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La PDG d'IBM suggère de recruter sur la base des compétences au lieu des diplômes universitaires
Estimant cela essentiel pour l'avenir de la tech

Le , par Michael Guilloux

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Traditionnellement, l'accès à un emploi qualifié en général, et dans le domaine IT en particulier, est conditionné à l'obtention d'un diplôme universitaire ou d'études supérieures, parce que les universités et grandes écoles ont pendant longtemps eu le monopole de la formation. Mais ces dernières années, la formation s'est diversifiée avec de nouveaux acteurs qui prétendent permettre aux gens de se doter de compétences pertinentes sans avoir besoin de passer par les formations diplômantes conventionnelles. Ce qui nous emmène souvent à nous demander s'il ne viendra pas un jour où avoir un diplôme d'études supérieures ne sera pas une condition nécessaire dans le recrutement IT. En tout cas, certaines entreprises disent ne plus exiger de diplômes quand elles recrutent. C'est le cas par exemple de Google, Apple et IBM, comme l'a révélé Glassdoor en août dernier.

Cette décision serait liée à un effort visant à améliorer la diversité et à faciliter l'embauche de personnes qui passent par des boot camps ou qui poursuivent des études supérieures non traditionnelles. « Quand on observe des gens qui n'ont pas fait d'études supérieures et qui font leur chemin dans le monde [professionnel], ce sont des êtres humains exceptionnels », a déclaré Laszlo Bock, ancien vice-président senior de Google, chargé des opérations de personnel. « Et nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour trouver ces personnes », a-t-il ajouté.

Un peu dans le même sens, Joanna Daly, vice-présidente d'IBM chargée des talents a déclaré à CNBC en 2017 qu'environ 15 % des employés américains de son entreprise n'avaient pas de diplôme de niveau Bac+4. Elle a expliqué qu'au lieu de regarder exclusivement des candidats qui entraient à l'université, IBM se penche désormais sur les candidats ayant une expérience pratique via un boot camp de programmation ou par d'autres voies. Des propos qui viennent d'être confirmés par Virginia (Ginni) Rometty, la PDG du groupe IBM.


Virginia (Ginni) Rometty, PDG du groupe IBM

S'exprimant lors du Forum économique mondial en Suisse, la patronne d'IBM a soutenu qu'il est important que les sociétés de technologie s’emploient à recruter des personnes possédant des compétences précieuses, et pas seulement des diplômés d’université. Comme l'explique Ginni Rometty, « l'évolution rapide de la technologie au XXIe siècle fait qu'il est plus difficile de trouver un emploi, ce qui a conduit à la désillusion quant à l'avenir ». Pour se réinsérer ou briguer les nouveaux emplois créés par l'évolution technologique, beaucoup passent donc par des programmes d'apprentissage, des formations professionnelle, des formations intensives ou de courte durée, mais leur insertion n'est pas facile. C'est ce qu'a d'ailleurs montré le bilan 2017 de la Grande École du Numérique, une initiative française d'envergure nationale visant à démocratiser la programmation et les formations en informatique pour répondre à un certain besoin de talents dans le numérique. En juin dernier, la Grande École du Numérique a présenté dans son bilan un taux 23 % de CDI à la sortie.

Ce chiffre, qui pour certains est la preuve d'un échec, pourrait s'expliquer par la réticence des entreprises à embaucher de tels profils, un point que touche Ginni Rometty. « Avec les nouvelles technologies, je pense qu’il y a un énorme problème d’inclusion », dit-elle en faisant allusion à ces nombreuses personnes qui essaient d'avoir ou conserver des emplois dans le secteur des technologies. « Je pense que ceux d'entre nous qui bénéficient des technologies, nous avons un devoir très sérieux à ce sujet, car ces technologies évoluent plus rapidement que leurs compétences », un problème qui, selon la PDG d'IBM, provoque une « crise de compétences ».

Poursuivant son intervention, Ginni Rometty assure aux entreprises qu'elle va « embaucher sur la base des compétences, pas seulement sur la base des diplômes. » Sinon, nous ne pourrons jamais résoudre cette crise, dit-elle. « Nous les entreprises, nous sommes remplies de personnes avec des diplômes universitaires, des doctorats, mais il est temps d'être plus inclusifs et de faire de la place à tous les membres de la société », a déclaré Rometty.


