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Quadriga, la plateforme d'échange de cryptomonnaie, était une fraude et son fondateur dirigeait un système de Ponzi,
Selon le régulateur canadien

Le , par Stan Adkens

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QuadrigaCX, une plateforme d'échange de cryptomonnaie de Vancouver, la plus grande du genre à l’époque au Canada, s’est effondrée l’année dernière après avoir perdu plus d’une centaine de millions de dollars suite au décès soudain de son fondateur. Après plusieurs mois d’enquête, la Commission des valeurs mobilières de l'Ontario a conclu dans un rapport jeudi que la plateforme de crypotomonnaie n’était qu’une "fraude" et une combine à la Ponzi, a rapporté Reuters.

Le régulateur a déclaré jeudi que le défunt fondateur de Quadriga, Gerald Cotten, basé à Vancouver, avait commis une fraude en ouvrant des comptes sous des pseudonymes et en se créditant de devises fictives et de soldes d'actifs chiffrés, qu'il négociait avec des clients peu méfiants. Selon le rapport du régulateur, Cotten a été confronté à un manque d'actifs disponibles pour satisfaire les retraits des clients lorsque le prix des crypto-actifs a changé. C’est ainsi qu’il a commencé à gérer un système de Ponzi qui a couvert le déficit avec les dépôts d'autres clients, a découvert l'OSC.


« Ce qui s'est passé à Quadriga était une fraude à l'ancienne, enveloppée dans une technologie moderne », a écrit le personnel de la Commission des valeurs mobilières de l'Ontario dans son rapport. « Quadriga ne considérait pas que son activité impliquait le marché de valeurs mobilières et elle ne s'est enregistrée auprès d'aucun organisme de réglementation des valeurs mobilières. Cette absence d'enregistrement a facilité la capacité de Cotten à commettre une fraude à grande échelle sans être détectée. Tout comme l'absence de contrôle interne sur Cotten », a ajouté l’agence.

L'OSC a découvert la fraude après avoir passé dix mois à analyser les données relatives aux transactions et à la blockchain, à interroger des témoins clés, à collaborer avec des organismes de régulation étrangers et à utiliser des informations bancaires et de tiers. C’est ainsi qu’elle a pu reconstituer ce qui se passait à Quadriga dans les mois qui ont précédé la mort de Cotten.

Gerald Cotten, le fondateur de QuadrigaCX est décédé à l'âge de 30 ans des suites de complications de la maladie de Crohn alors qu'il faisait du bénévolat dans un orphelinat en Inde, selon la page Facebook de Quadriga CX, qui a annoncé son décès en janvier 2019, d’après Reuters. À peu près à la même époque, les utilisateurs de Quadriga ont signalé la perte d'environ 190 millions de dollars américains en cryptomonnaie.

Ils avaient perdu ce montant parce que QuadrigaCX a stocké la grande majorité de ses avoirs de monnaie cryptographique dans un portefeuille hors ligne, c'est-à-dire un portefeuille numérique qui n'était pas connecté à l'Internet. La mesure est conçue pour isoler les fonds du réseau, et donc pour protéger la plateforme des attaques éventuelles. Cotten était la seule personne connue à avoir accès au portefeuille hors ligne qui conservait les cryptomonnaies de la plateforme.

La veuve de Cotten a essayé de retrouver les mots de passe des comptes de Quadriga, mais Jennifer Robertson a déclaré qu'elle n'en trouvait aucun que son mari avait noté. L'ordinateur portable qu'il utilisait était également protégé par mot de passe, a-t-elle témoigné, lorsque Quadriga a demandé la protection des créanciers l'année dernière.

Après la perte du contrôle des fonds annoncée en février 2018, les consultants et les enquêteurs qui travaillaient pour récupérer les fonds bloqués sont finalement parvenus, en mars, à pirater l’ordinateur portable chiffré à partir duquel Gerry Cotten s’occupait des affaires de l’entreprise. Mais ils furent surpris de constater que les 137 millions USD qui devraient se trouver dans ces coffres-forts inaccessibles n’y étaient plus, avait rapporté Business Insider à l’époque.

Les enquêteurs s’étaient rendu compte par la suite, grâce à un rapport d’Ernst & Young, un vérificateur nommé par le tribunal, que les cold wallets de QuadrigaCX avaient été vidés depuis le mois d’avril 2018, soit huit mois avant la mort de Cotten. Ils ont également signalé d’autres problèmes, comme le fait que QuadrigaCX conservait des livres et registres insuffisants ou que cette entreprise n’a jamais fait part de ses résultats financiers.


Où partait l’argent des utilisateurs de QuadrigaCX ?

Selon le schéma classique de la pyramide de Ponzi, les premiers souscripteurs sont rémunérés grâce à l'argent des nouveaux investisseurs, jusqu'à l'épuisement du mécanisme.

« L'effondrement de Quadriga en 2019 a entraîné des pertes massives pour 76 000 clients du Canada et du monde entier, qui ont perdu au moins 169 millions de dollars canadiens au total», a précisé la Commission des valeurs mobilières de l'Ontario.

« La majeure partie des 169 millions de dollars de pertes subies par les clients, soit environ 115 millions de dollars, était due au commerce frauduleux de M. Cotten », ont estimé les enquêteurs, qui ont précisé que des millions de dollars servaient à « financer son train de vie luxueux ». Cotten avait le contrôle exclusif de la société depuis 2016, qu’il dirigeait comme il l'entendait, « sans système de surveillance ou de contrôle interne adéquat ni livres et registres appropriés », a ajouté l’agence.

« Les clients de Quadriga ne pouvaient pas savoir ce que Cotten faisait », a déclaré l'OSC. Ces clients ont confié leur argent et leurs crypto-actifs à Quadriga, qui n'a fourni « aucune information significative » sur la manière dont ces actifs étaient stockés, déplacés et dépensés et a donné de fausses assurances sur le stockage des actifs, d’après les enquêteurs.

À la mort de Cotten, la plateforme devait environ 215 millions de dollars canadiens à ses clients, selon l'OSC. Cotten a également siphonné des actifs pour son usage personnel, transférant environ 24 millions de dollars canadiens à lui-même et à Robertson entre mai 2016 et janvier 2018, a rapporté Reuters en citant le rapport des enquêteurs.

Environ 34 millions de dollars canadiens ont été récupérés par le syndic de faillite et payés aux clients, selon le rapport. Le syndic a également récupéré des actifs de Robertson qui devraient valoir environ 12 millions de dollars canadiens, et Cotten a rendu environ 10 millions de dollars canadiens à Quadriga dans les mois précédant sa mort, selon le rapport.

« Le personnel de l'OSC aurait probablement poursuivi une action en exécution contre Cotten et Quadriga », a écrit l'agence dans son rapport. « Cependant, ce n'est pas pratique étant donné que Cotten est décédé et que Quadriga est en faillite, ses actifs étant soumis à un processus de distribution supervisé par le tribunal ».

Jeff Kehoe, le directeur de la direction de l'application de la loi de l'OSC, a déclaré dans un communiqué qu'il était inhabituel, mais nécessaire que l'agence publie le rapport d'enquête. « Bien que la publication d'un rapport d'enquête soit rare, nous pensons que les dizaines de milliers d'Ontariens qui ont confié à Quadriga leur argent et leurs actifs cryptographiques méritent de savoir ce qui s'est passé », a-t-il déclaré. « Notre objectif en rendant cette information publique est également d'empêcher que ce type de situation ne se reproduise ».

Source : Reuters

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