Le blocus Huawei de Trump fléchit en Europe,
Qui ne veux pas prendre de retard dans le déploiement de la 5G

Le , par Stan Adkens

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Le rendez-vous du réseau 5G est imminent. Les pays se préparent à déployer cette nouvelle technologie ultra-rapide, tandis que Huawei, l’un des acteurs majeurs pour sa mise en œuvre est depuis lors sous le coup de sanctions américaines. En effet, les États-Unis ont fait valoir que Huawei représente un risque parce que ses équipements pourraient être utilisés par les autorités chinoises pour espionner les communications et perturber les réseaux de télécommunications. Cette position a conduit les principales entreprises de télécommunications sans fil aux États-Unis et les agences gouvernementales à éviter les produits de Huawei et de traiter avec les entreprises qui utilisent ces mêmes produits.

L’administration Trump ne s’est pas arrêtée là. Selon le Wall Street Journal, les États-Unis ont lancé, en novembre dernier, une « campagne extraordinaire de sensibilisation » de ses alliés afin de tenter de persuader les fournisseurs d'accès à Internet sans fil dans ces pays d'éviter les équipements de télécommunication provenant du chinois Huawei, évoquant des préoccupations de sécurité nationale. La Maison-Blanche a même envoyé des responsables du gouvernement dans les capitales européennes pour avertir que l'équipement de Huawei ouvrirait une porte dérobée aux espions chinois.


Cependant, si la stratégie américaine contre le géant chinois a marché chez certains alliés comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande, elle rencontre quelques difficultés en Europe où les États-Unis ont même menacé de mettre fin à l'échange de renseignements si l'Europe ignorait ses conseils. En effet, jusqu'à présent, aucun pays européen n'a interdit Huawei, selon un article de Bloomberg publié le mardi.

Moins d’un mois après l’appel des États-Unis à ses alliés de boycotter les équipements télécoms du chinois Huawei, l’Allemagne a exprimé son scepticisme concernant cette exhortation américaine, affirmant n'avoir trouvé aucune preuve que la société pourrait utiliser son équipement pour l’espionnage. Spiegel Arne Schoenbohm, chef de l'Office fédéral allemand de la sécurité de l'information (BSI) a déclaré que pour des décisions aussi sérieuses qu'une interdiction, il faut des preuves, ajoutant que son agence ne disposait pas de telles preuves. Il a fait également savoir que les experts du BSI avaient examiné les produits et composants Huawei du monde entier avant de se prononcer.

En février dernier, la Grande-Bretagne a emboité le pas à l’Allemagne en refusant de céder aux pressions des Etats-Unis pour bannir Huawei, en citant, elle aussi, l'absence d'élément de preuves d'espionnage. En effet, en parlant au nom de la Grande-Bretagne, Ciaran Martin, directeur du National Cyber Security Centre (NCSC), a affirmé qu’aucun élément de preuve susceptible de confirmer une quelconque activité malveillante de la part de l’entreprise technologique Huawei n’existe et qu’elle est en mesure de gérer les risques de sécurité liés à l’utilisation des équipements de télécommunications fournis par ladite entreprise.

Depuis l’année dernière, la Maison-Blanche a accentué ses pressions sur l’équipementier chinois. Si l’interdiction ne tient pas, Huawei est en lice pour des contrats de construction de réseaux téléphoniques 5G, la technologie sans fil ultra-rapide que les leaders européens espèrent pour alimenter la croissance d'une économie basée sur les données.

Selon Bloomberg, le chef espion du Royaume-Uni a déclaré qu'une interdiction de Huawei en Grande-Bretagne est peu probable, citant un manque d'alternatives viables pour améliorer les réseaux de télécommunications britanniques. Quant au gouvernement italien, il a refusé d’obéir aux conseils des États-Unis à un moment où le pays cherche à stimuler le commerce avec la Chine, selon Bloomberg. En Allemagne, qui vend des ondes 5G dans le cadre d'une vente aux enchères qui devrait rapporter jusqu'à 5 milliards d'euros (5,7 milliards de dollars), les autorités ont proposé des règles de sécurité plus strictes pour les réseaux de données plutôt que de faire blocage à Huawei. La France qui a examiné pendant longtemps l'idée de restrictions sur Huawei, a fini par opter pour le renforcement de ses règles de sécurité au lieu de bannir l’entreprise.

