Les sénateurs démocrates exhortent la FTC à agir contre les « pratiques frauduleuses amicales » de Facebook,
En donnant suite à la nouvelle plainte

Le , par Stan Adkens

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Les deux sénateurs démocrates américains, qui avaient écrit à Zuckerberg en fin janvier à propos de l’affaire, selon laquelle Facebook gagnait de façon frauduleuse de l'argent en piégeant les enfants qui payaient des parties de jeux sur sa plateforme de réseau social, ont demandé hier à la FTC (Federal Trade Commission) de donner suite à une plainte déposée ce même jour par des groupes de consommateurs contre Facebook Inc. La plainte demande à l’agence indépendante du gouvernement des États-Unis de vérifier si le réseau social avait effectivement escroqué des enfants pour qu'ils dépensent de l'argent pour son programme.

En effet, une coalition de groupes de consommateurs a demandé le jeudi à la FTC, dans une plainte, d'enquêter pour savoir si Facebook s'était livré à des pratiques trompeuses, affirmant que l'entreprise avait incité les enfants à faire des achats importants dans le jeu sans le consentement parental.

L’affaire dont il s’agit remonte en 2012 où un recours collectif avait été intenté contre Facebook par des parents et leurs enfants, qui avaient utilisé la carte de crédit de leur parents pour dépenser des milliers de dollars, sans le savoir, en jouant sur Facebook. L'entreprise de médias sociaux a réglé un recours collectif sur la question en 2016 et les documents avaient été scellés. Mais certains détails de l’affaire ont été révélés le mois dernier à la suite d'une demande d’information du Center for Investigative Reporting qui a abouti à la levée des scellés sur les documents judiciaires. En fait, Facebook faisait opposition lorsque les parents demandaient le remboursement des sommes dépensées par les enfants qui n’ont pas été autorisées.


L’ordonnance du juge fédéral faisait obligation au géant des réseaux sociaux de divulguer, sous dix jours, la majeure partie des documents de plus d'une centaine de pages. Les documents publiés par la suite par Facebook faisait plus de 135 pages comprenait des notes de service internes sur Facebook, des stratégies secrètes et des courriels d'employés qui mettaient en lumière les plans de Facebook pour cibler les enfants alors qu'il cherchait à accroître les revenus de certains jeux comme Angry Birds, PetVille et Ninja Saga, selon le rapport de Reveal publié en fin janvier.

Les documents ont révélé également que les employés de Facebook qualifiaient cette pratique de « fraude amicale » et qualifiaient de « baleines » les enfants qui accumulaient des milliers de dollars en frais, un terme couramment utilisé dans les casinos pour décrire les joueurs qui dépensent beaucoup.

« Nous exhortons la FTC à examiner en détail la plainte qui a été déposée aujourd'hui sur cette question. Facebook ne devrait pas avoir besoin d'un autre règlement pour remplir son obligation éthique de protéger les enfants et les familles sur sa plateforme », ont déclaré les sénateurs Edward Markey et Richard Blumenthal dans un communiqué.

Bien avant cette plainte, les deux sénateurs américains et une coalition de groupes de défense de la santé et de la vie privée des enfants avaient écrire au PDG de Facebook pour avoir certains éclaircissements, y quand est ce que, en tant que PDG, M. Zuckerberg a pris conscience du problème. Mais, selon les sénateurs, le PDG de Facebook a esquivé leurs questions concernant le problème. « Les réponses de Facebook à nos questions raisonnables étaient inadéquates et n'inspirent pas confiance », ont-ils dit.

En effet, dans sa réponse aux législateurs, Facebook a déclaré qu'il n'avait jamais encouragé personne à s'engager dans une fraude amicale et qu'il avait des incitations à résoudre les plaintes directement avec les utilisateurs pour éviter les frais de rétrofacturation des sociétés de cartes de crédit.

Dans un communiqué Facebook est revenu sur l’affaire pour déclarer qu'il avait des mécanismes en place pour prévenir la fraude et qu'il fournissait des ressources spécialisées pour les demandes de remboursement liées aux achats effectués par des enfants. « Nous voulons que les gens aient des expériences de jeu sûres et agréables sur Facebook, donc fournir des ressources pour demander des remboursements pour les achats non autorisés effectués dans les jeux est une partie importante de la plateforme, » a déclaré la société.

Toutefois, les sénateurs ont déclaré que Facebook n'avait pas expliqué pourquoi elle n'avait pas donné suite à de nombreuses plaintes avant que l'affaire ne soit portée devant les tribunaux et qu'elle avait refusé de répondre précisément lorsque M. Zuckerberg a pris connaissance de la question.

Pour rappel, dans leur lettre ouverte à Facebook, les sénateurs ont demandé à Facebook de prendre des engagements : « Afin d'atténuer le risque supplémentaire de manipuler les enfants sur Facebook, vous engagerez-vous à exiger que tous les contenus et services destinés aux jeunes sur votre plateforme soient gratuits et sans publicité », ont demandé les sénateurs. Les défenseurs de la protection de la vie privée sur Internet et de la santé des enfants, quant à eux, ont exigé la fermeture du nouveau service de l'entreprise, Messenger Kids, destiné aux enfants de moins de 13 ans.

Cette demande d’enquête intervient dans un contexte où Facebook fait déjà l’objet de plusieurs poursuites judiciaires. La FTC enquête déjà sur des révélations selon lesquelles Facebook aurait partagé de manière inappropriée des informations appartenant à 87 millions d'utilisateurs avec l'ancienne société de conseil politique britannique Cambridge Analytica. Washington DC poursuit également Facebook pour la même affaire de violation des données utilisateur. Selon Washington, environ 340 000 résidents de l'Etat ont été affectés par l'affaire et Facebook pourrait encourir une amende pouvant atteindre 1,7 milliard de dollars si les 340 000 cas sont considérés comme des « violations » en vertu de la loi.

Source : Reuters

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