Les services US de renseignements ont accusé Huawei d'avoir reçu des fonds de l'État chinois
Ravivant les tensions entre Washington et Beijing

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Les services de renseignements américains ont accusé Huawei Technologies d'être financé par la sécurité de l'État chinois, a annoncé samedi le Sunday Times, ajoutant ainsi à la liste des allégations à l'encontre de la société de technologie chinoise en Occident.

La CIA a accusé Huawei d’avoir reçu des fonds de la Commission de la sécurité nationale chinoise, de l’Armée de libération du peuple et d’une troisième branche du réseau de renseignement chinois, a rapporté le journal britannique, citant une source britannique.

Plus tôt cette année, le renseignement américain a partagé ses revendications avec d'autres membres du groupe de partage du renseignement Five Eyes, qui comprend la Grande-Bretagne, l'Australie, le Canada et la Nouvelle-Zélande.

Sans surprise, Huawei a rejeté ces accusations dans une déclaration citée par le journal :

« Huawei ne commente pas les allégations non fondées étayées par zéro élément de preuve provenant de sources anonymes », a déclaré un représentant de Huawei au Times.

L’accusation vient à un moment de tensions commerciales entre Washington et Beijing et face à la crainte, aux États-Unis, que l’équipement de Huawei puisse être utilisé pour l’espionnage. La société a déclaré que les préoccupations ne sont pas fondées.

Les autorités américaines enquêtent sur Huawei à la recherche de violations présumées des sanctions.


Des soupçons qui ont donné lieu à des enquêtes dans d’autres pays

Mi-février 2018, devant la commission permanente du Sénat des États-Unis dédiée à la surveillance de la communauté du renseignement américaine, le directeur du FBI Chris Wray a déclaré :

« Nous sommes profondément préoccupés quant aux risques liés à l'insertion dans notre réseau de télécommunications d'une entreprise ou entité détenue par un gouvernement étranger qui ne partage pas nos valeurs ». Et de poursuivre en assurant que « Cela ouvre la voie à des possibilités de pression ou de contrôle sur notre infrastructure de télécommunications. Cet état de choses permettrait à des tiers de modifier ou extirper des informations de façon furtive ».

L'Union européenne devrait se méfier de Huawei et d'autres entreprises technologiques chinoises en raison des risques qu'elles représentent pour l'industrie et la sécurité. C'est ce qu'a déclaré début décembre le chef de la technologie de l'UE. « Faut-il se méfier de Huawei ou d'autres sociétés chinoises ? Oui, je pense que nous devons nous méfier de ces entreprises », a déclaré Andrus Ansip, commissaire européen en charge de la technologie, lors d'une conférence de presse à Bruxelles. Ansip a déclaré qu'il était préoccupé par le fait que les sociétés de technologie chinoises étaient tenues de coopérer avec les services de renseignement chinois, notamment grâce à des portes dérobées pour permettre l'accès aux données cryptées. Ansip a également déclaré que ces entreprises chinoises produisaient de micropuces qui seraient utilisées pour espionner d'autres entreprises.

On se souvient d'un cas récent où la Chine aurait infiltré Apple et d'autres sociétés américaines en utilisant des micropuces « espion » insérées sur des cartes mères de serveurs. Selon un rapport publié le 4 octobre dernier par Bloomberg, le spécialiste américain des cartes mères de serveurs, Supermicro, aurait été compromis en Chine, où des groupes affiliés au gouvernement auraient infiltré sa chaîne d'approvisionnement pour insérer de minuscules puces, de taille comparable à un grain de riz ou à un bout de crayon, sur des cartes mères qui se sont retrouvées dans des serveurs déployés aux États-Unis. De tels propos ont été rapidement contesté par les sociétés américaines concernées. Apple a dit avoir ouvert une enquête à l'interne qui n'a révélé la présence d’aucune micropuce espionne dans ses cartes mères. Le géant américain dit n'avoir jamais « trouvé de puces malveillantes, de manipulations matérielles, ni de vulnérabilités créés intentionnellement sur un serveur ». Elle a nié également avoir connaissance d'une quelconque enquête du FBI sur cette affaire.

« Aucun gouvernement n'a jamais demandé à Huawei de d’introduire des portes dérobées ou de compromettre des réseaux, et nous n'aurions jamais toléré un tel comportement de la part de notre personnel », a déclaré la société dans un communiqué. Huawei a nié ces allégations et dit que ces commentaires de Ansip ne sont que de simples malentendus. Ansip a fait ces déclarations quelques jours après l'arrestation d'un haut dirigeant de Huawei au Canada dans le cadre d'une enquête sur une présumée fraude bancaire. En effet, une présentation PowerPoint vieille de cinq ans est au centre des allégations pénales contre le directeur financier de Huawei dans une affaire qui a des conséquences pour les relations internationales, le commerce et l'avenir de l'infrastructure de télécommunications au Canada. Meng Wanzhou a été arrêté le 1er décembre à l'aéroport de Vancouver au Canada. L’arrestation, effectuée à la demande des autorités américaines, a rendu le gouvernement chinois furieux et a aggravé les tensions préexistantes entre ces deux pays.

L’arrestation de la fille du fondateur d’Huawei pour faire pression ?

Meng Wanzhou, directeur financier de Huawei et fille de son fondateur, Ren Zhengfei, a été arrêté au Canada en décembre à la demande des États-Unis, accusé de fraude bancaire et bancaire en violation des sanctions américaines contre l’Iran.

Elle nie avoir commis des actes répréhensibles et son père a déjà déclaré que l'arrestation avait été «motivée par des considérations politiques».

