Vous êtes nouveau sur Developpez.com ? Créez votre compte ou connectez-vous afin de pouvoir participer !

Vous devez avoir un compte Developpez.com et être connecté pour pouvoir participer aux discussions.

Vous n'avez pas encore de compte Developpez.com ? Créez-en un en quelques instants, c'est entièrement gratuit !

Si vous disposez déjà d'un compte et qu'il est bien activé, connectez-vous à l'aide du formulaire ci-dessous.

Identifiez-vous
Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ?
Créer un compte

L'inscription est gratuite et ne vous prendra que quelques instants !

Je m'inscris !

« Les dictatures naissent souvent face à une menace » : un expert de l'ONU met en garde contre une menace à long terme pour la vie privée,
Dans le cadre de la surveillance du coronavirus

Le , par Stan Adkens

1.5KPARTAGES

10  0 
Le nouveau coronavirus continue de se propager avec plus de 200 pays et territoires touchés à ce jour. Pour ralentir la vitesse des infections, les gouvernements adoptent des mesures strictes de surveillance des populations que personne n’aurait imaginé dans certains des pays il y a seulement quelques mois. C’est dans ce contexte qu’un responsable des Nations Unies met garde contre une menace à long terme pour la vie privée dans le cadre de cette surveillance pour faire respecter les mesures de confinement contre le coronavirus.

Plus de 846 000 personnes ont été infectées par le nouveau coronavirus dans le monde et 41 482 en sont mortes, selon un rapport du WorldOmeter, un site Web qui calcule en temps réel des données relatives à la population mondiale. La pandémie de coronavirus a conduit les gouvernements à se déclarer essentiellement sur le pied de guerre - de nombreux hommes politiques faisant référence à un ennemi ou un agresseur "invisible".


Dans une tentative de rompre la chaine des infections par le virus, même les pays considérés comme les démocraties les plus libérales du monde ont mis en place des mesures de quarantaine qui semblaient impensables, coupant certaines parties de leur pays des autres et privant les populations de tout déplacement. Pour faire respecter ces mesures, les responsables de plusieurs gouvernements se sont tournés vers des technologies plus autoritaires : de la reconnaissance faciale à la localisation des téléphones pour tracer les infections et surveiller la population tout en appliquant des mesures de confinement et de quarantaine.

Cependant, le danger est que les mesures mises en place pour protéger les citoyens dans des circonstances exceptionnelles, alors que la plupart des gens reconnaissent qu'elles sont nécessaires, puissent survivre à la crise actuelle, a déclaré Joseph Cannataci, le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit à la vie privée.

« Les dictatures et les sociétés autoritaires commencent souvent face à une menace », a déclaré M. Cannataci à la Fondation Thomson Reuters. « C'est pourquoi il est important d'être vigilant aujourd'hui et de ne pas céder toutes nos libertés », a-t-il ajouté d’après The Independent.

Selon M. Cannataci, bien qu'il soit difficile d'évaluer correctement chaque mesure pendant que la pandémie se poursuit, des garde-fous devraient être mis en place pour garantir que les réponses soient nécessaires et proportionnées. Il a déclaré à la fondation que les mesures de surveillance devraient être inscrites dans la loi et clairement limitées dans le temps.

Les technologies de surveillance mises en place par certains gouvernements

Avec des infections signalées à travers le monde depuis que les premiers cas ont été identifiés en Chine en décembre 2019, les gouvernements ont adopté diverses mesures pour endiguer la contagion.

La Chine, qui a longtemps imposé des technologies restrictives à ses citoyens, semble être sortie de sa première vague d'infection transmise à l'intérieur du pays après des mois de mesures de quarantaine fortement policées dans les régions les plus touchées, d’après The Independent.

En plus d'utiliser des drones et la reconnaissance faciale – qu'elle utilise déjà pour surveiller les musulmans ouïgours dans la province du Xinjiang, selon The Independent –, la Chine a introduit un système obligatoire de feux de circulation qui utilise une application mobile pour déterminer si les gens peuvent se déplacer ou se rencontrer. Les citoyens sont encouragés à utiliser une application de suivi pour smartphone, et les personnes classées en rouge ou en jaune sur l'application ne sont pas autorisées à voyager ou à visiter des lieux publics, tels que les restaurants ou les centres commerciaux, pendant 14 jours respectivement.

