Vous êtes nouveau sur Developpez.com ? Créez votre compte ou connectez-vous afin de pouvoir participer !

Vous devez avoir un compte Developpez.com et être connecté pour pouvoir participer aux discussions.

Vous n'avez pas encore de compte Developpez.com ? Créez-en un en quelques instants, c'est entièrement gratuit !

Si vous disposez déjà d'un compte et qu'il est bien activé, connectez-vous à l'aide du formulaire ci-dessous.

Identifiez-vous
Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ?
Créer un compte

L'inscription est gratuite et ne vous prendra que quelques instants !

Je m'inscris !

Sonos porte plainte contre Google pour violation de brevets sur ses enceintes connectées
Et dénonce les stratégies d'une entreprise qui a voulu étouffer la concurrence

Le , par Stéphane le calme

46PARTAGES

12  0 
Sonos est une entreprise américaine d'électronique grand public basée à Santa Barbara (Californie) créée le 30 juin 2002, qui produit et commercialise des systèmes hifi sans fil. Elle a poursuivi Google pour avoir prétendument copié sa technologie brevetée de haut-parleurs tout en l'étouffant sur le marché. Le New York Times rapporte qu'elle a lancé deux actions en justice couvrant cinq brevets sur sa conception d'enceintes sans fil. Sonos demande également une interdiction de vente des ordinateurs portables, des téléphones et des haut-parleurs de Google aux États-Unis par le biais d'une affaire distincte auprès de la Commission du commerce international.

Sonos affirme que Google a volé sa technologie de haut-parleurs multiroom après y avoir eu accès via un partenariat de 2013. Dans le partenariat d'origine, Google s’engageait à assurer le bon fonctionnement de son service de musique Google Play Musique avec les enceintes connectées de Sonos. Ce qui supposait l’envoi par ce dernier de nombreuses informations techniques, dont les plans des enceintes concernées, Google n'étant à l'époque pas une société concurrente. Seulement, bien des mois plus tard, la société aurait utilisé la technologie brevetée dans son appareil Chromecast Audio, désormais abandonné, puis a continué à l'utiliser dans la gamme Google Home d'enceintes intelligentes et la gamme de produits Pixel. Pendant ce temps, Sonos soutient que Google a subventionné ses propres produits pour les vendre à un prix moins cher tout en les utilisant pour extraire plus de données des acheteurs.

En fait, après avoir étudié l'enceinte connectée en détail, Sonos s'est aperçue que Google avait vraisemblablement copié plusieurs de ses technologies brevetées pour concevoir son propre produit, vendu beaucoup moins cher. Sonos a donc proposé à Google de payer une licence pour pouvoir continuer d'utiliser les technologies supposément volées.

Sonos a déclaré avoir notifié Google de l'infraction à plusieurs reprises, dès 2016, quelques mois après l'annonce par Google de son haut-parleur intelligent Home. L'entreprise affirme avoir répété l'avertissement en 2018 (après la sortie de Google Home Max et Home Mini) et en février 2019, elle avait accusé Google d'avoir enfreint 100 brevets Sonos. Le procès cite de nombreux reportages qui soulignent les similitudes entre les nouvelles fonctionnalités et les nouveaux systèmes de Google que Sonos avait déjà mis au point, notamment la synchronisation audio entre plusieurs groupes de haut-parleurs, le réglage du volume du groupe et la configuration d'appareils sur un réseau sans fil local.

« Google est un partenaire important avec lequel nous collaborons avec succès depuis des années, notamment en intégrant l'an dernier l'assistant Google à la plateforme Sonos. Cependant, Google a copié de manière flagrante et en connaissance de cause notre technologie brevetée dans la création de ses produits audio », a déclaré le PDG de Sonos, Patrick Spence. « Malgré nos efforts répétés et intensifs au cours des dernières années, Google n'a montré aucune volonté de travailler avec nous sur une solution mutuellement avantageuse », a-t-il regretté.