Au milieu de ces accusations, de grands établissements d'enseignement occidentaux ont récemment rompu leurs liens avec Huawei pour éviter de perdre des fonds fédéraux.

Une autre société de technologie chinoise, ZTE Corp 0763.HK, 000063.SZ, a également été au centre de controverses similaires aux États-Unis.


Meng Wanzhou

Les sanctions américaines ont contraint ZTE à cesser ses activités entre avril et juillet de l'année dernière après que des responsables du département du Commerce eurent déclaré avoir rompu un pacte et se faire prendre illégalement en train d'expédier des marchandises d'origine américaine vers l'Iran et la Corée du Nord. Les sanctions ont été levées après que ZTE ait payé 1,4 milliard de dollars d'amendes.

Reuters a rapporté en début de semaine que les Etats-Unis pousseront leurs alliés lors d'une réunion à Prague le mois prochain pour adopter des mesures de sécurité et de politique partagées qui rendront plus difficile pour Huawei de dominer les réseaux de télécommunication 5G.

Les alliés américains ne suivent pas tous

Après avoir recommandé aux autres pays représentés à cette réunion de rester à l’écart de certains fournisseurs de télécommunications chinois, les États-Unis exercent également des pressions sur les autorités allemandes pour qu'elles abandonnent Huawei. L’Allemagne a exprimé son scepticisme concernant cette affaire, affirmant n'avoir trouvé aucune preuve que la société pourrait utiliser son équipement pour l’espionnage.

Spiegel Arne Schoenbohm, chef de l'Office fédéral allemand de la sécurité de l'information (BSI) a déclaré que pour des décisions aussi sérieuses qu'une interdiction, il faut des preuves, ajoutant que son agence ne disposait pas de telles preuves. Il fait également savoir que les experts du BSI avaient examiné les produits et composants Huawei du monde entier avant de se prononcer.

Cette décision du BSI n’a pas enchanté tout le monde et certains se sont exprimés. C’est le cas de Ronja Kniep, experte en sécurité dans le secteur des télécommunications qui a déclaré à l’AFP ceci : « Je pense qu'il est faux de laisser entendre que les préoccupations relatives à l'espionnage chinois sont infondées et faciles à détecter. Même si Huawei n’a aucune relation officielle avec le gouvernement chinois, cela ne signifie pas pour autant que les services chinois n’utilisent pas la société et sa technologie comme vecteurs d’espionnage. »

La Belgique vient par la voix du Centre pour la Cybersécurité Belgique (ou CCB) de clarifier sa position sur le dossier Huawei. Katrien Eggers, la porte-parole de cette agence en charge de la politique belge en matière de cybersécurité, a déclaré à ce sujet : « à ce jour, nous n’avons pas de preuve suffisante pour établir qu’une menace émane de Huawei. Nous avons mené une longue enquête qui nous a permis d’arriver à cette conclusion finale ».


Comme l’Allemagne et le Royaume-Uni avant elle, la Belgique démontre avec cette annonce qu’à ce jour, il n’existe aucune preuve tangible faisant état d’actes d’espionnage ou de sabotage de la part du géant chinois des télécommunications. La campagne de diabolisation intensive menée par les États-Unis depuis plusieurs mois ne serait-elle donc motivée que par la simple volonté de calomnier ou de se débarrasser d’un concurrent gênant qui monte en puissance ?

L’arrivée des premiers réseaux 5G est imminente et les pays de l’Union européenne se préparent à déployer cette nouvelle technologie ultra-rapide. Mais comme l’a souligné le DG du géant Vodafone, abandonner les équipements Huawei retarderait le déploiement de la 5G sur le Vieux Continent « de probablement deux ans ».

Du côté de la France, les décideurs suggèrent d’adopter une « réponse technique et technologique à un problème technique et technologique ». Le DG de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), Guillaume Poupard, a indiqué à ce propos que « la priorité est avant tout de protéger l’ensemble des réseaux critiques. La 5G va être un système gigantesque et potentiellement à risque. Il ne faut pas se focaliser sur un seul équipementier, ce serait une erreur ». Le lancement des appels d’offres pour attribuer les fréquences 5G aux opérateurs étant prévu pour l’automne prochain, un nouveau texte de loi a été récemment introduit à l’Assemblée nationale. Cette nouvelle loi de la France était attendue par les opérateurs pressés de comprendre la situation afin de faire le choix de partenariat dans leur future mise en œuvre de la technologie 5G.

Source : Sunday Times, Reuters

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Avatar de Olivier Famien
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 30/04/2019 à 16:24
Les USA envisagent de reconsidérer leur coopération avec les alliés qui utilisent les équipements réseaux 5G de Huawei,
en ne partageant plus les renseignements à sa disposition

Depuis plusieurs années, les États-Unis ne manquent pas de profiter de la moindre occasion pour faire savoir à qui veut l’entendre que les équipements réseau du fournisseur chinois Huawei comportent des risques de sécurité pour les données des entreprises qui les utilisent. Intimement convaincu de ce problème, le pays de l’Oncle Sam a ouvertement déconseillé à plusieurs pays de l’Union européenne ainsi qu’aux pays membres de l’alliance des services de renseignements des Five Eyes composée également de la Nouvelle-Zélande, de l’Australie, du Canada et du Royaume-Uni de se détourner des équipements réseau 5G du géant chinois des TIC Huawei.

En substance, les États-Unis reprochent déjà à l’équipementier Huawei d’avoir espionné des entreprises américaines et volé leurs secrets technologiques. En outre, le gouvernement américain reproche à Huawei d’entretenir une collusion avec le parti communiste chinois, ce qui pourrait favoriser l’introduction de portes dérobées dans les équipements de Huawei et permettre au gouvernement chinois de surveiller le trafic et espionner les communications réseau partout dans le monde. Enfin, avec le déploiement de la 5G, l’accroissement de l’usage des technologiques sans fil dans de nombreux domaines pourrait renforcer la position de Huawei tout en accroissant davantage les risques cités plus haut, selon les USA.