En même temps, les formations diplômantes, avec tout le formalisme qu'il y a autour, n'offrent-elles plus de garantie que les autres types de formations que les candidats ont les compétences qu'ils revendiquent ?

Source

Et vous ?

Êtes-vous d’accord avec la PDG d’IBM ? Pourquoi ?
Exiger un diplôme d'études supérieures ne réduit-il pas le risque de recruter des personnes incompétentes ?
L’appel de Ginni Rometty pourrait-il est entendu en France de sitôt ?

Voir aussi :

La démocratisation du codage et des formations IT, quel est le but ? Remédier à une pénurie sur le marché de l'emploi ou baisser les salaires ?
Avoir un diplôme d'études supérieures restera-t-il une condition nécessaire dans le recrutement IT ? Google, Apple et IBM disent ne plus l'exiger
La Grande École du Numérique : 14 millions d'euros de subvention en 2017, mais seulement 23 % de CDI à la sortie, initiative utile ou inutile ?
Tim Cook, le CEO d'Apple, pense que pour les écoliers apprendre à coder devrait être plus important qu'apprendre l'anglais, partagez-vous cet avis ?
Des écoles numériques veulent former une nouvelle génération de codeurs « made in Africa », les écoles françaises sont les pionniers de l'aventure
Que pensez-vous des formations intensives en programmation ? Sont-elles plus efficaces que les formations classiques en informatique ?

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Avatar de gangsoleil
Modérateur https://www.developpez.com
Le 24/01/2019 à 14:59
Bonjour,

Bien sûr qu'elle a raison, tout du moins en partie. Oui, je préfère recruter quelqu'un de compétent que quelqu'un qui a un bon diplôme. Mais c'est quoi quelqu'un de compétent ? Comment je juge qu'une personne est compétente ? Il est beaucoup plus simple de se baser sur des diplômes que sur une évaluation au doigt mouillé ou tout autre critère hautement suggestif !

Nous avons tous connus des brèles à divers postes. Si le diplôme faisait tout, ils ne seraient pas là. Mais ces brèles réussissent également à évoluer au sein de l'entreprise, voir changer d'entreprise -- et quant on a plus de 10 ou 15 ans d'expérience, le diplôme n'est plus un grand critère. Donc ça veut dire que quelqu'un a jugé que ces brèles étaient compétentes pour ce poste, ce qui veut bien dire que le recrutement est compliqué.

Et puis il ne faut pas oublier qu'un diplôme type Bac +5 apprend aussi aux gens d'autres choses que juste de l'algo ou un langage. Un bac+5 standard est moins bon en développement qu'un Bac+2 ou 3 qui aura pour sa part passé 2 ou 3 ans à faire du dev. Mais il a aussi d'autres qualités (que les bac +2/3 peuvent avoir acquises hors cursus scolaire), qui sont normalement plus rapidement exploitable.

Quant au fait de recruter des gens qui font des boot-camp de programmation, c'est pareil : ce sont souvent de bons codeurs, mais ça ne veut pas dire qu'ils sont compétents pour être architecte ou autre -- ça ne veut pas non-plus dire qu'ils ne le sont pas.
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Avatar de Marauder
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 31/01/2019 à 18:30
J'ai bossé avec des BAC+5 qui m'ont très sérieusement inquiétés quant à leur connaissance en informatique (une expression régulière ? c'est quoi ? un masque binaire ? gné?)
Donc clairement les diplômes dans ce domaine ne servent que très peu. Ce qui compte c'est la motivation et la sensation que la personne comprend de quoi elle parle (ce qui se voit vite en entretien).
La capacité a être autodidacte, à s'adapter aux nouvelles technos est également essentielle, et ça, ça n'apparait pas sur un diplôme !

