements chinois n'intègrent des "portes dérobées" logicielles ou matérielles dans l'équipement d'Huawei qu'ils pourraient exploiter pour dégrader ou désactiver les réseaux sans fil étranger en cas de crise. Cela a conduit les États-Unis à bloquer l'utilisation de l'équipement chinois.

… que les procédures d’inspection même les plus serrées pourraient manquer

Depuis 2010, le Royaume-Uni gère un centre spécial, dont le personnel comprend des membres de l'agence de renseignements GCHQ pour vérifier l'équipement Huawei avant son déploiement. Mais plutôt cette année, elle a avertie qu'elle n'avait "qu'une assurance limitée" que l'équipement de l'entreprise ne représentait pas une menace pour la sécurité. Selon des articles de presse, le centre avait constaté que le code d'Huawei se comportait différemment sur les réseaux réels que lors de ses tests, et que certains de ces fournisseurs de logiciels n'étaient pas soumis à des contrôles rigoureux.

Des portes dérobées pourraient être utilisées pour le siphonnage des données

Huawei affirme que ses équipements assurent la connexion de plus du tiers de la population mondiale. Il traite également de grandes quantités de données pour les entreprises. C'est pourquoi les milieux occidentaux du renseignement craignent que l'on puisse utiliser des portes dérobées pour accéder à des informations sensibles à l'aide de l'équipement de l'entreprise. Ce serait difficile à faire sans être détecté, mais pas impossible. Huawei ne se contente pas de construire de l'équipement ; il peut aussi s'y connecter sans fil pour émettre des mises à jour et des correctifs afin de corriger des bugs. On craint que cette connectivité à distance ne soit exploitée par des cybers-espions chinois.La société est également l'un des plus grands fabricants mondiaux de téléphones intelligents et d'autres appareils grand public, ce qui a fait naître la perspective que la Chine pourrait exploiter ces produits à des fins d'espionnage. En mai, le ministère américain de la Défense a ordonné aux magasins de détail situés sur les bases militaires américaines de cesser de vendre des téléphones d'Huawei et de ZTE, un autre grand géant chinois de la technique, par crainte qu'ils ne soient piratés pour révéler les emplacements et les mouvements du personnel militaire.

Le déploiement des réseaux 5G va aggraver la situation

Les entreprises de télécommunications du monde entier sont sur le point de déployer la prochaine génération de la technologie sans fil cellulaire, connue sous le nom de 5G. En plus d'accélérer les transferts de données, les réseaux 5G permettront aux automobilistes de communiquer entre eux et avec des choses comme les feux de circulation intelligents. Ils connecteront et contrôleront également un grand nombre de robots dans les usines et à d'autres endroits. Et l'armée les utilisera aussi pour toutes sortes d'applications. Cela augmentera considérablement le nombre d'appareils connectés et le chaos qui peut être causé si les réseaux qui les supportent sont piratés. Il augmentera également la quantité de données d'entreprise et d'autres données que les pirates informatiques peuvent cibler. L'Australie et la Nouvelle-Zélande ont récemment interdit l'utilisation de l'équipement Huawei dans la nouvelle infrastructure sans fil 5G. Cette semaine, British Telecom a fait pareil.
Les entreprises chinoises vont transférer des technologies vers des pays au mépris de l’embargo commercial imposé par les États-Unis

Les États-Unis ont enquêté sur des allégations selon lesquelles Huawei aurait expédié des produits contenant des composants techniques américains en Iran et dans d'autres pays soumis à un embargo américain. Lors de l'audience, un avocat du gouvernement canadien a déclaré que Mme Meng est accusée d'avoir dit aux banquiers américains qu'il n'y avait aucun lien entre Skycom et Huawei, alors qu'en fait, il y en avait. La fraude alléguée a amené les banques à effectuer des transactions qui violaient les sanctions américaines contre l'Iran. Les responsables chinois ont déclaré à plusieurs reprises qu'ils ne considéraient pas les entreprises chinoises comme étant liées par les décrets commerciaux d'autres pays.