Israël a permis à son agence antiterroriste de surveiller les données de localisation des téléphones – généralement utilisé sur les Palestiniens, selon The Independent – pour alerter les personnes qui peuvent avoir été en contact avec une personne infectée ou pour signaler aux porteurs du virus qu’ils ont violé les règles de la quarantaine. « Nous allons très bientôt commencer à utiliser la technologie, les moyens numériques que nous avons utilisés pour lutter contre le terrorisme », tels ont été les mots employés par le Premier ministre d'Israël Benjamin Netanyahu.


Singapour a lancé une application de recherche de contacts sur smartphone pour aider à identifier ceux qui ont été exposés à des personnes infectées. L’innovation technologique des autorités de Singapour pour le suivi des mouvements est l’introduction d’une application dénommée TraceTogether. Elle utilise la technologie Bluetooth pour noter les contacts étroits des citoyens – les personnes dont ils se sont approchés à moins de 2 mètres et avec lesquelles ils ont passé au moins 30 minutes.

Le gouvernement sud-coréen, qui a été largement salué pour ses efforts visant à ralentir la propagation de l'épidémie, a initialement publié des informations très détaillées sur les cas confirmés, notamment l'âge, le sexe et les trajets quotidiens. Ce qui a permis aux développeurs Web d’établir des cartes détaillées des mouvements des citoyens en utilisant la vidéosurveillance, le suivi téléphonique et la localisation des transactions bancaires.

Au Royaume-Uni, les défenseurs de la vie privée ont averti Whitehall qu'il pourrait chercher à utiliser les données de localisation anonymes des clients pour cartographier les mouvements des personnes – une affirmation que la compagnie de téléphone O2 a démentie.

Selon The Independent, la police britannique n'a reçu l'ordre d'arrêter et d’infliger une amende aux gens qu'en "dernier recours", après que certaines forces aient été critiquées pour leurs tactiques. La police de Warrington a déclaré qu'elle avait délivré six citations à comparaître pour des infractions telles que le fait d'acheter des "articles non essentiels" et de "sortir en voiture par ennui", tandis que la police du Derbyshire a admis avoir utilisé des drones pour surveiller les citoyens qui se promènent dans les collines du Peak District, a rapporté The Independent.

L'ancien juge de la Cour suprême Lord Sumption a comparé l'application des mesures de confinement du Premier ministre Boris Johnson à « un état policier », tandis que l'avocat des droits de l'homme Jules Carey a accusé les forces de police trop zélées de contribuer à un « sentiment dystopique de la société ».

Les outils volontaires, tels que les applications de suivi des appels téléphoniques nécessitant le consentement des utilisateurs, devraient être privilégiés

M. Cannataci a averti que les données obtenues par le suivi téléphonique pourraient être utilisées à mauvais escient ou volées pour diffamer les minorités ethniques, religieuses ou sexuelles vulnérables, les exposant ainsi au risque de violence et de discrimination. Selon lui, si les données sanitaires peuvent être utiles pour évaluer la vulnérabilité des citoyens au Covid-19, elles pourraient également être utilisées de manière abusive pour identifier les personnes séropositives dans les pays où cette maladie est considérée comme un indicateur d'homosexualité et où l'homophobie est répandue.

« Nous devons être très prudents dans l'utilisation de ces outils », a déclaré M. Cannataci. « Et les citoyens doivent utiliser tous les moyens dont ils disposent pour influencer à la fois les politiques et les lois qui les concernent ».

Les gouvernements devraient privilégier les outils volontaires - tels que les applications de suivi des appels téléphoniques nécessitant le consentement des utilisateurs - plutôt que des pouvoirs de surveillance plus étendus, a déclaré M. Cannataci, avant d’exhorter les pays à mettre en place des organes indépendants pour superviser ces mesures. « Toute forme de données peut être mal utilisée de manière incroyablement mauvaise », a-t-il déclaré. « Si vous avez un dirigeant qui veut abuser du système, le système est là », a-t-il indiqué.

La mise en garde du responsable de l’ONU intervient alors qu’un groupe d’experts de l'UE préparent une technologie autour des smartphones, décrite comme une initiative respectueuse de la vie privée, pour aider à stopper la propagation du coronavirus. L’initiative, baptisée Pan-European Privacy Preserving Proximity Tracing (PEPP-PT), consiste en la collecte de données via des smartphones pour savoir avec qui une personne atteinte du virus a été en contact étroit, ce, pour pouvoir ensuite alerter les personnes à risque.

Le projet, qui mobilise 130 experts, doit déboucher sur la mise sur pied d’une plateforme technologique sous licence d’ici le 7 avril prochain. Celle-ci servira de base à diverses applications dont le déploiement débutera à peu près une semaine plus tard.

