La Silicon Valley premier eldorado des informaticiens ?
Issus du Canada ou de la France, ils n'auraient d'yeux que pour les States

Le , par Patrick Ruiz, Chroniqueur Actualités
Le Canada compte Vancouver – une ville portuaire de Colombie-Britannique – dans le top 10 des cités qui offrent les meilleures infrastructures pour retenir les grosses têtes de l’univers de la Tech d’après des statistiques de la firme Expert Market. Toutefois, selon une étude de l’université de Toronto relayée par le quotidien de langue anglaise The Globe and Mail, le pays ferait face à une fuite criarde de cerveaux au profit du voisin étasunien.

L’étude de la Munk School of Global Affairs a porté sur un public de 3162 diplômés en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STEM) de trois des meilleures universités du pays (Colombie-Britannique, Waterloo et Toronto) en 2015 et 2016 – données extraites de profils LinkedIn. Il en ressort que 25 % des participants à l’enquête ont choisi de travailler à l’extérieur du Canada et que les États-Unis ont absorbé la plus grosse proportion (81,51 %) de ce lot de personnes. Les chercheurs de la Munk School of Global Affairs rapportent à ce propos que d’après des études universitaires, dès que la barre de 20 % du flux migratoire des cerveaux est dépassée, le pays d’origine est en pôle position pour subir des effets négatifs.

L’équipe universitaire a ensuite opéré sur un échantillon plus restreint de 671 individus dont les profils collent avec une douzaine de spécialités STEM dont 3 liées à l’informatique (qui regroupent à elles seules près de 65 % de cet effectif). Les statistiques publiées font état de ce qu’en génie logiciel seulement, les USA monopolisent 40 des 60 profils concernés, soit 66 %. Le chiffre n’est pas aussi élevé en ingénierie informatique orientée hardware – computer engineering en anglais, mais atteint 30 % (40 des 135 profils détectés par les chercheurs). Avec une tendance similaire dans la filière recherche en informatique (30%), la conclusion chatouille les lèvres.


En France, un article du quotidien La Croix paru en février 2018 déblaie le chemin avec un titre qui en dit long sur la tendance : le pays est en panne d’informaticiens. « Quand je recrute un développeur, c’est moi qui passe l’entretien d’embauche ! Salaire, horaire, ambiance forcément cool … je dois faire l’article pour attirer ces jeunes qui ont le choix entre dix offres d’emploi », déclare Hugues Salord, directeur général de Santévet, une PME lyonnaise qui vend des produits d’assurance santé pour chiens et chats.

« Partout en France, quel que soit le secteur d’activité, le recrutement d’informaticiens relève du parcours du combattant. Les développeurs en particulier – ceux qui écrivent les logiciels – sont devenus les rois du marché du travail », écrit le quotidien. « Les candidats sont en position de force et ils le savent très bien », rapporte-t-il des propos de Julien Weyrich, directeur senior du cabinet de recrutement Page Personnel.

Au-delà de multiples facteurs – évoqués par le quotidien La Croix – et censés expliquer pourquoi l’offre ne suit pas la demande : définition imprécise des besoins en termes de compétences et de volume, formation initiale inadéquate dans le contexte actuel, obsolescence des connaissances des informaticiens des années ‘90, etc. il y a très probablement le facteur gain qui compte pour beaucoup. Julien Weyrich le mentionne d’ailleurs : les jeunes pousses demandent un bon salaire.

Dans un monde connecté où on est au courant de l’évolution globale, les incitatifs financiers proposés sous d’autres cieux peuvent suffire pour polariser fortement la décision de rester ou pas de ceux qui possèdent les compétences requises. Il n’y a qu’à voir avec les salaires offerts aux chercheurs en intelligence artificielle aux États-Unis : entre 300 000 et 500 000 dollars par an. Hors de la sphère de l’IA, aux USA le salaire annuel moyen tourne autour de 100 000 $ pour un employé de la Tech. En comparaison, il est de 73 000 $ annuel au Canada et de 56 000 $ en France, d’après l’étude de la Munk School of Global Affairs.

