Vous êtes nouveau sur Developpez.com ? Créez votre compte ou connectez-vous afin de pouvoir participer !

Vous devez avoir un compte Developpez.com et être connecté pour pouvoir participer aux discussions.

Vous n'avez pas encore de compte Developpez.com ? Créez-en un en quelques instants, c'est entièrement gratuit !

Si vous disposez déjà d'un compte et qu'il est bien activé, connectez-vous à l'aide du formulaire ci-dessous.

Identifiez-vous
Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ?
Créer un compte

L'inscription est gratuite et ne vous prendra que quelques instants !

Je m'inscris !

Le blocus Huawei de Trump fléchit en Europe,
Qui ne veux pas prendre de retard dans le déploiement de la 5G

Le , par Stan Adkens

947PARTAGES

9  0 
Le rendez-vous du réseau 5G est imminent. Les pays se préparent à déployer cette nouvelle technologie ultra-rapide, tandis que Huawei, l’un des acteurs majeurs pour sa mise en œuvre est depuis lors sous le coup de sanctions américaines. En effet, les États-Unis ont fait valoir que Huawei représente un risque parce que ses équipements pourraient être utilisés par les autorités chinoises pour espionner les communications et perturber les réseaux de télécommunications. Cette position a conduit les principales entreprises de télécommunications sans fil aux États-Unis et les agences gouvernementales à éviter les produits de Huawei et de traiter avec les entreprises qui utilisent ces mêmes produits.

L’administration Trump ne s’est pas arrêtée là. Selon le Wall Street Journal, les États-Unis ont lancé, en novembre dernier, une « campagne extraordinaire de sensibilisation » de ses alliés afin de tenter de persuader les fournisseurs d'accès à Internet sans fil dans ces pays d'éviter les équipements de télécommunication provenant du chinois Huawei, évoquant des préoccupations de sécurité nationale. La Maison-Blanche a même envoyé des responsables du gouvernement dans les capitales européennes pour avertir que l'équipement de Huawei ouvrirait une porte dérobée aux espions chinois.


Cependant, si la stratégie américaine contre le géant chinois a marché chez certains alliés comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande, elle rencontre quelques difficultés en Europe où les États-Unis ont même menacé de mettre fin à l'échange de renseignements si l'Europe ignorait ses conseils. En effet, jusqu'à présent, aucun pays européen n'a interdit Huawei, selon un article de Bloomberg publié le mardi.

Moins d’un mois après l’appel des États-Unis à ses alliés de boycotter les équipements télécoms du chinois Huawei, l’Allemagne a exprimé son scepticisme concernant cette exhortation américaine, affirmant n'avoir trouvé aucune preuve que la société pourrait utiliser son équipement pour l’espionnage. Spiegel Arne Schoenbohm, chef de l'Office fédéral allemand de la sécurité de l'information (BSI) a déclaré que pour des décisions aussi sérieuses qu'une interdiction, il faut des preuves, ajoutant que son agence ne disposait pas de telles preuves. Il a fait également savoir que les experts du BSI avaient examiné les produits et composants Huawei du monde entier avant de se prononcer.

En février dernier, la Grande-Bretagne a emboité le pas à l’Allemagne en refusant de céder aux pressions des Etats-Unis pour bannir Huawei, en citant, elle aussi, l'absence d'élément de preuves d'espionnage. En effet, en parlant au nom de la Grande-Bretagne, Ciaran Martin, directeur du National Cyber Security Centre (NCSC), a affirmé qu’aucun élément de preuve susceptible de confirmer une quelconque activité malveillante de la part de l’entreprise technologique Huawei n’existe et qu’elle est en mesure de gérer les risques de sécurité liés à l’utilisation des équipements de télécommunications fournis par ladite entreprise.

Depuis l’année dernière, la Maison-Blanche a accentué ses pressions sur l’équipementier chinois. Si l’interdiction ne tient pas, Huawei est en lice pour des contrats de construction de réseaux téléphoniques 5G, la technologie sans fil ultra-rapide que les leaders européens espèrent pour alimenter la croissance d'une économie basée sur les données.