« Le déploiement de la 5G est l'un des projets technologiques les plus complexes et les plus coûteux jamais entrepris », a déclaré Paul Triolo, analyste chez Eurasia Group, une société de conseil en risques politiques. « Le défi pour l'Europe est de trouver un moyen de minimiser les risques de sécurité liés aux fournisseurs chinois, mais pas de retarder la 5G, qui est si importante pour la région. », a-t-il ajouté.

Lors d'une conférence qui s’est tenue mardi à Berlin, la chancelière allemande Angela Merkel s’est exprimée relativement aux conseils des Etats-Unis à ses alliés. « Il y a deux choses auxquelles je ne crois pas », a-t-elle déclaré. « D'abord, pour discuter publiquement de ces questions de sécurité très sensibles, et ensuite, pour exclure une société simplement parce qu'elle vient d'un certain pays. », a-t-elle ajouté.


Selon Bloomberg, ces gouvernements européens ont considéré ce qu’ont dit certaines compagnies de téléphone comme Vodafone Group Plc, Deutsche Telekom AG et Orange SA, qui ont averti que l’éviction de Huawei retarderait la mise en œuvre de la technologie 5G de plusieurs années et ajouterait des milliards d'euros en coûts. « Nous n'avons vu aucune preuve de portes dérobées dans le réseau », a déclaré Helen Lamprell, la meilleure avocate et lobbyiste en chef de Vodafone au Royaume-Uni, d’après le rapport de Bloomberg. « Si les Américains ont des preuves, qu'ils les mettent sur la table ».

Par ailleurs, lors d'une conférence de presse au Mobile World Congress à Barcelone en février dernier, le président de Vodafone, Nick Read, a déclaré qu'abandonner les équipements Huawei retarderait le déploiement de la 5G en Europe « de probablement deux ans ». Lors de l’événement, Huawei et Vodafone ont vanté leur partenariat commercial appuyé d’une démonstration 5G. La société britannique s'appuie sur les équipements de la société chinoise pour gérer bon nombre de ses réseaux, selon CNBC.

En février, les États-Unis ont envoyé des représentants à MWC Barcelona, le plus grand salon annuel de l'industrie, qui ont encore exhorté les dirigeants et les politiciens à éviter Huawei et ses pairs chinois. Et ce mois-ci, l'ambassadeur des États-Unis à Berlin a écrit une lettre au gouvernement allemand pour lui dire qu'il devrait laisser tomber Huawei ou risquer d'étouffer le partage des renseignements américains.

Huawei a commencé à réagir à la pression américaine. Le 18 février dernier, lors d’une interview accordée à BBC New, Ren Zhengfei, le fondateur de Huawei a déclaré qu’« Il n'y a aucun moyen pour que les Etats-Unis puissent nous écraser », a-t-il dit. « Le monde ne peut pas nous quitter parce que nous sommes plus avancés. Même s'ils persuadent d'autres pays de ne pas nous utiliser temporairement, on peut toujours réduire un peu les choses. », a-t-il ajouté. En début de mars, Huawei a intenté un procès contre le gouvernement américain qui alléguait que la société avait été injustement et incorrectement interdite comme une menace pour la sécurité.

Huawei pourrait toujours être sous le coup d’une probable interdiction en Europe

Toutefois, Huawei pourrait être toujours menacé par une probable interdiction. Selon Bloomberg, les tenants de la ligne dure au sein de la communauté du renseignement, en Allemagne, affirment que l'entreprise n'est pas digne de confiance, et les règles de sécurité actualisées que le gouvernement est en train de rédiger pourraient rendre plus difficile pour Huawei d’obtenir des contrats. Aussi, la plus grande compagnie de téléphone danoise, TDC A/S, a refusé de renouveler un contrat avec Huawei et a plutôt choisi Ericsson comme partenaire stratégique pour développer son réseau 5G, a rapporté Bloomberg. Selon Bloomberg, le géant chinois subirait des pressions partout en Europe pour qu’il permette un meilleur contrôle de sa technologie et augmenter les garanties que ses équipements ne sont pas accessibles aux espions chinois.

