
James Howells a pensé à la mise sur pied d’un consortium dans le but d’apporter réponse aux arguments environnementaux mis en avant par le conseil municipal pour justifier la non-délivrance d’une autorisation à déterrer le disque dur. L’équipe pluridisciplinaire inclut désormais l’entreprise Ontrack – un spécialiste en récupération de données dont la NASA s’est attaché les services par le passé. Objectif : récupérer les données d’un disque dur enfoui pendant 6 mois sous le lit d’un lac asséché.
Le projet d’excavation serait soutenu par des fonds d’investissement qui se tiennent prêts à apporter le financement nécessaire contre une part de la fortune contenue dans le disque dur. Le conseil municipal n’a pour sa part pas donné de suite favorable à la proposition du travailleur de la filière IT de recevoir de ce dernier le quart du contenu en bitcoins du disque dur.
Le cas Howells fait suite à celui de Stephen Thomas – un programmeur d’origine allemande – pour lequel les enjeux sont tout aussi importants puisque possesseur de 7002 bitcoins stockés dans un disque dur Ironkey qu’il a en sa possession, mais dont il ne sait pas retrouver le mot de passe. IronKey est le nom de marque d'une famille de dispositifs de stockage portables USB chiffrés appartenant à Kingston Digital, la filiale de mémoire flash de Kingston Technology Company Inc. Thomas a, il y a des années, perdu le papier sur lequel il avait noté le mot de passe de ce support de stockage, qui donne aux utilisateurs dix possibilités avant qu'il ne se bloque et chiffre son contenu pour toujours.
Selon la société de données de cryptomonnaie Chainalysis, sur le total de bitcoins existants, environ 20 % semblent se trouver dans des portefeuilles perdus ou bloqués. C'est le type de scénario cauchemar qui pourrait devenir de plus en plus courant dans une sphère mondiale de plus en plus pénétrée par les monnaies crytographiques.
Le réseau Bitcoin s’appuie sur un algorithme complexe qui permet de créer une adresse et la clef privée associée, qui n'est (en principe) connue que de la personne qui a créé le portefeuille. Le logiciel permet également au réseau Bitcoin de confirmer l'exactitude du mot de passe pour permettre les transactions, sans voir ni connaître le mot de passe lui-même. En bref, le système permet à quiconque de créer un portefeuille Bitcoin sans avoir à s'inscrire auprès d'une institution financière ou à subir un quelconque contrôle d'identité. C'est d'ailleurs la principale raison pour laquelle la monnaie cryptographique est populaire auprès des criminels. Mais cela ne vient pas sans revers, car une mauvaise gestion des mots de passe et autres clefs privées conduit à des cas comme ceux de Howells et Stephen Thomas. C’est semble-t-il le prix à payer en tant qu’utilisateur du fameux réseau qui permet à chacun de devenir sa propre banque.
Et vous ?


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