Dans le Times, Sonos fait valoir que Google a pris le contre-pied en sabotant ses tentatives de se démarquer. Il décrit une tentative de création d'un haut-parleur intelligent pouvant simultanément prendre en charge plusieurs plateformes d'assistant vocal. Malheureusement Google et Amazon ont obligé Sonos à en choisir un (Google Assistant ou Alexa) lors de la configuration. Les dirigeants de Sonos affirment que Google a promis de retirer son assistant des haut-parleurs s'il apparaît aux côtés d'un concurrent majeur.

La liste des produits présumés contrefaits est exhaustive. En plus de la gamme Chromecast Audio et Google Home, il comprend le Chromecast et Chromecast Ultra; le Nest Mini, le Nest Hub, le Nest Hub Max et le Nest Wifi Point; et les téléphones Pixel, la tablette Pixel Slate et l'ordinateur portable Pixelbook. (Les appareils Pixel sont répertoriés comme des « périphériques de contrôleur matériel contrefaisants » sur lesquels des applications audio Google contrefaites sont préinstallées.)

Amazon est également concerné, mais l'entreprise préfère ne pas attaquer les deux géants en même temps

Sonos affirme qu'Amazon a également violé ses brevets avec la famille d'appareils Echo, mais le Times indique que ses dirigeants ont décidé de ne pas « combattre deux géants de la technologie devant les tribunaux en même temps ». Amazon et Google ont tous deux nié les allégations d'infraction au Times. « Au fil des ans, nous avons eu de nombreuses conversations avec Sonos au sujet des droits de propriété intellectuelle des deux sociétés et nous sommes déçus que Sonos ait intenté ces poursuites au lieu de poursuivre les négociations de bonne foi. Nous contestons ces allégations et les défendrons vigoureusement », a déclaré un porte-parole de Google.

Le procès concerne plus que des brevets individuels (il s'agit d'une réponse à la pression anticoncurrentielle croissante des géants de la technologie). Sonos dépend toujours de Google et Amazon, qui développent les principaux assistants vocaux utilisés sur les haut-parleurs intelligents, parmi de nombreux autres produits. Spence a déclaré au Times qu'il avait parlé avec des membres du personnel de la Chambre des représentants sur la possibilité de témoigner devant le sous-comité antitrust. Pendant ce temps, Sonos a récemment acquis une plateforme vocale AI « privée par conception » appelée Snips pour concurrencer Google Assistant et Alexa d'Amazon.

Jusqu'à la récente acquisition du Français Snips, les enceintes Sonos ne disposaient pas d'assistant vocal «maison». Or, ce type de technologie est extrêmement populaire auprès des personnes qui utilisent ce genre de services. Sonos est donc dépendant des omniprésents leaders du marché des assistants vocaux, de la même manière qu'un fabricant de smartphones peut difficilement se passer d'Android –un autre produit édité par Google. Lorsque les plaintes de Sonos se sont intensifiées, Google a tenté de modifier les conditions sous lesquelles l'entreprise peut intégrer Google Assistant à ses produits. Elle réclame à Sonos les noms, date de sortie et design de ses futures enceintes six mois à l'avance, contre quarante-cinq jours aujourd'hui –alors que, rappelons-le, les deux firmes sont en concurrence directe.

Quelle que soit l'issue de l'opposition, les accusations de Sonos sont déjà prises très au sérieux. Elles ont ainsi attiré l'attention du Congrès des États-Unis: le comité judiciaire de la Chambre des représentants a décidé d'inviter le PDG de l'entreprise d'enceintes à venir s'exprimer devant sa commission d'enquête antitrust le 17 janvier. L'intérêt porté à l'affaire par la commission d'enquête n'annonce pas forcément de mesures contre Google. Toutefois, elle laisse imaginer ce qui pourrait être fait: elle pourrait être forcée d'imposer des conditions moins strictes pour l'utilisation de son assistant, afin de ne plus pouvoir faire pression sur les fabricants tiers d'enceintes connectées.