Cependant, Huawei rassure que les pays partenaires ne risquent rien en utilisant ses équipements. L’entreprise dit avoir « placé la cybersécurité et la protection de la vie privée des utilisateurs au premier rang de ses priorités », a déclaré un représentant de l'entreprise par courriel. La protection des réseaux relève de la responsabilité conjointe des fournisseurs, des entreprises de télécommunications et des organismes de réglementation, a-t-il ajouté.

Les signaux seraient même au vert en Europe pour la société chinoise. D’après Bloomberg, des entreprises ferroviaires nationales d'Allemagne et d'Autriche ont acheté les équipements de l'entreprise, et des opérateurs tels que Deutsche Telekom et Telefonica mènent des projets de test 5G avec ses produits.

Source : Bloomberg

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Pensez-vous que Huawei obtiendra des marchés de déploiement de la technologie 5G en Europe, malgré les menaces des USA ?
Selon vous, quelles seront les conséquences d’un retrait de Huawei de l’Europe ?

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Avatar de NBoulfroy
Membre actif https://www.developpez.com
Le 20/03/2019 à 17:38
C'est pas une belle alliance avec les USA ça que de menacer ces alliés de couper court aux échanges d'information si on ne dit pas "oui" à tout ce qu'ils disent ? Franchement ... Cela n'a pas suffit à ce pays de se faire choper pour des surveillances illégales et des fuites d'informations majeurs qui ont provoqué des précédents en plus de détériorer les relations avec ses "allié" qui ressemblent de plus en plus à des sous-fifres.

Parfois, je pense qu'il est justifié de se demander s'il ne faudrait pas miser sur un autre État disposant aussi d'une aura diplomatique importante (oui, je parle de la Russie et de la Chine, le but étant, comme je l'ai dit précédemment, d'avoir des rapports cordiaux sans forcément être les meilleurs amis du monde, histoire d'avoir un allié puissant à nos cotés pour ainsi dire et profiter de son aura diplomatique pour obtenir des accords privilégiés avec certains États proches de ces États).
Avatar de nox1492
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 20/03/2019 à 19:38
"manque d'alternatives viables" Ericsson et Nokia sont ils déjà enterrés ?
Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 21/03/2019 à 7:53
Citation Envoyé par Stan Adkens Voir le message
Pensez-vous que Huawei obtiendra des marchés de déploiement de la technologie 5G en Europe, malgré les menaces des USA ?
Chaque pays devrait décider. Comme ça on verrait lesquels sont soumis aux USA et lesquels sont libre.
C'est pas très sympa de la part des USA de faire ce chantage, juste parce qu'ils veulent vendre leur matériel réseau et pouvoir nous surveiller.

Je ne vois pas en quoi ça les regarde...
Les pays européen on le droit de ne pas utiliser de système étasuniens.
Avatar de NBoulfroy
Membre actif https://www.developpez.com
Le 21/03/2019 à 10:16
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Chaque pays devrait décider. Comme ça on verrait lesquels sont soumis aux USA et lesquels sont libre.
C'est pas très sympa de la part des USA de faire ce chantage, juste parce qu'ils veulent vendre leur matériel réseau et pouvoir nous surveiller.

Je ne vois pas en quoi ça les regarde...
Les pays européen on le droit de ne pas utiliser de système étasuniens.
Je pense qu'ils n'ont pas besoin de ça pour surveiller les États européens (on a eu une confirmation avec le scandale des écoutes illégales).