Les États-Unis, destination privilégiée des informaticiens français ? Sur la base des contenus de l’article du quotidien La Croix uniquement, pas aisé de trancher. Toutefois, si l’on s’en tient à des développements du Sénat français à ce sujet, les USA comptent pour beaucoup dans les départs des informaticiens de France et même d’Europe.

Sources : Enquête (format PDF), Sénat, La Croix

Et vous ?

Que pensez-vous de la tendance canadienne publiée par la Munk School of Global Affairs ?

Pensez-vous que les USA trônent comme premier eldorado des informaticiens du monde entier ? Sinon, quel pays offre de meilleures rémunérations et conditions de travail d’après vous ?

Avez-vous eu des expériences de travail aux USA et dans d’autres pays du monde ? Si oui, quelles comparaisons faites-vous avec la France sur le plan salarial et des conditions ?

Le salaire proposé pour votre actuel emploi de développeur en France vous satisfait-il ? Sinon, pourriez-vous dresser une liste de pays vers lesquels vous envisagez de partir et expliquer vos motivations au cas par cas ?

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Avatar de robertledoux robertledoux - Membre régulier https://www.developpez.com
le 05/05/2018 à 16:18
le salaire annuel moyen tourne autour de 100 000 $ pour un employé de la Tech. En comparaison, il est de 73 000 $ annuel au Canada et de 56 000 $ en France, d’après l’étude de la Munk School of Global Affairs.
Et après avoir payé un logement, la couverture santé et autres factures de tous les jours ?

le recrutement d’informaticiens relève du parcours du combattant. Les développeurs en particulier
C'est peut être du au fait que pour beaucoup de société (pas toutes), le développeur, qui en plus d'être un consommable et souvent vu comme un simple pisseur de code.

Après je ne parle pas des annonces ridicules d'entreprises qui soit passent 98% de l'annonce pour vendre leur baby-foot (attention à celles là) ou celles qui ont zéro fun mais recherche des moutons à cinq pattes ou les mec qui remplacerait équivalent de x personnes (dev, admin sys, dba, ...)
Avatar de datalandia datalandia - Bot Troll en alpha-test https://www.developpez.com
le 05/05/2018 à 18:09
je crois pas


Oui le salaire est élevée, susurrement plus élevée qu'en France même en enlevant les charges (sécurité social, école privé...)
Oui on dois surement y faire un job passionnant qui vas changer le monde

mais si c'est pour vivre dans un 9m^2 au mieux...

Je suis bien en France dans ma grande maison de campagne, je peut me payer ce je veut donc avoir un salaire de 50000$ ou de 100000$ je m'en moque tant que le coût de la vie est en adéquation avec mon salaire.
Leur valleay de silicon ils peuvent se la mettre ou je pense. Le meilleur endroit du monde c'est trou_paumer_dans_pays_riche
j'ai accès au infrastructure nécessaire et de qualité (hôpitaux, police, pompier...), le coût de la vie est pas cher, la taxe d'habitation est pas cher, ma voiture diesel je la gare gratos dans mon garage...

Vivre dans une cage a lapin et en plus me faire insulter de pollueur parceque je roule pas en tesla et subir les taxes anti diesel/essence+parking non merci
J'ai pas fait de grosse étude pour vivre plus misérablement qu'un diplômé bac pro qui vit en Campagne

Le bon plan c'est de vivre dans le centre de la France et de télé travailler en silicon valey a 100000$, la oui je suis d'accord ce sera rentable pour moi.

Je reçois pleins d'offre me promettant monde est merveille a Paris, merci mais non merci. Paris plutôt mourir que d'y aller, alors Los Angeles même pas en rêve.
Avatar de MikeRowSoft MikeRowSoft - I.A. en bêta-test https://www.developpez.com
le 05/05/2018 à 19:28
Citation Envoyé par datalandia Voir le message
Je suis bien en France dans ma grande maison de campagne, je peut me payer ce je veut donc avoir un salaire de 50000$ ou de 100000$ je m'en moque tant que le coût de la vie est en adéquation avec mon salaire.

Citation Envoyé par datalandia Voir le message
J'ai pas fait de grosse étude pour vivre plus misérablement qu'un diplômé bac pro qui vit en Campagne
Tu en as de la chance. Pas la peine de penser au autres cas.
Citation Envoyé par datalandia Voir le message
Le bon plan c'est de vivre dans le centre de la France et de télé travailler en silicon valey a 100000$, la oui je suis d'accord ce sera rentable pour moi.
aucunement question de chomage quand on a du talent. L'espoir d'avoir des miettes s'envole.

