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Les services US de renseignements ont accusé Huawei d'avoir reçu des fonds de l'État chinois
Ravivant les tensions entre Washington et Beijing

Le , par Stéphane le calme

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Les services de renseignements américains ont accusé Huawei Technologies d'être financé par la sécurité de l'État chinois, a annoncé samedi le Sunday Times, ajoutant ainsi à la liste des allégations à l'encontre de la société de technologie chinoise en Occident.

La CIA a accusé Huawei d’avoir reçu des fonds de la Commission de la sécurité nationale chinoise, de l’Armée de libération du peuple et d’une troisième branche du réseau de renseignement chinois, a rapporté le journal britannique, citant une source britannique.

Plus tôt cette année, le renseignement américain a partagé ses revendications avec d'autres membres du groupe de partage du renseignement Five Eyes, qui comprend la Grande-Bretagne, l'Australie, le Canada et la Nouvelle-Zélande.

Sans surprise, Huawei a rejeté ces accusations dans une déclaration citée par le journal :

« Huawei ne commente pas les allégations non fondées étayées par zéro élément de preuve provenant de sources anonymes », a déclaré un représentant de Huawei au Times.

L’accusation vient à un moment de tensions commerciales entre Washington et Beijing et face à la crainte, aux États-Unis, que l’équipement de Huawei puisse être utilisé pour l’espionnage. La société a déclaré que les préoccupations ne sont pas fondées.

Les autorités américaines enquêtent sur Huawei à la recherche de violations présumées des sanctions.


Des soupçons qui ont donné lieu à des enquêtes dans d’autres pays

Mi-février 2018, devant la commission permanente du Sénat des États-Unis dédiée à la surveillance de la communauté du renseignement américaine, le directeur du FBI Chris Wray a déclaré :

« Nous sommes profondément préoccupés quant aux risques liés à l'insertion dans notre réseau de télécommunications d'une entreprise ou entité détenue par un gouvernement étranger qui ne partage pas nos valeurs ». Et de poursuivre en assurant que « Cela ouvre la voie à des possibilités de pression ou de contrôle sur notre infrastructure de télécommunications. Cet état de choses permettrait à des tiers de modifier ou extirper des informations de façon furtive ».

L'Union européenne devrait se méfier de Huawei et d'autres entreprises technologiques chinoises en raison des risques qu'elles représentent pour l'industrie et la sécurité. C'est ce qu'a déclaré début décembre le chef de la technologie de l'UE. « Faut-il se méfier de Huawei ou d'autres sociétés chinoises ? Oui, je pense que nous devons nous méfier de ces entreprises », a déclaré Andrus Ansip, commissaire européen en charge de la technologie, lors d'une conférence de presse à Bruxelles. Ansip a déclaré qu'il était préoccupé par le fait que les sociétés de technologie chinoises étaient tenues de coopérer avec les services de renseignement chinois, notamment grâce à des portes dérobées pour permettre l'accès aux données cryptées. Ansip a également déclaré que ces entreprises chinoises produisaient de micropuces qui seraient utilisées pour espionner d'autres entreprises.

On se souvient d'un cas récent où la Chine aurait infiltré Apple et d'autres sociétés américaines en utilisant des micropuces « espion » insérées sur des cartes mères de serveurs. Selon un rapport publié le 4 octobre dernier par Bloomberg, le spécialiste américain des cartes mères de serveurs, Supermicro, aurait été compromis en Chine, où des groupes affiliés au gouvernement auraient infiltré sa chaîne d'approvisionnement pour insérer de minuscules puces, de taille comparable à un grain de riz ou à un bout de crayon, sur des cartes mères qui se sont retrouvées dans des serveurs déployés aux États-Unis. De tels propos ont été rapidement contesté par les sociétés américaines concernées. Apple a dit avoir ouvert une enquête à l'interne qui n'a révélé la présence d’aucune micropuce espionne dans ses cartes mères. Le géant américain dit n'avoir jamais « trouvé de puces malveillantes, de manipulations matérielles, ni de vulnérabilités créés intentionnellement sur un serveur ». Elle a nié également avoir connaissance d'une quelconque enquête du FBI sur cette affaire.

« Aucun gouvernement n'a jamais demandé à Huawei de d’introduire des portes dérobées ou de compromettre des réseaux, et nous n'aurions jamais toléré un tel comportement de la part de notre personnel », a déclaré la société dans un communiqué. Huawei a nié ces allégations et dit que ces commentaires de Ansip ne sont que de simples malentendus. Ansip a fait ces déclarations quelques jours après l'arrestation d'un haut dirigeant de Huawei au Canada dans le cadre d'une enquête sur une présumée fraude bancaire. En effet, une présentation PowerPoint vieille de cinq ans est au centre des allégations pénales contre le directeur financier de Huawei dans une affaire qui a des conséquences pour les relations internationales, le commerce et l'avenir de l'infrastructure de télécommunications au Canada. Meng Wanzhou a été arrêté le 1er décembre à l'aéroport de Vancouver au Canada. L’arrestation, effectuée à la demande des autorités américaines, a rendu le gouvernement chinois furieux et a aggravé les tensions préexistantes entre ces deux pays.

