Après l'Allemagne, la Grande-Bretagne refuse de céder aux pressions US pour bannir Huawei,
Citant l'absence d'élément de preuves d'espionnage

Le , par Christian Olivier

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Par la voix de Ciaran Martin, directeur du National Cyber Security Centre (NCSC), la Grande-Bretagne affirme qu’aucun élément de preuve susceptible de confirmer une quelconque activité malveillante de la part de l’entreprise technologique Huawei n’existe et qu’elle est en mesure de gérer les risques de sécurité liés à l’utilisation des équipements de télécommunications fournis par ladite entreprise.


Signalons au passage que le NCSC fait partie de l’agence de renseignement britannique du GCHQ et que Huawei est considéré à l’heure actuelle comme le plus grand fabricant mondial d’équipements de télécommunications. Mais le géant chinois traverserait une période trouble en Grande-Bretagne depuis qu’un rapport du gouvernement de juillet 2018 a constaté que des problèmes techniques affectant la chaîne d’approvisionnement de ses équipements avaient exposé les réseaux de télécoms nationaux à de nouveaux risques de sécurité.

Lors d’une conférence sur la cybersécurité qui s’est récemment tenue à Bruxelles, Ciaran a assuré que la Grande-Bretagne n’avait pas encore décidé de sa politique de sécurité pour les réseaux nationaux 5G, mais que les équipements Huawei étaient soumis à une surveillance détaillée et à des contrôles gouvernementaux stricts sur leur utilisation. « Notre régime est sans doute le régime de surveillance le plus dur et le plus rigoureux au monde pour Huawei », a-t-il confié.

Lorsque, plus tard, on lui a demandé si l’administration Trump avait présenté à son pays des preuves attestant ces allégations, Martin a répondu aux journalistes : « Je serais obligé de signaler s’il y avait des preuves de malveillance... par Huawei. Et nous n’avons pas encore à le faire. Alors j’espère que c’est tout ». Il a par ailleurs ajouté que son organisation a publié un document détaillé dans lequel il expose la façon dont la Grande-Bretagne gère les risques de cyberespionnage lié à cette affaire.


Commentant le rapport de juillet 2018 précédemment évoqué Martin a tenu à clarifier les choses en disant : « Comme nous l’avons dit à l’époque, et comme nous le répétons aujourd’hui, ces problèmes concernent les normes relatives à la cybersécurité, ce ne sont pas des indicateurs d’activités hostiles de la Chine ». De plus, il faut savoir que Huawei a accepté les conclusions du rapport et a prévu une enveloppe de 2 milliards USD sur cinq ans pour la cybersécurité pour s’attaquer à ces problèmes afin de rassurer ses clients occidentaux. D’après Martin, la Grande-Bretagne surveille le géant chinois et ne fera aucun compromis vis-à-vis des améliorations qu’elle attend de lui : « nous ne déclarerons pas que les problèmes sont en voie d’être résolus tant qu’il n’y aura pas de preuve claire que c’est le cas », a-t-il précisé.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de tension entre la Chine et les États-Unis marqué par des allégations d’espionnage proférées à l’encontre de Pékin et de certaines multinationales chinoises par l’administration Trump qui demande à ses alliés de ne pas utiliser les technologies (notamment pour le déploiement de la 5G) et les produits du groupe. Huawei fait l’objet d’un examen minutieux en Occident au sujet de ses connexions supposées avec le gouvernement chinois et des allégations d’espionnage d’État formulées par les États-Unis.


Vraisemblablement surpris par cette prise de position, Washington a réagi par la voix du Sénateur démocrate Mark Warner en rappelant que « les États-Unis et leurs alliés doivent maintenir un front commun contre le risque de chaîne d’approvisionnement d’équipements provenant de pays qui ne respectent pas la primauté du droit et qui imposent régulièrement des exigences de surveillance extrajudiciaire aux entreprises nationales ». Warner a également précisé vouloir mieux « cerner dans leur intégralité les raisons qui ont motivé la décision britannique ».