En référence à tous ces risques, les États-Unis ont interdit les agences gouvernementales d’acheter du matériel chinois y compris ceux de Huawei et contraint les opérateurs de télécom américains bénéficiant d’un financement public d’écarter Huawei dans la fourniture de matériels réseaux. Si cette démarche connaît du succès sur le territoire américain ainsi que chez certains de ses partenaires comme comme le Japon, l’Australie, et la Nouvelle-Zélande, le gouvernement américain peine encore à convaincre un de ses alliés majeurs qu’est le Royaume-Uni.

Pour ce dernier, bien que le réseau de Huawei comporte des risques de sécurité importants, il est en mesure de gérer ces risques liés à l’utilisation des équipements de télécommunications fournis par ce dernier. De même, le pays ajoute qu’il n’existe aucun élément de preuve susceptible de confirmer une quelconque activité malveillante de la part de l’entreprise technologique. Partant de ce fait, le Royaume-Uni a donc refusé de céder aux pressions américaines et de bannir Huawei des fournisseurs d’équipements réseau 5G dans le pays.

Il convient de préciser que depuis 2010, Huawei et le gouvernement du Royaume-Uni ont conclu un accord afin de permettre des examens approfondis de la sécurité du matériel et des logiciels du fournisseur d’équipements chinois. Ce serait donc en connaissance de cause que les autorités du Royaume-Uni n’ont pas écarté le géant chinois après avoir également eu accès aux matériels et au code source de certains logiciels utilisés par le géant chinois. Mais face à la pression des États-Unis à l’égard de ses alliés, Reuters rapporte que la semaine dernière le Conseil de sécurité britannique a décidé d’interdire l’usage des équipements de Huawei dans tous les éléments essentiels de son réseau 5G, tout en permettant l’utilisation des équipements de l’entreprise dans les parties non essentielles de réseau, et ceci avec des restrictions élevées.

En dépit de cette décision du conseil de sécurité présidé par Teresa May de donner un feu vert limité à Huawei pour la vente de ses équipements aux opérateurs télécoms du pays, Reuters informe qu’un responsable américain de la cybersécurité a annoncé lundi dernier que Washington ne voit aucune distinction entre les parties essentielles et non essentielles des réseaux 5G et réévaluera le partage de renseignements avec les alliés utilisant des équipements fabriqués par le chinois Huawei. « Les États-Unis sont d’avis que placer Huawei ou tout autre fournisseur indigne de confiance dans le réseau de télécommunication 5G constitue un risque », a déclaré Robert Strayer, sous-secrétaire adjoint chargé des politiques en matière de cyber, de communications internationales et d’informations au département d’État des USA. Et d’ajouter que « si d’autres pays insèrent et permettent aux fournisseurs non fiables de créer et de devenir les fournisseurs de leurs réseaux 5G, nous devrons réévaluer la possibilité pour nous de partager des informations et d’être connectés avec eux comme nous le sommes aujourd’hui ».

Source : Reuters

Et vous ?

Selon vous, Huawei présente-t-il un risque de sécurité pour les données des entités qui utilisent ses équipements ?

Ou pensez-vous que les pressions d’interdiction de Huawei dans le déploiement des réseaux 5G cachent autre chose ?

Pensez-vous que cette décision de reconsidérer ses rapports avec les alliés qui utilisent les équipements 5G de Huawei va faire fléchir certains pays qui ne voulaient pas bannir le géant chinois ?

Voir aussi

La Chine constitue un risque de sécurité pour le déploiement des câbles Internet sous-marins et de la 5G, mais est-ce le seul pays dans ce cas ?
Abandonner les équipements Huawei retarderait le déploiement de la 5G en Europe « de probablement deux ans » selon le PDG de Vodafone
L’équipement réseau de Huawei fait toujours courir des risques de sécurité « importants », selon le Royaume-Uni
Les États-Unis ne peuvent pas nous écraser, dit le fondateur de Huawei, et « Le monde ne peut pas nous quitter parce que nous sommes plus avancés »
Huawei a été accusé d’avoir triché sur les tests de plusieurs flagships, en se servant d’un « mode performance » pour booster ses appareils
Avatar de pboulanger
Membre averti https://www.developpez.com
Le 30/04/2019 à 16:45
Un juste retour des choses, les USA ayant le plus gros programme d'espionnage, ne devrait-on pas arrêter d'échanger des données avec les américains? On coupe les accès à amazon, facebook, etc... Si tous les pays européens le font, ils arrêteront vite... ou alors nouvelle guerre car faut pas toucher au grisby...
Avatar de chrtophe
Responsable Systèmes https://www.developpez.com
Le 30/04/2019 à 19:29
La NSA n'aime pas la concurrence.
Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 02/05/2019 à 8:14
Citation Envoyé par Olivier Famien Voir le message
Selon vous, Huawei présente-t-il un risque de sécurité pour les données des entités qui utilisent ses équipements ?
Non.
C'est juste une entreprise qui veut vendre ses produits...

Citation Envoyé par Olivier Famien Voir le message
Ou pensez-vous que les pressions d’interdiction de Huawei dans le déploiement des réseaux 5G cachent autre chose ?
Les USA préfèrent quand les européens achètent des produits étasuniens...