C'est cela qui les ennuie je pense, c'est qu'ils ne sont pas compétitifs pour un rond dans ce domaine et c'est la Chine qui a l'un des meilleurs constructeurs dans ce domaine.
Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 21/03/2019 à 11:49
Citation Envoyé par NBoulfroy Voir le message
Cela qui les ennuie je pense, c'est qu'ils ne sont pas compétitifs pour un rond dans ce domaine et c'est la Chine qui a l'un des meilleurs constructeurs dans ce domaine.
Ah ouais ?
Ça expliquerait donc pourquoi Trump disait "bougez-vous le cul et ne prenez pas du retard sur la futur norme 6G !".
En fait il voulait dire aux entreprises US qu'elles s'étaient fait distancer par les chinois.

La Chine dépasse les USA dans de plus en plus de domaines.
Bon après moi perso la 5G ne m'intéresse pas, je suis pas fan de l'internet sans fil, j'aime bien les câbles réseaux.
Cela dit j'ai utilisé mon smartphone comme modem USB une fois et j'ai été impressionné par le débit de la 4G qui était bien supérieur au débit de ma box ADSL (vivement la fibre optique).
Avatar de Christian Olivier
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Le 29/03/2019 à 6:12
L'équipement réseau de Huawei fait toujours courir des risques de sécurité « importants »
Selon le Royaume-Uni

En novembre 2010, le géant chinois des réseaux et des télécommunications Huawei a conclu un accord avec le gouvernement du Royaume-Uni afin de permettre des examens approfondis de la sécurité du matériel et des logiciels du géant chinois. Cette mesure visait à dissiper les craintes selon lesquelles la société poserait un risque de sécurité pour les réseaux du Royaume-Uni. Depuis lors, le Centre d’évaluation de la cybersécurité de Huawei (HCSEC) a donné aux responsables britanniques un aperçu des pratiques de l’entreprise en matière de sécurité de l’information.

Mais un rapport du gouvernement britannique publié en juillet de l’année dernière a révélé que des problèmes techniques affectant la chaîne d’approvisionnement des équipements du groupe chinois avaient exposé les réseaux de télécoms nationaux à de nouveaux risques de sécurité. Après plusieurs mois d’observation, un nouveau compte rendu suggère que les responsables britanniques ne sont toujours pas satisfaits des progrès réalisés par Huawei qui avait pourtant promis des investissements importants pour résoudre ces problèmes, notamment en décembre dernier avec une enveloppe de 2 milliards de dollars étalée sur cinq ans pour la cybersécurité afin de rassurer ses clients occidentaux.


Dans le rapport de 46 pages publié récemment, le Comité de surveillance du HCSEC, composé de représentants du Centre national de cybersécurité, du GCHQ et d’autres agences, ainsi que d’un haut responsable de Huawei, a averti que Huawei n’avait pas apporté les modifications promises depuis longtemps au niveau de son logiciel et de ses pratiques d’ingénierie, des modifications pourtant indispensables à l’amélioration de la sécurité.

« ;Les travaux de HCSEC ont continué à identifier les problèmes liés à l’approche de Huawei en matière de développement de logiciels, entraînant une augmentation significative des risques pour les opérateurs britanniques ;», ont noté les membres du Comité de surveillance. Ils estiment en outre qu’aucun progrès matériel n’a été accompli pour remédier à ces problèmes depuis leur constatation, précisant que des audits et des examens conduits par le HCSEC ont permis de mettre en évidence « ;d’autres problèmes techniques importants dans les pratiques d’ingénierie de Huawei ;».