À titre de rappel, aucun élément de preuve n’a été produit publiquement par Washington et Huawei a nié à plusieurs reprises ces allégations. Malgré tout, celles-ci ont conduit plusieurs pays occidentaux à restreindre l’accès de cette entreprise à leurs marchés. Vodafone, second opérateur de téléphonie mobile au monde, a déclaré en janvier dernier qu’il arrêtait le déploiement des équipements Huawei dans les réseaux centraux jusqu’à ce que les gouvernements occidentaux accordent une autorisation de sécurité complète. D’autres opérateurs en Europe, dont BT en Grande-Bretagne et Orange en France, ont déjà retiré les équipements de la marque Huawei ou pris des mesures pour limiter son utilisation future.

La Grande-Bretagne semble représenter un champ de bataille hautement stratégique pour le géant Huawei dans son bras de fer contre les États-Unis en Europe. Toute décision de Londres d’autoriser la société chinoise à participer à la construction de réseaux 5G de nouvelle génération serait surveillée de près par d’autres pays en raison de l’appartenance de la Grande-Bretagne à l’organisation des Five Eyes dont les États-Unis sont membres et d’une certaine aussi à l’UE.

Source : Reuters

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Avatar de marsupial
Membre expert https://www.developpez.com
Le 21/02/2019 à 17:14
Je ne pense pas que Huawei installe des backdoors dans ses matériels. Nous nous en serions déjà aperçus. Avec des contrôles comme prévus avec l'ANSSI, tout devrait bien se passer. Là où il faudra se méfier, c'est sur l'espionnage de technologies, mais la France a peu de soucis à se faire de ce point de vue là. Il s'agit surtout des États-Unis qui ont à craindre.
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Avatar de herr_wann
Membre actif https://www.developpez.com
Le 21/02/2019 à 18:30
Les anglais ne sont pas fous et ne prendront pas le risque de se mettre à dos un partenaire commercial aussi puissant que la Chine sans preuves formelles
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Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 22/02/2019 à 9:05
C'est chouette de voir des pays européen qui refusent de suivre les USA.
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Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 26/02/2019 à 20:17
Abandonner les équipements Huawei retarderait le déploiement de la 5G en Europe « de probablement deux ans »,
selon le PDG de Vodafone

Lors d'une conférence de presse au Mobile World Congress à Barcelone lundi, le président de Vodafone, Nick Read, a déclaré qu'interdire à Huawei de fournir une infrastructure 5G en Europe entraverait la concurrence dans la chaîne d'approvisionnement. Les sociétés chinoise Huawei, Finlandaise Nokia et Suédoise Ericsson sont les trois plus grands fournisseurs d'équipements de télécommunication au monde, représentant plus de la moitié des revenus du marché, selon le cabinet d'études Dell'Oro.

« Si nous concentrons nos efforts sur deux acteurs, je pense que c'est une position malsaine, non seulement pour nous en tant qu'industrie, mais également pour l'infrastructure nationale du pays », a déclaré Read.

Lundi à Barcelone, Huawei et Vodafone ont vanté leur partenariat commercial avec une démonstration 5G lors de l'événement. La société britannique s'appuie sur les équipements de la société chinoise pour gérer bon nombre de ses réseaux.

Read a ajouté qu'il serait « extrêmement coûteux » pour les opérateurs et les consommateurs si les entreprises étaient obligées d'échanger leurs équipements Huawei pour se tourner vers les offres concurrentes, ajoutant que cela retarderait le déploiement de la 5G en Europe « de probablement deux ans ».

« Cela désavantage structurellement l'Europe », a-t-il déclaré. « Bien sûr, les États-Unis ne rencontrent pas ce problème, car ils ne se servent pas d'équipement Huawei »


Les États-Unis font pression pour provoquer un boycott d’Huawei chez leurs alliés

Huawei est l’un des plus grands fournisseurs d’équipements de télécommunication au monde et a conquis des marchés clés en proposant des équipements de haute technologie à un coût inférieur à celui de ses concurrents.

Mais la société a effectivement été laissée de côté sur le marché américain avec des responsables citant des préoccupations selon lesquelles sa technologie pourrait permettre l’espionnage du gouvernement chinois, accusations démenties par Huawei.

Il faut rappeler que des responsables américains ont publiquement déclaré que leur plus gros souci était que Pékin puisse contraindre Huawei à utiliser ses connaissances en matière de matériel pour espionner ou saboter des réseaux de télécommunications étrangers.