Ce pays se prend pour qui ?
Vous avez vu le chantage qu'il fait pour nous obliger à utiliser ses produits ?
Avatar de Christian_B
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 06/05/2019 à 19:39
Citation Envoyé par Ryu2000
Les USA préfèrent quand les européens achètent des produits étasuniens...
Ce pays se prend pour qui ?
Vous avez vu le chantage qu'il fait pour nous obliger à utiliser ses produits ?
En effet, c'est une des manifestations de la mégalomanie du gouvernement américain actuel. Mais je pense que la Chine est de taille à se défendre et que personne (y compris les Etats-Unis) n'a rien à gagner aux multiples guerres commerciales lancées par T...p (j'évite de prononcer un mot grossier).
Mais il serait temps que le reste du monde (à commencer par l'Europe) en profite pour remettre en cause son allégeance aux superpuissances, surtout les Etats-Unis qui sont les plus envahissants (avec le dollar, les GAFAM, les prétendus réseaux sociaux centralisés aux USA, etc).
Les calculs mesquins à court terme de coût, de commodité, etc ne peuvent rien donner de bon à long terme.
Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 07/05/2019 à 8:32
Citation Envoyé par Christian_B Voir le message
En effet, c'est une des manifestations de la mégalomanie du gouvernement américain actuel.
Les USA essaient de nous diriger, ils veulent forcer les pays européens à n'utiliser que leur matériel.
Ils pensent que l'Europe fait partie des USA ou comment ça se passe ?

En plus avec leur matériel ils nous espionnent...
J’espère que les pays européens résisteront.
Plus ils seront nombreux à répondre "Tes renseignements tu peux te les carrer dans le cul, on utile les équipements réseaux 5G que l'on souhaite et on t'emmerde" mieux ce sera.

Les nations européennes n'ont pas à suivre les ordres des USA.
Un pays est libre de passer par Huawei si il en a envie.
Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 14/05/2019 à 23:04
Le PCA d'Huawei se dit prêt à signer des accords de non-espionnage avec des gouvernements,
pour pouvoir fournir du matériel réseau nécessaire au déploiement de la 5G

Depuis plusieurs années, les États-Unis ne manquent pas de profiter de la moindre occasion pour faire savoir à qui veut l’entendre que les équipements réseau du fournisseur chinois Huawei comportent des risques de sécurité pour les données des entreprises qui les utilisent. Intimement convaincu de ce problème, le pays de l’Oncle Sam a ouvertement déconseillé à plusieurs pays de l’Union européenne ainsi qu’aux pays membres de l’alliance des services de renseignements des Five Eyes composée également de la Nouvelle-Zélande, de l’Australie, du Canada et du Royaume-Uni de se détourner des équipements réseau 5G du géant chinois des TIC Huawei.

En substance, les États-Unis reprochent déjà à l’équipementier Huawei d’avoir espionné des entreprises américaines et volé leurs secrets technologiques. En outre, le gouvernement américain reproche à Huawei d’entretenir une collusion avec le parti communiste chinois, ce qui pourrait favoriser l’introduction de portes dérobées dans les équipements de Huawei et permettre au gouvernement chinois de surveiller le trafic et espionner les communications réseau partout dans le monde. Enfin, avec le déploiement de la 5G, l’accroissement de l’usage des technologiques sans fil dans de nombreux domaines pourrait renforcer la position de Huawei tout en accroissant davantage les risques cités plus haut, selon les USA.

En référence à tous ces risques, les États-Unis ont interdit à ses agences gouvernementales d’acheter du matériel chinois y compris ceux de Huawei et contraint les opérateurs de télécom américains bénéficiant d’un financement public d’écarter Huawei de la liste des fournisseurs de matériels réseaux. Si cette démarche connaît du succès sur le territoire américain ainsi que chez certains de ses partenaires comme comme le Japon, l’Australie, et la Nouvelle-Zélande, le gouvernement américain peine encore à convaincre un de ses alliés majeurs qu’est le Royaume-Uni.

Pour ce dernier, bien que le réseau de Huawei comporte des risques de sécurité importants, il est en mesure de gérer ces risques liés à l’utilisation des équipements de télécommunications fournis par ce dernier. De même, le pays ajoute qu’il n’existe aucun élément de preuve susceptible de confirmer une quelconque activité malveillante de la part de l’entreprise technologique. Partant de ce fait, le Royaume-Uni a donc refusé de céder aux pressions américaines et de bannir Huawei des fournisseurs d’équipements réseau 5G dans le pays.

Il convient de préciser que depuis 2010, Huawei et le gouvernement du Royaume-Uni ont conclu un accord afin de permettre des examens approfondis de la sécurité du matériel et des logiciels du fournisseur d’équipements chinois. Ce serait donc en connaissance de cause que les autorités du Royaume-Uni n’ont pas écarté le géant chinois après avoir également eu accès aux matériels et au code source de certains logiciels utilisés par le géant chinois. Mais face à la pression des États-Unis à l’égard de ses alliés, Reuters a rapporté le mois dernier que le Conseil de sécurité britannique a décidé d’interdire l’usage des équipements de Huawei dans tous les éléments essentiels de son réseau 5G, tout en permettant l’utilisation des équipements de l’entreprise dans les parties non essentielles de réseau, et ceci avec des restrictions élevées.


Huawei veut jouer la carte de la diplomatie

Huawei s'est dit prêt à signer des accords de non-espionnage avec des gouvernements, y compris la Grande-Bretagne, a déclaré mardi le président du conseil d'administration de la compagnie de télécommunications chinoise, alors que les États-Unis exhortaient les pays européens à s’éloigner de la société pour des raisons d’espionnage.

Washington a demandé à ses alliés de ne pas utiliser la technologie de Huawei pour construire de nouveaux réseaux 5G, craignant que cela ne soit un véhicule d'espionnage pour la Chine, accusation que la compagnie a démentie.

