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Boeing travaillerait sur un nouveau système de contrôle de vol pour son 737 MAX
Dont le fonctionnement repose sur deux ordinateurs plutôt qu'un seul

Le , par Christian Olivier

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10  0 
Boeing a récemment annoncé avoir entrepris la refonte totale du système de contrôle de vol de son 737 MAX. Pour rappel, cet avion est interdit de vol depuis près de cinq mois parce que les régulateurs de l’aviation civile à l’échelle mondiale le jugent encore trop dangereux pour reprendre du service, après la survenue des deux catastrophes aériennes distinctes impliquant ce modèle qui ont couté la vie à 346 personnes.

D’après certaines sources proches du dossier ayant requis l’anonymat, l’avionneur américain serait en train de modifier le logiciel du système de contrôle de vol automatisé de son 737 MAX afin qu’il utilise un deuxième ordinateur de contrôle de vol pour le rendre plus fiable. Le nouveau logiciel fera en sorte que le fonctionnement de l’ensemble du système de contrôle de vol de l’avion, y compris le MCAS, repose sur deux ordinateurs plutôt que sur un seul. La prise en charge des données fournies simultanément par ces deux ordinateurs de contrôle de vol, au lieu d’un seul, ajoutera la couche de sécurité liée à la redondance qui faisait jusqu’à lors cruellement défaut à ce système de vol.

Dans la nouvelle configuration, les deux ordinateurs de contrôle de vol devraient être monitorés par voie logicielle et les pilotes devraient être notifiés, lorsque ces machines fourniront des résultats en rapport avec l’altitude, l’angle d’attaque, la vitesse de l’air ou d'autres paramètres qui ne sont pas concordant. Un seul ordinateur était utilisé par le passé, car Boeing jugeait que son système était statistiquement fiable.


Lors des investigations qui ont suivi les deux crashs suscités, la FAA a découvert que le traitement des données par l’ordinateur de bord du 737 Max pouvait causer un décrochage soudain et imprévisible que les pilotes avaient beaucoup de mal à corriger pour reprendre rapidement le contrôle de l’avion. Les effets de ce dysfonctionnement sont similaires à ceux observés avec une autre vulnérabilité qui affecte la version initiale et défectueuse du dispositif de stabilisation en vol ou MCAS (Maneuvering Characteristics Augmentation System) du 737 Max, même s’ils ont des origines différentes. À titre de rappel, le MCAS utilise un moteur pour déplacer une petite aile située à la queue de l’avion - connue aussi comme étant un stabilisateur horizontal - qui permet d’ajuster les mouvements ascendants et descendants (trim) de l’avion. La seconde défaillance relevée par la FAA pourrait inciter cette même aile à se déplacer sans que le pilote ait au préalable initié la réalisation de cette opération.

De son côté, l’organisme européen de réglementation de l’aviation (AESA) a dressé une liste détaillée de cinq exigences majeures auxquelles Boeing doit répondre avant d’autoriser la remise en service du 737 Max. Cette liste fait suite à l’examen général et indépendant du système de commandes de vol des avions 737 dans son intégralité, un examen diligenté par l’AESA qui s’est concentré sur les différences entre la variante Max et l’ancien modèle. Outre les défaillances critiques mentionnées précédemment, l’AESA est préoccupée par : la difficulté potentielle des pilotes à tourner le volant de compensation manuelle de l’avion, le manque de fiabilité des capteurs d’angle d’attaque du Max, les procédures de formation inadéquates et le fait que pilote automatique du jet ne se désactive pas dans certaines situations d’urgence.

Pour le moment, il est difficile de savoir si l’atténuation de ces failles requiert une simple mise à jour du logiciel de vol du 737 MAX ou des changements plus en profondeur de l’avion lui-même, sachant que certains experts du milieu à l’instar de Gregory Travis, ingénieur logiciel chevronné et un pilote expérimenté, estiment qu’une mise à jour logicielle ne peut pas compenser les défauts de conception de cet avion et préconisent une révision complète du design de l’appareil. Boeing semble, à l’heure actuelle, privilégier la première solution.