Citation Envoyé par le Comité de surveillance du HCSEC
« ;À l’heure actuelle, le Comité de surveillance n’a encore rien vu qui puisse lui donner confiance dans la capacité de Huawei à mener à bien les éléments de son programme de transformation qu’il a proposé comme moyen de remédier à ces défauts sous-jacents. Le Comité exigera des preuves soutenues de l’amélioration de la qualité de l’ingénierie logicielle et de la cybersécurité, vérifiées par HCSEC et le NCSC. Dans l’ensemble, le Conseil de surveillance ne peut donner qu’une assurance limitée que tous les risques pour la sécurité nationale du Royaume-Uni découlant de la participation de Huawei aux réseaux critiques du Royaume-Uni peuvent être suffisamment atténués à long terme ;».
Ce rapport intervient alors que Huawei est sur le point de jouer un rôle majeur dans le déploiement des communications sans fil 5G au Royaume-Uni, malgré l’insistance du gouvernement américain qui milite pour le bannissement des équipements réseau du chinois par qu’ils constitueraient d’après lui une menace pour la sécurité. L’administration Trump veut persuader ses alliés qu’en raison des forts soupçons de collusion existant entre Huawei et le gouvernement et l’armée de Chine, les logiciels et le matériel de la société pourraient être utilisés par Pekin pour le cyberespionnage ou le sabotage.


La Grande-Bretagne a malgré tout refusé de céder aux pressions US pour bannir Huawei, affirmant qu’aucun élément de preuve susceptible de confirmer une quelconque activité malveillante de la part de l’entreprise technologique Huawei n’existe et qu’elle est en mesure de gérer les risques de sécurité liés à l’utilisation des équipements de télécommunications fournis par ladite entreprise. Les problèmes mis au jour par le HCSEC suggèrent que la plus grande menace vis-à-vis de Huawei est que l’équipement fourni par cette entreprise pourrait être piraté par à peu près tout le monde qui s’en donnerait la peine. Et à cause de la manière dont le géant chinois gère son développement logiciel, il est impossible d’accorder une certification générale pour la sécurité de n’importe quel produit.

Un problème majeur cité par le rapport est qu’une grande partie de l’équipement réseau de Huawei repose toujours sur la version 5.5 du système d’exploitation en temps réel (RTOS) VxWorks de Wind River, qui est arrivée en « ;fin de vie ;» et ne sera bientôt plus prise en charge. Huawei a acheté une licence premium pour le support à long terme de VxWorks qui expire en 2020. Cela pourrait mettre en péril le matériel installé par les entreprises de télécommunications.

Même si Huawei développait son propre RTOS pour éventuellement remplacer VxWorks, la sécurité de ce système d’exploitation suscite des inquiétudes, car le processus de développement logiciel de Huawei n’était pas vraiment fiable. HCSEC a indiqué que le processus de conception de logiciel utilisé par l’entreprise donnait lieu à des incohérences entre les images logicielles. En d’autres termes, les produits sont livrés avec des logiciels dont les empreintes digitales varient considérablement. Il est donc impossible de déterminer si le code est le même sur la base de sommes de contrôle. En outre, le RTOS interne de Huawei est basé sur le noyau Linux, et son intégration au code Huawei existant n’est pas claire.

Malgré les efforts déployés par le Royaume-Uni pour amener Huawei à améliorer ses processus de gestion de la configuration depuis 2010, le géant chinois a appliqué la gestion de la configuration de manière incohérente d’un produit à l’autre. Par exemple, lors d’une visite sur le terrain au centre de développement de Huawei à Shanghai, le Comité de surveillance s’est rendu compte qu’un « ;nombre ingérable ;» de versions de la bibliothèque OpenSSL pouvait être utilisé dans des produits, y compris certains avec des vulnérabilités connues. « ;La conclusion rapportée au Conseil de surveillance est que le processus d’ingénierie de base de Huawei ne gère pas correctement l’utilisation des composants ni les problèmes de maintien du cycle de vie, laissant les produits impossibles à prendre en charge en général ;», indique le rapport.

En conséquence, le Comité conclut qu’il est « ;difficile d’être certain que différents déploiements d’équipements Huawei similaires sont globalement sécurisés ;». L’absence de versions logicielles cohérentes signifie qu’il est difficile (au mieux) de déterminer si un bogue trouvé dans une version du logiciel a été entièrement corrigé dans une autre version.

