La semaine dernière fut assez éprouvante pour de nombreuses startups de la Silicon Valley. Et pour cause, la Silicon Valley Bank (SVB), la 16e banque américaine par le volume des actifs, spécialisée dans le secteur technologique, déposait son bilan après que les clients de la banque se sont rués aux guichets de l’établissement et ont retiré pas moins de 42 milliards de dollars sur un peu moins de 180 milliards de dépôts, créant ainsi une vague de panique auprès de l’ensemble des clients de la banque qui désiraient tous retirer leur argent. Si depuis lors le Trésor, la Réserve fédérale et la Federal Deposit Insurance Corporation sont intervenus pour annoncer qu’ils garantiraient tous les dépôts qui étaient encore détenus à la Silicon Valley Bank lors de son effondrement vendredi 10 mars, avec du recul, cette situation a permis de mettre en évidence plusieurs réalités. Premièrement, les entrepreneurs de la Tech généralement opposés aux interventions de l’état dans ce domaine ont cette fois-ci fait feu de tout bois pour que les autorités américaines viennent à leur secours. Deuxièmement, ces startups qui font rêver les gens avec leur success-story ne sont finalement pas si aimées que ça au regard des avis défavorables à l’intervention de l’État américain pour sauver les clients de la SVB constitués majoritairement de startups.Le samedi 11, c’est-à-dire, le jour suivant celui de l’annonce du dépôt du bilan de SVB, plus de 5 000 PDG et fondateurs de startups ont signé une pétition en faveur d’une intervention des autorités américaines pour soi-disant « sauver l’innovation dans l’économie américaine… et éviter un risque réel de contagion systémique ». Il faut souligner qu’à ce moment, la peur de perdre leurs avoirs était réelle au niveau des dirigeants de ces entreprises technologiques. En effet, nombreux sont ceux qui ne savaient pas vraiment comment ils pourraient payer leurs employés si leur argent était bloqué dans la banque insolvable. Nous précisons lorsqu’une banque fait faillite, chaque déposant est assuré de récupérer un maximum de 250 000 $ en dépôts auprès du fonds d’assurance de la FDIC. Pour contourner cette limite, plusieurs individus effectuent des dépôts d’un maximum de 250 000 dollars auprès de différentes banques. Mais dans le cas des clients de la SVB, qui majoritairement étaient des startups technologiques et des entreprises liées au monde du capital-risque, ces derniers avaient des dépôts dont plus de 90 % dépassaient ce plafond. La peur de se retrouver du jour au lendemain sans argent pour faire tourner leurs entreprises a fait changer d’opinion ces dirigeants de la Silicon Valley qui majoritairement sont opposés à une intervention et une régulation de l’état dans leurs activités.
David Sacks, fondateur associé de Craft Ventures, cofondateur de PayPal et éminent capital-risqueur de la Bay Area, écrivait sur sa page Twitter le vendredi 10 mars, c’est-à-dire quelques heures après l’annonce de la faillite de SVB : « Où est Powell ? Où est Yellen ? Arrêtez cette crise maintenant. Annoncez que tous les déposants seront en sécurité. Placez SVB avec une banque du Top 4. Faites-le avant l’ouverture de lundi ou il y aura contagion et la crise se propagera ».
Where is Powell? Where is Yellen? Stop this crisis NOW. Announce that all depositors will be safe. Place SVB with a Top 4 bank. Do this before Monday open or there will be contagion and the crisis will spread.
— David Sacks (@DavidSacks) March 10, 2023
Le dimanche 12 mars, alors que l’on ne savait pas encore si les autorités américaines interviendraient pour sauver les clients de la SVB, Unherd TV a interviewé David Sacks pour faire la lumière sur la situation qui prévalait. Lorsque l’interview a eu lieu, il n’était pas clair de savoir s’il y aurait un sauvetage par le gouvernement. Mais l’opinion de Sacks à ce sujet était claire : le gouvernement devait protéger les déposants et devait le faire rapidement s'il ne voulait pas que la confiance dans les banques régionales s’effondre à l’échelle nationale. « Nous ne parlons pas de renflouer les actionnaires ou les détenteurs d’obligations », a déclaré Sacks. « Nous parlons de protéger les dépôts dans le système bancaire régional »."
L’investisseur technologique a poursuivi en affirmant qu’un manque de sympathie pour les propriétaires de petites entreprises de l’industrie technologique provoquait une confusion concernant la gravité de la situation pour les gens normaux. De nombreux utilisateurs étaient des propriétaires de petites entreprises qui avaient ouvert un compte courant standard. En effet, si les déposants de la SVB étaient des agriculteurs, il n’y aurait pas eu de débat, a-t-il soutenu : « La seule raison pour laquelle les gens s’obstinent sur ce point est que Silicon Valley Bank porte le nom de Silicon Valley. S’il s’agissait d’une banque d’agriculteurs et que c’était 40 000 fermes, de petites fermes commerciales qui en paient le prix, tout le monde comprendrait. Les arguments invoqués seraient les suivants : nous ne pouvons pas laisser 40 000 fermes fermer leurs portes. Ils n’ont rien fait de mal. Lorsqu’ils déposaient leur argent dans une banque, ils croyaient simplement qu’ils étaient en sécurité. »
Il ne manqua pas non plus de partager ses préoccupations sur cette situation qui selon lui nuirait à la confiance envers les petites banques et conduirait à une plus grande centralisation des opérations bancaires aux États-Unis si rien n’était fait. « Il existe deux niveaux de banques aux États-Unis. Il y a ceux qui sont d’importance systémique, ils sont trop gros pour échouer. Si vous mettez votre argent dans cette banque, c’est un vrai dépôt, vous ne le perdrez pas en cas de faillite bancaire. Le deuxième...
La fin de cet article est réservée aux abonnés. Soutenez le Club Developpez.com en prenant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.
