L'outil de Google proposant des offres d'emploi dans les résultats de recherche suscite des plaintes de la part de ses concurrents
Pour abus de position dominante

Le , par Olivier Famien

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Pour la plupart des internautes, lorsqu’ils recherchent des informations en ligne, les outils privilégiés pour parvenir à ces fins sont les moteurs de recherche et particulièrement Google. Selon le site StatCounter chargé d’analyser le trafic des sites web sur la toile, Google domine majoritairement le marché des moteurs de recherche dans le monde avec un peu plus de 90 % de part de marché.

Google : un allié pour la visibilité sur la toile, ou pas ?

Pour les sites qui ont su tirer profit des avantages qu’offre Google en matière de visibilité, le moteur de recherche n°1 au monde constitue un véritable atout pour attirer du trafic sur la toile. Mais pour d’autres sites, le moteur de recherche de Mountain View pourrait lui-même représenter un obstacle à cette quête de visibilité dans les résultats du moteur surtout lorsque l’entreprise a également des services à défendre dans la liste des résultats de recherche retournés par ce dernier.

Plainte adressée à l’UE par 23 sites proposant des services de recherche d’emploi

C’est en tout cas cette dernière opinion qui est entretenue par un collectif de 23 sites web proposant des services de recherche d’emplois qui a adressé hier mardi une lettre à la commissaire de la concurrence de l’Union européenne (UE), Margrethe Vestager, afin de l’inviter à ordonner temporairement Google à mettre fin au prétendu jeu injuste auquel il s’adonne pendant qu’elle enquête sur Google.


Motivations de la plainte contre l’outil de Google agrégeant les offres d’emploi et placé en tête des résultats

Pour mieux comprendre pourquoi ces entreprises proposant des services d’offres d’emploi imputent à Google des pratiques anticoncurrentielles, il faut savoir que Google a développé depuis 2 ans un outil en ligne qui agrège les offres d’emplois publiés à travers le monde. Cet outil permet aux candidats de filtrer, sauvegarder et recevoir des alertes sur les offres d’emploi disponibles, bien qu’ils doivent se rendre sur le site où l’offre est disponible pour postuler. Le problème pour les 23 sites web qui viennent d’exprimer leurs griefs devant Vestager est que dans les résultats de recherche retournés sur Google Search, le géant du web place en tête un gros widget de son outil avec des offres liées aux mots-clés saisis dans le champ de recherche alors que cet outil n’existe que depuis de 2 ans seulement. Certains concurrents qui proposent les mêmes services de recherche d’emplois depuis belle lurette affirment que le positionnement est illégal, car Google utilise sa position dominante pour attirer les utilisateurs vers son offre de recherche spécialisée sans les investissements marketing traditionnels que ces entreprises tierces ont elles-mêmes dû effectuer pour parvenir à un tel niveau de visibilité sur le site de référencement de Google.

En plus de cette plainte, Reuters rapporte également que pour apparaître dans les résultats de recherches d’emploi retournés par l’outil de Google, il faut que le site web qui propose les offres d’emploi suive des directives strictes édictées par Google et qui exigent que les écritures soient structurées de manière à ce que le moteur de recherche puisse les interpréter facilement. Henry Shao, le PDG de Zippia, une startup du secteur de la recherche d’emplois à San Mateo, en Californie, aurait déclaré que l’outil de Google pour les recherches d’emplois « abaissait » le contenu de Zippia dans les résultats de recherche, rendant plus difficile l’attraction des utilisateurs à moins d’investir dans le respect des consignes de Google.

Parmi les entreprises qui ont signé la lettre adressée à Vestager, nous avons le site britannique Best Jobs Online ainsi que les sites allemands Intermedia et Jobindex. Actuellement, ces entreprises ont juste adressé une lettre dans laquelle elles expriment leurs griefs contre l’outil de Google. Mais selon Reuters, si rien n’est fait, cela pourrait pousser ces entreprises à porter officiellement plainte contre Google. Et selon l’agence de presse, StepStone GmbH, basée à Berlin, qui exploite 30 sites d’emploi dans le monde et un autre service de recherche allemand auraient déjà franchi ce pas.

L’outil de Google pour la recherche d’emplois perçu comme un moyen d’accroître le trafic web

Toutefois, toutes les entreprises ne perçoivent pas les choses de la même manière que le groupe des 23 sites web. En effet, pour les entreprises dont les offres apparaissent maintenant tout en haut de la page de Google grâce à son outil d’agrégation des offres d’emploi, Google a rétabli l’innovation et la concurrence dans le secteur. Monster Worldwide Inc, un site web basé aux États-Unis et proposant des offres d’emploi, qui en fait partie maintenant avait perdu des utilisateurs au cours des dernières années après avoir formaté son site web de manière à se conformer aux directives de Google. Mais le nouvel outil d’agrégation des offres d’emploi de Google lui a permis de remonter au sommet des résultats, a déclaré Scott Gutz, le directeur général de Monster. Et d’ajouter qu’avec cet outil, « il y a eu un nivellement du terrain de jeu ».

Réaction de Google suite à la lettre adressée à l’UE par les 23 fournisseurs de services de recherche d’emploi

En réponse à la lettre adressée à l’UE, Nick Zakrasek, chef de produit senior pour la recherche chez Google, a déclaré que la société avait bien accueilli les commentaires de l’industrie sur la recherche d’emploi. Selon Reuters, Google a déclaré que son offre répondait à des plaintes antitrust antérieures en permettant aux services de recherche concurrents de participer et incluait une fonctionnalité en Europe conçue pour donner une importance aux concurrents. « Tous les fournisseurs — des employeurs individuels aux plates-formes d’annonces d’emplois — peuvent utiliser cette fonctionnalité pour la recherche, et beaucoup d’entre eux ont constaté une augmentation significative du nombre de candidatures reçues », a déclaré Zakrasek dans un communiqué. « En améliorant l’expérience de recherche pour les emplois, nous sommes en mesure de générer davantage de trafic sur les sites web et de soutenir un écosystème de recherche d’emploi sain ».

Mais pour les 23 entreprises qui ont adressé cette lettre à Vestager, les liens génériques vers des services concurrents faisant partie intégrante de son widget emploi européen ne suffisent pas pour garantir un « traitement équitable ». De même, les détracteurs des directives de Google soutiennent que l’un des problèmes majeurs est que les participants doivent transmettre des données qui pourraient aider Google à les contourner totalement.

Source : Reuters

Et vous ?

Quel est votre avis sur les plaintes émises par les 23 sites proposant des services d’offres d’emploi ?

Selon vous, Google abuse-t-il de sa position pour déclasser ses rivaux ?

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