Huawei n'est pas autant à l'abri de l'influence du gouvernement chinois qu'il le prétend

Huawei a souligné à maintes reprises qu'il s'agit d'une entreprise privée qui appartient à ses employés. Il vient qu’elle n'a aucune raison de faire perdre à ses clients la confiance dans l'intégrité de ses produits. D'un autre côté, ses structures de gouvernance restent un mystère et son fondateur, Ren Zhengfei, qui a déjà été officier dans l'Armée de libération du peuple chinois, fait profil bas. De telles choses "font que l'on se demande à quel point elle jouit d'une indépendance réelle", affirme Adam Segal, expert en cybersécurité au Conseil sur les relations extérieures à New York.

Pour sa défense, Huawei peut souligner le fait qu'aucun chercheur en sécurité n'a trouvé de portes dérobées dans ses produits. "Il y a tout ce souci, mais il n'y a jamais eu de preuve irréfutable", dit Paul Triolo du groupe Eurasia. C'est vrai, mais cela ne changera pas l'opinion des États-Unis qui intensifient leurs efforts pour persuader leurs alliés de tenir Huawei à l'écart de tous leurs réseaux.

La publication du MIT Technology Review intervient en pleine campagne de sensibilisation initiée par les USA à l’intention de ses alliés. Un intervenant de l'Australian Strategic Policy Institute (ASPI) commente à son tour et souligne que les soupçons de collusion entre le géant de la Tech. chinois et son gouvernement sont indéniables. D’après Danielle Cave, il n’y a qu’à jeter un œil au texte de l'article 7 de la loi de 2017 sur le renseignement de la Chine qui stipule que :

« Toutes les organisations et tous les citoyens doivent, conformément à la loi, soutenir, coopérer et collaborer au travail de renseignement national et garder le secret du travail de renseignement national dont ils ont connaissance[...]. L'État protégera les individus et les organisations qui soutiennent, coopèrent et collaborent dans le travail de renseignement national ».

La 6e raison listée par le MIT Technologie Review tient donc la route. Seulement, on reste dans l’attente d’éléments concrets pour le reste. Pour illustrer, retour au cas du "Big Hack" comme l’a nommé Bloomberg dans un article paru au mois d’octobre. D’après le rapport dont l’éditeur s’est fait le relais, des groupes affiliés au gouvernement chinois ont infiltré la chaîne d’approvisionnement d’un spécialiste américain des cartes mères pour serveurs. Y faisant suite, ils seraient parvenus à insérer des minuscules puces sur du matériel finalement déployé aux États-Unis. Également concernés par ces développements, Apple et Amazon sont montés au créneau pour apporter un démenti sur la présence de micropuces espion au sein de leurs serveurs. Suite à une investigation, Supermicro a fait une sortie pour annoncer que son matériel est exempt de « parasites. » En Europe, la question divise. Alors que la première semaine du mois en cours tirait à sa fin, le chef de technologie de l’UE a déclaré qu’il faut se méfier de Huawei et des entreprises chinoises en général. Seulement, l’Allemagne refuse de céder à la pression des USA au motif de ce qu’elle ne trouve aucune preuve que les équipements de Huawei servent à espionner.

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?

Les entreprises chinoises constituent-t-elles une menace réelle ou est-ce de la paranoïa de la part des États-Unis ?

Voir aussi :

La Chine aurait infiltré Apple et d'autres sociétés américaines en utilisant des micropuces « espion » insérées sur des cartes mères de serveurs

USA : une nouvelle preuve de piratage de matériel Supermicro dans une société de Télécom montrant que la Chine continue son opération de sabotage

Le CEO d'Apple demande à Bloomberg de se rétracter de ses allégations de puces espionnes chinoises dans les serveurs d'Apple

Le CEO d'AWS suit Apple et demande à Bloomberg de se rétracter de ses allégations de puces espionnes chinoises dans les centres de données AWS
Avatar de droper
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 31/12/2018 à 19:27
Ce qui est marrant, c'est qu'on peut changé les protagonistes est appliqué les même arguments.. Aucune preuve, que du blabla..
Avatar de tanaka59
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 31/12/2018 à 19:32
On se plaint des merdes et autres saloperies venant de Chine . Produisons en Europe ou aux USA ... On serait ou sont fabriquées les composants et qui développe les programmes . Pas des programmes fait par des hordes d'indiens sous payés dans des conditions plus que douteuses ...