« Nous sommes prêts à signer des accords de non-espionnage avec les gouvernements, y compris le gouvernement du Royaume-Uni, afin que notre équipement réponde à la norme de non-espionnage et soit exempte de porte dérobée », a déclaré le président de Huawei, Liang Hua, à Londres, par l'intermédiaire d'un interprète.

La Grande-Bretagne est en train de décider dans quelle mesure elle permettra à Huawei, premier fournisseur mondial d’équipements de télécommunications, de participer à la construction de ses réseaux 5G.

« La sécurité et la résilience des réseaux de télécommunication du Royaume-Uni sont d'une importance primordiale, et nous avons des contrôles stricts sur la manière dont l'équipement de Huawei est actuellement déployé au Royaume-Uni », a déclaré mardi un porte-parole du gouvernement britannique.

Il a indiqué que les résultats de la révision de la chaîne logistique des télécommunications affectant le cas de Huawei seraient annoncés prochainement et que tous les opérateurs de réseau devraient se conformer à la décision.

Des informations confidentielles divulguées ?

La Première ministre Theresa May a limogé ce mois-ci son ministre de la Défense, Gavin Williamson, après des fuites qui prétendaient que Huawei jouerait un rôle dans le réseau 5G, plaçant ainsi la Grande-Bretagne dans une situation embarrassante face à son principal allié du renseignement, les États-Unis.

Williamson a nié avoir divulgué des informations confidentielles.

S'exprimant en marge d'une réunion avec les partenaires technologiques britanniques de Huawei, Liang a déclaré que la société n'avait jamais eu l'intention d'être aux prises avec une tempête politique.

« La question de la cybersécurité ne concerne pas qu'un seul fournisseur ou une seule entreprise, c'est un défi commun à l'ensemble du secteur et du monde », a-t-il déclaré.

Il a ajouté que Huawei coopérait de longue date avec le Centre britannique de la cybersécurité (National Cyber ​​Security) pour superviser sa technologie et avait amélioré ses capacités d'ingénierie logicielle pour les rendre égales à ses concurrents.

« Aucune loi en Chine ne nous oblige à collecter des informations auprès d'un gouvernement étranger ou à implanter des portes dérobées »

Liang a indiqué que Huawei n'avait pas agi pour le compte du gouvernement chinois sur aucun marché international.

« En dépit du fait que Huawei a son siège en Chine, nous sommes une société opérant dans le monde entier », a-t-il rappelé. « Partout où nous opérons dans le monde, nous nous sommes engagés à respecter les lois et réglementations locales applicables dans ce pays. Aucune loi chinoise n'oblige les entreprises à collecter des informations auprès d'un gouvernement étranger ou à implanter des portes dérobées pour le gouvernement ».

Le ministre britannique Jeremy Wright, qui annoncera les conclusions de l'examen des chaînes d'approvisionnement des opérateurs télécoms, avait déclaré que les avantages d'un kit économique ne l'emporteraient pas sur les préoccupations en matière de sécurité.

Liang, cependant, a déclaré que les facteurs économiques devraient faire partie de la décision et que la politique devrait en être retirée.

« Je pense que la décision devrait être basée sur une évaluation des risques et une évaluation de la chaîne d'approvisionnement, et devrait également refléter les exigences du Royaume-Uni en termes de développement économique lorsqu'il choisit ses fournisseurs », a-t-il déclaré.

« La cybersécurité est en effet un facteur très important à prendre en compte (...), mais il devrait en même temps être une décision équilibrée entre cyber sécurité et prospérité économique ».

Liang a déclaré qu'il rencontrait des clients plutôt que des politiciens. Huawei a signé plus de 40 contrats 5G, 25 en Europe, 10 au Moyen-Orient et six en Asie.

Le gouvernement allemand a toutefois déclaré que rien n'indiquait que la Chine offrait un accord de non-espionnage qui aiderait Huawei dans son offre de contrats pour la construction de réseaux de téléphonie mobile de nouvelle génération en Allemagne.

Source : Reuters

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ?

Voir aussi :

Canalys : la baisse de 23% de ventes d'iPhone est la plus forte de l'histoire d'Apple, Huawei est le seul constructeur à connaître la croissance
Vodafone nie avoir découvert des backdoors cachés dans les équipements de Huawei, il ne s'agirait que du protocole Telnet
Les USA envisagent de reconsidérer leur coopération avec les alliés qui utilisent les équipements 5G de Huawei, en ne partageant plus les informations
Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 15/05/2019 à 16:58
Le président Donald Trump pourrait signer un décret qui paverait le chemin,
vers le bannissement d'Huawei dans le domaine des télécoms aux USA

Le président américain Donald Trump devrait signer cette semaine un décret interdisant aux entreprises américaines d’utiliser des équipements de télécommunication fournis par des groupes représentant une menace en termes de sécurité nationale, ce qui ouvrira la voie à un bannissement du chinois Huawei, ont déclaré à Reuters trois responsables américains informés de ce projet.

Le décret, qui ne devrait explicitement mentionner aucun pays ou aucune entreprise, est à l’étude depuis plus d’un an mais a été retardée à plusieurs reprises, ont précisé les sources, demandant à ne pas être nommée car les préparatifs restaient confidentiels. Cela pourrait être retardé à nouveau, ont-elles dit.

Ce décret s’appuiera sur l’International Emergency Economic Powers Act, qui permet au président des Etats-Unis de prendre des mesures sur le plan commercial en cas d’urgence nationale face à une menace contre le pays. Il chargera alors le département du Commerce, en collaboration avec les différentes agences fédérales, d’élaborer un plan de mise en oeuvre des mesures prévues, ont précisé les sources.