Néanmoins, certains pays comme l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont refusé de céder à la pression américaine

Allemagne

L’Allemagne a exprimé son scepticisme concernant cette affaire, affirmant n'avoir trouvé aucune preuve que la société pourrait utiliser son équipement pour l’espionnage. Spiegel Arne Schoenbohm, chef de l'Office fédéral allemand de la sécurité de l'information (BSI) a déclaré que pour des décisions aussi sérieuses qu'une interdiction, il faut des preuves, ajoutant que son agence ne disposait pas de telles preuves. Il fait également savoir que les experts du BSI avaient examiné les produits et composants Huawei du monde entier avant de se prononcer.

Cette décision du BSI n’a pas enchanté tout le monde et certains se sont exprimés. C’est le cas de Ronja Kniep, experte en sécurité dans le secteur des télécommunications qui a déclaré à l’AFP ceci : « Je pense qu'il est faux de laisser entendre que les préoccupations relatives à l'espionnage chinois sont infondées et faciles à détecter. Même si Huawei n’a aucune relation officielle avec le gouvernement chinois, cela ne signifie pas pour autant que les services chinois n’utilisent pas la société et sa technologie comme vecteurs d’espionnage. »


Grande-Bretagne

Par la voix de Ciaran Martin, directeur du National Cyber Security Centre (NCSC), la Grande-Bretagne a affirmé qu’aucun élément de preuve susceptible de confirmer une quelconque activité malveillante de la part de l’entreprise technologique Huawei n’existe et qu’elle est en mesure de gérer les risques de sécurité liés à l’utilisation des équipements de télécommunications fournis par ladite entreprise.

Précisons que le NCSC fait partie de l’agence de renseignement britannique du GCHQ et que Huawei est considéré à l’heure actuelle comme le plus grand fabricant mondial d’équipements de télécommunications. Mais le géant chinois traverserait une période trouble en Grande-Bretagne depuis qu’un rapport du gouvernement de juillet 2018 a constaté que des problèmes techniques et affectant la chaîne d’approvisionnement de ses équipements avaient exposé les réseaux de télécoms nationaux à de nouveaux risques de sécurité.

Vodafone fait marche arrière, après avoir annoncé une suspension du déploiement des équipements Huawei

En janvier, Vodafone avait annoncé son intention de « suspendre » le déploiement d'équipements Huawei dans ses réseaux centraux européens, mais Read a déclaré que la société avait continué de déployer les équipements radio 5G de Huawei à un rythme accéléré dans toute l'Europe. Il a ajouté que les gouvernements devaient adopter une approche « factuelle » pour évaluer les problèmes de sécurité avec Huawei, ajoutant qu'il ne rencontrerait aucun responsable américain à Barcelone cette semaine.

« À ce stade, je préférerais travailler avec les gouvernements et les valeurs mobilières sur une base nationale et veiller à ce que nous ayons une conversation basée sur les faits », a-t-il déclaré.

Plus tôt lundi, Borje Ekholm, PDG d'Ericsson, a déclaré à Jon Fortt Huawei, de CNBC, que les préoccupations en matière de sécurité créaient une incertitude chez les opérateurs.

« C'est très spéculatif, nous n'avons aucune idée de ce qui va arriver », a-t-il déclaré. Dans le même temps, le PDG de Nokia, Rajeev Surav, a déclaré à Karen Tso, de CNBC, dimanche, qu'il observait « de près » l'évolution de Huawei.

Read de Vodafone a déclaré qu'il existait une « forte concurrence » entre les trois fournisseurs d'équipement, mais a ajouté que Huawei disposait d'une « technologie de pointe ». D’ailleurs, lors d'une table ronde avec les médias dimanche à Barcelone, le président de Huawei, Guo Ping, a déclaré que la société avait 12 mois d'avance sur ses concurrents en matière de technologie 5G.

La 5G devrait révolutionner l’économie numérique en permettant l’adoption de nouvelles technologies telles que les voitures autonomes et l’Internet des objets.

Source : CNBC

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Que pensez-vous du point du vue du PDG de Vodafone ?

