Si Linux a de la peine à s'imposer sur le desktop c'est à cause de la fragmentation de l'écosystème
D'après Linus Torvalds

Le , par Patrick Ruiz

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Linux pointe à la 3e place du classement NetMarketShare (variations de décembre 2017 à novembre 2018) des OS de bureau avec 2,03 % des parts de marché, ce, derrière Windows qui mobilise 87,92 % et Mac OS avec ses 9,46 %. Le système d’exploitation open source créé par l’informaticien finlandais Linus Torvalds a frôlé la barre des 5 % en septembre 2017, mais c’était par erreur ; à la réalité, il a rarement dépassé les 3 %. Dans la filière desktop, c’est l’OS de la firme de Redmond qui continue de faire la loi.

Au sens strict, Linux c’est son noyau, c’est-à-dire cette partie de l’OS qui gère les ressources de l’ordinateur et sert de pont de communication entre les différents composants (matériels et logiciels) ; c’est la partie invisible du système d’exploitation. Au sens large, parler de Linux c’est faire référence à tout système d’exploitation qui s’appuie sur ledit noyau ; c’est l’un des aspects qui fait la particularité de cet OS puisque l’utilisateur peut piquer parmi 319 déclinaisons ou distributions si l’on s’en tient à la liste des LiveCD. Pour monsieur Tout-le-Monde la panoplie de choix est déroutante. Linus lui-même avoue que c’est la raison pour laquelle le système d’exploitation peine à s’imposer dans la filière desktop.

Citation Envoyé par Linus Torvalds
Je souhaite que nous [la communauté] fassions plus d’efforts dans le sens d’aller vers une offre de bureau standardisée, qui tournera sur toutes les variantes du système d’exploitation. Je suis personnellement très embêté de voir à quel point ce degré de fragmentation a freiné Linux sur le desktop.
En 2013, Miguel Icaza – l’un des pionniers de l’écosystème Linux avec ses travaux sur le bureau GNOME – s’est appuyé sur un argumentaire similaire pour justifier l’abandon de Linux au profit de Mac. « Pour moi, la fragmentation de Linux en tant que plateforme, la multiplicité de distributions incompatibles et les incompatibilités entre versions de la même distribution font que Linux est comparable à la catastrophe de Chernobyl sur le desktop », avait-il lancé.

Lors d’une conférence Google I/O qui s’est tenue à mi-parcours de cette année, la firme de Mountain View a annoncé qu’elle travaille à la prise en charge native d’applications Linux sur Chrome OS – son système d’exploitation pour les Chromebooks. Avec la sortie de la version 69 de cet OS, l’entreprise a atteint le bout du tunnel et donne aux utilisateurs la possibilité de lancer des programmes Linux en plus de ceux disponibles sur Android ou sur le cloud. Jusque là, il fallait faire usage de l’extension Crouton pour le navigateur Chrome pour exécuter une application Linux sur le système d’exploitation de la firme de Mountain View.

D’après Linus Torvalds, Chrome OS pourrait bien être la « voie de Linux vers le desktop », mais la projection du créateur de Linux semble relever de l’utopie quand on sait que Chrome OS n’en est qu’à 0,31 % de parts sur ce marché.


Et vous ?

Que pensez-vous de la remarque de Linus Torvalds ?

Le succès de Linux sur le desktop peut-il passer par Google et Chrome OS ?

Linux a-t-il vocation à être un système d’exploitation grand public ? Si oui, quelles sont les distributions qui ont les meilleures notes de la classe ?

Voir aussi :

« Linux a échoué sur le Desktop » pour le créateur de GNOME, un avis tranché qui divise la communauté open source

« Linux sur Desktop est une catastrophe de Tchernobyl » pour le créateur de GNOME qui n'a pas lancé son poste Linux depuis fin 2012

Le support des applications Linux débarque en préversion sur Chrome OS dans un premier temps sur Pixelbook

« L'année de l'ordinateur de bureau Linux est arrivée » selon le Directeur de la Technologie d'Intel

2017 est officiellement l'année de Linux desktop selon un utilisateur de macOS : le patron de la Fondation Linux, quel message aux fans de Linux ?