Notons que Donald Trump a déjà promulgué en août 2018 une loi interdisant aux autorités fédérales américaines de recourir aux équipements de Huawei et d’un autre groupe chinois, ZTE.

Des tensions commerciales

S'il était signé, le décret entrerait à un moment délicat dans les relations entre la Chine et les États-Unis, les deux plus grandes économies du monde augmentant leurs droits de douane dans une bataille contre ce que des responsables américains appellent les pratiques commerciales déloyales de la Chine.

En substance, les États-Unis reprochent déjà à l’équipementier Huawei d’avoir espionné des entreprises américaines et volé leurs secrets technologiques. En outre, le gouvernement américain reproche à Huawei d’entretenir une collusion avec le parti communiste chinois, ce qui pourrait favoriser l’introduction de portes dérobées dans les équipements de Huawei et permettre au gouvernement chinois de surveiller le trafic et espionner les communications réseau partout dans le monde. Enfin, avec le déploiement de la 5G, l’accroissement de l’usage des technologies sans fil dans de nombreux domaines pourrait renforcer la position de Huawei tout en accroissant davantage les risques cités plus haut, selon les USA.

En référence à tous ces risques, les États-Unis ont interdit à ses agences gouvernementales d’acheter du matériel chinois y compris ceux de Huawei et contraint les opérateurs de télécom américains bénéficiant d’un financement public d’écarter Huawei de la liste des fournisseurs de matériels réseaux. Si cette démarche connaît du succès sur le territoire américain ainsi que chez certains de ses partenaires comme comme le Japon, l’Australie, et la Nouvelle-Zélande, le gouvernement américain peine encore à convaincre un de ses alliés majeurs qu’est le Royaume-Uni.


Pour ce dernier, bien que le réseau de Huawei comporte des risques de sécurité importants, il est en mesure de gérer ces risques liés à l’utilisation des équipements de télécommunications fournis par ce dernier. De même, le pays ajoute qu’il n’existe aucun élément de preuve susceptible de confirmer une quelconque activité malveillante de la part de l’entreprise technologique. Partant de ce fait, le Royaume-Uni a donc refusé de céder aux pressions américaines et de bannir Huawei des fournisseurs d’équipements réseau 5G dans le pays.

Huawei, qui a à plusieurs reprises nié les accusations, a décidé d’adopter une autre stratégie. En effet, mardi, son PCA s'est dit prêt à signer des accords de non-espionnage avec des gouvernements, y compris la Grande-Bretagne. « Nous sommes prêts à signer des accords de non-espionnage avec les gouvernements, y compris le gouvernement du Royaume-Uni, afin que notre équipement réponde à la norme de non-espionnage et soit exempte de porte dérobée », a déclaré le président de Huawei, Liang Hua, à Londres, par l'intermédiaire d'un interprète.

Liang a indiqué que Huawei n'avait agi pour le compte du gouvernement chinois sur aucun marché international.

« En dépit du fait que Huawei a son siège en Chine, nous sommes une société opérant dans le monde entier », a-t-il rappelé. « Partout où nous opérons dans le monde, nous nous sommes engagés à respecter les lois et réglementations locales applicables dans ce pays. Aucune loi chinoise n'oblige les entreprises à collecter des informations auprès d'un gouvernement étranger ou à implanter des portes dérobées pour le gouvernement ».


La Chine estime que la réaction des États-Unis n’est ni honorable, ni juste

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, a déclaré lors d'un point de presse quotidien à Beijing que les Etats-Unis avaient « abusés de leur pouvoir national » pour « délibérément discréditer » et réprimer certaines entreprises chinoises.

« Ce n'est ni honorable, ni juste », a-t-il déclaré.

« Nous exhortons les États-Unis à cesser d'utiliser l'excuse des problèmes de sécurité pour réprimer de manière déraisonnable les sociétés chinoises et créer un environnement juste, équitable et non discriminatoire pour les sociétés chinoises qui effectuent des investissements et des opérations normales aux États-Unis.»

Les États-Unis poussent activement d'autres pays à ne pas utiliser les équipements de Huawei dans les réseaux 5G de prochaine génération qu'ils qualifient de « non fiables ». En août, Trump a signé un projet de loi interdisant au gouvernement américain d'utiliser lui-même les équipements de Huawei et d'un autre fournisseur chinois. ZTE Corp.

Source : Reuters

Voir aussi :

Canalys : la baisse de 23% de ventes d'iPhone est la plus forte de l'histoire d'Apple, Huawei est le seul constructeur à connaître la croissance
Vodafone nie avoir découvert des backdoors cachés dans les équipements de Huawei, il ne s'agirait que du protocole Telnet
Les USA envisagent de reconsidérer leur coopération avec les alliés qui utilisent les équipements 5G de Huawei, en ne partageant plus les informations
Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 16/05/2019 à 17:01
Trump signe un décret pavant le chemin vers le blocage d'Huawei aux USA,
la France assure pour sa part qu'elle n'a pas l'intention de faire la même chose

Le président Donald Trump a signé mercredi un décret établissant les bases pour empêcher des entreprises de télécommunications chinoises telles que Huawei de vendre du matériel aux États-Unis, visant à neutraliser la capacité de Beijing à compromettre les réseaux sans fil et les systèmes informatiques américains de la prochaine génération.

L’ordonnance interdit l’achat ou l’utilisation de toute technologie de communication produite par des entités contrôlées par «un adversaire étranger» et susceptible de créer un «risque de sabotage indu» des systèmes de communication américains ou des «effets catastrophiques» sur l’infrastructure américaine.