On relancerait l'emploi également.
Avatar de abdellatif777
Membre à l'essai https://www.developpez.com
Le 31/12/2018 à 21:06
Les seuls pays à avoir pirater des pays Européens sont les USA et ses alliés (le Royaume Uni dernier en date piratant Belgacom/Proximus en Belgique).
Idem avec l'exemple des puces backdoor dans le matériel Cisco.
Avatar de Zefling
Membre expert https://www.developpez.com
Le 01/01/2019 à 1:35
Perso, j'ai plus confiance en la Chine que les USA pour ce qui est de la sécurité des données.

Et quand on voit aussi toutes les applis smartphone qui siphonnent les données (Facebook & co.) C'est à se demander si la sécurité est vraiment importante. J'ai l'impression que les USA ont peur de perdre leur « pseudo-monopole » dans le siphonnage.
Avatar de Itachiaurion
Membre actif https://www.developpez.com
Le 01/01/2019 à 11:00
Je suis d'accord que les USA sont très loin d'être blanc comme neige. Mais faudrait peut être pas oublié non plus que la chine a plus de 300 000 "soldats du numériques" et est souvent soupçonné d'espionnage industriel pour voler les technologie (quand elle n'arrive pas a les obtenir par des industries occidentales assez naïves pour les lui fournir) et certainement d'autre types d'attaques plus "dangereuse" encore. Tout le monde sais que les US avec le Royaume Unis et d'autre pays du commonwealth ont tissé un grand réseaux d'espionnage, mais c'est de faire preuve d'illusion et de naïveté que de croire que des principes comme la "vie privée" ou je ne sais qu'elle autre barrière morale pourrais stopper la chine dans ses grandes manœuvres sur le web. Il suffit de regarder certains discours de leur dictateur (oui parce que un président a vie au bout d'un moment faut pas pousser) pour voir que la Chine (ou du moins les dirigeants) a clairement des ambitions mondiales et bien que l'on puisse vouloir craché sur les US, n'oublions pas que le dragon qui se cache dans l'ombre de l'aigle américains n'en est pas moins dangereux.
Avatar de lsbkf
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 01/01/2019 à 13:31
le centre avait constaté que le code d'Huawei se comportait différemment sur les réseaux réels que lors de ses tests
Argument que l'on retrouve chez les charlatans qui cherchent l'eau avec des baguettes, soignent avec le magnétisme, ou les lieux saints qui provoquent des pannes dans les capteurs. Dès qu'on regarde d'un peu plus près, ça ne marche plus aussi bien qu'on aurait envie (ou ça marche effectivement bien, mais la vérité fait des titres beaucoup moins accrocheurs), et d'un seul coup le fait de ne pas fourrer son nez devient une condition pour que ça marche !!
Allez, on pousse le bouchon un peu plus loin, et on va dire que les chinois ont réussi à intégrer le paranormal dans leurs technologies.
Avatar de tanaka59
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 01/01/2019 à 19:56
Citation Envoyé par Zefling Voir le message
Perso, j'ai plus confiance en la Chine que les USA pour ce qui est de la sécurité des données.

Et quand on voit aussi toutes les applis smartphone qui siphonnent les données (Facebook & co.) C'est à se demander si la sécurité est vraiment importante. J'ai l'impression que les USA ont peur de perdre leur « pseudo-monopole » dans le siphonnage.
La Chine fait un siphonnage la manière "communiste" , l'administration de Pékin contrôle tout . La version EU/US en mode capitaliste et ultra libérale c'est des entreprises privées .

Dans les deux cas avec la masse de données accumulé il est très facile de se débarrasser des "personnas " non grata ". Mettre des blocus directement via l'administration ou alors avoir un pouvoir de nuisance quand on est une entreprise
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