Selon Bloomberg, le chef espion du Royaume-Uni a déclaré qu'une interdiction de Huawei en Grande-Bretagne est peu probable, citant un manque d'alternatives viables pour améliorer les réseaux de télécommunications britanniques. Quant au gouvernement italien, il a refusé d’obéir aux conseils des États-Unis à un moment où le pays cherche à stimuler le commerce avec la Chine, selon Bloomberg. En Allemagne, qui vend des ondes 5G dans le cadre d'une vente aux enchères qui devrait rapporter jusqu'à 5 milliards d'euros (5,7 milliards de dollars), les autorités ont proposé des règles de sécurité plus strictes pour les réseaux de données plutôt que de faire blocage à Huawei. La France qui a examiné pendant longtemps l'idée de restrictions sur Huawei, a fini par opter pour le renforcement de ses règles de sécurité au lieu de bannir l’entreprise.

« Le déploiement de la 5G est l'un des projets technologiques les plus complexes et les plus coûteux jamais entrepris », a déclaré Paul Triolo, analyste chez Eurasia Group, une société de conseil en risques politiques. « Le défi pour l'Europe est de trouver un moyen de minimiser les risques de sécurité liés aux fournisseurs chinois, mais pas de retarder la 5G, qui est si importante pour la région. », a-t-il ajouté.

Lors d'une conférence qui s’est tenue mardi à Berlin, la chancelière allemande Angela Merkel s’est exprimée relativement aux conseils des Etats-Unis à ses alliés. « Il y a deux choses auxquelles je ne crois pas », a-t-elle déclaré. « D'abord, pour discuter publiquement de ces questions de sécurité très sensibles, et ensuite, pour exclure une société simplement parce qu'elle vient d'un certain pays. », a-t-elle ajouté.


Selon Bloomberg, ces gouvernements européens ont considéré ce qu’ont dit certaines compagnies de téléphone comme Vodafone Group Plc, Deutsche Telekom AG et Orange SA, qui ont averti que l’éviction de Huawei retarderait la mise en œuvre de la technologie 5G de plusieurs années et ajouterait des milliards d'euros en coûts. « Nous n'avons vu aucune preuve de portes dérobées dans le réseau », a déclaré Helen Lamprell, la meilleure avocate et lobbyiste en chef de Vodafone au Royaume-Uni, d’après le rapport de Bloomberg. « Si les Américains ont des preuves, qu'ils les mettent sur la table ».

Par ailleurs, lors d'une conférence de presse au Mobile World Congress à Barcelone en février dernier, le président de Vodafone, Nick Read, a déclaré qu'abandonner les équipements Huawei retarderait le déploiement de la 5G en Europe « de probablement deux ans ». Lors de l’événement, Huawei et Vodafone ont vanté leur partenariat commercial appuyé d’une démonstration 5G. La société britannique s'appuie sur les équipements de la société chinoise pour gérer bon nombre de ses réseaux, selon CNBC.

En février, les États-Unis ont envoyé des représentants à MWC Barcelona, le plus grand salon annuel de l'industrie, qui ont encore exhorté les dirigeants et les politiciens à éviter Huawei et ses pairs chinois. Et ce mois-ci, l'ambassadeur des États-Unis à Berlin a écrit une lettre au gouvernement allemand pour lui dire qu'il devrait laisser tomber Huawei ou risquer d'étouffer le partage des renseignements américains.

Huawei a commencé à réagir à la pression américaine. Le 18 février dernier, lors d’une interview accordée à BBC New, Ren Zhengfei, le fondateur de Huawei a déclaré qu’« Il n'y a aucun moyen pour que les Etats-Unis puissent nous écraser », a-t-il dit. « Le monde ne peut pas nous quitter parce que nous sommes plus avancés. Même s'ils persuadent d'autres pays de ne pas nous utiliser temporairement, on peut toujours réduire un peu les choses. », a-t-il ajouté. En début de mars, Huawei a intenté un procès contre le gouvernement américain qui alléguait que la société avait été injustement et incorrectement interdite comme une menace pour la sécurité.