« Moi, DONALD J. TRUMP, Président des États-Unis d'Amérique, constate que les adversaires étrangers créent et exploitent de plus en plus de vulnérabilités dans les technologies et les services de l'information et de la communication, qui stockent et communiquent de grandes quantités d'informations sensibles, facilitent l'économie numérique et soutiennent infrastructures critiques et services d’urgence essentiels, afin de mener des actions malveillantes fondées sur le numérique, y compris l’espionnage économique et industriel contre les États-Unis et leur population.

« Je conclus en outre que l’acquisition ou l’utilisation sans restriction aux États-Unis de technologies ou de services de l’information et de la communication conçus, développés, fabriqués ou fournis par des personnes détenues par, contrôlées ou soumises à la juridiction ou à la direction d’adversaires étrangers, accroissant la capacité des adversaires étrangers à créer et exploiter des vulnérabilités dans les technologies ou les services d’information et de communication, avec des effets potentiellement catastrophiques, constituent ainsi une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale, la politique étrangère et l’économie des États-unis ».


Le Département du commerce dispose de 150 jours pour élaborer des règles permettant d’identifier « des pays ou des personnes » en tant qu’adversaires étrangers. Il est presque certain que ces règles indexent la Chine, Huawei ou les deux.

Le décret suscitera certainement la colère de Pékin à un moment où les deux plus grandes économies du monde luttent pour résoudre une guerre commerciale qui bouleverserait les marchés. La directive intervient également alors que le ministère de la Justice demande l'extradition du Canada d'un dirigeant de Huawei accusé d'avoir violé les sanctions contre l'Iran.

Le décret-loi tant attendu de Trump invoque la loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationale et déclare une urgence nationale pour habiliter le gouvernement à bloquer l’achat de technologies liées à des adversaires étrangers.

Le ministère américain du Commerce prend une mesure connexe

Le ministère américain du Commerce a pris mercredi une mesure distincte, mais connexe, interdisant aux entreprises américaines de traiter avec Huawei et 70 affiliés en les ajoutant à la « liste d'entités » (une décision qui interdit donc à la société d’acquérir des composants et des technologies auprès de sociétés américaines sans l’approbation du gouvernement). L'administration a engagé une action similaire à l'encontre de ZTE, une autre entreprise de télécommunication chinoise, pour violation présumée des sanctions américaines sur l'Iran, mais Trump a renversé la décision et infligé à la société une lourde amende.

Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a déclaré que le président Donald Trump avait soutenu la décision « d'empêcher que des entités sous contrôle étranger utilisent la technologie américaine de manière potentiellement préjudiciable à la sécurité nationale ou aux intérêts de la politique étrangère des États-Unis ».

Huawei, qui affirme que ses produits ne représentent pas une menace pour la sécurité, a déclaré qu’il était « prêt et disposé à s’engager avec le gouvernement américain et à proposer des mesures efficaces pour assurer la sécurité des produits ».

Il a déclaré que le fait d'empêcher Huawei de faire des affaires aux États-Unis « limiterait les États-Unis à des alternatives inférieures mais plus coûteuses, laissant les États-Unis à la traîne dans le déploiement de la 5G et finissant par nuire aux intérêts des entreprises et des consommateurs américains ».

S'exprimant lors d'une audience du sous-comité du Sénat sur les crédits au Sénat américain, Steven Mnuchin, le Secrétaire au Trésor, a qualifié de constructives les deux journées de pourparlers de haut niveau avec des responsables chinois à Washington la semaine dernière.

« Je m'attends à ce que nous nous rendions à Beijing dans un proche avenir pour poursuivre ces discussions », a-t-il déclaré. « Il reste encore beaucoup de travail à faire ».

La France n'a pas l'objectif d'interdire Huawei

La France n’a pas pour objectif d’interdire l’équipementier télécoms chinois Huawei, comme l’ont fait les États-Unis, et il ne lui paraît pas judicieux de déclencher une guerre technologique ou commerciale pour préserver sa sécurité nationale, a déclaré jeudi Emmanuel Macron.

« La France et l’Europe sont pragmatiques, réalistes: nous voulons développer l’emploi, l’activité, l’innovation et nous croyons en la coopération et dans le multilatéralisme », a dit en anglais le président français à l’occasion du salon Vivatech organisé à Paris.


« En même temps, pour la 5G par exemple et beaucoup d’innovations, nous sommes extrêmement attentifs au sujet de l’accès aux technologies essentielles pour préserver notre sécurité nationale », a-t-il poursuivi en réponse à une question sur Huawei et la décision prise mercredi par son homologue américain Donald Trump.

« Notre perspective n’est pas de bloquer Huawei ou toute autre entreprise, c’est de préserver notre sécurité nationale et la souveraineté européenne », a poursuivi Emmanuel Macron. « Mais je pense que déclencher maintenant une guerre technologique ou une guerre commerciale vis-à-vis d’un autre pays n’est pas judicieux ».

Les Etats-Unis pensent que les équipements de Huawei pourraient servir à des activités d’espionnage de la Chine et ils exhortent leurs alliés, notamment en Europe, à ne pas s’appuyer sur le groupe chinois pour le déploiement de la nouvelle génération de téléphonie mobile, la 5G.