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Avatar de tmcuh
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 26/02/2019 à 20:43
Je trouve ça un peu déb*** cette course à la 5G car de toute façon ça reste toujours un protocole de communication avec ses problèmes et ses avantages.
Lorsqu'on révèle que la 4G et 5G ont des problèmes de respect de la vie privé, il faudrait peut être attendre de corriger le protocole avant de se lancer tête baisser là dedans.
Ceux qui veulent faire de la recherche et développement sur base du protocole de base le font déjà très certainement. Il ne faut pas un réseau national pour ça
Même si j'en conviens que le réseau est saturé et qu'on se paye des grosses pertes de débit, il n'en reste pas moins que la plupart des objets connectés le sont à la maison, donc derrière une ligne fibré (logiquement).
Si on pense déjà aux voitures connectés, vu le peu d'encombrement de voiture dans nos régions et de données qu'elles transitent... et vu qu'on a de toute façon pas de voiture connectés qui sature le réseau le raisonnement est un peu biaisé !

Je trouve qu'il devrait y avoir un moratoire sur le sujet sur base d'expert, car tout le monde le sait bien, soit on se fera espionner par les chinois, soit par les américains, autant que la technologie reste en Europe même avec 6 mois, 1 an de retard. Après tout nos voiture rouleront pas plus vite, les bateaux non plus, on mangera pas plus vite et y'aura pas plus de bébés pour autant !
Mais comme nos chers sociétés privé sont avide de profits il y a de forte chance qu'elle vont prendre la mauvaise décision qu'on essayera de colmaté d'ici quelques années quand nos pays seront tellement espionné et qu'on sera les usines de la chine, que les choses changeront
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Avatar de
https://www.developpez.com
Le 26/02/2019 à 22:03
Le président de Vodafone.

Touche combien de la part de HUAWEI pour raconter cela ?
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Avatar de Mingolito
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 26/02/2019 à 22:22
Il a raison le président de vodaphone, la Chine est devenue clairement désormais leader technologique.

Maintenant les Chinois font des avions, des fusées, des produits hi tech, et pendant ce temps la aux USA ils produisent des tonnes de bouses de vache avec leur bétail puant et la France produit du pinard et du camembert, donc ca va juste devenir des pays pour amuser les touristes Chinois, c'est comme remonter à l'époque médiévale. D'ailleurs les chinois ont un QI beaucoup plus élevés que les américains ou les français, et à Harvard il ont un problème c'est que ils sont obligés de tricher sur les admissions sinon il y aurais plus que des Chinois à Harvard
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Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 27/02/2019 à 7:46
Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
L’Allemagne a exprimé son scepticisme concernant cette affaire, affirmant n'avoir trouvé aucune preuve que la société pourrait utiliser son équipement pour l’espionnage. Spiegel Arne Schoenbohm, chef de l'Office fédéral allemand de la sécurité de l'information (BSI) a déclaré que pour des décisions aussi sérieuses qu'une interdiction, il faut des preuves, ajoutant que son agence ne disposait pas de telles preuves. Il fait également savoir que les experts du BSI avaient examiné les produits et composants Huawei du monde entier avant de se prononcer.

(...)

Par la voix de Ciaran Martin, directeur du National Cyber Security Centre (NCSC), la Grande-Bretagne a affirmé qu’aucun élément de preuve susceptible de confirmer une quelconque activité malveillante de la part de l’entreprise technologique Huawei n’existe et qu’elle est en mesure de gérer les risques de sécurité liés à l’utilisation des équipements de télécommunications fournis par ladite entreprise.
Je suis d'accord avec l'Allemagne et le Royaume-Uni il n'y a aucune preuve que la Chine espionne.
Par contre on a les preuves en ce qui concerne les USA...

Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
Que pensez-vous du point du vue du PDG de Vodafone ?
C'est possible que si on se passe de Huawei la 5G va mettre 2 ans plus à arriver.
Mais personnellement je ne trouve pas ça grave...
De toute façon les voitures autonomes ne sont pas prête pour le moment (mais après ce sera peut-être chouette d'avoir des taxis sans chauffeur, ce sera encore moins cher qu'Uber).
L’Internet des objets ne m'intéresse pas du tout, pour moi c'est une très mauvaises idées ces objets connectés.
Chaque objet est un potentiel risque de se faire hacker.