Une fois achevé, le nouveau logiciel de vol donnera à Boeing un progiciel complet que les autorités de réglementation pourront évaluer. L’avionneur américain devrait présenter les changements tant attendus à la FAA et aux autres organismes de réglementation en septembre et espère que son 737 Max pourra reprendre son vol avant la fin de l’année, idéalement à partir du mois d’octobre.

Source : Seattle Times

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?

Voir aussi

La FAA aurait assoupli le processus d'approbation du logiciel MCAS du Boeing 737 Max en 2017, selon les résultats d'une enquête
L'AESA exige des changements supplémentaires sur le 737 Max, dont le pilote automatique qui ne s'était pas débrayé dans certaines situations d'urgence
Boeing a tellement de 737 Max immobilisés et en attente de révision qu'il utilise le parking de ses employés pour stocker les avions
Le calvaire de Boeing continue malgré le sommet mondial organisé par la FAA pour discuter du cas des 737 Max toujours interdits de vol

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Avatar de CoderInTheDark
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 06/09/2019 à 9:24
Après toutes les révélations sur cette affaire, le crédit de l'agence américaine est plus qu'entamé.
On évoque quand même que l'avion ai été certifié par des employé de Boeing, qui travaillaient pour la FAA, qui étaient juge et partis.

Avec Trump on pourrait redouter, qu'il demande de faire interdire de vol des Airbus par représailles.
Au début d'Airbus les USA avaient tenté de faire interdire les premier Airbus, car ils étaient soit disant trop bruyant et trop lourds pour les piste d'atterrissages des aéroports.
C'était du protectionisme déguisé à l'époque.
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Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 06/09/2019 à 9:34
Citation Envoyé par CoderInTheDark Voir le message
Au début d'Airbus les USA avaient tenté de faire interdire les premier Airbus, car ils étaient soit disant trop bruyant et trop lourds pour les piste d'atterrissages des aéroports.
C'était du protectionisme déguisé à l'époque.
Les USA ont fait des lois pour interdire le concorde.
Ils n'aimaient pas qu'un avion Français soit aussi impressionnant technologiquement.
USA : comment l’État a tué le vol supersonique
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Avatar de filipp
Futur Membre du Club https://www.developpez.com
Le 04/08/2019 à 23:29
Pas suffisant du tout Il faut au minimum installer un troisieme capteur AOA comme sur les Airbus...mais le probleme dd fond c'est son instabilité intrinsèque...ils ne sont pas sortis de l'auberge !
Pendant des mois encore les nouveaux cercueils volants fabriqués vont s'entasser sur les parkings de Seattle ...
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Avatar de 6carbon
Membre averti https://www.developpez.com
Le 05/08/2019 à 10:32
Citation Envoyé par xor AX AX Voir le message

J'ai postulé auprès de Boeing US et FR sans résultat positif.

Postules chez HCL : https://www.developpez.com/actu/267851/Le-logiciel-de-vol-du-737-Max-est-defectueux-car-Boeing-a-confie-le-travail-a-des-ingenieurs-payes-9-h-Oui-selon-d-anciens-employes-du-groupe/
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Avatar de archqt
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 05/08/2019 à 13:47
Citation Envoyé par rawsrc Voir le message
euh, vous allez dire que je suis un peu idiot, mais je ne vois pas trop l'intérêt de la chose. Rajouter un calculateur qui exécute le même programme (bancal) que son voisin et comparer les résultats des deux calculateurs c'est clair que ça améliore vachement la sécurité...
Ah ça ouais, quand un calculateur tombe en carafe, l'autre va prendre le relais et on se retrouvera exactement avec la même situation que par le passé. Sont forts chez Boeing.