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Avatar de chrtophe
Responsable Systèmes https://www.developpez.com
Le 11/12/2018 à 8:26
C'est plutôt lié à la résistance au changement.

Essayez de proposer LibreOffice à la place de Word, ou Thunderbird à la place de Outlook. Alors que des utilisateurs ayant le logiciel à leur arrivée ne diront rien.
Après je peux comprendre des utilisateurs confrontés à une nouvelle interface du jour au lendemain pour aucun bénéfice particulier (le nouveau produit faisant la même chose, sans apporter de fonctionnalités en plus).

Il n'est pas plus difficile de passer de word 2003 à word 2010 ou plus (remplacement du menu par le système d'onglet) que de passer de word 2003 à LibreOffice.

Quant à l'interface de l'OS. L'interaction essentielle consiste à cliquer sur l’icône de l'application dans le dock/la barre des tâches, et ensuite à l'utilisation de l'explorateur de fichiers, et son équivalent sous Linux.

Pour les volumes comme un clé USB, c'est comme sous Windows, ça monte tout seul. Et comme la clé monte directement sur le bureau, c'est même plus simple sous Linux.

Après il y a des distributions plus complexes que d'autres, tout comme il est plus compliqué d'utiliser Windows 2016 Server que Windows 10.

Je n'utilise que des bases Debian depuis un moment, donc si je passe sur des bases Redhat, je vais un peut-être dérouté pour l’administration des paquets par exemple. Par contre je retrouverais le même environnement graphique : Kde ou Gnome, ou autres. Il me suffit d’installer le système en choisissant les bonnes options, ou de prendre la distro intégrant l'environnement graphique de mon choix. Mais ça c'est facile à dire quand on s'y connait. Mais à chaque MàJ Windows 10, je me retrouve à devoir chercher tel ou tel réglage, l'accès à celui-ci ayant changé.

Dans le cas évoqué dans l'actu, Android est une base Linux qui ne permet pas d'utiliser des applis Linux. Mais ce n'est pas non plus le but d'Android.

Windows permet d'avoir le même OS sur ordi, tablette, téléphone (du moins théoriquement). Linux pourrait être également utilisé sur un téléphone et/ou une tablette exemple : le projet Librem.
Apple a également orienté Mac OS X pour converger vers IOS, de plus en plus d"applications IOS se retrouvent dans Mac OS X. Il permet par exemple le copier-coller entre un mac et un iphone/ipad.

Si les utilisateurs étaient habitués dès l'école au moins à une distro facile d'accès comme Ubuntu, il y aurait beaucoup moins de problèmes. D'autre part, aucun ordi n'est vendu avec Linux préinstallé (ou quasi aucun).
Avatar de Markand
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 11/12/2018 à 10:09
Comment voulez vous passer des gens lambda sur Linux ?

Ma maman utilise son PC principalement pour lire des mails, voir des photos, youtube et imprimer des papiers. Elle pourrait très bien faire ça sous Linux mais n'a pas envie de changer car pas envie de ré-apprendre. C'est frustrant car je sais que ça suffirait. Malheureusement beaucoup de personnes sont comme ça.

La fragmentation est une chose, j'ai beaucoup jonglé entre les différentes distributions depuis 15 ans mais ça fait quand même 10 ans que je n'ai plus aucun dual boot ni de Windows chez moi. Mais je suis libriste et développeur, donc ça change tout.

Quoi qu'il en soit, avec l'arrivée de flatpak il est probable qu'un jour on ait - malheureusement - un GNU/Linux OS XP Professionnal Ultimate Premium. En effet, les distributions avait surtout comme but de fournir un certain nombre de paquets principalement pour des buts différents (stable, bleeding edge, personnalisables). Et avec flatpak ça risque de changer la donne puisque les paquets des distributions vont se limiter au système de base.
Avatar de captaindidou
Inactif https://www.developpez.com
Le 11/12/2018 à 10:15
Un marché, ça se fige avec le temps.
Les clients se fidélisent parce qu'ils prennent confiance avec le produit.
Il y a assez d'inprévus, de pertes de temps pour en rajouter une couche en changeant de système.