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Pour moi c'est gadget. Contrôler plein de choses dans sa maison depuis internet ça me semble être une très mauvaise idée.
J'ai hâte que la fibre optique arrive chez moi, mais par contre la 5G je m'en tamponne l'oreille avec une babouche, elle pourrait ne jamais arriver ça ne changerait rien pour moi.
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Avatar de DevTroglodyte
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 27/02/2019 à 8:50
Citation Envoyé par Mingolito Voir le message
Il a raison le président de vodaphone, la Chine est devenue clairement désormais leader technologique.
Sauf qu'on a 2 entreprises européennes pouvant déployer du matos 5G, autant se tourner vers elles que vers la Chine. Ne serait ce que pour une question d'indépendance technologique.

Puis bon, c'est facile d'être le leader quand après avoir piqué les technos du monde entier (même si nos entreprises sont clairement responsables), tu disposes de l'appui politique et financier de ton gouvernement.
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Avatar de Stan Adkens
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 05/03/2019 à 8:54
Huawei se préparerait à poursuivre le gouvernement des États-Unis
Pour avoir interdit aux agences fédérales d'utiliser ses produits

Le gouvernement américain et le géant chinois de télécommunication Huawei ne sont pas en bon terme depuis quelques années déjà. Pendant longtemps, les responsables américains ont déclaré que Pékin pouvait utiliser l'équipement de télécommunication de Huawei pour espionner et perturber les réseaux de communication. L'entreprise a nié ces allégations, mais des manœuvres menées par Washington pour saper l'entreprise, que les responsables américains considèrent comme une menace pour la sécurité nationale, ne se sont pas arrêtées depuis lors.

Cependant, Huawei ne se contente plus de nier les accusations américaines portées contre lui. L’entreprise a décidé de se défendre désormais dans le conflit qui bat son plein entre elle et le gouvernement américain. Le géant chinois de l'électronique s'apprêterait à poursuivre le gouvernement des États-Unis pour avoir interdit aux agences fédérales d'utiliser les produits de l'entreprise, selon deux personnes au courant de l’affaire qui se sont confiées au New York Times.

Selon le New York Times, le procès prévu pour être annoncé au cours de cette semaine par la société sera intenté dans le district est du Texas, où se trouve le siège social américain de Huawei. Cette poursuite fait partie des efforts conduits par le géant chinois qui s’est lancé dans des campagnes marketing afin de redorer le blason de l’entreprise auprès des consommateurs contre une vaste campagne de dénigrement des Etats-Unis.


En effet, au cours de l’année écoulée, le gouvernement américain a intensifié ses pressions sur l'entreprise. Le Congrès a accusé Huawei d’être lié au pouvoir chinois et d’utiliser ses smartphones à des fins d’espionnage. Le gouvernement avait fait pression sur l’opérateur AT&T pour annuler un contrat avec la firme asiatique. L'année dernière la National Defense Authorization Act (NDAA) – une loi d'autorisation de dépenses de la défense des États-Unis – avait, par ailleurs, été autorisée afin d’isoler davantage Huawei du marché américain. Des responsables américains ont même exhorté d'autres gouvernements à interdire l'utilisation des produits de Huawei, même si certains Etats comme l'Allemagne et la Grande-Bretagne ont refusé de céder aux pressions américaines pour bannir Huawei, en citant l'absence d'élément de preuves de l'espionnage dont Huawei est accusé.

Cette année, le ministère de la Justice a déposé des accusations criminelles contre l'entreprise et son directeur financier pour n’avoir pas respecté les sanctions américaines contre l'Iran. Cette semaine aura lieu au Canada l’audience qui déterminera si le directeur financier de Huawei et fille du fondateur de l'entreprise, Meng Wanzhou, sera extradé vers les États-Unis pour faire répondre à ces accusations.

Dans une interview accordée à BBC en février, Ren Zhengfei, fondateur de Huawei, s’est insurgé contre le gouvernement américain. M. Zhengfei s’est opposé aux accusations américaines contre le directeur financier et a qualifié l'arrestation de Meng Wanzhou d’être politiquement motivée. Les avocats de Mme Meng ont poursuivi le gouvernement canadien et la police, soutenant que les circonstances de son arrestation et de sa détention en décembre avaient violé ses droits.

