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Un document interne de Google révèle une disparité flagrante de traitement entre les Googlers et les sous-traitants
Doit-on s'en offusquer ?

Le , par Olivier Famien

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Quand les activités d’une entreprise croissent, en général, elle se tourne vers des personnes ressources tierces pour continuer à assurer à la pérennité de ses activités. Google, le géant de la recherche en ligne, ou plus largement Alphabet, son entreprise mère, ne fait pas exception à la règle et compte en son sein, en plus des employés à temps plein (abrégé ETP) appelés également les Googlers, des personnes non embauchées par la firme composées d’intérimaires, de fournisseurs et de sous-traitants (abrégé TVC en anglais). Selon les chiffres communiqués par un employé de l’entreprise, sur environ 170 ;000 personnes dans le monde qui travaillent actuellement chez Google, 50,05 % sont des ETP et 49,95 %, sont des TVC.

Pour de meilleurs rapports entre ces deux groupes de personnes, Google a édité un document de formation baptisé « ;L’ABC des TVC ;» pour expliquer aux Googlers comment travailler avec les TVC. Dans ce manuel paru à la connaissance au quotidien d’information The Guardian, les ETP ont pour instruction de ne pas récompenser les TVC avec des avantages comme des t-shirts, des invitations à des réunions à distance ou encore leur permettre de suivre une formation de développement professionnel.

En guise d’exemple, le manuel explique que si l’équipe de fournisseurs de Gary (travailleur lambda chez Google) vient à franchir une étape importante, Gary ne peut pas les récompenser avec des chemises du magasin Google, des cadeaux publicitaires, des primes, car ces éléments sont considérés comme un revenu imposable pour l’individu. Et vu que l’employeur des TVC n’est pas Google, il n’est donc pas permis à Gary d’offrir ces présents en signe d’encouragement. Pour apprécier donc le travail de ces sous-traitants, Google suggère aux Googlers de rédiger une note de remerciement en mettant en copie leur employeur, ou d’envoyer une note sur la page G+, le réseau social utilisé par Google en interne.

Selon les informations collectées par The Guardian, le document explique que « ;Nos politiques existent parce que les accords de travail de TVC peuvent comporter des risques importants ;». Comme risques, le document en cite trois principalement : une déviation du « ;code de conduite ;», telle que des préoccupations concernant le harcèlement ou la discrimination ;; des risques pour la sécurité et la vie privée ;; et des risques de « ;co-emploi ;».

C’est ce troisième type de risque qui retient le plus l’attention dans le document. « ;Le co-emploi est une relation entre deux ou plusieurs employeurs dans laquelle chacun a des droits et des devoirs légaux, réels ou potentiels, vis-à-vis du même employé ;», explique le document. « ;S’il était reconnu comme un employeur conjoint d’un TVC par une agence ou un tribunal, Alphabet pourrait être tenu pour responsable des obligations de l’employeur, ainsi que des actes et omissions donnant lieu à des actions en justice liées à l’emploi ;».

Dans un autre point du document, il est mentionné que comme les TVC ne sont pas des employés d’Alphabet, ils ne peuvent se décrire comme tels sur leurs CV ou des sites externes comme les médias sociaux. Si donc un TVC venait à se présenter comme un travailleur d’Alphabet, les Googlers sont invités à « ;s’adresser directement au responsable temporaire ;», à signaler le fait via un formulaire anonyme, ou à le signaler à Alphabet directement.

En plus de ces contraintes, le fait de travailler en tant que TVC chez Google vous prive également de la possibilité de payer vos frais de voyage avec Gcard dans certaines circonstances, ou ne vous permet pas d’effectuer une formation au-delà de ce dont vous avez besoin pour faire votre travail quotidiennement. Non plus les TVC ne peuvent pas s’inscrire ou suivre des formations non techniques ou des formations de développement professionnel.

Si vous faites partie des TVC, alors, cela signifie que vous disposez d’un badge de couleur rouge. Les employés de Google eux bénéficient d’un badge de couleur blanche. Avec un badge de couleur rouge, les TVC ne sont pas invités à prendre part à un certain nombre de réunions comme les réunions générales, les réunions hors équipe ou les réunions hebdomadaires « ;TGIF ;» de l’entreprise. Selon des sources anonymes, l’entreprise emploie souvent des agents de sécurité pour se tenir à l’extérieur des réunions, laissant passer les employés dont les badges sont blancs (ETP) et gardant à l’extérieur les TVC dont les badges sont rouges. Et pour comble de l’ironie les gardes de sécurité eux-mêmes sont des sous-traitants et portent des badges rouges.


Toutes ces inégalités de traitement ont poussé les travailleurs chez Google à adresser une lettre ouverte au CEO de Google, Sundar Pichai, le 5 décembre dernier, pour faire part de leurs préoccupations sur certains faits comme des salaires plus bas et des « ;avantages minimaux ;». La lettre déclarait également que « ;Google refuse systématiquement aux TVC l’accès à des informations pertinentes pour nos emplois et nos vies ;». « ;Lorsque la tragique fusillade s’est produite au siège de YouTube en avril dernier, l’entreprise a envoyé des mises à jour de sécurité en temps réel uniquement aux employés à temps plein, laissant les TVC sans défense dans la ligne de mire. Les TVC ont ensuite été exclues de la discussion du lendemain au conseil municipal ;», rapporte la lettre. Mais Google a contesté ces faits, affirmant qu’il s’est employé à fournir aux TVC des mises à jour de sécurité lors de l’incident.

Cette différentiation dans le traitement s’est également fait sentir lorsqu’en novembre dernier, 20 ;000 travailleurs se sont joints à une manifestation mondiale. L’entreprise a rapidement cédé sur l’arbitrage forcé lors du règlement de certaines affaires et l’a rendu optionnel dans le cas du harcèlement sexuel, mais uniquement pour les ETP.

Pour de nombreuses personnes, il n’y a aucunement de tort causé aux TVC, dans la mesure où ils ne travaillent pas pour Google. Il est donc normal qu’ils ne bénéficient pas des avantages de la firme, même s’ils travaillent sur le même espace géographique que les Googlers. S’ils ont à se plaindre, qu’ils voient leurs employeurs, avancent ces derniers. Mais pour d’autres personnes, vu que ces personnes accomplissent parfois les mêmes tâches que les employés à temps plein de Google, il serait donc juste qu’elles bénéficient de certains privilèges comme les bonus ou la participation à certaines réunions, ce qui pourrait même être bénéfique pour Google.

Source : The Guardian

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