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Le ministre de l'Éducation et l'Assemblée nationale disent non à la priorité au logiciel libre
Pour l'enseignement scolaire

Le , par Michael Guilloux

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20  0 
Pour le service public, faut-il systématiquement avoir recours aux logiciels libres ou leur donner simplement la priorité ? Ou ni l'un ni l'autre ? C'est un vieux débat qui refait surface alors que se déroulent les débats sur le projet de loi « pour une école de la confiance », le projet de réforme de l'Éducation nationale présenté par Jean-Michel Blanquer en décembre dernier.

Quelques 1000 amendements ont été apportés, y compris trois qui visent à faire de la place pour le logiciel libre à l'école. Le premier (amendement N°571) se veut plus catégorique, il préconise le recours systématique au logiciel libre dans le cadre du service public de l’enseignement. Pour les députés qui l'ont proposé, l'apprentissage du numérique se fait souvent sur des matériels comportant des logiciels fermés, qui sont édités par les GAFAM. Ce qui serait dangereux pour l’indépendance et la souveraineté de la France. Ils suggèrent donc « que l’enseignement scolaire se fasse en logiciel libre, que ce soit au niveau des systèmes d’exploitation, que des moteurs de recherche, ou encore des logiciels de traitement de texte et de données. » Ils rappellent encore que ces logiciels peuvent être gratuits, ce qui permettrait à l’Éducation nationale de faire des économies utiles, et de dégager des fonds pour d’autres projets.

Les deux autres amendements (N° 836 et N° 837) proposent quant à eux de « donner la priorité aux logiciels libres et aux formats ouverts. » Les porteurs de l'amendement N° 836 expliquent par exemple que le recours aux logiciels libres et formats ouverts présente des avantages majeurs. Il s'agit, entre autres, de « la libre exécution du logiciel pour tous les usages, la possibilité de l’adapter et de l’enrichir, l’interopérabilité, l’évolutivité ou les capacités de mutualisation du code », qui sont pour eux « autant de caractéristiques propres au logiciel libre qui garantissent une véritable autonomie à l’égard des grands éditeurs, une meilleure sécurité, mais aussi une plus grande flexibilité aux systèmes d’informations gérés publiquement. »

Toutefois, pour le ministre de l'Éducation nationale, il n'est pas question de revenir sur ce débat. En commission, Jean-Michel Blanquer a indiqué qu'il y avait déjà un encouragement au logiciel libre dans la loi. Pour information, depuis 2013, le Code de l'éducation, dans l'un de ses articles portant sur le service public du numérique éducatif et de l'enseignement à distance, demande de « tenir compte de l’offre de logiciels libres et de documents aux formats ouverts ». En séance publique, le ministre de l'Éducation nationale a réaffirmé sa position avec de nouveaux arguments, y compris le fait que l'inscription dans la loi d'une priorité au logiciel libre pourrait être contraire au code des marchés publics ; un argument mis en avant à l'évoque par le Syntec Numérique, le syndicat professionnel des industries et métiers du numérique.


Jean-Michel Blanquer à l'Assemblée Nationale

Dans des discussions similaires, lors de l’examen de la loi pour la République numérique en 2016, les parlementaires avaient aussi choisi d'encourager l'utilisation des logiciels libres et formats ouverts « lors du développement, de l'achat ou de l'utilisation d'un système informatique », mais ne pas leur donner la priorité.

April, l'association pour promouvoir et défendre le logiciel libre dans l'espace francophone, estime que les arguments du ministre cachent un manque de volonté politique pour mettre en œuvre une véritable politique publique en faveur du logiciel libre. En 2013, elle avait publié une analyse pour montrer que la priorité au logiciel libre n'était pas en violation du droit européen. La question a par exemple été juridiquement tranchée par la Cour constitutionnelle italienne en 2010.

Le gouvernement central italien avait saisi la Cour constitutionnelle, car il considérait qu'une disposition de la loi locale du Piémont, qui privilégiait explicitement le logiciel libre, allait à l'encontre du droit de la concurrence. Mais la Cour a jugé qu'il n'y avait pas de violation des règles de la concurrence, car le concept de logiciel libre n'est pas une notion relative à une technologie déterminée, une marque ou un produit, mais représente une caractéristique juridique. Notons que l'analyse de l'association April n'a jamais été contredite. En plus, en 2013, le Parlement a inscrit la priorité au logiciel libre dans la loi enseignement supérieur et recherche. Si donner la priorité au logiciel libre a été jugé opportun pour le service public d’enseignement supérieur et de recherche, selon April, il ne devrait y avoir aucune raison pour que cela soit rejeté pour l'Éducation nationale.

C'est une chose de se battre pour qu'il soit instauré dans la loi la priorité aux logiciels libres, mais comment cette mesure sera-t-elle appliquée dans la pratique ? À quelles conditions faut-il accorder la priorité aux logiciels ? Voici, entre autres, des questions que l'on peut se poser.

Sources : Amendements (N° 571, N°836, N°837), April

Et vous ?

Que pensez-vous de ces débats sur la priorité au logiciel libre ? Cela est-il important dans l'enseignement scolaire ?
Dans la pratique, inscrire la priorité au logiciel libre dans la loi peut-il changer quelque chose dans les habitudes des décideurs IT ?