J'ai moi même été retenu par une RH puis finalement rejeté lorsque cette dernière a réalisé que je n'avais qu'un BAC+2 et qu'ils ne prenaient que les BAC+5. Au diable mes 25 années de pratique
Complètement débile quoi.
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Avatar de 7gyY9w1ZY6ySRgPeaefZ
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 31/01/2019 à 19:44
Citation Envoyé par Marauder Voir le message
J'ai bossé avec des BAC+5 qui m'ont très sérieusement inquiétés quant à leur connaissance en informatique (une expression régulière ? c'est quoi ? un masque binaire ? gné?)
Je prêche sûrement pour ma paroisse mais normalement un bac+5 apprend essentiellement à apprendre et à savoir que l'on sait peu de choses.
Ce n'est sûrement pas avec mon bac+5 en math que j'ai appris le dixième de ce qui me sert dans ma job de dba

Par contre, bac+5, bac+2, bac-3, comme pour les chasseurs de galinettes cendrés, il y a les bons... et les autres.
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Avatar de el_slapper
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 24/01/2019 à 15:26
Le truc, c'est quand même qu'on réduit les gens à un stack de compétences. Je préfère largement quelqu'un qui ne connait pas nos outils par cœur, mais qui sait penser à plusieurs niveaux d'abstraction. Et qui n'a pas peur d'apprendre. Et ça, ni les compétences ni le diplôme ne peuvent me le garantir.

Dernièrement, on a recruté un vétéran. Super bon dans sa partie, qui représente 70% de nos besoins. On avait besoin qu'il apprenne aussi les 30% restants, il a fait un blocage total. Terme a été mis à sa période d'essai. C'est très triste, mais ça fait partie des risques. Aucun stack de compétences ne sera total, ni aucun diplôme. Il n'y a pas de garanties. Et quand on tombe sur un débutant superbon qui se rend indispensable, 3 ans plus tard il part à la réunion pour faire de l'agriculture(authentique).

C'est la vie.
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Avatar de SimonDecoline
Membre expert https://www.developpez.com
Le 24/01/2019 à 9:03
Citation Envoyé par Michael Guilloux Voir le message
En juin dernier, la Grande École du Numérique a présenté dans son bilan un taux 23 % de CDI à la sortie.

Ce chiffre, qui pour certains est la preuve d'un échec, pourrait s'expliquer par la réticence des entreprises à embaucher de tels profils
Oui, ce doit être cela : les entreprises manquent de discernement. Par contre, qu'en France les formations universitaires sont quasi gratuites et de plutôt bonne qualité, ça n'a aucun rapport. Et que la Grande École du Numérique finance quasi n'importe quelle formation sans garantie de qualité, ça n'a aucun rapport non plus.
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Avatar de Mathieu__
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 24/01/2019 à 13:59
Après n'oubliez ps qu'elle parle surtout dans le contexte USA : des études très chères qui ferment des opportunités à des gens brillants. (malgré le crédit facile)

En France où les études sont quasi-gratuites ne rêvez pas : il faudra toujours un master.
2  0 
Avatar de el_slapper
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 01/02/2019 à 9:13
Citation Envoyé par Marauder Voir le message
J'ai bossé avec des BAC+5 qui m'ont très sérieusement inquiétés quant à leur connaissance en informatique (une expression régulière ? c'est quoi ? un masque binaire ? gné?)
Donc clairement les diplômes dans ce domaine ne servent que très peu. Ce qui compte c'est la motivation et la sensation que la personne comprend de quoi elle parle (ce qui se voit vite en entretien).
La capacité a être autodidacte, à s'adapter aux nouvelles technos est également essentielle, et ça, ça n'apparait pas sur un diplôme !

J'ai moi même été retenu par une RH puis finalement rejeté lorsque cette dernière a réalisé que je n'avais qu'un BAC+2 et qu'ils ne prenaient que les BAC+5. Au diable mes 25 années de pratique
Complètement débile quoi.
'me rappelle une histoire chez un assureur responsable..... Un jour, une dame est présentée par une SSII pour faire une tâche d'une technicité absolue(sarcasme) : identifier les numéros de téléphone en dur dans les programmes(même pas les remplacer par des paramètres, ça ne faisait pas partie du périmètre.....). Le client discute, regarde, puis finit par dire "c'est dommage, elle a l'air bien, mais c'est une BAC+2, je ne peux pas la prendre"(devant la dame en question). Le commercial, meilleur que la moyenne, a répondu du tac au tac "tu déconnes? elle a 20 ans d'expérience sur ta techno!!!". 7 ans plus tard, la dame était interne chez cet assureur responsable - c'était ma chef.

