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La FAA identifie une nouvelle défaillance critique de l'ordinateur de bord du 737 Max
Qui a des effets similaires au dysfonctionnement du MCAS

Le , par Christian Olivier

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7  0 
Les essais sur simulateur reproduisant les conditions réelles en vol effectués par les pilotes de la FAA (Federal Aviation Administration) ont révélé un nouveau risque en matière de sécurité sur les 737 Max de Boeing qui sont interdits de vol depuis trois mois, ont indiqué deux sources proches du dossier ayant requis l’anonymat. Ce « risque potentiel que Boeing doit atténuer » ne serait, cependant, pas lié aux derniers accidents mortels ayant impliqué un 737 Max d’Ethiopan Airlines cette année et un autre 737 Max de Lion Air en 2018.

Lors de ces tests, la FAA a découvert que le traitement des données par l’ordinateur de bord du 737 Max pouvait causer un décrochage soudain et imprévisible que les pilotes avaient beaucoup de mal à corriger pour reprendre rapidement le contrôle de l’avion. Et comme l’a confié une des sources, « si vous ne pouvez pas reprendre le contrôle en quelques secondes, c’est un risque déraisonnable ». Les effets de ce dysfonctionnement sont similaires à ceux qui ont été observés avec la version initiale et défectueuse du dispositif de stabilisation en vol (Maneuvering Characteristics Augmentation System ou MCAS) du 737 Max même s’ils ont des origines différentes.


Le MCAS utilise un moteur pour déplacer une petite aile située à la queue de l’avion - connue comme un stabilisateur horizontal – qui permet d’ajuster les mouvements ascendants et descendants – trim – de l’avion. La nouvelle défaillance relevée par les pilotes de la FAA pourrait inciter cette même aile à se déplacer sans que le pilote ait au préalable initié la réalisation de cette opération. Un signe de négligence aggravée de la part de Boeing ?

Depuis la découverte de cette nouvelle défaillance, l’autorité de réglementation de l’aviation civile aux USA a ordonné à l’avionneur américain d’apporter de nouvelles modifications à la conception de son jet, des changements qui vont probablement rallonger le processus de certification du 737 MAX modifié quand on sait que cet avion représente plus de 75 % du carnet de commandes de la société. Mais, pour le moment, il est difficile de savoir si l’atténuation de cette faille exige une simple mise à jour du logiciel du bord ou des changements plus en profondeur de l’avion lui-même, sachant que certains experts du milieu tels que Gregory Travis, ingénieur logiciel chevronné et un pilote expérimenté, estiment qu’une mise à jour logicielle ne peut pas compenser les défauts de conception de cet avion et préconisent une révision complète du design de l’appareil.

Dans un document adressé à la SEC, Boeing explique que la FAA lui a demandé de « s’occuper d’un problème spécifique en vol que les changements de logiciel du 737 MAX sur lesquels Boeing travaille depuis huit mois ne prennent pas en compte ». Mais l’entreprise n’a pas souhaité divulguer la nature exacte du problème, soulignant simplement par la voix d’un porte-parole, Gordon Johndroe, que sa résolution devrait « réduire la charge de travail des pilotes » en facilitant la réaction à un mouvement non commandé du stabilisateur.

Le fabricant d’aéronefs basé à Chicago qui travaille déjà d’arrache-pied pour corriger le dispositif de stabilisation en vol (MCAS) défectueux de son 737 Max a par ailleurs précisé qu’il ne soumettra pas la version modifiée de son jet à la FAA pour la certification finale tant qu’il n’aura pas satisfait à toutes les exigences « pour un retour en service en toute sécurité ».

Le retour en service du 737 MAX dans les meilleurs délais était déjà sérieusement compromis par la demande des pilotes de bénéficier d’une meilleure formation, ce qui implique l’usage de simulateurs de vol quand il n’en existe que quatre dans le monde qui sont capables de reproduire exactement les conditions de vol du 737 Max : un aux États-Unis, deux au Canada et un en Éthiopie. L’absence de consensus sur un calendrier de redéploiement jusqu’à l’heure actuelle laisse, en outre, supposer que les autorités de régulation devraient au mieux aboutir à une nouvelle certification en ordre dispersé de l’appareil. Le calvaire de Boeing se poursuit donc, ses 737 MAX devant probablement rester cloués au sol plus longtemps que prévu. L’entreprise a déjà tellement de 737 Max immobilisés et en attente de révision qu’elle utilise le parking de ses employés sur certains de ses sites de production ou d’essai pour stocker ses avions.

L’interdiction de vol prolongée des 737 MAX risque d’affecter lourdement les comptes de Boeing. Le coût important lié au stationnement prolongé et à la maintenance n’est que le début de l’exposition financière de Boeing. L’avionneur basé à Chicago devra dédommager les compagnies aériennes qui possèdent l’un des 737 MAX livrés avant l’interdiction mondiale de vol. Il devra aussi s’occuper de ses autres clients, notamment du manque à gagner qu’ils accusent à cause du retard de livraison des 737 MAX déjà commandés qui devaient être livrés depuis le 13 mars dernier.