L’arrestation de la fille du fondateur d’Huawei pour faire pression ?

Meng Wanzhou, directeur financier de Huawei et fille de son fondateur, Ren Zhengfei, a été arrêté au Canada en décembre à la demande des États-Unis, accusé de fraude bancaire et bancaire en violation des sanctions américaines contre l’Iran.

Elle nie avoir commis des actes répréhensibles et son père a déjà déclaré que l'arrestation avait été «motivée par des considérations politiques».

Au milieu de ces accusations, de grands établissements d'enseignement occidentaux ont récemment rompu leurs liens avec Huawei pour éviter de perdre des fonds fédéraux.

Une autre société de technologie chinoise, ZTE Corp 0763.HK, 000063.SZ, a également été au centre de controverses similaires aux États-Unis.


Meng Wanzhou

Les sanctions américaines ont contraint ZTE à cesser ses activités entre avril et juillet de l'année dernière après que des responsables du département du Commerce eurent déclaré avoir rompu un pacte et se faire prendre illégalement en train d'expédier des marchandises d'origine américaine vers l'Iran et la Corée du Nord. Les sanctions ont été levées après que ZTE ait payé 1,4 milliard de dollars d'amendes.

Reuters a rapporté en début de semaine que les Etats-Unis pousseront leurs alliés lors d'une réunion à Prague le mois prochain pour adopter des mesures de sécurité et de politique partagées qui rendront plus difficile pour Huawei de dominer les réseaux de télécommunication 5G.

Les alliés américains ne suivent pas tous

Après avoir recommandé aux autres pays représentés à cette réunion de rester à l’écart de certains fournisseurs de télécommunications chinois, les États-Unis exercent également des pressions sur les autorités allemandes pour qu'elles abandonnent Huawei. L’Allemagne a exprimé son scepticisme concernant cette affaire, affirmant n'avoir trouvé aucune preuve que la société pourrait utiliser son équipement pour l’espionnage.

Spiegel Arne Schoenbohm, chef de l'Office fédéral allemand de la sécurité de l'information (BSI) a déclaré que pour des décisions aussi sérieuses qu'une interdiction, il faut des preuves, ajoutant que son agence ne disposait pas de telles preuves. Il fait également savoir que les experts du BSI avaient examiné les produits et composants Huawei du monde entier avant de se prononcer.

Cette décision du BSI n’a pas enchanté tout le monde et certains se sont exprimés. C’est le cas de Ronja Kniep, experte en sécurité dans le secteur des télécommunications qui a déclaré à l’AFP ceci : « Je pense qu'il est faux de laisser entendre que les préoccupations relatives à l'espionnage chinois sont infondées et faciles à détecter. Même si Huawei n’a aucune relation officielle avec le gouvernement chinois, cela ne signifie pas pour autant que les services chinois n’utilisent pas la société et sa technologie comme vecteurs d’espionnage. »

La Belgique vient par la voix du Centre pour la Cybersécurité Belgique (ou CCB) de clarifier sa position sur le dossier Huawei. Katrien Eggers, la porte-parole de cette agence en charge de la politique belge en matière de cybersécurité, a déclaré à ce sujet : « à ce jour, nous n’avons pas de preuve suffisante pour établir qu’une menace émane de Huawei. Nous avons mené une longue enquête qui nous a permis d’arriver à cette conclusion finale ».


Comme l’Allemagne et le Royaume-Uni avant elle, la Belgique démontre avec cette annonce qu’à ce jour, il n’existe aucune preuve tangible faisant état d’actes d’espionnage ou de sabotage de la part du géant chinois des télécommunications. La campagne de diabolisation intensive menée par les États-Unis depuis plusieurs mois ne serait-elle donc motivée que par la simple volonté de calomnier ou de se débarrasser d’un concurrent gênant qui monte en puissance ?

L’arrivée des premiers réseaux 5G est imminente et les pays de l’Union européenne se préparent à déployer cette nouvelle technologie ultra-rapide. Mais comme l’a souligné le DG du géant Vodafone, abandonner les équipements Huawei retarderait le déploiement de la 5G sur le Vieux Continent « de probablement deux ans ».

Du côté de la France, les décideurs suggèrent d’adopter une « réponse technique et technologique à un problème technique et technologique ». Le DG de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), Guillaume Poupard, a indiqué à ce propos que « la priorité est avant tout de protéger l’ensemble des réseaux critiques. La 5G va être un système gigantesque et potentiellement à risque. Il ne faut pas se focaliser sur un seul équipementier, ce serait une erreur ». Le lancement des appels d’offres pour attribuer les fréquences 5G aux opérateurs étant prévu pour l’automne prochain, un nouveau texte de loi a été récemment introduit à l’Assemblée nationale. Cette nouvelle loi de la France était attendue par les opérateurs pressés de comprendre la situation afin de faire le choix de partenariat dans leur future mise en œuvre de la technologie 5G.

