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COVID-19 : le Royaume-Uni renonce à son application de traçage et choisit finalement la technologie Apple-Google,
Le NHS Test and Trace a rencontré des difficultés lors de la phase de test

Le , par Axel Lecomte

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Dans un communiqué de presse daté du 18 juin, le département britannique de la Santé et de l’Aide Sociale a annoncé qu’il a cessé de développer sa propre application de traçage de contacts des malades du Covid-19 pour mettre au point une nouvelle application basée sur le modèle proposé par Apple et Google. La décision de sa mise en route n’a pas encore été approuvée par le ministère de la Santé. Dans la mêlée, il y aurait une coopération pour le partage des données entre les anciens travaux et cette nouvelle application.


Une application testée depuis plus d’un mois

Pour rappel, le Royaume-Uni avait décidé de travailler sur une application de traçage numérique centralisée. Le NHS, système national de santé, a ensuite dévoilé le code source de son application de traçage de contacts, qui contourne les restrictions d'Apple liées au Bluetooth. De plus, l'application devait être utilisée au moins par 80 % des propriétaires de smartphones, pour une efficacité optimale, selon des chercheurs d'Oxford. Mais le NHS Test and Trace, ladite application présentait des lacunes qui ne pouvaient pas être comblées. Après des Tests effectués sur l’île de Wight depuis plus d'un mois, des problèmes sur le cadre de travail de l’application ont fait leur apparition.

Mais le gouvernement britannique a abandonné son développement

Même si un déploiement au niveau national avait déjà montré son nez, ce ne sera pas le cas, du moins pour cette fois. Et les Britanniques ne pourront pas utiliser la nouvelle application pour l’instant. À croire que la phase de test sur l’île de Wight n’a pas abouti à un résultat satisfaisant.

Certes, il faut reconnaître que la mise en place d’une telle technologie bénéficierait à de nombreux Britanniques. Les traçages seront notamment plus précis et plus efficaces, mais il y a également des risques pour les utilisateurs. Mis à part le fait que des données personnelles puissent s’ébruiter, des défis technologiques sont aussi à revoir. De crainte de ne pouvoir assumer ces parties, le Royaume-Uni s’est résigné sur une application centralisée. Ce système se base sur une vérification de pseudonyme entre les personnes contaminées et ceux qu’elles croisent.

« Nous allons maintenant faire avancer une solution qui réunit le travail sur notre application et la solution Google/Apple. Il s'agit d'une étape importante, qui nous permettra de développer une application réunissant les fonctionnalités nécessaires à la recherche de contacts, mais aussi de faciliter la commande de tests et l'accès à des conseils et des orientations proactifs pour favoriser l'auto-isolement », a annoncé le département de la Santé et de l’Aide Sociale.

« Alors que nous entrons dans cette nouvelle phase de recherche et développement, nous restons déterminés à poursuivre notre ambition de développer une application qui réponde aux besoins du public en matière de technique, de sécurité et d'utilisation et qui puisse compléter le service NHS Test and Trace », précise Matt Hancock, secrétaire d’État à la Santé et aux Affaires Sociales.

De leur côté, la baronne Dido Harding, présidente exécutive de NHS Test and Trace et Matthew Gould, PDG de NHSX, déclarent : « Notre réponse à ce virus s'inscrit et continuera de s'inscrire dans le cadre d'un effort international. C'est pourquoi, dans le cadre d'une approche collaborative, nous avons accepté de partager avec Google et Apple nos propres travaux innovants sur l'estimation de la distance entre les utilisateurs d'applications, travaux qui, nous l'espérons, profiteront à d'autres, tout en utilisant leur solution pour résoudre certains des problèmes techniques spécifiques identifiés lors de nos tests rigoureux ».

Le Royaume-Uni espérait réunir assez de moyens en mettant sur la table cette coopération avec Apple-Google. Malheureusement, des conflits d’intérêts s’avèrent nuisibles quant au développement de la nouvelle application. Apple et Google sont trop axés sur les conditions d’usage des utilisateurs, ce qui ne facilite pas le lancement. D’ailleurs, Apple n’a pas approuvé la configuration Bluetooth sur les iPhone, ce qui explique ce retard. Effectivement, l’accès aux données des utilisateurs est un frein à l’aboutissement de ce projet. Si la nouvelle application avait été prévue pour sortir assez tôt, il faudra désormais attendre à l’automne.

Pour certains, cette prise de décision semble un peu à la traîne. « ;Ce n’est pas surprenant et c’est encore un autre exemple où la réponse du gouvernement a été lente et mal gérée. Cela signifie un gaspillage de temps et d’argent précieux ;», a déclaré, Jon Ashworth, membre du Parlement britannique.

De nombreux États rencontrent aussi des difficultés à développer leur application

« ;On nous avait promis un système de classe mondiale (…). On nous avait dit qu’il serait prêt d’ici au mois de juin. Bien sûr, ça ne l’est pas ;», affirme toujours, Jon Ashworth. Son témoignage accuse directement la mauvaise gestion du gouvernement au regard de cette crise sanitaire. Et la cause, selon lui, est la lenteur de décision et les promesses non tenues.

Hélas, cette situation n’épargne pas les autres pays dans le monde entier. Et pour preuve, la Norvège a gelé la mesure Smittestop qui n’a pas respecté certains droits des utilisateurs. De son côté, Singapour a mis au point l’application TraceTogether. Mais même celui-ci a rencontré des difficultés. En outre, si l’on se réfère à l’application coréenne, elle trace tout et révèle tout sur l’identité des individus.