Mais ça ne marche pas avec tous les profils de clients, hélas.
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Avatar de fredoche
Membre expert https://www.developpez.com
Le 25/01/2019 à 11:26
Je vais dire une connerie (j'ai l'habitude ), pour que vous sentiez un peu la chose : le jardinage.
Ça se planifie sur plusieurs mois, on organise son terrain, ses semis, ses plantations, repiquages, traitements, arrosages, entretien et désherbage, récoltes.
C'est le genre d'activité où l'abstraction est obligatoire.

Et il y en a des tas comme ça.

J'ai piloté la construction de ma maison, fait les plans et le permis de construire, géré et coordonné la maitrise d’œuvre et les entreprises intervenantes, réalisé de nombreux lots, etc. Là aussi cela suppose différents formes d'abstraction qui n'ont rien à voir avec les mathématiques.

Et rien de spécifique à l'informatique non plus
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Avatar de el_slapper
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 25/01/2019 à 14:46
Citation Envoyé par Mat.M Voir le message
bonsoir El_slapper désolé de faire preuve d'arrogance mais je l'ai déjà écris sur ce forum oui les compétences sur les technos ( comme Java ou .Net) ça ne sert pas à grand-chose, le plus important c'est d'être capable de conceptualiser sur un projet donc par conséquent de faire des niveaux d'abstractions comme tu l'écris.
Parce que les niveaux d'abstractions dont tu parles c'est primordial dans la phase de conceptualisation d'un projet, de faire du code, l'architecture et donc de faire des spécifications techniques...
Je suis déjà intervenu dans ce sens sur d'autres sujets. Je suis donc presque d'accord. Mais.....

Citation Envoyé par Mat.M Voir le message
à mon sens c'est pour cela que les SSII préférent embaucher des "chefs de projets" plutôt que des codeurs experts dans telle ou telle techno.
comme tu le dit ci-dessous, le chef de projet est un concept fumeux. Mais j'ajouterais que les capacité cognitives ne suffisent pas. Une certaine habitude est nécessaire aussi. Sur mon stack techno, je serais performant immédiatement. Quand parfois j'ai a faire du système sous Linux, je m'en sors parceque je suis futé, mais ça prend des heures parce-que je n'ai pas les bons réflexes. Quand pour une raison X ou Y on a besoin de quelqu'un opérationnel immédiatement(exemple vécu : remplacer au pied levé un départ peu avant la fin du projet), eh bien on prend quelqu'un qui connait parfaitement la techno. Même si sur le long terme il ne sera pas le meilleur.

Citation Envoyé par Mat.M Voir le message
Cependant les SSII et le monde du travail du numérique dans leur recrutement se montrent totalement incapables de définir ce qu'est un chef de projet et de rendre la fonction normative
Et puis de toutes façons, l'intelligence, c'est bien au niveau du développeur qu'il la faut(même si un bon chef, ça aide carrément aussi).

Citation Envoyé par Mat.M Voir le message
Ce qui fait que des personnes qui sont recrutées ne sont peut-être pas toujours à la hauteur des tâches demandées.
C'est toute l'histoire du monde du travail, ça...

Citation Envoyé par Mat.M Voir le message
Maintenant qu'est-ce qui permet de développer l'abstraction ? Les mathématiques ? C'est un autre débat
Aucune idée. Et est-ce que c'est uniquement inné, ou est-ce que ça a une part d'acquis?
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Avatar de stephA209
Futur Membre du Club https://www.developpez.com
Le 01/02/2019 à 8:40
Il y a plusieurs niveaux d'interprétation dans ce message :
- Recruter du personnel sur ces compétences plutôt que sur un diplôme : Il faut déjà comprendre ce qu'il y a derrière le diplôme, et le coût d'obtention de ce dernier qui n'est pas lié aux compétences du candidat (université vs certaines écoles d'ingé)
- Une entreprise à besoin de compétences, et les entretiens d'embauche comme la période d'essai permettent justement au candidat de montrer sa valeur, ou à l'entreprise de valider les compétences recherchées.
- Embaucher sans diplôme : aucune loi n'interdit aux entreprise de le faire, mai par contre la loi est très pratique lorsqu'il s'agit de rémunérer le salarié en fonction de ... leur diplôme !
- Et si l'état investissait massivement dans la formation et la recherche ?
Remettez ce message dans le contexte de transformation du système éducatif vers un modèle payant ...
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