Citation Envoyé par un porte-parole de Huawei
« ;Les problèmes identifiés dans le rapport OB (comité de surveillance) apportent une contribution essentielle à la transformation en cours de nos capacités d’ingénierie logicielle ;».
Source : CNBC, Rapport du HCSEC (PDF)

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Avatar de Stan Adkens
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 07/04/2019 à 13:02
Technologie 5G : la France dégaine la « loi Huawei »
Ou plutôt une « réponse technique et technologique à un problème technique et technologique »

Le monde s’apprête à un grand déballage technologique 5G, l’Europe y comprise. La recherche et développement dans le cadre de cette nouvelle norme de téléphonie mobile est avancée et le processus de déploiement est imminent. Toutefois, l’inquiétude liée aux risques potentiels de sécurité que pourraient poser les équipements de certains constructeurs, en l’occurrence le géant Huawei, pourrait retarder le déploiement de la 5G en Europe. Et la campagne de sensibilisation des Etats-Unis lancée en novembre dernier, pour tenter de persuader les fournisseurs d'accès à Internet sans fil des pays alliés d'éviter les équipements de télécommunication provenant de Huawei, évoquant des préoccupations de sécurité nationale, n’arrange pas la situation.

Néanmoins, certains pays ont déjà commencé le processus d’octroi de la 5G, sans avoir banni l’équipementier Huawei. C’est le cas de l’Allemagne qui a lancé, le mardi 19 mars dernier, une vente aux enchères de plusieurs semaines pour les fréquences 5G qui devrait rapporter jusqu'à 5 milliards d'euros (5,7 milliards de dollars), après avoir proposé des règles de sécurité plus strictes pour les réseaux de données plutôt que de faire blocage à Huawei.

La France n’a plus de temps à perdre, le lancement des appels d’offres pour attribuer les fréquences 5G aux opérateurs étant prévu pour l'automne prochain. Elle a donc intérêt à fixer au plus vite les règles qui vont orienter ce processus afin de limiter les risques. C’est ainsi qu’un nouveau texte de loi a été initié à l’Assemblé nationale le mercredi dernier. Le contexte a été rappelé par le rapporteur de la loi, le député LaREM, Eric Bothorel, qui a expliqué qu’avec les nouveaux usages très étendus que promet cette nouvelle technologie ultra-rapide dans les domaines de mobilité, e-santé, industrie, robotique, et bien d’autres domaines, « notre niveau d’exposition aux risques devient un peu plus important. Il faut donc faire évoluer le périmètre pour s’assurer que les usages puissent se dérouler dans de bonnes conditions. », a-t-il dit.


Les opérateurs télécom doivent s’attendre à avoir l’autorisation des autorités avant de choisir les équipements dans le cadre du déploiement de la 5G. Selon un article de RFI publié le mercredi, en fonction de plusieurs critères, le Premier ministre sera l’autorité habilitée à autoriser les équipements qui ne constitueront pas un risque pour la défense ou la sécurité nationale.

Les risques liés aux équipements de la 5G que redoutent les pays, y compris la France, ne devraient pas être seulement d’ordre de la sécurité nationale et de l’origine de l’équipementier comme évoqué dans les arguments de campagne des Etats-Unis, mais également de niveau logiciel et des pratiques d’ingénierie du géant chinois Huawei. En effet, le rapport Huawei Cyber Security Evaluation Centre (HCSEC) Oversight Board 2019 publié en mars par le Comité de surveillance du HCSEC, a averti que Huawei n’avait pas apporté les modifications promises depuis longtemps au niveau de son logiciel et de ses pratiques d’ingénierie, des modifications pourtant indispensables à l’amélioration de la sécurité.

En effet, un précédent rapport du gouvernement britannique publié en juillet 2018 avait révélé que des problèmes techniques, affectant la chaîne d’approvisionnement des équipements du groupe chinois et qui avaient exposé les réseaux de télécoms nationaux à de nouveaux risques de sécurité, existaient. Depuis lors Huawei avait promis des investissements importants pour résoudre ces problèmes de cybersécurité afin de rassurer ses clients occidentaux. Toutefois, les responsables britanniques ne sont toujours pas satisfaits, selon le rapport 2019.

