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L'Australie va forcer Google et Facebook à payer les éditeurs de presse pour l'affichage des extraits de leurs articles
Un projet de code vient d'être publié à cet effet

Le , par Olivier Famien

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Alors que les géants du GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) n’en ont pas encore fini avec les accusations d’abus de position dominante portées par les élus du Congrès américain, les choses semblent encore se compliquer pour Google et Facebook en Australie. En effet, vendredi dernier, le gouvernement australien, à travers la Commission australienne de la concurrence et des consommateurs (abrégée ACCC en anglais), a annoncé qu’il allait contraindre ces deux entreprises à payer une rémunération aux groupes de presse du pays pour les contenus qui sont relayés sur les plateformes ce des deux entreprises.

Un code obligatoire pour faire payer Google et Facebook

Pour ce faire, la Commission australienne de la concurrence a publié un projet de code obligatoire qui va définir un cadre qui permettra « ;aux entreprises de médias d’information de négocier individuellement ou collectivement avec Google et Facebook sur le paiement de l’inclusion de contenus ;» sur leur plateforme respective. Dans ce projet de loi, il est stipulé que « ;si les entreprises de presse et les plateformes numériques ne peuvent pas conclure un accord dans le cadre d’un processus formel de négociation et de médiation de trois mois, un arbitre indépendant choisirait alors l’offre finale des deux parties la plus raisonnable dans un délai de 45 jours ouvrables ;». « ;Des accords de paiement pourraient être conclus dans les six mois suivant l’entrée en vigueur du code si un arbitrage est nécessaire ;», souligne la Commission australienne de la concurrence australienne.

Si ce projet de code aboutit, l’Australie deviendrait ainsi le premier pays à obliger Google et Facebook à payer les éditeurs pour les contenus des qui sont affichés sur leurs vitrines en ligne. En outre, si le projet de code ne s’applique qu’à Google et Facebook pour l’instant, d’autres plateformes numériques pourraient être ajoutées si elles atteignent à l’avenir un déséquilibre du pouvoir de négociation avec les entreprises de médias d’information australiennes.

Selon Rod Sims, le président de la Commission australienne de la concurrence, ce code obligatoire a été élaboré, car « ;il existe un déséquilibre fondamental du pouvoir de négociation entre les entreprises des médias d’information et les principales plateformes numériques, en partie parce que les entreprises d’information n’ont pas d’autre choix que de traiter avec les plateformes, et ont eu peu de capacité à négocier le paiement de leur contenu ou d’autres
questions ;». Mais avec ce code, les désaccords sur le paiement lié à la diffusion des contenus par Google et Facebook pourraient être résolus rapidement, soutient ACCC.

Pour le secrétaire au Trésor australien, Josh Frydenberg, cette action ne devrait pas être perçue comme une volonté de nuire aux activités de ces entreprises, mais plutôt « ;il s’agit d’une approche équitable pour les entreprises de médias d’information australiennes. Il s’agit de garantir une concurrence accrue, une protection accrue des consommateurs et un paysage médiatique durable ;». « ;Rien de moins que l’avenir du paysage médiatique australien n’est en jeu ;», a-t-il ajouté.


Pour mieux comprendre les motivations du gouvernement australien, il faut savoir que depuis 2018, l’ACCC a publié un rapport sur la santé du marché de la presse et la puissance des plateformes numériques américaines. Dans son rapport, ACCC déclare avoir identifié un déséquilibre fondamental du pouvoir de négociation entre les entreprises de médias d’information australiennes et Google et Facebook. Comme recommandations, le régulateur australien a préconisé l’introduction de codes de conduite pour réguler les rapports de force inégale entre les deux partis. Le 12 décembre 2019, le gouvernement australien a demandé à l’ACCC de travailler avec Google et Facebook et les entreprises des médias d’information pour mettre en œuvre des codes de conduite volontaires. Les discussions n’ayant pas abouti, le gouvernement australien a demandé le 20 avril dernier à l’ACCC d’élaborer un code de conduite obligatoire, avec un projet de code pour consultation publique avant la fin de juillet 2020, ainsi qu’un code final à définir peu après. C’est ce projet de code qui vient d’être mis à la disposition du public.

Réactions de Google et Facebook

Suite à la publication du projet de code, Google s’est dit « ;profondément déçu et préoccupé ;». « ;Le Code réduit la valeur déjà importante que Google offre aux éditeurs d’actualités à tous les niveaux - y compris l’envoi gratuit de milliards de clics aux éditeurs d’actualités australiens chaque année pour une valeur de 218 millions de dollars ;», a déclaré Mel Silva, directeur général de Google Australie et Nouvelle-Zélande. « ;Cela envoie un message inquiétant aux entreprises et aux investisseurs selon lequel le gouvernement australien interviendra au lieu de laisser le marché fonctionner, et sape l’ambition de l’Australie de devenir une économie numérique de premier plan d’ici 2030. Il met en place une dissuasion perverse d’innover dans le secteur des médias », a-t-elle ajouté. De son côté, William Easton, directeur général de Facebook pour l’Australie et la Nouvelle-Zélande, a déclaré que la société « ;examinait actuellement la proposition du gouvernement pour comprendre l’impact qu’elle aura sur l’industrie, nos services et notre investissement dans l’écosystème de l’information en Australie ;».

Va-t-on assister à la même scène qui s’est produite en Europe ?

