UE : les États membres vont collaborer pour stimuler l'intelligence artificielle « fabriquée en Europe »
Pour combler le retard pris sur les USA

Le , par Stéphane le calme

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Dans sa stratégie sur l'IA pour l'Europe, la Commission a proposé de travailler avec les États membres sur un plan coordonné pour l'IA pour la fin de l'année 2018, dans le but de maximiser les retombées des investissements au niveau de l'UE et des États membres, d'encourager les synergies et la coopération dans l'ensemble de l'UE, d'échanger les meilleures pratiques et de définir conjointement la voie à suivre pour faire en sorte que l'UE dans son ensemble puisse rivaliser avec la concurrence internationale. Cette proposition de plan coordonné s'est inspirée de la déclaration de coopération sur l'IA lancée en avril 2018 lors de la Journée du numérique et signée par l'ensemble des États membres et par la Norvège. Cette stratégie a été approuvée par le Conseil européen en juin 2018.

Le plan coordonné concernant l'IA « fabriquée en Europe » expose en détail les actions qui démarreront en 2019 ou 2020 et prépare le terrain pour les actions à mener dans les années à venir. La coordination avec les États membres se poursuivra et le plan sera revu et mis à jour tous les ans. AI Watch, le nouveau centre de connaissances sur l'IA de la Commission, permettra d'assurer le suivi du développement de l'IA en Europe et de la mise en œuvre du plan coordonné.

Le succès de ce plan repose sur l'achèvement du marché unique numérique et de son cadre réglementaire. Les États membres et le Parlement européen doivent se mettre d'accord le plus rapidement possible sur les propositions législatives concernant la cybersécurité, les données ouvertes et le prochain budget de l'UE, qui prévoit un financement pour la recherche et l'innovation, ainsi que le déploiement des technologies d'IA.


Au cours des six derniers mois, les représentants des États membres, de la Norvège, de la Suisse et de la Commission se sont réunis pour recenser les synergies et les actions communes qui seront désormais réexaminées et mises à jour tous les ans. La priorité a été donnée à des domaines d'intérêt public, tels que les soins de santé, les transports et la mobilité, la sécurité et l'énergie. Les décisions prises sont les suivantes:

Maximiser les investissements par l'intermédiaire de partenariats

Par rapport à d'autres régions du monde telles que les États-Unis et la Chine, le secteur européen de l'IA est caractérisé par la faiblesse et la fragmentation des investissements. Dans le droit fil de la stratégie présentée en avril, le plan prévoit une coordination accrue des investissements, ce qui renforce les synergies et permet de consacrer au moins 20 milliards d'euros d'investissements publics et privés à la recherche et l'innovation dans le domaine de l'IA d'ici à la fin de 2020 et plus de 20 milliards d'euros par an d'investissements publics et privés au cours de la décennie suivante. En complément des investissements nationaux, la Commission va investir 1,5 milliard d'euros d'ici à 2020, soit une augmentation de 70 % par rapport à la période 2014-2017. Pour le prochain budget à long terme de l'UE (2021-2027), l'UE a proposé d'investir au moins 7 milliards d'euros au titre du programme «Horizon Europe» et du programme pour une Europe numérique.

Les actions communes proposées pour atteindre ces objectifs d'investissement sont notamment les suivantes:
  • Stratégies nationales en matière d'IA: d'ici à la mi-2019, tous les États membres devraient avoir mis en place des stratégies nationales indiquant les niveaux d'investissement et les mesures de mise en œuvre prévus, qui alimenteront les débats au niveau de l'UE.
  • Un nouveau partenariat public-privé européen dans le domaine de l'IA: un nouveau partenariat pour la recherche et l'innovation dans le domaine de l'IA sera mis en place pour encourager la collaboration entre le monde universitaire et l'industrie en Europe et définir un agenda de recherche stratégique commun pour l'IA.
  • Un nouveau fonds pour favoriser l'expansion dans le domaine de l'IA: La Commission va soutenir les jeunes pousses et entreprises innovantes du secteur de l'IA et des chaînes de blocs qui sont en phase de démarrage, ainsi que les entreprises en phase d'expansion.
  • Créer et mettre en réseau des centres d'excellence de classe mondiale en matière d'IA: Des centres d'excellence en matière d'IA seront créés et mis en réseau, des installations d'essai de classe mondiale seront mises en place dans des domaines tels que la mobilité connectée, et l'adoption de l'IA dans tous les secteurs de l'économie sera encouragée par des pôles d'innovation numérique (66 millions d'euros ont été annoncés le 7 décembre 2018 pour les pôles de robotique). Une initiative pilote du Conseil européen de l'innovation sera également lancée pour soutenir la prochaine génération de technologies de l'IA.