Trois mois après le début de l’immobilisation des 737 MAX, un analyste de Bloomberg estime à 1,4 milliard de dollars la facture de Boeing pour les vols annulés des compagnies aériennes clientes et le manque à gagner d’exploitation si la flotte de 737 MAX est toujours clouée au sol d’ici fin septembre. Il faut également préciser que la société fait déjà face aux actions en justice intentées par les familles des victimes des deux accidents. Des spécialistes du secteur estiment à ce sujet que les malheurs du 737 MAX vont couter des milliards au constructeur américain qui devra mobiliser toutes ses ressources pour résoudre cette affaire.

Source : Bloomberg, CNN

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Cette découverte ne serait-elle pas un signe de négligence aggravée de la part Boeing ?
Estimez-vous qu'à ce stade une révision complète du design du 737 Max de Boeing soit nécessaire ?

Voir aussi

États-Unis : des procureurs fédéraux cherchent à savoir si Boeing a fourni des informations incomplètes ou trompeuses sur son 737 Max
Boeing admet que les simulateurs du 737 Max n'ont pas reproduit fidèlement ce qu'était le vol sans MCAS, selon un rapport
Un employé de Boeing : je ne mettrais pas ma famille dans un avion Max, à un moment où le 737 Max a une mauvaise presse
Boeing prévoyait d'attendre trois ans avant de résoudre son problème d'alerte de sécurité sur le 737 Max, selon des législateurs américains

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Avatar de stef-13013
Membre actif https://www.developpez.com
Le 29/06/2019 à 16:52
Ils suivent "juste" la tendance actuelle qui est de ne pas/plus payer les gens... (Et ce n'est pas propre à l'IT)

Quelques phrases "magiques" (tout est véridique, ca vient de ma boite) :
"Le codage, franchement, aujourd'hui c'est pas compliqué, tu vas sur internet, tu te tapes des tuto. et hop, voila hein, pas de quoi en faire un plat"
"Les informaticiens, pfff, vous êtes les sidérurgistes de demain"

Et ma préférée :
"Pour les projets à venir, on va recruter des stagiaires, il doit bien y en avoir 2 ou 3 de bons dans le lot"
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Avatar de kremvax
Membre averti https://www.developpez.com
Le 30/06/2019 à 0:13
L'article de Bloomberg met l'accent sur les problèmes liés à l'outsourcing, mais ce serait un peu facile de dédouaner les problèmes de *conception* qui semblent avoir été à la base de tout, en amont du développement. Le fait de faire l'impasse sur la redondance des sondes, ce n'est ni une décision de développeur, ni un bug.
13  0 
Avatar de tpericard
Membre averti https://www.developpez.com
Le 29/06/2019 à 19:41
Ils suivent "juste" la tendance actuelle qui est de ne pas/plus payer les gens... (Et ce n'est pas propre à l'IT)

Quelques phrases "magiques" (tout est véridique, ca vient de ma boite) :
"Le codage, franchement, aujourd'hui c'est pas compliqué, tu vas sur internet, tu te tapes des tuto. et hop, voila hein, pas de quoi en faire un plat"
"Les informaticiens, pfff, vous êtes les sidérurgistes de demain"

Et ma préférée :
"Pour les projets à venir, on va recruter des stagiaires, il doit bien y en avoir 2 ou 3 de bons dans le lot"
Effectivement ça fait longtemps que les développements se font principalement au forfait. Et qui forfait dit baisse maximum des coûts par les sociétés qui développent.

L'article ne parle pas de l'aspect "Tests" qui est toujours le mouton noir ... "quoi des tests ? Inutiles, c'est tellement bien écrit" ou aussi, entendu chez un client cette fois "pas la peine de tester ce cas de figure, ça n'arrivera jamais en prod" ... devinez ce qui arriva quelques jours plus tard après la mise en production ... cas véridique qui s'est passée sur une application critique dans une très grande entreprise.

Pour conclure, quand un donneur d'ordres ne veut mettre que le minimum financier, il n'aura qu'une qualité au mieux moyenne.
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Avatar de yoyo3d
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 30/06/2019 à 21:37
Les centaines de millions (milliards ?) de perte suite à cette affaire devraient leur faire sérieusement réviser leur jugement.
malheureusement non, je ne croix pas, ce n'est pas la première entreprise à faire une connerie parce qu’un "col blanc" à décider de ne faire des économies... le Titanic en est un bon exemple, avec ses rivets fondus dans un acier de mauvaise qualité...ses canots sous dimensionnés en nombre, sa volonté de battre des records de vitesse pour "la gloire"... etc
l'histoire industrielle, agroalimentaire, militaire, sanitaire est pleine de décisions "à la con" pour la gloire, de mauvais choix techniques ou financiers par incompétence extrême...voir pire, d'égo démesuré.