En résumé :
Avatar de Mrsky Mrsky - Membre éclairé https://www.developpez.com
le 06/05/2018 à 7:36
La Silicon Valley n'est clairement pas l'Eldorado si votre but c'est d'être salarié et d'avoir le meilleur niveau de vie possible (salaire contre coût de la vie). Les USA sont très attirants à ce niveau mais dans d'autres grandes villes genre Seattle, Dallas, etc où les salaires sont un poil moins élevés mais le coût de la vie surtout niveau logement est beaucoup plus bas. Sinon si la distance ne vous effraye pas, en Australie un dev senior c'est 150k+ sur Sydney ou Melbourne, en Nouvelle Zélande c'est 100k+ sur Auckland ou Wellington. Visez les villes Australiennes si vous êtes plutôt citadin, et les villes Néo-Zélandaises si vous êtes plutôt maison et campagne.

Aller en Silicon Valley je pense que c'est soit temporairement pour l'expérience, soit si vous êtes un super expert dans un domaine auquel cas vous pourrez effectivement prétendre à des salaires inatteignables pour le commun des développeurs, soit si vous voulez lancer une boite dans la tech et profiter de l'argent infini qui traîne là bas.

Citation Envoyé par datalandia Voir le message
alors Los Angeles même pas en rêve.
Juste pour info, la silicon valley c'est la région de San Francisco pas Los Angeles.
Avatar de Ryu2000 Ryu2000 - Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
le 07/05/2018 à 14:46
Citation Envoyé par Patrick Ruiz Voir le message
Pensez-vous que les USA trônent comme premier eldorado des informaticiens du monde entier ? Sinon, quel pays offre de meilleures rémunérations et conditions de travail d’après vous ?
Au sein de l'UE ça va mal (certains pays plus que d'autres, l'Allemagne se tient encore relativement bien par exemple, mais le reste de l'UE...).
Pour certains pays c'est assez grave :
En Espagne, l'inquiétant exode des jeunes diplômés
Incapable d'offrir à ses jeunes diplômés des conditions de travail décentes et à la hauteur de leurs qualifications, l'Espagne voit ses forces vives fuir vers d'autres pays. Elle aura pourtant besoin de ces exilés pour relever son économie.
Il y a tellement de jeunes espagnoles qui ont quitté leur pays pour trouver du travail, qu'ils ont fait baisser les statistiques du chômage chez les jeunes !

Cette nouvelle vague d'émigrés, jeunes, qualifiés... et européens
En cinq ans, la crise a entraîné des départs massifs depuis l'Irlande et les pays du Sud, qui rappellent l'exode économique des années 60. Contours d'une Europe en pleine mutation.

Italie : le grand exode des jeunes
En un an, il sont près de 100 000 jeunes, souvent diplômés, à avoir quitté le pays en raison du fort taux de chômage.

Nous sommes dans une crise profonde, elle se creuse et ce n'est pas prêt de s'arrêter. On ira jusqu'au krach.

Citation Envoyé par Patrick Ruiz Voir le message
Le salaire proposé pour votre actuel emploi de développeur en France vous satisfait-il ? Sinon, pourriez-vous dresser une liste de pays vers lesquels vous envisagez de partir et expliquer vos motivations au cas par cas ?
Ça va, au moins j'ai du travail et c'est ça l'important.
J'aimerais bien travailler en Suisse.
Ça doit être des grosses journées avec beaucoup d'heures de travail, donc assez chiantes, mais le salaire est monstrueux.
Il y a fort racisme anti français là-bas, mais vu le salaire tu peux le tolérer. ^^

Un canton suisse instaure le Smic le plus élevé du monde
Les salariés du canton de Neuchâtel ne pourront plus être payés moins de 20 francs suisses de l'heure, soit un peu plus de 17 euros. Bien plus qu'au Luxembourg détenteur du record du monde avec son "Smic" horaire national à 11,50 euros pour les salariés majeurs non qualifiés.
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