Ils peuvent rajouter dix calculateurs s'ils le veulent mais ça ne va pas corriger les problèmes structurels et architecturaux de cet avion. M'est d'avis que c'est un cataplasme sur une jambe de bois.
Pour en arriver à cette extrémité, j'ose à peine imaginer la pression qu'il doit y avoir sur les équipes qui se coltinent le problème. Je les plains. Tout le monde doit être en transe du matin au soir...
Non pas idiot car tu ne sais pas tout. Il faut dupliquer les systèmes MAIS ils doivent être réalisés sur des cartes différentes, des compilateurs différents et des équipes différentes. Ce qui permettra d'éviter d'avoir le même bug de chaque côté.

Par contre juste dupliquer...uhm pas assez il faudrait 3 systèmes. Je ne comprends pas Boeing, ce n'est pas ce qui coûte le plus cher dans un avion, à vouloir économiser un peu ils perdent des milliards et LE PLUS IMPORTANT ils ont tués des gens!!!! Cela mériterait de la prison ferme pour les dirigeants (pas les ingénieurs ils ne font que ce qu'on leur demande).
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Avatar de Romain Kroës
Nouveau membre du Club https://www.developpez.com
Le 23/08/2019 à 11:05
Dans la schizophrénie entre le désir d’une gouvernance algorithmique et l’angoisse à la perspective d’une prise de pouvoir cybernétique sur l’humanité, que faut-il croire ? Ni l’un ni l’autre, bien entendu. Comme vous le soulignez, les aberrations machiniques résultent d’une détermination financière.
Dans le cas du Rio-Paris, la machine s’est tout simplement trouvée devant un problème non prévu : le givrage simultané des trois sondes Pitot. L’écran où devait s’afficher le diagnostic a bafouillé pendant deux minutes et n’a livré l’information décisive qu’au moment où l’avion était déjà en décrochage. Or, sur les avions modernes, on ne sort pas d’un décrochage, en raison de l’instabilité en tangage nécessaire aux automatismes. Pour cette raison, l’épreuve du décrochage a été supprimée de la procédure de certification, à la demande des constructeurs.
Sur le 737 Max, le système MAS ne savait pas qu’il était conçu pour éviter un décrochage. Alors il est entré en activité de manière intempestive, sur simple mésinformation électronique.
Dans les deux cas, il existait un moyen simple d’éviter la catastrophe : la présence au tableau de bord d’un indicateur d’incidence. Les pilotes du Rio-Paris auraient alors tout de suite éliminé l’hypothèse de la survitesse, suggérée sur l’écran des informations de la machine et cause du crash. Ceux du 737 Max n’auraient pas été soumis au MAS.
Dans les années 1990, sur les A330 de la compagnie Air France Europe (ex Air Inter), nous disposions de cet indicateur. Mais à la demande des constructeurs, qui préfèrent vendre leurs automatismes, ce n’est qu’une option, que ne rendent pas obligatoire les autorités démissionnaires. Pourquoi disposions-nous de cet indicateur ? Parce que dans cette compagnie, échaudés par la catastrophe du Mont Ste Odile, c’étaient les pilotes qui décidaient des options, et pas les financiers.
Enfin, en fond des actuelles orientations technologiques, il faut voir un transfert de valeur ajoutée vers les constructeurs, de la part des exploitants qui croient acheter une économie de formation et de masse salariale, mais qui en retrouvent le montant dans le prix d’achat des appareils.
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Avatar de el_slapper
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 26/08/2019 à 14:16
Citation Envoyé par xor AX AX Voir le message
snip.
c'est bien gentil, tout ça, mais on est passé d'un accident tous les 10 000 vols avec le pilotage aux fesses à un accident tous les 10 000 000 de vols avec l’électronique. Qui certes n'est pas parfaite. Mais ma fille prend l'avion demain, et je préfère largement confier sa vie aux automates modernes plutôt qu'à un pilote qui fait selon ses sensations. Le risque est moins grand.
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Avatar de plegat
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 30/08/2019 à 15:53
Citation Envoyé par Jipété Voir le message
Précise, précise, on ne sait pas tout, donc un soupçon d'éclaircissement sera le bienvenu, merci,
Il y a un réglage de base sur tout ce qui vole qui s'appelle le centrage. Il permet de régler la position du centre de gravité de l'avion (où s'exerce la résultante des efforts de gravité) par rapport au centre de portance (où s'exerce la résultante des efforts aérodynamiques). Techniquement, ça se règle avec le trim de l'empennage horizontal (à l'arrière) et en jouant sur les transfert de carburants entre les différents réservoirs (et en engueulant les passagers qui prennent trois bagages cabines et qui se mettent tous au fond...)