Bien que certains gouvernements aient déjà déployé des technologies de surveillance de masse au niveau national et international bien avant cette crise, espérons que ce nouveau déploiement de surveillance, non encadré par la législation, soit abandonné une fois que l’urgence sanitaire sera terminée.

Source : The Independent

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Pensez-vous que ces mesures de surveillance seront abandonnées une fois que la crise sera terminée ?

Lire aussi

Poutine prend des précautions contre le coronavirus alors que le Kremlin dévoile une application de suivi, qui risque de transformer Moscou en « camp de concentration numérique »
COVID-19 : la France n'est pas contre un traçage des smartphones, pour déterminer si des personnes a priori saines ont été en contact avec des individus contaminés
Israël décide d'utiliser une technologie antiterroriste pour limiter la propagation du coronavirus, annonce faite par le Premier ministre Benjamin Netanyahu
Des experts de l'UE préparent une technologie autour des smartphones pour aider à stopper la propagation du coronavirus, dans le cadre d'une initiative respectueuse de la vie privée

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-le nous !

Avatar de Cpt Anderson
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 24/06/2020 à 8:41
Il y a au moins une chose qui reste certaine en ce bas monde : la France est nulle en terme d'anticipation mais reste championne du monde pour ce qui est des dépenses inutiles.
15  0 
Avatar de pierre-y
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 17/06/2020 à 13:28
je ne sais pas pourquoi, je revois macron en train de piailler qu'il n'y a jamais eu de pénuris de masque et que donc les policiers, le personnels hospitalier, la population et les pompier n'en portaient juste pas ou alors des périmés car ça les amusaient de choper le virus. Et apres des affirmations a la con comme ça, il y en a encore pour croire que la macronie ne va pas les entuber.
12  2 
Avatar de axel584
Membre actif https://www.developpez.com
Le 24/06/2020 à 9:57
Tous les sites et les réseaux sociaux ont expliqués pendant plusieurs semaines que l'application était liberticide, intrusive etc. Il ne faut pas s'étonner que peu de personnes l'utilisent...

Alors que d'après moi, elle l'est beaucoup moins que d'autres applications, mais que les précautions présentées donnaient effectivement une impression d'atteintes aux libertés (à force de dire que ce n'est pas géolocalisé, c'est du bluetooth, les données sont anonymisées etc. les gens se méfient de toutes ces précautions présentées...)
A côté de ça, on a des applis comme Facebook qui nous géolocalise ("machin n'est pas très loin, faites lui coucou"... "Attention, un attentat à eu lieu à côté de chez vous, dites aux gens que vous allez bien"...) et cela semble moins poser de problème éthique...
Je rappelle juste que pour les entreprises, si c'est gratuit, c'est vous le produit...