« ;Les travaux de HCSEC ont continué à identifier les problèmes liés à l’approche de Huawei en matière de développement de logiciels, entraînant une augmentation significative des risques pour les opérateurs britanniques ;», ont noté les membres du Comité de surveillance. Ils estiment en outre qu’aucun progrès matériel n’a été accompli pour remédier à ces problèmes depuis leur constatation précédente, au contraire, des audits et examens ont mis en évidence « d’autres problèmes techniques importants dans les pratiques d’ingénierie de Huawei ;».

Cette nouvelle loi de la France était attendue par les opérateurs pressés de comprendre la situation afin de faire le choix de partenariat dans leur future mise en œuvre de la technologie 5G. Selon RFI, Philippe Lucas, vice-président d’Orange, chargé de la standardisation et du développement des écosystèmes, « souhaite avant tout que la situation se clarifie. Ensuite, on verra si chacun des industriels répond aux besoins ou aux cahiers des charges qui seront fixés par le régulateur. On est au début d’un nouveau processus. On encourage nos partenaires opérateurs européens à contribuer à ces cadres de sécurité. D’où l’importance aussi d’avoir une saine concurrence sur les équipementiers au niveau infrastructures pour que nos clients puissent en bénéficier à des coûts raisonnables ».

En effet, en ce début d’un nouveau processus décisif pour les opérateurs télécom, ils s’attendent à signer avec des partenaires qui couvent leurs besoins de déploiement technologique, mais également, ils s’attendent à ce que plusieurs équipementiers soient dans la course, ce qui pourrait réduire les tarifs pour le bonheur des clients. Pour l’instant, le suédois Ericsson et le finlandais Nokia sont en lice en Europe. Quant à Huawei, s’il n’est pas banni par la pression américaine sur ses alliés européens, son entrée en liste est encore soumise à certaines conditions contenues dans des règles plus strictes que les pays européens sont en train de mettre en œuvre.

La France, en train d’adopter une « réponse technique et technologique à un problème technique et technologique. »

Certains partenaires des Etats-Unis, comme le Japon, l’Australie, et la Nouvelle-Zélande, ont déjà cédé à la pression américaine et ont déjà écarté le géant chinois de la 5G. Huawei n’est encore banni par aucun pays européen. La Commission européenne a, par ailleurs, déjà lancé un plan pour sécuriser la 5G qui ne mentionne pas Huawei. C’est également le cas dans la loi, apparemment imperméable à toutes les pressions, en cours d’élaboration à l’Assemblée nationale française, selon RFI.

« La meilleure façon d’y répondre, ce n’est pas de désigner un acteur parce qu’il aurait telle ou telle nationalité. Sans être ni naïf ni paranoïaque, il faut conduire une proposition de loi qui est de nature à rassembler tous les éléments qui permettent de sécuriser les réseaux, et qui s’appliquent à tous. C’est la meilleure façon de ne pas succomber à des logiques géopolitiques. », a déclaré le député Bothorel. Le rapporteur de la loi a également réfuté l’appellation « loi Huawei » que la presse française a adoptée, et parle plutôt d’une « réponse technique et technologique à un problème technique et technologique. »

Quelle que soit la position des uns et des autres, ceux qui l’ont déjà banni ou pas encore, Huawei demeure un acteur majeur dans le cadre du futur déploiement de la technologie 5G. N’eût été la pression constante des Etats-Unis en Europe, Huawei serait le partenaire naturel dans plusieurs pays européens. Le groupe chinois semble même avoir pris plusieurs longueurs d’avance dans le domaine de recherche, selon RFI. Il a, par ailleurs depuis un certain temps, commencé à se défendre face à la pression américaine et à multiplier les initiatives pour rassurer les pays européens, y compris la France. C’est dans ce contexte que la France s’engage dans le processus de la 5G sans avoir banni Huawei, après une visite européenne du président chinois Xi Jinping.