Lors de l’interview, M. Zhengfei a marqué une confiance absolue en son entreprise qui s'apprête à jouer un rôle majeur dans la construction de réseaux sans fil de nouvelle génération à travers le monde. « Il n'y a aucun moyen pour que les Etats-Unis puissent nous écraser », a-t-il dit. « Le monde ne peut pas nous quitter parce que nous sommes plus avancés. Même s'ils persuadent d'autres pays de ne pas nous utiliser temporairement, on peut toujours réduire un peu les choses. », a-t-il ajouté. En effet, certains partenaires comme l'Australie et la Nouvelle-Zélande se sont déjà joints aux États-Unis pour interdire ou empêcher Huawei de fournir de l'équipement pour leurs futurs réseaux mobiles à large bande 5G.

Huawei n’a pas répondu à une demande de commentaire, mais une poursuite intentée par Huawei contre les États-Unis devrait être pour contester une section d'une loi d'autorisation de dépenses de la défense qui a été approuvée l'an dernier, d’après le New York Times. Cette disposition empêche les agences gouvernementales d'utiliser les équipements de télécommunications fabriqués par Huawei et ZTE, une autre société chinoise. L’entreprise serait en train de prévoir de soutenir que l'interdiction américaine sur son équipement est un acte législatif nommé « bill of attainder », qui vise à le punir sans procès. La Constitution des Etats-Unis interdit au Congrès d'adopter de telles lois.

Une précédente poursuite du gouvernement américain pour les mêmes motifs

L'affaire Huawei semble avoir eu un précédent. La société russe de cybersécurité Kaspersky Lab, une autre entreprise qui a suscité des inquiétudes en matière de sécurité aux États-Unis avait intenté deux poursuites contre le gouvernement américain après l’interdiction de ses produits. En effet, les responsables américains ont commencé à s'inquiéter du fait que Moscou pourrait utiliser le logiciel de l'entreprise pour recueillir des renseignements. En juin 2017, les sénateurs américains ont demandé d'interdire les produits de l’éditeur russe, utilisés par les militaires, en raison de la crainte que l'entreprise soit vulnérable à l'influence du gouvernement russe, le lendemain du jour où le FBI avait interrogé plusieurs de ses employés américains dans le cadre d'un sondage dans ses opérations.

Kaspersky Lab avait rejeté les allégations, mais en septembre 2017, le Département de la sécurité intérieure a demandé aux organismes fédéraux de commencer à retirer les produits de l'entreprise des systèmes gouvernementaux. Et pour faciliter l’opération de retrait, le Congrès a codifié l'interdiction dans une loi d’autorisation de dépenses. Un juge du District de Columbia a ensuite rejeté les poursuites de Kaspersky Lab, jugeant que le Congrès était motivé par le désir légitime de protéger les réseaux informatiques du gouvernement contre l'intrusion russe. Le juge a également déclaré que les ventes de Kaspersky au gouvernement américain ne représentaient qu'une si petite fraction des affaires de la société que l'interdiction n'était pas particulièrement sévère.

La décision de rejet des poursuites de Kaspersky a été confirmée plus tard par une cour d'appel. Et le juge d'appel, David S. Tatel, a écrit que « Compte tenu de la probabilité non négligeable que les produits de Kaspersky aient pu compromettre les systèmes fédéraux et de l'ampleur des dommages qu'une telle intrusion aurait pu causer, la décision du Congrès de retirer Kaspersky des réseaux fédéraux représente une réponse raisonnable et équilibrée ».

Selon le News York Times, l'affaire pénale contre le directeur financier de Huawei aux États-Unis pourrait être compliquée vu les commentaires du président Trump alors que la Maison-Blanche a entamé des négociations commerciales avec la Chine. En effet, bien que les affaires criminelles aient traditionnellement été des affaires indépendantes, M. Trump aurait indiqué que le sort de Huawei pourrait être un objet de marchandage.

« Nous prendrons cette décision », c’est ainsi qu’aurait répondu le président Trump, lors d’une réunion avec une délégation de responsables chinois le mois dernier, lorsqu'on lui a demandé s'il abandonnerait les accusations criminelles contre Huawei dans le cadre de l’accord commercial qui se prépare entre les Etats-Unis et la Chine. « Nous allons parler au procureur général. », a-t-il ajouté.

Source : The New York Times

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