Wikipédia Italie ferme son service pour dénoncer la réforme sur le droit d'auteur en Europe
Dont l'adoption pourrait être accélérée le 5 juillet

Le , par Michael Guilloux, Chroniqueur Actualités
Alors qu'il ne reste que deux jours avant le vote crucial du 5 juillet du Parlement européen sur la directive sur le droit d'auteur, la communauté italienne de Wikipédia a décidé de prendre une mesure plus radicale pour dénoncer cette réforme. La version italienne de l'encyclopédie libre a décidé de masquer toutes ses pages. Cela signifie qu'il n'est actuellement pas possible d'accéder au contenu de la plateforme. Tous les visiteurs verront plutôt un bandeau qui les invite à contacter leurs représentants au Parlement, pour éviter le pire tant que cela est encore possible.


Comme les autres plateformes d'hébergement de contenu en ligne, Wikipédia n'est pas à l'abri de cette réforme qui les oblige à mettre en place un système de filtrage automatique pour éviter toute violation de droit d'auteur. Il s'agit donc d'une question de survie pour Wikipédia.

« Si cette directive est promulguée, elle limitera considérablement la liberté d'Internet. Plutôt que de mettre à jour les lois sur le droit d'auteur en Europe et de promouvoir ainsi la participation de tous dans la société de l'information, cette directive menace la liberté des internautes et instaure des barrières à l'accès au Net en imposant de nouveaux obstacles, de nouveaux filtres et des restrictions », peut-on lire dans le message qui s'affiche sur Wikipédia Italie depuis ce matin. « Si la proposition est approuvée, il sera peut-être impossible de partager un article de journal sur les réseaux sociaux ou de le trouver sur un moteur de recherche. Wikipédia elle-même risquerait de fermer », est-il ajouté. L'organisation demande donc à tous les membres du Parlement européen de rejeter le texte actuel de la directive et d'ouvrir à nouveau la discussion, en tenant compte de ses nombreuses propositions en commençant par l'abolition des articles 11 et 13.

Le 29 juin, le Conseil d’administration de la Wikimedia Foundation qui exploite Wikipédia avait déjà exprimé son opposition à la future loi européenne : « La Wikimedia Foundation et ses projets existent en vue d’exploiter les capacités d’un Internet libre et ouvert, pour rendre les connaissances accessibles à tous. Notre mission de créer un monde dans lequel chacun peut partager l’ensemble des connaissances de l’humanité nécessite que tous puissent librement collaborer pour créer, et accéder à la connaissance sur Internet. Cette proposition de loi erronée sur le droit d’auteur de l’UE est contraire à notre vision », avait-elle dit. Et récemment, la fondation (à travers ses branches en France, en Italie, au Royaume, en Suède et en Estonie) figurait encore parmi les 146 signataires d'une lettre ouverte pour dénoncer la réforme de l'Union européenne. Cette dernière protestation vient s'ajouter à de nombreuses autres, y compris la mobilisation d'un groupe de plus de 70 sommités de l'Internet et de l'informatique.

Si toutes les versions de Wikipédia en Europe faisaient la même chose, cela pourrait significativement augmenter la visibilité de la campagne contre la directive européenne. C'est important d'autant plus ce projet de l'UE - dont les effets seront visibles par tous les internautes européens - est loin de faire la Une des médias en Europe, en dehors du monde de l'informatique. L'action menée par la communauté italienne est toutefois unilatérale, ce que semble regretter Rémi Mathis, conservateur à la Bibliothèque nationale de France et ancien président de Wikimédia France. « Wikipedia en italien est fermée pour souligner les risques pour la culture et le partage de la connaissance de la directive européenne "copyright". La communauté wikipédienne française est, elle, traditionnellement opposée à toute prise de position (même au risque de sa mort) », a-t-il dit dans un message sur Twitter.

Vu l'évolution des choses, on peut également se demander pourquoi les géants de l'Internet comme Facebook, Twitter et Google gardent un tel silence, alors qu'ils sont directement ciblés. Un simple bandeau sur les domaines européens du moteur de recherche de Google, par exemple, pourrait pourtant avoir plus d'effet que les campagnes actuelles.

Sources : Wikipédia Italie, Déclaration du Conseil d'administration de la Wikimedia Foundation, Rémi Mathis

Et vous ?

Que pensez-vous de l'action apparemment isolée de Wikipédia Italie ?
Pourquoi les géants du Net comme Google, Facebook et Twitter ne s'impliquent-ils pas autant ?