En France, l’application StopCovid, basée sur le protocole ROBERT (ROBust and privacy-presERving proximity Tracing), fait l’objet de critiques depuis son lancement, le 2 juin dernier. En une semaine, 1,4 million d’activations ont été dénombrées, soit environ 2 % de la population française. Mais seulement 0,5 % des Français utiliseraient activement l’application, d’après trois experts. De plus, StopCovid collecte bien plus de données que ce que le gouvernement avait annoncé.

De leur côté, Apple et Google ne coopèrent pas avec certains gouvernements étant donné leurs soucis au niveau de la protection des données. Ils proposent même d’enlever ce mécanisme de traçage une fois la menace levée pour qu’il n’y ait pas de tracas. Des malfaiteurs pourraient en effet profiter de cette faille pour surveiller les gens à leur insu.
« ;Bahreïn, le Koweït et la Norvège ont violé la vie privée des personnes, avec des outils de surveillance hautement invasifs qui vont bien bien au-delà de ce qui est justifié dans les efforts pour lutter contre le COVID-19 ;», a signalé le chef du laboratoire de sécurité d’Amnesty International, Claudio Guarnieri. Cette suspicion n’est pas uniquement une appréhension étant donné les faits. Apparemment, BeAware de Bahreïn, Shlonik du Koweït et Smittestopp de la Norvège ne sont pas regardants sur la vie privée puisqu’elles se servent du GPS en plus du Bluetooth.

Selon Claudio Guarnieri, il existe sûrement un moyen plus sûr d’aborder le suivi des contacts sans tracer en permanence le déplacement des personnes. En même temps, cela pourrait mettre en danger les utilisateurs, surtout si leurs données sont à découvert.

Pour illustrer le cas du Royaume-Uni, il sera difficile de pister la propagation du Covid-19 sans enfreindre la vie privée. Cependant, il ne faut pas oublier non plus qu’Apple et Google ont affirmé qu'ils ne veulent pas violer leur mode de fonctionnement dans leur intérêt et celui des utilisateurs. Cette situation a amené plusieurs gouvernements à choisir la solution proposée par les deux géants du numérique.

Source : Département britannique de la Santé et de l’Aide Sociale, Amnesty International

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Voir aussi :

Covid-19 : le NHS, système national de santé en Grande-Bretagne, dévoile le code source de son application de traçage de contacts, qui contourne les restrictions d'Apple liées au Bluetooth
COVID-19 : l'app de contact tracing en Angleterre devrait être utilisée au moins par 80 % des propriétaires de smartphones, pour une efficacité optimale, selon des chercheurs d'Oxford
Appli de traçage du Covid-19 : comment Apple et Google ont fait plier l'Allemagne. L'Allemagne opte pour la décentralisation des données en se basant sur l'API d'Apple et Google
StopCovid : le gouvernement demande à Apple de lever certaines restrictions liées à Bluetooth dans les iPhone, pour permettre à l'application de fonctionner
Covid-19 : la première application mobile de traçage de contacts au monde utilisant l'API Google-Apple est lancée, SwissCovid étant testée à grande échelle en tant que projet pilote

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Avatar de rheracles
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 21/06/2020 à 1:49
Une journée (un samedi !) après publication, aucun commentaire ? sur un tel sujet ?
Que se passe-t-il ?
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Avatar de CoderInTheDark
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 06/07/2020 à 10:10
Je trouve inquiétant que les gouvernements soient tributaires du bon vouloir d'organisations privées, qui se comportent comme des institutions supranationales.
Alors il ne faut pas s'étonner qu'avec un tel pouvoir, elles se moquent des états qui réclament les impôts dû
Et surtout on est pas sûrs qu'elles ne vont pas exploiter ces données, si elles les collectent.

C'est dommages que les états européens développent des applications chacun dans leur coin,, et pas de normes xcompatibles.
Car j'ai l'impression que les applications ne sont pas interopérables.
Il faut tenir compte qu'on est dans un espace communs, sans le Royaume Unis
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Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 21/06/2020 à 8:41
Au moins le Royaume Uni ne va pas dépenser des millions et des millions pour développer une application.
La France va gaspiller beaucoup trop d'argent dans l'application Stop Covid.

De toute façon ça fait un moment qu'on est tous tracé à partir du moment où on a un smartphone.
Vous connaissez les révélations de Julian Assange et d'Edward Snowden un peu ?
Aujourd'hui il y a même des enceintes connectées qui écoutent en permanence.

Plus le temps passera plus on sera surveillé, par exemple il y a des projets de suppression de l'argent liquide, si t'es contraint de toujours utiliser une carte bancaire, on peut savoir tout ce que tu fais.

Mais après le prétexte est correct "en cas de nouvelle épidémie, on test tout le monde, on isole les malades et on trace les personnes infectées pour voir avec qui elles ont été en contact" dans certains pays asiatique ils ont fait ça et ils n'ont pas été contraint de confiné tout le monde.
C'est quand même mieux de confiner que les malades mais pour cela il faut tester massivement. Pouvoir dire "il y a 2 semaines vous avez été en contact prolongé avec une personne qui est malade aujourd'hui, donc allez vous faire tester" ça pourrait être utile.

Donc on verra à la prochaine pandémie
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