Le fait de faire l'impasse sur la redondance des sondes, ce n'est ni une décision de développeur, ni un bug.
tu as 100% raison et cela confirme ma pensée...
9  0 
Avatar de CaptainDangeax
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 27/06/2019 à 14:44
Le problème avec ce MCAS, c'est que depuis le premier 737-100 et ses moteurs JT8D, l'avion a été tellement transformé, étiré, agrandi, remotorisé, que l'étude dynamique initiale (faite à la règle à calcul, faut-il le rappeler) est devenue complètement caduque. D'où le MCAS bricolé vite fait mal fait pour maintenir l'avion dans son enveloppe de vol...
Il faut aussi savoir que Boeing et Airbus ont une approche totalement différente des commandes de vol. Chez airbus, le pilote donne une consigne à l'ordinateur de bord qui l'applique. Chez Boeing, le pilote donne une consigne à l'avion et l'ordinateur de bord essaie de corriger.
Alors chez Airbus, quand on descend moteur réduit et roues sorties, l'ordinateur de bord comprend "je suis en train de me poser" et pose l'avion dans la forêt d'Absheim. Quand, au dessus de l'atlantique, que les sondes pitot gèlent et que le pilote met l'avion en montée, l'avion fini par décrocher. Ce n'est pas infaillible.
Mais là chez Boeing, c'est un bidule rajouté sur un modèle de commande qui n'est pas prévu pour à la base. La seule solution, c'est de démonter complètement le MCAS et de refaire l'étude aéro de l'avion, pour qu'il soit de nouveau viable à voler sans béquille électronique.
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Avatar de jpouly
Membre averti https://www.developpez.com
Le 30/06/2019 à 13:50
Citation Envoyé par kremvax Voir le message
L'article de Bloomberg met l'accent sur les problèmes liés à l'outsourcing, mais ce serait un peu facile de dédouaner les problèmes de *conception* qui semblent avoir été à la base de tout, en amont du développement. Le fait de faire l'impasse sur la redondance des sondes, ce n'est ni une décision de développeur, ni un bug.
Comme je le dis souvent, on ne résout pas un problème fonctionnel par de la technique. On résout du fonctionnel par du fonctionnel.

Ici c'est la même chose. le fait d'avoir mis de nouveaux moteurs a complètement changé l'équilibre de l'avion. C'est pas un bout de code qui va résoudre ce problème, et Newton a été clair sur le sujet ().

Il vallait mieux, même si ça coûte, revoir l'équilibre de l'avion et son aérodynamisme.
8  0 
Avatar de champomy62
Membre averti https://www.developpez.com
Le 30/06/2019 à 17:07
Citation Envoyé par yahiko Voir le message
Les informaticiens peuvent s'estimer heureux d'être payés, même 9$ de l'heure.

Tout ceci ne serait sans doute jamais arrivé si le code du 737 Max avait été open source, avec une communauté de bénévoles corrigeant toutes les failles sur leur temps libre.
LOL
8  0 
Avatar de el_slapper
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 01/07/2019 à 8:30
Citation Envoyé par yoyo3d Voir le message
(.../...)l'histoire industrielle, agroalimentaire, militaire, sanitaire est pleine de décisions "à la con" pour la gloire, de mauvais choix techniques ou financiers par incompétence extrême...voir pire, d'égo démesuré.
(..../...)
En termes d'égo, je pense au projet Louvois ou au système d'armes du F35. Qui n'ont tué personne(ce qui est un souci pour le F35, un système d'armes, c'est sensé tuer des gens, justement), mais qui ont couté des sommes délirantes.
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Avatar de Itachiaurion
Membre averti https://www.developpez.com
Le 08/07/2019 à 11:50
Citation Envoyé par Fleur en plastique Voir le message
Pour les capteurs à rajouter franchement ça peut attendre. Il y a eu deux crashs certes, mais combien de vols parfaitement réussis ? Il est quand même peu probable qu'il y ait un nouvel accident avant quelques mois et d'ici là, tous les avions auront téléchargé suffisamment de mises à jour pour être suffisamment fiables et rendre le risque de crash négligeable.
C'est pas comme s'il y avait eu mort d'homme effectivement
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Avatar de pboulanger
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 16/07/2019 à 8:37
"changer de nom pour faire oublier les problèmes" est une technique totalement maitrisée par nos politiques (RPR -> UMP -> Les Républicains). Mais je ne suis pas sûr que cela suffise à faire oublier que Boeing, pour faire des économies de bouts de chandelles, a sacrifié la sécurité de ses passagers...
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