Voir aussi :

UE : près de 150 organisations se mobilisent avant le vote crucial du 5 juillet sur le copyright où les 751 membres du Parlement doivent se prononcer
La directive de filtrage automatique des contenus téléchargés en Europe est adoptée dans le vote initial, premier pas vers la censure de l'internet ?
Les moteurs de recherche devraient-ils rémunérer les éditeurs de presse pour afficher leurs articles ? Un projet adopté par les ambassadeurs de l'UE
Ce que l'UE prépare à propos des liens et téléchargements de fichiers sur internet : des actions courantes sur le Web pourraient devenir illégales
UE : la France et deux autres pays militent pour le filtrage automatique des contenus mis en ligne, dans le cadre de la réforme sur le droit d'auteur


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Avatar de JP CASSOU JP CASSOU - Membre habitué https://www.developpez.com
le 03/07/2018 à 17:10
On n'a pas besoin de la presse. Le Darknet va prendre la relève du web classique

De toute façon, de plus en plus de sites nécessitent la création d'un compte:
- La totalité des forums de discussion
- La quasi-totalité des sites de e-commerce
- La totalité des sites de presse généraliste, pour poster les commentaires

L'internet 'grand public' tel que nous le connaissons deviendra un Minitel géant sans aucun intérêt, sauf pour les sites pratiques (e-commerce, formalités en ligne), où seuls ces sites seront accessibles gratuitement. Les autres étant soumis à un péage.
Avatar de AstOz AstOz - Membre actif https://www.developpez.com
le 03/07/2018 à 19:46
Citation Envoyé par JP CASSOU Voir le message
On n'a pas besoin de la presse. Le Darknet va prendre la relève du web classique

De toute façon, de plus en plus de sites nécessitent la création d'un compte:
- La totalité des forums de discussion
- La quasi-totalité des sites de e-commerce
- La totalité des sites de presse généraliste, pour poster les commentaires

L'internet 'grand public' tel que nous le connaissons deviendra un Minitel géant sans aucun intérêt, sauf pour les sites pratiques (e-commerce, formalités en ligne), où seuls ces sites seront accessibles gratuitement. Les autres étant soumis à un péage.
Sans être fataliste à ce point, on peut agir, et il faut le faire.

Internet est un outil a qui été construit par plein de personnes, par conséquent, les vieilles instances qui dirigent toujours n'arrivent pas à comprendre le fonctionnement des communautés. Pour la majorité, ils ne comprennent ni l'attachement que l'on porte à celles-ci, ni leurs intérêts (Ex : Le savoir ouvert à tous).

A ça, tu rajoutes une pincée de lobbyisme et on tombe sur des textes de lois qui veulent interdire la publication de contenus contenant des copyrights (même si tu l'utilises de manière raisonnable).
Avatar de JP CASSOU JP CASSOU - Membre habitué https://www.developpez.com
le 04/07/2018 à 11:41
Bjr à tous,

Voici une nouvelle version de mon post:
//************************************************
On n'a pas besoin de la presse. Le Darknet va prendre la relève du web classique

De toute façon, de plus en plus de sites nécessitent la création d'un compte:
- La totalité des forums de discussion: Je ne supporte plus de devoir créer un compte pour donner mon avis
- La quasi-totalité des sites de e-commerce: pour moi, devoir créer un compte m'a rebuté à de nombreuses reprises
- La totalité des sites de presse généraliste, pour poster les commentaires

L'internet 'grand public' tel que nous le connaissons deviendra un Minitel géant sans aucun intérêt, sauf pour les sites pratiques (e-commerce, formalités en ligne), où seuls ces sites seront accessibles gratuitement. Les autres étant soumis à un péage.

Quelques trucs qui m'irritent en ce moment:
- les liens Google qui aboutissent à des articles de journaux payants, sans le mentionner par une étiquette [Article payant] ou équivalent sur la page de résultats.
- Les liens Google qui pointent sur des 'putaclick' ou des contenus périmés
- Les sites périmés: la page d'enregistrement et de paiements pour le congrès spéléo Vercors 2008 (http://vercors2008.ffspeleo.fr/index.htm) a fonctionné jusqu'en 2014, soit 6 ans après l'événement !
- Ceci concerne la TOTALITE des forums de discussion: "Vous devez vous connecter ou vous inscrire pour commenter cet article". Vu: Je me casse direct.
- Les popups et "layers" indéboulonnables et qui m'empêchent de consulter un contenu
- Les ressources sous licence libre qui nécessitent la création d'un compte pour les télécharger. J'ai même trouvé sur un site spéléo une distribution de mon propre logiciel GHTopo qui n'était téléchargeable qu'après inscription sur ledit site ! Inutile de préciser que l'auteur du site a reçu un "dernier avis avant poursuites" xD
- Sur Youtube: "Ce contenu a été supprimé sur demande [d'un détenteur de droits]"

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Avatar de Loceka Loceka - Expert confirmé https://www.developpez.com
le 05/07/2018 à 9:29
Je pense aussi que la seule alternative viable serait de mettre en place et d'utiliser un nouvel internet, "darkweb" ou non.