Source : Sunday Times, Reuters

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Avatar de Loceka
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 27/05/2019 à 10:34
Moi ce que je remarque surtout c'est à quel point les USA ont la mainmise sur les technologies.

Si une entreprise déplaît aux USA et qu'ils décident de lui faire du tort, ça peut entraîner des "sanctions" allant de l'impossibilité d'utiliser certains produits (processeurs, ...) au refus de validation de normes (WiFi, ...), en plus de ne pas pouvoir être vendus sur le sol des USA.

Pour le coup je ne m'en fais pas trop pour Huawei qui doit avoir les reins assez solides pour faire face à ça. Mais très peu d'entreprise seraient dans ce cas-là.

Et je trouve que ça devrait surtout faire réfléchir les différents gouvernements et entreprises sur le danger que représentent les USA dans leur monopole sur les produits technologiques, et donc l'urgence de leur retirer ce monopole en "libérant" les organismes de certifications et en créant des alternatives viables à certains constructeurs.

My 2 yuans.
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Avatar de marsupial
Membre expert https://www.developpez.com
Le 23/05/2019 à 12:12
La Chine comme les Etats-Unis disposent de différentes cartes à jouer dans ce contexte de guerre économique. L'une de ces cartes est représentée par les terres rares utilisées dans tous les produits de nouvelles technologies. Si la Chine abat cette carte, je ne donne pas cher de l'industrie de la tech dans le reste du monde.
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Avatar de rawsrc
Modérateur https://www.developpez.com
Le 23/05/2019 à 20:42
Citation Envoyé par ShigruM Voir le message
je préfère mourir libre que dans l'enfer du PC
Moi, c'est plutôt le Mac qui me file de l'urticaire
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Avatar de Jon Shannow
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 23/05/2019 à 14:16
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Si tout va bien, la troisième guerre mondiale devrait débuter dans un futur relativement proche.
Comment est-ce possible de souhaiter une troisième guerre mondiale ?
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Avatar de yahiko
Rédacteur/Modérateur https://www.developpez.com
Le 11/10/2019 à 7:59
Subventionner Ericsson et Nokia ? Pourquoi pas, à condition que l'argent aille dans la R&D (les ingénieurs) et pas dans la poche des dirigeants et des commerciaux...
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Avatar de Jon Shannow
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 11/10/2019 à 9:24
Citation Envoyé par pboulanger Voir le message
Subventionner des entreprises privées, ce n'est pas interdit par l'OMC? Les US ont bien fait condamner Airbus pour ça récemment, non?
Trump la loi c'est seulement quand ça l'arrange...
Pour une fois, je dirais que Trump est dans la même ligne que ses prédécesseurs. Les lois internationales ne sont valables pour les USA que si ça les arrange.
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Avatar de Cpt Anderson
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 20/05/2019 à 11:58
Pour les Etats Unis, le commerce mondialisé fonctionne que quand ils le dominent. Si une multinationale, quelle que soit son origine, fait un peu d'ombre à leurs grosses structures, on l'accuse de n'importe quoi. Une bonne guerre commerciale bien dégueulasse à l'américaine. Et le pire, c'est qu'ils imposent à l'occident tout entier de suivre leurs prérogatives sous peine de sanctions. On appelle ça une dictature.
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Avatar de pboulanger
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 11/10/2019 à 8:58
Subventionner des entreprises privées, ce n'est pas interdit par l'OMC? Les US ont bien fait condamner Airbus pour ça récemment, non?
Trump la loi c'est seulement quand ça l'arrange...
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Avatar de Jiji66
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 20/05/2019 à 15:31
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
....................
Le top ce serait de rester neutre "démerdez-vous entre-vous ça ne nous concerne pas", on achètera les smartphones du vainqueurs ^^ lol
...................
Moi je dirais que le top ce serait de pouvoir acheter des smartphones Européens !
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Avatar de rawsrc
Modérateur https://www.developpez.com
Le 23/05/2019 à 10:24
au rythme auquel ces deux états se pilonnent, ça ne peut aller qu'en empirant.
Par ailleurs, les 40 dernières années à servir d'usine du monde ont permis aux Chinois d'acquérir en 10 fois moins de temps le savoir et la technologie pour devenir autonome dans presque tous les domaines.

Je vous donne une des raisons pour laquelle cela s'envenime : Huawei se libère d’Intel en créant son propre processeur de serveurs, à ça vous rajoutez le bordel en mer de Chine, l'avance technologique et industrielle sur la 5G et l'expansionnisme dont fait preuve l'empire du milieu et vous avez tous les ingrédients pour une super télé-réalité avec des milliards de spectateurs.

L'arme la plus destructrice détenue par la Chine est le dollar : Les plus grosses réserves de change en dollars américain sont détenues par la Chine (et de loin), il leur suffirait de les lâcher dans la nature pour que les USA se trouvent en difficulté. Attaquer les USA sur leur monnaie c'est quasiment déclarer la guerre (militairement parlant).

Le reste, c'est que dalle. Il y aura de nouvelles puces entièrement made in China (conception, architecture et fabrication). Ils doivent quand même se marrer en haut lieu.
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