Sources : décret présidentiel, Reuters (1, 2)

Voir aussi :

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Vodafone nie avoir découvert des backdoors cachés dans les équipements de Huawei, il ne s'agirait que du protocole Telnet
Les USA envisagent de reconsidérer leur coopération avec les alliés qui utilisent les équipements 5G de Huawei, en ne partageant plus les informations
Avatar de Patrick Ruiz
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 20/05/2019 à 10:38
Google met une pause à sa collaboration avec Huawei : plus de PlayStore,
Plus de Gmail pour les futurs smartphones Android du constructeur chinois

La semaine dernière, le président Trump a publié un décret qui interdit aux entreprises de télécommunication chinoises de faire des affaires dans ce domaine aux États-Unis. La manœuvre avait été largement comprise comme une interdiction des produits Huawei ; on en voit désormais la véritable portée. D'après une publication de Reuters, Google a mis une pause à sa collaboration avec Huawei : la firme de Mountain View restreint l'utilisation de l'écosystème Android par le constructeur chinois.

L'entreprise chinoise perd dans l’immédiat l'accès aux mises à jour du système d'exploitation Android ; en sus, sa prochaine génération de smartphones sera sevrée d'accès aux applications et services populaires y compris le Google Play Store via lequel les utilisateurs ont accès à des applications comme Gmail. « Huawei pourra uniquement faire usage de la version publique d'Android [celle de l'AOSP] et ne pourra pas accéder aux applications et services propriétaires de Google », précise Reuters.

Dans une note d’information parue sur le compte Twitter officiel du système d’exploitation Android, la firme de Mountain View indique : « pour les questions des utilisateurs de Huawei concernant les mesures que nous avons prises pour nous conformer aux récentes actions du gouvernement américain : nous vous assurons que pendant que nous nous conformons à toutes les exigences du gouvernement américain, des services tels que Google Play & security de Google Play Protect continueront à fonctionner sur votre appareil Huawei existant. »


L’autre annonce liée de façon immédiate à celle-ci est qu’en application du décret de Donald Trump, Les fabricants de puces dont Intel Corp, Qualcomm Inc, Xilinx Inc et Broadcom Inc, ne fourniront plus de logiciels et de composants critiques à Huawei, ce, jusqu’à nouvel ordre.

Quelles implications pour les affaires de Huawei ?

Huawei n'est pas très impliqué dans la filière smartphones aux États-Unis, donc lui interdire de vendre des téléphones aux consommateurs américains ne changera pas grand chose. L'entreperise chinoise a fait quelques tentatives pour percer sur le marché américain, mais la pression du Congrès sur les partenaires commerciaux individuels de Huawei, comme AT&T et Verizon, les a poussés à se retirer des accords avec la société. Outre les smartphones, Huawei est également l'un des plus grands fournisseurs d'équipements de réseau et de télécommunications dans le monde et cette interdiction empêchera les routeurs, les tours et autres équipements de la société d'accéder aux réseaux américains. Une publication antérieure de Reuters décrit d'ailleurs le problème que l'interdiction causerait dans des États ruraux des USA qui ont adopté des équipements Huawei.

Le changement sur lequel il faudrait beaucoup plus s’appesantir ici est l'interdiction faite aux entreprises américaines de fournir à Huawei des logiciels et du matériel informatique. En dehors de la Chine, cette décision est une condamnation à mort pour les smartphones Huawei dans des endroits comme l'Europe (son second plus gros marché) et l'Inde. Des alternatives viables à l’écosystème Android de Google peinent à émerger donc les smartphones Huawei sans Google auraient du mal à trouver leur place sur le marché. La seule société qui a en quelque sorte fait fonctionner Android sans Google est Amazon qui vend des tablettes bon marché équipées d'un fork d'Android. De plus, Amazon est une société américaine, donc sa boutique d'applications ne saurait être disponible pour Huawei.

En Chine, la décision américaine ne pèse pas puisqu’on ne fait pas usage du PlayStore et de services Google Play. La plupart des fabricants d'équipement d'origine du pays disposent de leurs propres boutiques d’applications ou font l'acquisition de licences auprès d'app store tiers comme ceux d'entreprises telles que Tencent.

On y était déjà préparés …

C’est la déclaration de Ren Zhengfei suite à la décision du gouvernement américain d’ajouter Huawei à sa liste d’entités interdites d’acquisition de matériel auprès des firmes américaines. Dans un entretien accordé en mars à la publication allemande Die Welt, Richard Yu, responsable de la division consommateurs de l'entreprise, a déclaré que l'entreprise avait un "plan B". « Nous avons préparé notre propre système d'exploitation. S'il arrivait un jour que nous ne puissions plus utiliser ces systèmes, nous serions prêts », avait-il lancé.

Hongmeng OS – c’est le nom du système d’exploitation appelé à remplacer Android de l’américain Google. D’après les retours de l’entreprise chinoise, l’OS fait l’objet de tests dans le secret depuis un moment.


L’autre possibilité dont dispose le constructeur chinois est de travailler au développement d’un fork d’Android, ce qui pourrait constituer une alternative plus viable que celle d’un OS fait maison. D’après ce que rapporte The Guardian, Huawei a anticipé sur la décision américaine en stockant une importante quantité de puces. D’après Ren Zhengfei, l’entreprise est à même de gérer la transition sans s’appuyer sur les États-Unis.

« La fourniture de composants pour la production de smartphones Huawei est suffisante, et nous ne voyons pas d'impact significatif des sanctions américaines », confirme une publication toute fraîche du global Times.


Les sanctions contre Huawei ne sont pas sans faire penser à celles qu’a subies l’autre fabricant chinois de smartphones ZTE. À mi-parcours de l’année précédente, l’entreprise s’était vue obligée d’annoncer la fermeture de ses portes.

Sources : Reuters, The Guardian

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?

Huawei survivra-t-il aux sanctions américaines ? L’entreprise peut-elle être sur ce coup l’exemple de l’affranchissement du monopole des USA sur la Tech ?

Quelles alternatives viables à Android de Google ?

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