Dans le contexte de ces efforts continus de Huawei, permettre aux industriels européens de lutter à armes égales serait une piste pour éviter de dépendre de la technologie chinoise, d’après RFI. Plusieurs utilisateurs d’un site web communautaire d’actualités sociales seraient même prêts à croire en la qualité de la technologie Huawei à l’exception du niveau logiciel de la firme qu’ils jugent est en retard.

Source : RFI

Et vous ?

Que pensez-vous de cette nouvelle loi française en cours d’élaboration ?
Pensez-vous que son contenu pourraient priver Huawei des partenariats français ?
Pensez-vous que ces règlements qui sont en train d’être adoptés par les pays européens pourront écarter tous les risques liées au matériels ?

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Avatar de CoderInTheDark
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 09/04/2019 à 7:28
Ce texte peut s'appliquer aussi aux autres équipementiers américains et européens.
Il en aurait fallu un quand la NSA installait des back doors sur les équipements CISCO
Il me semble équilibré, d'un côté on ne cède pas aux USA et met en garde les chinois.
Avatar de domi65
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 10/04/2019 à 11:58
Toutefois, les responsables britanniques ne sont toujours pas satisfaits
Oui, on voit à la chambre des députés, en ce moment, que c'est bien difficile de rendre les responsables britanniques satisfaits ;-)
Avatar de Christian Olivier
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 16/04/2019 à 17:25
Après l’Allemagne et le Royaume-Uni, la Belgique blanchit Huawei
Nouveau coup dur pour la campagne de diabolisation des États-Unis ?

Alors que l’entreprise chinoise Huawei est sur le point de jouer un rôle majeur dans le déploiement de la 5G à l’échelle planétaire, l’administration Trump s’est engagée dans une campagne de boycott de grande ampleur pour imposer le bannissement des équipements réseau du chinois. Les États-Unis veulent persuader leurs alliés de l’UE et des Big Five qu’en raison des forts soupçons de collusion qui existeraient entre Huawei et le gouvernement et l’armée de Chine, les logiciels et le matériel de cette société pourraient être utilisés par Pékin à des fins de cyberespionnage ou de sabotage.


La Belgique vient par la voix du Centre pour la Cybersécurité Belgique (ou CCB) de clarifier sa position sur le dossier Huawei. Katrien Eggers, la porte-parole de cette agence en charge de la politique belge en matière de cybersécurité, a déclaré à ce sujet : « à ce jour, nous n’avons pas de preuve suffisante pour établir qu’une menace émane de Huawei. Nous avons mené une longue enquête qui nous a permis d’arriver à cette conclusion finale ».

Comme l’Allemagne et le Royaume-Uni avant elle, la Belgique démontre avec cette annonce qu’à ce jour, il n’existe aucune preuve tangible faisant état d’actes d’espionnage ou de sabotage de la part du géant chinois des télécommunications. La campagne de diabolisation intensive menée par les États-Unis depuis plusieurs mois ne serait-elle donc motivée que par la simple volonté de calomnier ou de se débarrasser d’un concurrent gênant qui monte en puissance ?

L’arrivée des premiers réseaux 5G est imminente et les pays de l’Union européenne se préparent à déployer cette nouvelle technologie ultra-rapide. Mais comme l’a souligné le DG du géant Vodafone, abandonner les équipements Huawei retarderait le déploiement de la 5G sur le Vieux Continent « de probablement deux ans ».


Du côté de la France, les décideurs suggèrent d’adopter une « réponse technique et technologique à un problème technique et technologique ». Le DG de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), Guillaume Poupard, a indiqué à ce propos que « la priorité est avant tout de protéger l’ensemble des réseaux critiques. La 5G va être un système gigantesque et potentiellement à risque. Il ne faut pas se focaliser sur un seul équipementier, ce serait une erreur ». Le lancement des appels d’offres pour attribuer les fréquences 5G aux opérateurs étant prévu pour l’automne prochain, un nouveau texte de loi a été récemment introduit à l’Assemblée nationale. Cette nouvelle loi de la France était attendue par les opérateurs pressés de comprendre la situation afin de faire le choix de partenariat dans leur future mise en œuvre de la technologie 5G.

Source : Standaard

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