Créer des espaces européens des données

Pour développer la technologie de l'IA, il faut pouvoir disposer de vastes ensembles de données solides et sûres. Conjointement avec les pays européens, la Commission créera des espaces européens de données communs afin de permettre un partage des données transfrontières fluide, tout en veillant à ce que le règlement général sur la protection des données soit pleinement respecté. L'IA peut présenter des avantages particuliers pour le secteur de la santé: en coordination avec les États membres, la Commission soutiendra la mise au point d'une base de données commune d'images médicales anonymisées, fondée sur les dons des patients, afin d'améliorer les diagnostics et le traitement du cancer grâce à l'IA. D'ici à la mi-2019, la Commission mettra en place un centre de soutien pour le partage des données qui sera chargé de fournir des conseils pratiques à l'intention de tous les acteurs européens de l'économie des données.

Favoriser le talent, les compétences et l'apprentissage tout au long de la vie

Il est essentiel de pouvoir compter sur des talents en Europe pour le développement et l'utilisation de l'IA, mais les pays de l'UE sont confrontés à des pénuries de professionnels des TIC et manquent de cursus spécialisés en IA dans l'enseignement supérieur. C'est la raison pour laquelle la Commission, avec les pays européens, accordera un soutien aux diplômes avancés dans le domaine de l'IA au moyen, par exemple, de bourses d'études spécifiques. La Commission continuera également à soutenir les compétences numériques et l'apprentissage tout au long de la vie pour l'ensemble de la société, et en particulier pour ceux qui seront les plus touchés par l'IA, comme elle l'a annoncé dans sa stratégie sur l'IA. Pour garantir le développement d'une IA axée sur le facteur humain, il est également important que l'IA figure dans les programmes d'enseignement d'autres disciplines, telles que le droit. Tirer le meilleur parti des possibilités offertes par le système de carte bleue européenne permettra aussi d'attirer et de conserver en Europe des professionnels hautement qualifiés dans le domaine de l'IA.

Développer une IA éthique et digne de confiance

L'IA soulève de nouvelles questions éthiques, telles que la partialité dans la prise de décisions. Pour susciter la confiance, qui est nécessaire pour que les sociétés acceptent et utilisent l'IA, le plan coordonné doit permettre de développer une technologie respectueuse des droits fondamentaux et des règles éthiques. Un groupe européen d'experts, composé de représentants des milieux universitaires, des entreprises et de la société civile, travaille actuellement sur des lignes directrices éthiques pour le développement et l'utilisation de l'IA. Une première version sera publiée d'ici à la fin de 2018 et les experts présenteront leur version finale à la Commission en mars 2019 au terme d'une consultation élargie dans le cadre de l'Alliance européenne pour l'IA. L'ambition est, ensuite, de porter l'approche éthique de l'Europe sur la scène mondiale. La Commission va ouvrir la coopération à l'ensemble des pays tiers désireux de partager des valeurs communes.

Commentaires des responsables

Andrus Ansip, vice-président pour le marché unique numérique, s'est félicité de cette étape importante: «Je suis heureux de voir que les pays européens ont bien progressé. Nous avons décidé de travailler ensemble pour mettre en commun les données — la matière première de l'lA — dans des secteurs tels que les soins de santé afin d'améliorer les diagnostics et le traitement du cancer. Nous coordonnerons les investissements: notre objectif est de dégager au moins 20 milliards d'euros d'investissements privés et publics d'ici à la fin de 2020. C'est essentiel pour la croissance et l'emploi. L'IA n'est pas un domaine accessoire, elle façonnera notre avenir.»

Mariya Gabriel, commissaire pour l'économie et la société numériques, s'est exprimée en ces termes: «Comme l'électricité jadis, l'IA transforme notre monde. En collaboration avec les États membres, nous allons accroître les investissements pour déployer l'IA dans tous les secteurs de l'économie, soutenir des compétences de pointe et maximiser la disponibilité des données. Le plan d'action coordonné va permettre à l'Europe de profiter des avantages qu'offre l'IA aux citoyens et aux entreprises et d'être compétitive au niveau mondial, en préservant la confiance et dans le respect de valeurs éthiques».

Source : Commission européenne

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Avatar de Luckyluke34
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 11/12/2018 à 15:44
Comme d'habitude, la Commission européenne ne veut pas se mouiller directement et se perd dans d'obscurs "accords" et "programmes" de "coordination" dont on ne sait pas bien qui sortira gagnant à part une poignée de startups et multinationales qui vont s'engouffrer dans la brèche. Le communiqué de presse est d'une novlangue bureaucratique incompréhensible pour le commun des mortels.

Quand on sait que le seul MIT vient d'annoncer pragmatiquement la fondation d'une université dédiée à l'IA dotée d'un milliard de dollars...

L'UE définit, débat, favorise, soutient, conseille, planifie, labélise. Les Etats-Unis font.
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Avatar de chada2
Nouveau membre du Club https://www.developpez.com
Le 12/12/2018 à 22:59
Le fond du problème, il est simple : la firme chinoise utilise un système de cryptage qui empêche la NSA d’intercepter ses communications. De nombreux gouvernements et services secrets dans le monde non occidental ont d'ailleurs commencé à s’équiper exclusivement de matériels Huawei afin de protéger la confidentialité de leurs communications.

Le constat, lui, est accablant pour les USA : ils n'ont plus la capacité technologique suffisante pour casser les codes des puces chinoises et russes.
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