Huawei pourrait toujours être sous le coup d’une probable interdiction en Europe

Toutefois, Huawei pourrait être toujours menacé par une probable interdiction. Selon Bloomberg, les tenants de la ligne dure au sein de la communauté du renseignement, en Allemagne, affirment que l'entreprise n'est pas digne de confiance, et les règles de sécurité actualisées que le gouvernement est en train de rédiger pourraient rendre plus difficile pour Huawei d’obtenir des contrats. Aussi, la plus grande compagnie de téléphone danoise, TDC A/S, a refusé de renouveler un contrat avec Huawei et a plutôt choisi Ericsson comme partenaire stratégique pour développer son réseau 5G, a rapporté Bloomberg. Selon Bloomberg, le géant chinois subirait des pressions partout en Europe pour qu’il permette un meilleur contrôle de sa technologie et augmenter les garanties que ses équipements ne sont pas accessibles aux espions chinois.

Cependant, Huawei rassure que les pays partenaires ne risquent rien en utilisant ses équipements. L’entreprise dit avoir « placé la cybersécurité et la protection de la vie privée des utilisateurs au premier rang de ses priorités », a déclaré un représentant de l'entreprise par courriel. La protection des réseaux relève de la responsabilité conjointe des fournisseurs, des entreprises de télécommunications et des organismes de réglementation, a-t-il ajouté.

Les signaux seraient même au vert en Europe pour la société chinoise. D’après Bloomberg, des entreprises ferroviaires nationales d'Allemagne et d'Autriche ont acheté les équipements de l'entreprise, et des opérateurs tels que Deutsche Telekom et Telefonica mènent des projets de test 5G avec ses produits.

Source : Bloomberg

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Pensez-vous que Huawei obtiendra des marchés de déploiement de la technologie 5G en Europe, malgré les menaces des USA ?
Selon vous, quelles seront les conséquences d’un retrait de Huawei de l’Europe ?

Lire aussi

L'Europe doit se méfier de Huawei, dit un responsable technique européen, après l'arrestation d'un dirigeant de Huawei dans le cadre d'une enquête
Huawei prévoit une enveloppe de 2 milliards USD sur cinq ans pour la cybersécurité, afin de rassurer ses clients occidentaux
Huawei a été accusé d'avoir triché sur les tests de plusieurs flagships, en se servant d'un « mode performance » pour booster ses appareils
Les liens de Google avec Huawei vus d'un mauvais œil par des législateurs américains, qui y voient une menace pour la sécurité des États-Unis
La demande mondiale de nouveaux smartphones serait en chute libre, Huawei pourrait en profiter pour devenir le numéro 2 du marché devant Apple

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-le nous !

Avatar de Loceka
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 27/05/2019 à 10:34
Moi ce que je remarque surtout c'est à quel point les USA ont la mainmise sur les technologies.

Si une entreprise déplaît aux USA et qu'ils décident de lui faire du tort, ça peut entraîner des "sanctions" allant de l'impossibilité d'utiliser certains produits (processeurs, ...) au refus de validation de normes (WiFi, ...), en plus de ne pas pouvoir être vendus sur le sol des USA.

Pour le coup je ne m'en fais pas trop pour Huawei qui doit avoir les reins assez solides pour faire face à ça. Mais très peu d'entreprise seraient dans ce cas-là.

Et je trouve que ça devrait surtout faire réfléchir les différents gouvernements et entreprises sur le danger que représentent les USA dans leur monopole sur les produits technologiques, et donc l'urgence de leur retirer ce monopole en "libérant" les organismes de certifications et en créant des alternatives viables à certains constructeurs.