Ce qui est vrai pour l'usage d'un OS est vrai pour tout ou presque. On se méfie de tout de ce dont on n'est pas familier.

Même si Linux s'utilise comme Windows, le support ne suit pas. Il faut se mettre à la place de l'utilisateur lambda. Vers qui peut-il se tourner s'il a un problème avec son Linux ? En plus, l'intervention va dépendre de sa distribution.

In fine, je crois que c'est exact que la dispersion des distro peut être vu comme un frein. Mais ceci dit, rien n'empêche une distro particulière, Debian par exemple, de s'imposer puisqu'aucune distro Linux ne s'est encore imposée. Par conséquent, l'absence d'écosystème standard pour Linux n'est pas la cause puisqu'il suffit qu'une distro s'impose de fait, comme standard.

Selon moi, la cause est plutôt commerciale : contrairement à Windows qui s'est imposé grâce à ses partenariats commerciaux avec les constructeurs d'ordinateurs (historiquement avec IBM), aucune distro Linux n'a développé de tels partenariats pour tenter de se faire une place. Le terrain est favorable puisque de plus en plus de logiciels familiaux sont disponibles sur Linux. Ceci dit, ce qui faisait l'une des forces de Linux par rapport à Windows était sa robustesse. A présent le MTBF de Windows 10 doit être similaire à celui de Linux si j'en crois mon expérience utilisateur qui ne l'a jamais vu planter depuis 3 ans. Reste au moins son avantage dans le domaine de la sécurité.

Selon moi, on devrait attaquer le marché des geeks tels que les gamers. On dispose déjà d'une distribution SteamOS basé sur Debian. Les gamers sont un public jeune naturellement ouverts à la nouveauté et la dissidence.

Hélas, les performances de Steam OS ne semblent pas être au niveau de Windows si j'en crois l'étude faite par Canard PC Hardware, « SteamOS ou en est-on? », Canard PC Hardware, vol. 28,‎ avril-mai 2016.

Deux ans plus tard, qu'en est-il ?
Avatar de micka132
Membre expert https://www.developpez.com
Le 11/12/2018 à 10:32
Citation Envoyé par captaindidou Voir le message
Hélas, les performances de Steam OS ne semblent pas être au niveau de Windows si j'en crois l'étude faite par Canard PC Hardware, « SteamOS ou en est-on? », Canard PC Hardware, vol. 28,‎ avril-mai 2016.

Deux ans plus tard, qu'en est-il ?
Il faut surtout considérer que ceux qui l'utilisent actuellement sont déjà des linuxiens qui vont facilement pardonner les bugs pour voir leurs fanstasmes se réaliser. Comme le dit Icaza " incompatibles et les incompatibilités entre versions" s'applique encore plus aux jeux vidéos. A titre perso j'ai eu beaucoup plus de soucis technique sur Linux (excepté sur des versions que je ne mets JAMAIS à jour) que sur Windows. J'avoue etre une bille en linux, mais une bille infiniment plus compétente que l'utilisateur lambda (et meme que certains fanboy Linux qui n'ont jamais su me démerder). Comment c'est censé se passer pour le grand public?
Avatar de emilie77
Membre actif https://www.developpez.com
Le 11/12/2018 à 10:45
Ma mère utilise Linux Mint depuis presque 5 ans, et pour fb, youtube, les payments bancaires, une lettre... ca va super bien.
Avec le nouvel netbook il y avait win10 preinstallé et elle m'a fait remettre Mint!
Avatar de alexetgus
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 11/12/2018 à 11:37
C'est vrai que pour le commun des mortels, Linux n'est vraiment pas la solution.
Soit les gens ne connaissent pas, soit ils sont convaincus que c'est "un truc de geek" qui fait plus peur qu'autre chose.
Même les états se débinent au profit de Windows...

Et c'est pas la multitude des distribs disponibles qui vont changer quelques-chose à cette situation.
Avatar de bcag2
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 11/12/2018 à 11:39
Citation Envoyé par captaindidou
Ce qui est vrai pour l'usage d'un OS est vrai pour tout ou presque. On se méfie de tout de ce dont on n'est pas familier
Très vrai!