Avec toutes les différentes lois liberticides qui passe, je pense qu'on n'a plus vraiment de moyen de s'en sortir légalement (et moi aussi ça me gonfle de devoir créer un compte, surtout avec des politiques de mot de passe exagérément sévères, sur chaque site).

Entre les lois liberticides et le traçage ça devient de plus en plus pénible d'utiliser le net.

Ca me rappelle une vidéo qui résume bien la situation (surtout la fin) :
Avatar de tanaka59 tanaka59 - Membre éprouvé https://www.developpez.com
le 05/07/2018 à 11:00
L'interdiction de poster un lien d'article de press reviendrait à ne pas pouvoir :

> donner un journal papier de la veille
> les collectionneurs de revues deviendraient tous receleurs (genre de collectionneurs des playboy des années 70 ... )
> dans les magasin les livres / revues / bouquins devraient être sous vitrine car si on lit dans le magasin cela s’appellerait du vol ?
> les formats "hybrides" des revues , genre informations des collectivités que l'on reçoit en boite au lettre serait soumis à une taxe pour reprendre la source de l'article ? Encore une idée de taxe pour notre cher gouvernement au passage ?

Je pars du principe qu'une information qui tombe dans le domaine publique devient gratuite. On me réclame de l'argent car j'ai repris l'information qui est devenu public . Je les enverrais gentiment balader !
Avatar de ec ec - Membre averti https://www.developpez.com
le 05/07/2018 à 11:44
Que les gens qui veulent gagner leur vie en collectant des informations et les diffusant veuillent faire payer l'accès à ces informations, c'est normal. C'est un travail. Mais que des politiques veuillent limiter la diffusion des liens vers les informations, cela s'appelle du contrôle de l'information. Les pouvoirs européens protègent leur pouvoir. Dans ces pouvoirs il y a les partis politiques. Si les députés votent ce texte, ce sera un coup de force des partis politiques contre la démocratie.

Je maintiens ce site : http://cec.rwanda.free.fr/

Que deviendra-t-il si cette loi est adoptée ?
Avatar de JP CASSOU JP CASSOU - Membre habitué https://www.developpez.com
le 05/07/2018 à 11:55
"Entre les lois liberticides et le traçage ça devient de plus en plus pénible d'utiliser le net."

Parmi les choses qui me gonflent:
- Les ressources gratuites ... qui nécessitent de créer un compte pour y accéder (exemples sur Contribuables.org, et Observatoire de la Christianophobie)
- Les formulaires qui ne fonctionnent pas. Le site "Observatoire de la Christianophobie" imposait ainsi la création d'un compte pour accéder aux rapports gratuits. Après inscription, une "erreur" (délibérée) survenait et vous n'obteniez pas le document demandé. Par contre votre adresse mail était capturée et à la place du rapport demandé, vous receviez 10 spams. Après avoir envoyé un message explicite comportant une copie de mon certificat d'apostasie et de mon testament imposant une obligation d'apostasie à mes héritiers [je suis sataniste laveyien], les spams ont cessé.
- Le spam, encore et toujours. J'ai toujours dit et je maintiens que le spamming doit être puni de mort.
- Les sites qui vous affichent un bandeau avertissant qu'il utilise les cookies. Bandeau qui ne comporte qu'un bouton: [Accepter]
- Les sites qui vous 'capturent' et vous empêchent de revenir en arrière (la flèche [<-] du navigateur fonctionne, mais un script de merde remplace l'URL de la précédente page par celle de la page "épuisette" et la recharge). Le sites en question sont des 'putaclick' dans 99% des cas.
- Les sites à très faible densité sémantique. Je peux citer le cas des sites de transporteurs qui vous renvoient une page de 500 Ko dont l'information utile est le numéro de train/car/vol, les points de départ correspondance arrivée, les horaires, le prix, les modalités. Bref, 15 Ko tout mouillé d'infos utiles ou contractuelles, et quelques centaines d'octets d'infos indispensables. Du bloatware qui rendent ces sites plus lents que leur ancêtres Minitel.
Avatar de VivienD VivienD - Membre chevronné https://www.developpez.com
le 05/07/2018 à 13:17
D'après cet article du Spiegel (lien en allemand), la session plénière du parlement européenne aurait repoussé la réforme du copyright, renvoyant donc les débats à la prochaine session plénière c'est-à-dire à la mi-septembre (lien en anglais). Qui confirme (ou infirme)?
Avatar de Michael Guilloux Michael Guilloux - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 05/07/2018 à 13:33
Après l’Italie, la protestation de Wikipédia contre la réforme du copyright se généralise à plusieurs pays
mais chacun à sa manière

