
Pour rassurer l’entreprise chinoise, l’administration Macron a déclaré en novembre 2019 par la voix d’Agnes Pannier-Runacher, la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, que Huawei qui détient quasiment 30 % du marché de la 4G dans le pays ne serait pas particulièrement ciblé. « ;Il n’y aura pas d’exclusion et le gouvernement procèdera au cas par cas dans le choix des équipementiers pour le déploiement de la 5G ;». De quoi donc rassurer l’entreprise ;? Quelque peu, car depuis 2019 beaucoup de choses ont changé.
La Grande-Bretagne qui avait refusé depuis longtemps de céder à la pression américaine en acceptant d’accueillir les infrastructures réseau de l’entreprise sur son sol, car elle jugeait qu’il n’y avait pas de preuve que Huawei pouvait se servir de son infrastructure réseau pour mener des activités d’espionnage, a annoncé en milieu de ce mois qu’elle a décidé d’éliminer les équipements de l’entreprise chinoise de son réseau 5G. L’achat de nouveaux équipements Huawei sera interdit après le 31 décembre 2020 et les équipements existants devront être retirés d’ici 2027, ont déclaré les autorités britanniques.
Pour ce qui concerne la France, les choses ont également évolué. Mardi dernier, le ministre des Finances français a déclaré au micro de la radio Franceinfo « ;qu’il n’y a pas en France de discrimination à l’encontre de quel qu’opérateur que ce soit ;». « ;Il n’y aura pas d’interdiction globale de Huawei en France ;». Par contre, « ;nous protégeons nos intérêts de sécurité nationale, a soutenu Bruno Le Maire. J’ai eu longuement hier [lundi] le vice-premier ministre chinois au téléphone et j’ai eu l’occasion de lui rappeler la position qu’a définie le président de la République et qui est la position française ;». Et d’ajouter que « ;nous protégeons nos intérêts stratégiques, c’est-à-dire que nous regardons les sites qui sont sensibles, nous les protégeons, nous veillons au respect de la sécurité nationale et je pense que nos partenaires chinois peuvent comprendre la position française qui est claire et équilibrée ;».
Après cette déclaration, il reste peu de marge à Huawei en France. Même s’il n’y a pas d’interdiction formelle, ce sont déjà plusieurs offres de service auxquelles l’entreprise ne pourra pas souscrire en raison de la protection de sécurité nationale. Et pour les autres secteurs qui ne sont pas stratégiques, Huawei devra avoir de solides arguments pour convaincre les entreprises d’opter pour ses équipements face à ceux de Nokia et Ericsson. Mais là encore, les choses semblent mal parties, car en février dernier, nous avons tous appris qu’Orange, la plus grande entreprise de télécommunications en France avait porté son dévolu sur Nokia et Ericsson pour déployer son réseau 5G dans les métropoles du pays. Huawei sera-t-il finalement écarté de la course au déploiement de la 5G ;?
Source : Reuters, Franceinfo
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