Et pour nos gouvernements, nous sommes une majorité à les avoir choisi... (oui, on aurait pu mieux choisir, mais c'est un autre débat)
11  1 
Avatar de pierre-y
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 26/08/2020 à 16:03
A si il y a eu les résultats voulu. La boite du bon copain qui a eu ça en charge c'est fait un max de blé dessus et si je ne me plante a même surfacturé les serveurs.
10  0 
Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 11/04/2020 à 6:46
Citation Envoyé par Olivier Famien Voir le message
Edward Snowden est également de cet avis et déclare qu’à « ;mesure que l’autoritarisme se répand, que les lois d’urgence se multiplient, que nous sacrifions nos droits, nous sacrifions également notre capacité à arrêter le glissement dans un monde moins libéral et moins libre ;».
Ouais c'est fort possible qu'après la crise du SARS-CoV-2 les peuples soient moins libre.
Les gouvernements ont besoin de devenir plus autoritaire pour survivre, parce que vu la violence de la crise économique qui arrive, ça pourrait finir en révolution. Donc il faut de quoi pouvoir faire taire n'importe quel individu.
Les prochaines années ne vont pas être géniales... Le niveau de vie des peuples va probablement chuter.
8  0 
Avatar de gros_rougeot
Membre actif https://www.developpez.com
Le 21/04/2020 à 9:33
Cette application ne va pas échapper à la malédiction des logiciels commandés par l'état :
- un cahier des charges ubuesque (différents services auront rédigé des spécifications contradictoires et se tireront dans les pattes),
- elle arrivera trop tard,
- elle sera tellement de buguée qu'elle dégoutera les fameux volontaires,
- elle coutera 10 fois le prix normal (parce que l'état a de hautes exigences de qualité),
- les serveurs seront sous dimensionnés,
- elle sera lancée en grande pompe devant les caméra par des ministres tout souriants,
- elle va planter dès le premier jour rien qu'avec les journalistes qui voudront l'utiliser,
- (à compléter).
La bureaucratie étatique est incapable de respecter les délais, les couts et les performances. C'est congénital.
Elle n'est toujours pas capable de faire fabriquer assez de tests covid, ni d'organiser l'utilisation de ces même tests. Alors faire développer une appli smartphones en 3 semaines.
8  0 
Avatar de Pierre Fauconnier
Responsable Office & Excel https://www.developpez.com
Le 13/05/2020 à 17:52
Citation Envoyé par Stan Adkens Voir le message
[...]
En général, les utilisateurs qui téléchargent ces applications peuvent choisir volontairement d'enregistrer les détails de leurs symptômes lorsqu'ils commencent à se sentir mal. L'application garde une trace des personnes qui ont été en contact étroit grâce à des signaux Bluetooth qui transmettent une identification anonyme. Si une personne signale ultérieurement qu'elle est positive au coronavirus, elle enverra un message aux personnes qui ont été en contact étroit avec elle, et qu’elle aurait pu infecter, en se basant sur leurs identifiants anonymes.[...]
Si une techno peut se baser sur un identifiant "anonyme" pour m'avertir que j'ai été en contact avec une personne infectée, c'est que mon identifiant "anonyme" n'est pas si anonyme que ça... ils peuvent se les garder, leurs applications. Perso, dès que je me déplace, le bluetooth est coupé.
8  0 
Avatar de el_slapper
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 21/07/2020 à 10:22
Et je trouve ce genre d'article sur le COVID bien plus pertinent que ces soi-disant applis de suivi :

https://theconversation.com/covid-19...afrique-139943

les Africains ont l'expérience d'Ebola. Les asiatiques ont l'expérience de la grippe aviaire (et quelques autres). et on continue à ignorer leurs retours d'expérience. Pas étonnant qu'on en prenne plein la tronche. L'article est sans doute angéliste par bien des aspects, mais il point une faille réelle de l'occident : son complexe de supériorité.
8  0 
Avatar de Matthieu Vergne
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 03/04/2020 à 18:13
Citation Envoyé par Stan Adkens Voir le message
Et vous, pensez-vous que la crise actuelle justifie-t-elle ces mesures ?
Absolument pas.

Des pandémies, ça n'a rien de nouveau. Si on a pu faire sans jusque là, y'a pas de raison que ça change. Le problème est que les décisions successives qui ont été prises pendant les dernières décennies ont largement fragilisé notre résilience à ce niveau. Que ce soit notre système de santé à bout de souffle à cause des coupe budgétaires qui font passer les valeurs sociales après les valeurs économiques, ou les décisions qui ont délégué à d'autres que l'état des responsabilités qui auraient dû rester dans son giron et qui ne nous permettent plus maintenant de prendre les initiatives nécessaires chez nous sans devoir demander la permission à des gens qui ont d'autres priorités. Les fruits de ces décisions nous montrent aujourd'hui que le, jadis, "meilleur système de santé du monde" est désormais incapable de s'occuper d'une grosse grippe par lui-même, et cela donne du grain à moudre à ces même décideurs incompétents qui affirment maintenant vouloir boucher les trous en mettant en place des moyens de suivi de la population.

La logique du "je prends des mauvaises décisions, et quand tout explose, je le justifie parce qu'on n'aurait pas encore pris assez de mauvaises décisions", ça ne me convainc pas.
7  0 
Avatar de strato35
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 27/05/2020 à 8:38
Citation Envoyé par 23JFK Voir le message
presque deux mois pour un JEditorPane html et deux JButton. Ils ont recruté le haut du panier.
L'interface est basique, mais en fond il y a aussi toute la gestion du bluethooth, la synchro avec l'api, le développement de l'api, toute la gestion de la sécu, l'anonymat et compagnie, sans compter les tests et les difficultés rencontrées avec Google et Apple sur la manière de faire, d'autant que la France a dit qu'elle n'utiliserais pas l'api proposée par le système de manière décentralisé.
Si on ajoute à ça la conception et la validation du protocole ROBERT, les accords avec Microsoft sur l'hébergement, et faire fonctionner le tout sur les terminaux Apple qui est le plus réfractaire à la technique employée, 2 mois ça semble pas si long.
7  0