Il convient de rappeler que cette initiative n’est pas la première du genre. D’autres pays ont déjà essayé de faire payer Google pour la diffusion des contenus d’actualités, mais cela a échoué. Les éditeurs en Allemagne, en France et en Espagne ont fait pression pour adopter des lois nationales sur le droit d’auteur qui obligent Google à payer des frais de licence lorsqu’il publie des extraits de leurs articles de presse. Mais en 2019, Google a cessé d’afficher des extraits d’actualités d’éditeurs européens sur les résultats de recherche de ses utilisateurs français. Constatant une baisse du trafic vers son site, Axel Springer, le plus grand éditeur d’informations d’Allemagne, a autorisé le moteur de recherche à diffuser des extraits de ses articles.

Mais cette situation a un peu évolué, car le mois dernier, Google a déclaré qu’il allait payer directement certains éditeurs pour un contenu de haute qualité qui sera publié sur son nouveau service qu’il compte lancer sur ses plateformes News et Discover un peu plus tard cette année.

Source : La Commission australienne de la concurrence et des consommateurs, Projet de code obligatoire à adopter, Twitter

Et vous ?

Pensez-vous que ce Google et Facebook et les autres grandes plateformes numériques devraient payer pour la rediffusion des contenus des éditeurs de presse ;?

Selon vous, quelle serait la meilleure formule pour régler ce problème ;?

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Avatar de archqt
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 01/08/2020 à 16:00
Ils vont arrêter de diffuser, comme en France...
1  0 
Avatar de tanaka59
Membre expert https://www.developpez.com
Le 02/08/2020 à 11:53
Bonjour,

Pensez-vous que ce Google et Facebook et les autres grandes plateformes numériques devraient payer pour la rediffusion des contenus des éditeurs de presse ;?
Absolument pas .... C'est a la presse de changer de modèle économique d'une part. D'autres part en suivant la logique, cela voudrait dire qu'en vendant sur Leboncoin , ebay , Cdiscount ou Amazon se serait a la plateforme de me payer ? Bah c'est le principe de l'utilisateur payeur ... Je ne vois pas en quoi c'est a Google ou Facebook de payer pour le référencement ... Vis a vis du nombre de clic éventuellement .

Selon vous, quelle serait la meilleure formule pour régler ce problème ;?
Deja que la presse écrite change de modèle ... Pour rappel le modèle économique de diffusion de cette presse est basé sur un modèle de l'après guerre de 1945 !

Que la presse se réforme ... C'est pas la faute du consommateur si elle produit de la merde ...
2  1 
Avatar de weed
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 09/08/2020 à 13:32
Citation Envoyé par archqt Voir le message
Ils vont arrêter de diffuser, comme en France...
Tout le monde sera à égalité, dans ce cas. Ce ne sera si génant que cela.

Citation Envoyé par tanaka59 Voir le message
Que la presse se réforme ... C'est pas la faute du consommateur si elle produit de la merde ...
De mon point de vue, c'est beaucoup plus compliqué que de relever le niveau de qualité. Le consommateur va au moins cher et au plus facile pour obtenir l'information pour monsieur tout le monde.
Quel que ce soit les efforts des médias pour relever le niveau, ils se feront toujours doubler par Google qui a une énorme visibilité (95% des recherches dans le monde passe chez lui) et qui proposent de la diffusion des informations sans changer de site.
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Avatar de mzerbo
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 10/08/2020 à 13:31
Du coup ils veulent que Google les paient pour pouvoir suggérer leurs articles aux utilisateurs ? Parce que je me demande ce que ça leur coûte d'être réferencé par Google.
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Avatar de tanaka59
Membre expert https://www.developpez.com
Le 10/08/2020 à 14:38
Bonjour,

Citation Envoyé par mzerbo Voir le message
Du coup ils veulent que Google les paient pour pouvoir suggérer leurs articles aux utilisateurs ? Parce que je me demande ce que ça leur coûte d'être réferencé par Google.
Jusqu'à preuve du contraire c'est toujours le média qui veut se faire "référencer" qui paye et non celui qui va diffuser la pub ...

2 exemples simples en France , Groupe Canal+ et SFR/BFM. Quand ces 2 groupent diffusent des pubs sur TF1 ou M6 ou France TV c'est bien Canal+ et SFR/BFM qui payent et non l'inverse ?

Alors qu'on m'explique en quoi se serait à Google ou FB de payer pour une pub/article ...

Si ces médias veulent être visibles qu'ils payent déjà Google et FB et seulement ensuite on établie un système d'audimat , au nombre de clic ou de lecture des articles pour les rétribuer.
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Avatar de weed
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 10/08/2020 à 20:51
Citation Envoyé par mzerbo Voir le message
Du coup ils veulent que Google les paient pour pouvoir suggérer leurs articles aux utilisateurs ? Parce que je me demande ce que ça leur coûte d'être réferencé par Google.
A voir directement avec eux, je ne travaille dans le secteur, donc je ne pourrais répondre de manière objective. Mais je dirais que cela coute des visiteurs en moins sur leurs sites. Les internautes s'arrêtent à ce que propose Google et ne vont plus sur leur site internet.

J'essaie de me mettre en tant que responsable de journal et je pense
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Avatar de L33tige
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 18/08/2020 à 15:34
"regarder comme nous allons privilégier un contenu plutot qu'un autre en fonction de ce que ça nous coute et/ou rapporte"

Oui donc au final c'est exactement ce qui se passe déjà, vu qu'ils mettent en avant en fonction des algos qui prennent en compte les datas d'utilisateurs ET ce que le créateur de la news leur rapporte.
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