La Chambre des représentants américaine enquête depuis juin sur les abus de pouvoir dans le monde de la tech. Google, Amazon ou Facebook notamment sont particulièrement visées pour leur penchant à étouffer toute concurrence naissante.

Source : New York Times, Sonos c. Google, Sonos à la Trade Commission

Et vous ?

Que pensez-vous de la décision de Sonos de porter cette affaire à l'attention du tribunal ?
Que pensez-vous de la stratégie visant à n'attaquer qu'une grande enseigne à la fois (en l'occurrence seulement Google) ?
Ces allégations vous semblent-elles vraisemblables ?
Que pensez-vous de l'affirmation de Google qui soutient avoir gardé ouvert le canal de la négociation de bonne foi au fil du temps ?

Voir aussi :

Les enceintes Alexa d'Amazon seraient fabriquées par des lycéens chinois, souvent de nuit, encouragés par leurs enseignants payés par l'usine à cet effet, selon un rapport de China Labor Watch
Maison connectée : Google dépasse Amazon sur le marché européen au 1T19, dans le secteur des enceintes intelligentes
IDC : Les livraisons d'enceintes intelligentes ont atteint un total record de 7,5 millions d'unités en Europe au 4T18
Project Alias « pirate » les enceintes connectées Amazon Echo et Google Home pour protéger la vie privée des utilisateurs
Sommes-nous réellement propriétaires des produits intégrant du numérique que nous achetons ? Le cas de Sonos relance le débat

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-le nous !

Avatar de Steinvikel
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 15/01/2020 à 5:56
Que pensez-vous de la décision de Sonos de porter cette affaire à l'attention du tribunal ?
J'ai du mal à comprendre pourquoi avoir attendu tant de temps pour les attaquer... pour rassembler des preuves suffisantes ? la goutte qui fait déborder le vase ? sont-ils aux pieds du mur ?

Que pensez-vous de la stratégie visant à n'attaquer qu'une grande enseigne à la fois (en l'occurrence seulement Google) ?
C'est bien connu des patent troll du Texas, se défendre, ça coûte ...mais attaquer aussi. Commencer par celui dont les preuves sont les plus accablantes est la meilleure manière de favoriser la condamnation du suivant.

Ces allégations vous semblent-elles vraisemblables ?
Elles l'ont été à mainte reprises par le passé pour d'autres grandes entités... il est question d'argent ici aussi, alors elles sont par définition vraisemblables. Mais pour ce qui est d'être réelles ou non, il faut une enquête pour ça, les ragots ne suffisent pas.

Que pensez-vous de l'affirmation de Google qui soutient avoir gardé ouvert le canal de la négociation de bonne foi au fil du temps ?
Que si c'est la même ouverture que celle qui promue au sein de son entreprise, la liberté d'opinion, de croyances, de réflexion, etc. qui ont amené plusieurs employés à être licenciés pour non conformisme aux valeurs de la société, alors qu'ils débattaient de problématiques de fond de cadre de travail sur base d'arguments scientifiques... alors je dis Google à gardé un canal de négociation ouvert = bullshit !!
...mais je ne connais pas du tout le contexte de cette affaire, donc les deux cas sont tout à fait possibles.
1  0 
Avatar de darklinux
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 15/01/2020 à 6:36
Que pensez-vous de la décision de Sonos de porter cette affaire à l'attention du tribunal ?

Que c 'est bien tard
Que pensez-vous de la stratégie visant à n'attaquer qu'une grande enseigne à la fois (en l'occurrence seulement Google) ?

Que cette méthode prouve que le marché est saturé et que , bien en avance , Sonos n ' rien fait pour conquérir et évolué , donc on traine n justice ces concurrents
Ces allégations vous semblent-elles vraisemblables ?

J ' attend de voir
Que pensez-vous de l'affirmation de Google qui soutient avoir gardé ouvert le canal de la négociation de bonne foi au fil du temps ?


Il doit y avoir des traces écrites , daté ...
0  0