Citation Envoyé par captaindidou
Même si Linux s'utilise comme Windows, le support ne suit pas. Il faut se mettre à la place de l'utilisateur lambda. Vers qui peut-il se tourner s'il a un problème avec son Linux ?
Si on considère l'entourage proche, sans doute, mais il y a ce qu'il faut sur le web. Avez-vous souvent appelé M$ pour du support?

Citation Envoyé par captaindidou
Selon moi, la cause est plutôt commerciale : contrairement à Windows qui s'est imposé grâce à ses partenariats commerciaux avec les constructeurs d'ordinateurs (historiquement avec IBM), aucune distro Linux n'a développé de tels partenariats pour tenter de se faire une place. Le terrain est favorable puisque de plus en plus de logiciels familiaux sont disponibles sur Linux.
Si les vendeurs principaux se mettent à proposer les même machines avec GNU/Linux, enfin soit les même machines avec ~100€ de moins (coût licences M$…) ou une machine un peu mieux équipée au même prix, les gens y réfléchiraient à deux fois !

Mais le verrou privateur est là… même si un revendeur pouvait s'y retrouver, il subirait rapidement des mesures de rétorsion! Même chose pour les journalistes… s'ils parlent de linux… plus d'échantillons ou infos sur les futurs nouveautés!

C'est comme pour beaucoup de chose, le savoir, l'éducation est primordial… "linux, c'est que pour le geeks", oui-oui "la terre est plate" *

* Évidemment, GNU/Linux est pour tout le monde… et la terre est ronde, … l’obscurantisme n'est pas mort !
Avatar de spyserver
Membre averti https://www.developpez.com
Le 11/12/2018 à 11:47
C'est surtout que le Linux c'est un peu le dernier arrivé face aux 2 mastodontes Windows et Mac OS, Linux a toujours été plus orienté techos que les 2 autres OS qui s'ouvrent davantage au grand public grâce à des interfaces éprouvées, Linux à toujours été développé de manière fragmenté avec des moutures sans interfaces, d'autres uniquement avec l'accent sur les interfaces etc. une vrai jungle au final, les utilisateurs lambda ont pas le temps, ça doit tout faire et bien, Windows et Mac OS remplisse parfaitement toutes les cases, difficile de s'imposer dans ces conditions donc ...
Avatar de Ehma
Membre actif https://www.developpez.com
Le 11/12/2018 à 11:58
Essayez de proposer LibreOffice à la place de Word, ou Thunderbird à la place de Outlook. Alors que des utilisateurs ayant le logiciel à leur arrivée ne diront rien.
Après je peux comprendre des utilisateurs confrontés à une nouvelle interface du jour au lendemain pour aucun bénéfice particulier (le nouveau produit faisant la même chose, sans apporter de fonctionnalités en plus).

Il n'est pas plus difficile de passer de word 2003 à word 2010 ou plus (remplacement du menu par le système d'onglet) que de passer de word 2003 à LibreOffice
Je suis tout à fait d'accord, mais pas que...

Nous avons tenté inexpérience chez nous et ce fur l'échec car l'outil était un peu différent. On pensait profiter du passage de 2003 à 2010 et ça n'a pas marché. Les "layout" ne passaient pas tout comme les macros Excel.

De mon côté, j'ai abandonné le Desktop Linux parce que l'offre logiciel ne répondait pas à mes besoins. Mais aussi, j'ai souvent rencontré des problèmes de compatibilité de librairies avec les divers produits que je gère.

C'est dommage d'avoir loupé le coche, car au passage à Vista, il y avait réellement une opportunité.

Peut-être un jour... Qui sait.
Avatar de tankd03
Futur Membre du Club https://www.developpez.com
Le 11/12/2018 à 12:01
La force de linux est aussi sa plus grande faiblesse.
Plusieurs bureaux, autant de déclinaisons par distribution.

On a l’embarras du choix, mais au final, c'est la jungle.
Imaginons un monde ou tous ces développeurs travaillent ensemble sur l'interface parfaite. On attendait un niveau de qualité.
Imaginons un mode avec une seule distribution linux, on aurai une force commercial capable de s’implanter chez les constructeurs.

Imaginons qu'on ai un seul kernel .......... Mais on a un seul kernel :-)
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