Pour éviter les soucis, on centre les avions sur un centrage "avant", ce qui veut dire que le poids de l'appareil "appuie" devant la portance des ailes. On se retrouve dans une configuration stable, du fait que si on met l'avion en décrochage (en cabrant trop, ou en n'allant pas assez vite), le poids l'emporte sur l'aéro, l'avion décroche et pique du nez automatiquement, ce qui le remet en phase d'accélération où il regagne de la portance, et revient sur une assiette neutre (si il est assez haut pour que la manoeuvre puisse se faire...).

Sauf que cette position, pour être à l'équilibre, impose d'avoir un gros contre-effort sur l'empennage arrière (si vous regardez bien les profils aéro des ailes et de l'empennage horizontal arrière, vous verrez qu'ils ne sont pas dans le même sens, les ailes poussent vers le haut, l'empennage vers le bas), d'où un effort de trainée à trainer, qui joue sur la conso et sur les performances.
Donc le but du jeu, c'est de réduire cet effort, ce qui se fait en reculant le centrage avant vers le centre de portance... d'où une baisse de la stabilité en tangage, que compensent les aides électroniques au pilotage. En addition, un avion centré arrière (ou moins avant), vu qu'il est moins stable, est beaucoup plus maniable (les avions de chasse militaires sont centrés arrière si je ne me fourvoie pas...), donc plus réactif à un ordre, donc plus réactif au "micro ordres" de l'électronique qui agit au poil de sonde. Au risque de ne plus l'être du tout dans certaines situations... d'où l'importance de l'électronique pour prévenir rapidement les sorties de domaine de vol de l'appareil (parfois au détriment de ce que pourrait faire un pilote confirmé pour récupérer une situation que l'électronique ne sait pas gérer, ou qu'elle gère de travers parce qu'elle est trompée par des problèmes de capteurs).

Pour le joystick, je laisse Romain répondre, je ne suis pas ni n'ait été pilote!
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Avatar de NBoulfroy
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 06/09/2019 à 12:53
Ce que j'en pense ? Quand la sécurité des usagers est en jeu, je suis totalement pour le renforcement des contrôles.

Un peu d'indépendance dans le processus d'évaluation ne fait pas de mal donc je trouve ça positif que l'Europe décide de faire seul cela.
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Avatar de rawsrc
Modérateur https://www.developpez.com
Le 04/08/2019 à 23:12
euh, vous allez dire que je suis un peu idiot, mais je ne vois pas trop l'intérêt de la chose. Rajouter un calculateur qui exécute le même programme (bancal) que son voisin et comparer les résultats des deux calculateurs c'est clair que ça améliore vachement la sécurité...
Ah ça ouais, quand un calculateur tombe en carafe, l'autre va prendre le relais et on se retrouvera exactement avec la même situation que par le passé. Sont forts chez Boeing.

Ils peuvent rajouter dix calculateurs s'ils le veulent mais ça ne va pas corriger les problèmes structurels et architecturaux de cet avion. M'est d'avis que c'est un cataplasme sur une jambe de bois.
Pour en arriver à cette extrémité, j'ose à peine imaginer la pression qu'il doit y avoir sur les équipes qui se coltinent le problème. Je les plains. Tout le monde doit être en transe du matin au soir...
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