My 2 yuans.
10  0 
Avatar de marsupial
Membre expert https://www.developpez.com
Le 23/05/2019 à 12:12
La Chine comme les Etats-Unis disposent de différentes cartes à jouer dans ce contexte de guerre économique. L'une de ces cartes est représentée par les terres rares utilisées dans tous les produits de nouvelles technologies. Si la Chine abat cette carte, je ne donne pas cher de l'industrie de la tech dans le reste du monde.
9  1 
Avatar de rawsrc
Modérateur https://www.developpez.com
Le 23/05/2019 à 20:42
Citation Envoyé par ShigruM Voir le message
je préfère mourir libre que dans l'enfer du PC
Moi, c'est plutôt le Mac qui me file de l'urticaire
8  0 
Avatar de Jon Shannow
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 23/05/2019 à 14:16
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Si tout va bien, la troisième guerre mondiale devrait débuter dans un futur relativement proche.
Comment est-ce possible de souhaiter une troisième guerre mondiale ?
7  0 
Avatar de yahiko
Rédacteur/Modérateur https://www.developpez.com
Le 11/10/2019 à 7:59
Subventionner Ericsson et Nokia ? Pourquoi pas, à condition que l'argent aille dans la R&D (les ingénieurs) et pas dans la poche des dirigeants et des commerciaux...
8  1 
Avatar de Jon Shannow
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 11/10/2019 à 9:24
Citation Envoyé par pboulanger Voir le message
Subventionner des entreprises privées, ce n'est pas interdit par l'OMC? Les US ont bien fait condamner Airbus pour ça récemment, non?
Trump la loi c'est seulement quand ça l'arrange...
Pour une fois, je dirais que Trump est dans la même ligne que ses prédécesseurs. Les lois internationales ne sont valables pour les USA que si ça les arrange.
7  0 
Avatar de Cpt Anderson
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 20/05/2019 à 11:58
Pour les Etats Unis, le commerce mondialisé fonctionne que quand ils le dominent. Si une multinationale, quelle que soit son origine, fait un peu d'ombre à leurs grosses structures, on l'accuse de n'importe quoi. Une bonne guerre commerciale bien dégueulasse à l'américaine. Et le pire, c'est qu'ils imposent à l'occident tout entier de suivre leurs prérogatives sous peine de sanctions. On appelle ça une dictature.
7  1 
Avatar de pboulanger
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 11/10/2019 à 8:58
Subventionner des entreprises privées, ce n'est pas interdit par l'OMC? Les US ont bien fait condamner Airbus pour ça récemment, non?
Trump la loi c'est seulement quand ça l'arrange...
6  0 
Avatar de rawsrc
Modérateur https://www.developpez.com
Le 23/05/2019 à 10:24
au rythme auquel ces deux états se pilonnent, ça ne peut aller qu'en empirant.
Par ailleurs, les 40 dernières années à servir d'usine du monde ont permis aux Chinois d'acquérir en 10 fois moins de temps le savoir et la technologie pour devenir autonome dans presque tous les domaines.

Je vous donne une des raisons pour laquelle cela s'envenime : Huawei se libère d’Intel en créant son propre processeur de serveurs, à ça vous rajoutez le bordel en mer de Chine, l'avance technologique et industrielle sur la 5G et l'expansionnisme dont fait preuve l'empire du milieu et vous avez tous les ingrédients pour une super télé-réalité avec des milliards de spectateurs.

L'arme la plus destructrice détenue par la Chine est le dollar : Les plus grosses réserves de change en dollars américain sont détenues par la Chine (et de loin), il leur suffirait de les lâcher dans la nature pour que les USA se trouvent en difficulté. Attaquer les USA sur leur monnaie c'est quasiment déclarer la guerre (militairement parlant).

Le reste, c'est que dalle. Il y aura de nouvelles puces entièrement made in China (conception, architecture et fabrication). Ils doivent quand même se marrer en haut lieu.
6  1 
Avatar de Coeur De Roses
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 03/06/2019 à 11:44
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Ça dépend comment on regarde, parce qu'à la fin il y a l'armée et ce sont les USA qui ont la plus grosse.
Ils ne savent pas très bien s'en servir, mais c'est eux qui ont la dépense militaire la plus importante et de très très loin, depuis des lustres.
"Ils ne savent pas très bien s'en servir" Tu as l'air d'en savoir plus sur leur propre management de leur l'armée, mieux qu'eux même, sans même avoir mis les pieds dans une quelconque organisation US relative à l'armée, je dois dire que je suis impressionné.
6  1