La « main-d'œuvre fantôme » de Google réclame des salaires plus élevés et des avantages égaux à ceux des employés,
Dans une lettre ouverte au PDG

Le , par Stan Adkens, Chroniqueur Actualités
Des mouvements de protestation de personnel continuent chez Google. Cette fois, selon un courrier publié par Médium le mercredi, il ne s’agit uniquement que des TVC (travailleurs temporaires, vendeurs et contractuels), des travailleurs indépendants qui ne sont donc pas considérés comme des employés à plein-temps par l’employeur. Dans la lettre ouverte au PDG de Google, Sundar Pichai, la « main-d'œuvre fantôme » du géant de la technologie réclame des salaires plus élevés et des avantages égaux à ceux des employés à plein-temps.

Les TVC ont toujours participé avec les employés permanents aux précédents mouvements de protestation contre la direction de leur employeur pour certains aspects de sa culture interne.

En avril dernier, les employés de Google se sont opposés à la participation de la société au projet Maven. Maven est un projet militaire qui vise à améliorer les opérations de drones en utilisant des technologies de reconnaissance d'images. Son objectif étant de fournir à l'armée une vision par ordinateur avancée, permettant la détection et l'identification automatique d'objets capturés par la caméra d'un drone. Maven utilisait TensorFlow, la technologie open source d'apprentissage automatique de Google et l’implication de Google avait également été révélée en mars dernier. Google a renoncé ensuite à sa participation dans le projet suite à une lettre ouverte signée par des milliers d’employés de Google en signe de protestation contre sa collaboration avec Pentagone.

En octobre, une autre vague d’indignation s’est levée parmi les 150 000 employés de la société mère de Google à cause des tensions vives de harcèlement sexuel au sein de Google. Google aurait versé des millions de dollars en plans de départ volontaire à des cadres accusés de harcèlement et aurait gardé le silence sur les transactions effectuées. « Google est célèbre pour sa culture. Mais en réalité, nous ne recevons pas les mêmes bases du respect, de la justice et de l’équité pour chaque personne ici », a déclaré Claire Stapleton, responsable du marketing produit chez Youtube.

C’est encore dans un mouvement commun que les employés permanents comme non-permanents de Google se sont opposés, en novembre, au projet de moteur de recherches censuré en Chine, à travers une lettre ouverte adressée à l’administration de Google.

Cependant, les employés non-permanents de Google se sentent lésés par rapport à leurs collègues travailleurs à plein-temps. Et pourtant, en octobre dernier, CNBC avait annoncé que le nombre de travailleurs indépendants avait dépassé le nombre des employés plein-temps chez Google. En effet, les multinationales telles que Google, Facebook, Amazon, Uber ainsi que d’autres grandes enseignes de la technologie de la Silicon Valley emploient maintenant des milliers de contractuels pour accomplir de nombreuses fonctions, allant de la vente à la rédaction de code, en passant par la gestion d’équipes et le test de produits. Les TVC pensent que, en tant que travailleurs de Google contribuant au chiffre d’affaires, ils ne sont pas assez pris en considération comme leurs collègues travailleurs permanents.


Selon la lettre ouverte, les TVC ont besoin de transparence, de responsabilité et de changement structurel pour garantir l'équité à tous les employés de Google. « La mission de Google est " d'organiser les informations mondiales et de les rendre universellement accessibles ". Cependant, la société ne respecte pas cette norme sur son propre lieu de travail. Google refuse régulièrement aux TVC l'accès à des informations pertinentes pour nos emplois et nos vies. », ont-ils écrit. La lettre énumère des exemples de discrimination dont les TVC font l’objet dans leur travail chez Google.

Selon le courrier, après la fusillade au siège de Youtube en avril, les TVC n’ont pas été traité de la même manière que les employés permanents en ce qui concerne la mise à jour de sécurité afin de protéger les travailleurs. « Lorsque la tragique fusillade s'est produite à YouTube en avril dernier, la société a envoyé des mises à jour de sécurité en temps réel uniquement aux employés permanents, laissant les TVC sans défense dans la ligne de feu. »

Cependant, selon les déclarations d’un porte-parole à CNBC, Google avait travaillé pendant la fusillade pour fournir des mises à jour parallèles aux employés permanents comme aux TVC. Le porte parole a ajouté que ces mises à jour ont été, dans certains cas, envoyées par l'intermédiaire de l'employeur de la TVC.

La lettre indique également que les TVC sont privés de plusieurs communications importantes dont bénéficient les employés permanents de leur employeur. « L'exclusion des TVC des communications importantes et du traitement équitable fait partie d'un système de racisme institutionnel, de sexisme et de discrimination. Les TVC sont de manière disproportionnée des personnes appartenant à des groupes marginalisés qui sont traités comme moins méritants de compensation, d'opportunités, de protection sur le lieu de travail et de respect. », ont-ils écrit.

Selon les TVC, après la marche, pour exiger des conditions équitables de travail pour tous les travailleurs, organisée par 20 000 employés de Google y compris les travailleurs non-permanents, les TVC n’ont pas été associés à la discussion élargie de l'entreprise qui s’en est suivie une semaine plus tard. La lettre évoque également la différence entre les badges portés par les deux catégories de travailleurs qui renforce la discrimination et la séparation, et une autre différence de traitement salarial et d’avantages pour le même travail que font les deux types d’employés de la société.

Un porte-parole de Google a déclaré à CNBC que les TVC ont été invité à la réunion élargie de Google à Youtube.

Les TVC, pour finir avec cette situation de maltraitance et d’ignorance par leur employeur, réclament la fin des inégalités salariales et des chances. « Nous réclamons une meilleure rémunération et un accès à des avantages qui répondent aux normes des employés permanents, notamment des soins de santé de haute qualité, des vacances payées, des congés de maladie payés, des congés familiaux et des primes. », indique la lettre. « Accès aux informations de l'entreprise dans les mêmes conditions que les employés à plein-temps. », ont-ils ajouté, selon le courrier partagé par Medium.

Toute fois, la lutte pour de meilleures conditions de travail des TVC ne fait que commencer. En effet, Google ne considère pas les TVC comme ses employés. Un porte-parole de Google l’a confié à CNBC en octobre dernier : « En fin de journée, les TVC constituent une partie importante de la main-d'œuvre, mais ils ne sont pas des employés de Google et ne sont pas au courant des mêmes informations confidentielles de l'entreprise au même titre que Googlers à plein-temps. »

Source : CNBC, Medium

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