À quelques jours d'un vote crucial du 5 juillet sur la réforme du copyright en Europe, 146 organisations de plusieurs pays ont appelé les eurodéputés à rejeter la directive dans sa version actuelle. Au même moment, Wikipédia Italie a décidé de fermer son service pour dénoncer le projet de loi de l'UE. Le 3 juillet, la version italienne de l'encyclopédie libre a masqué toutes ses pages, rendant ainsi impossible d'accéder au contenu de la plateforme. Tous les visiteurs ont vu plutôt un bandeau qui les invitait à contacter leurs représentants au Parlement, pour éviter le pire tant que cela est encore possible.

Quelques heures avant le vote du Parlement européen, les communautés wikipédiennes dans certains pays ont décidé de s'associer à l'Italie pour protester contre la réforme. Il s'agit entre autres des communautés de l'Estonie, la Pologne, la Lettonie, l'Espagne, la Galice, la Catalogne, le Pays basque, la Bulgarie, la Hongrie, l'Autriche, et la France, entre autres. Mais chacun l'a fait à sa manière.

Certains ont décidé, comme l'Italie, de masquer complètement toutes leurs pages. Les utilisateurs sont alors redirigés vers une unique page avec communiqué qui explique les conséquences néfastes de la réforme du copyright et parfois avec en plus un bandeau noir qui les invite à contacter leurs représentants locaux au Parlement européen. C'est le cas par exemple de la communauté galicienne. Les versions de Wikipédia en espagnol et en letton ont également été entièrement inaccessibles, comme l’a fait remarquer Rémi Mathis, conservateur à la Bibliothèque nationale de France et ancien président de Wikimédia France.


La plupart des autres communautés ont adopté des mesures moins radicales, en laissant leurs services ouverts. Mais parmi elles, certains affichent sur toutes leurs pages un bandeau pour inviter les internautes à agir. C'est le cas des communautés bulgare et hongroise. D'autres encore n'ont affiché ni communiqué ni bandeau, mais ont exprimé leur opposition via un communiqué officiel. C'est le cas par exemple de la France. Mais leurs voix ont-elles vraiment été entendues ? Nous le saurons probablement avant la fin de cette journée du 5 juillet.

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ?
Une mobilisation tardive ? La communauté a-t-elle manqué de défendre fermement l'avenir de l'Internet ?

Voir aussi :

UE : près de 150 organisations se mobilisent avant le vote crucial du 5 juillet sur le copyright où les 751 membres du Parlement doivent se prononcer
La directive de filtrage automatique des contenus téléchargés en Europe est adoptée dans le vote initial, premier pas vers la censure de l'internet ?
Les moteurs de recherche devraient-ils rémunérer les éditeurs de presse pour afficher leurs articles ? Un projet adopté par les ambassadeurs de l'UE
Ce que l'UE prépare à propos des liens et téléchargements de fichiers sur internet : des actions courantes sur le Web pourraient devenir illégales
UE : la France et deux autres pays militent pour le filtrage automatique des contenus mis en ligne, dans le cadre de la réforme sur le droit d'auteur
Avatar de Michael Guilloux Michael Guilloux - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 05/07/2018 à 15:21
Le Parlement européen rejette la directive sur le copyright
et ouvre à la voie à une suppression ou réécriture des points litigieux

Ce jeudi 5 juillet, la réforme controversée sur le droit d'auteur a été bloquée par le Parlement européen en session plénière. Comme prévu, tous les eurodéputés se sont prononcés sur le texte élaboré par la Commission des affaires juridiques du Parlement. Ledit texte a été adopté le 20 juin par la Commission juridique avec les articles 11 et 13 qui sont énormément controversés.

Le premier instaure des taxes sur les liens Internet et le second encourage le filtrage automatique des contenus mis en ligne. Le vote d'aujourd'hui devait permettre de décider soit d'approuver le texte sans discussion (et donc d'accélérer son adoption), soit de le rejeter en vue d'une réécriture avec un possible retrait des articles litigieux. Sur les 627 députés présents, 318 ont voté contre le texte alors que 278 l'ont approuvé et 31 se sont abstenus. Ce qui entraine le rejet du texte, une première victoire qu'a saluée Julia Reda, l'eurodéputée à l'origine de cette protestation contre les articles 11 et 13.


Ce rejet reporte les débats à la mi-septembre où les députés auront à nouveau à voter sur le texte. Entre temps, le texte sera ouvert à des amendements, ce qui, espérons-le, devra permettre de supprimer les articles litigieux (si l'on est extrêmement optimiste) ou les modifier pour les rendre moins désastreux pour l'avenir du Net. Ensuite viendront les négociations à huis clos entre le Parlement et le Conseil pour trouver une version commune qui sera soumise à un vote final plus tard.

La bataille des lobbys ?

Une chose est sure, c'est que cette directive sur le droit d'auteur ressemble beaucoup à un projet commandé par l'industrie de la presse et celle de l'audiovisuel : le simple fait de penser que les moteurs de recherche ou réseaux sociaux doivent rémunérer les éditeurs de presse pour pouvoir diffuser leurs œuvres et leur envoyer du trafic ; et le fait de ne pas voir que le filtrage automatique des contenus mis en ligne aurait plus tendance à détruire Internet que de contribuer à la lutte contre la violation des droits d'auteur... sont suffisants pour le croire. Surtout que les retombées réelles de ces mesures pour l'économie de l'UE sont difficilement perceptibles.

Mais les lobbys de la technologie ne sont pas restés inactifs. C'est d'ailleurs ce que laissent entendre certains acteurs qui ont exprimé leur déception après le rejet de la réforme par le Parlement européen. Robert Ashcroft, directeur exécutif de PRS for Music, a par exemple déclaré que « [ce vote] n'est peut-être pas surprenant vu le niveau de lobbying sans précédent et la vaste campagne de désinformation qui a accompagné ce vote », dit-il. Avant d'ajouter qu'à cause de ce lobbying des plateformes en ligne et l'industrie de la tech, « les députés veulent plus de temps pour examiner les propositions. »

Helen Smith, présidente exécutive d'Impala, un organisme de lobbying de l'industrie de la musique, a également soulevé la question de la « désinformation » qu'aurait menée l'industrie de la technologie. Elle décrit en effet le fait que l'industrie de la technologie aurait exercé des pressions pour que la directive soit reconsidérée. « Le détournement du processus soulève des questions fondamentales sur la façon dont les plateformes [en ligne] et les opérateurs soi-disant objectifs abusent de leur position. Cela souligne la nécessité d'une plus grande transparence et d'un examen plus approfondi, en particulier avec les acteurs qui ont un énorme potentiel pour influencer l'opinion publique et qui n'hésitent pas à l'utiliser », a-t-elle déclaré.

L'industrie de l'audiovisuel reste toutefois convaincue que la suite des discussions leur sera favorable. « La décision d'aujourd'hui signifie qu'il y aura un autre débat, nous sommes convaincus que le Parlement parviendra à une conclusion en septembre et assurera un Internet juste et durable. Les plateformes facilitent une relation unique entre artistes et fans, et la réforme du droit d'auteur devrait rééquilibrer le cadre autour de cela », a ajouté Helen Smith.


Votes par pays, la France largement en tête pour le oui. Détail des votes pour la France : [ATTACH]394285d1/a/a/a" />

Sources : Fortune, Music Week

Et vous ?

Vous attendiez-vous à cette issue pour le vote du Parlement européen ?
Êtes-vous maintenant optimistes quant à la suite ? A quoi vous attendez-vous ? Pourquoi ?

Voir aussi :

UE : près de 150 organisations se mobilisent avant le vote crucial du 5 juillet sur le copyright où les 751 membres du Parlement doivent se prononcer
La directive de filtrage automatique des contenus téléchargés en Europe est adoptée dans le vote initial, premier pas vers la censure de l'internet ?
Les moteurs de recherche devraient-ils rémunérer les éditeurs de presse pour afficher leurs articles ? Un projet adopté par les ambassadeurs de l'UE
Ce que l'UE prépare à propos des liens et téléchargements de fichiers sur internet : des actions courantes sur le Web pourraient devenir illégales
UE : la France et deux autres pays militent pour le filtrage automatique des contenus mis en ligne, dans le cadre de la réforme sur le droit d'auteur[ATTACH]394285d1/a/a/a" />
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