Voir aussi :

Un logiciel libre doit-il être en mesure de restreindre les tâches que ses utilisateurs peuvent effectuer avec son aide ? Non, pour Richard Stallman
France : le Sénat choisit d'encourager l'utilisation des logiciels libres et formats ouverts plutôt que de leur donner la priorité
Les députés votent la priorité au logiciel libre dans l'enseignement supérieur, échec du lobbying des éditeurs de logiciels propriétaires
Les logiciels libres ne seront plus prioritaires dans l'Éducation Nationale, ils seront envisagés mais plus préférés aux solutions propriétaires
Choisir en priorité le logiciel libre porterait atteinte au principe de neutralité technologique des marchés publics, pour le Syntec Numérique

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Avatar de benjani13
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 19/02/2019 à 11:02
Citation Envoyé par wolinn Voir le message
Nous sommes donc bien d'accord sur mon message initial, pour la bureautique, il y a une offre libre, et d'un bon niveau, il n'y a en effet pas de raison forte de rester sur Office/Microsoft. Dans d'autres cas, pas exceptionnels dans les écoles d'ingénieur, imposer une priorité au libre par une loi générale peut être contre-productif parce que l'offre libre est de niveau inférieur.
Justement, je trouve la formulation bien choisie: "priorité au logiciel libre". Priorité ne veut pas dire 100% de logiciels libre. Donc priorité au libre quand celui ci fournit les fonctionnalité attendu, sinon s'ouvrir au reste quand il y a des raisons pour.
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Avatar de slowsaz
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 19/02/2019 à 9:02
Citation Envoyé par wolinn Voir le message
Pour du traitement de texte, des EDI, compilateurs, systèmes d'exploitation, etc., il y a une offre abondante de logiciels libres d'excellente qualité, mais ce n'est pas toujours le cas pour des spécialités un peu pointues enseignées en université et écoles d'ingénieur, l'offre libre peut être pauvre, ou de mauvaise qualité.
L'argument d'économie a aussi ses limites, les éditeurs de logiciel savent bien que les universités et école ont souvent des moyens limités, et donc il y a des tarifs éducation, dérisoires par rapport aux prix réguliers facturés aux entreprises, les logiciels sont même parfois mis à disposition gratuitement. C'est un échange de bons procédés : les étudiants sont de futurs clients potentiels, d'une part, et pouvoir mettre dans leur CV qu'ils connaissent un logiciel assez répandu dans l'industrie peut être un avantage en recherche d'emploi, d'autre part.
=> imposer une priorité au logiciel libre par une loi couvrant uniformément tous les cas peut être contre-productif dans certains cas, un encouragement est suffisant, et ce sont ensuite les enseignants qui sont le plus compétent pour décider si c'est approprié dans leur domaine.
C'est marrant, l'open source n'a jamais été aussi présent dans les domaines les plus pointues et inversement, aussi peu représenté dans les écoles touchant le moins à l'informatique. Le problème n'est en aucun cas la pertinence de ce dernier mais bien le fait de mettre du propriétaire à moindre prix pour les écoles afin d'habituer tous les jeunes à grandir avec, à l'apprendre et à ne pas changer par la suite en se mettant à payer les licences ou à la cracker (jusqu'au jour où ils l'achèteront).
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Avatar de Markand
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 19/02/2019 à 9:24
L'incompétence du gouvernement ne me surprend plus.
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Avatar de Golfy
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 23/02/2019 à 16:46
Le débat dépasse l’Éducation Nationale : en tant que professeur d'info, j'apprécie avoir le libre choix d'utiliser les différents outils, libres ou propriétaires. La raison est simple : j'ai un devoir de neutralité et de pédagogie.
Ne montrer que l'un ou l'autre empêche la connaissance globale. Je m'explique : apprendre les feuilles de styles sur une seule suite office rend esclave de cette suite, mais apprendre sur deux suites différentes permet aux étudiants de comprendre qu'il y a des mécanismes communs et que l'interface graphique peut varier, mais les fonctionnalités sont similaires.

Il y a également un point intéressant à ne pas utiliser que du libre, ce sont les partenariats : un partenariat avec Cisco n'a pas d'équivalent dans le libre (je sais, on peut faire des parefeux et des routeurs sous Linux, mais est-ce que cela correspond à la réalité du monde actuel ?) et sans l'aide de Cisco, l’Éducation Nationale ne pourrait pas payer des formations aux futurs professionnels des réseaux que nous formons... certes, il y a le piège de favoriser cette marque au détriment de nombreuses autres, mais ignorer Cisco aujourd'hui n'aidera pas les étudiants à entrer sur le marché du travail. Ce qui est plus ennuyeux, c'est qu'il n'est pas facile de créer de partenariat avec le libre, car nous n'avons rien à offrir et le libre n'a pas de budget pour nous former... c'est une impasse !

Fort heureusement, comme évoqué en début de message, mes collègues et moi avons la liberté d'utiliser différents outils... et le devoir de mettre en garde les étudiants sur les dangers de ne connaître qu'une marque ou qu'une technologie ! Je suis (personnellement) suffisamment ouvert pour maitriser plusieurs environnements et c'est ici que je me différencie : l'éducation au delà des enjeux économiques ! et sur ce point, je remercie le Ministère de l'Éducation Nationale !

Pour rassurer les amoureux du libre, nous travaillons beaucoup avec Linux (souvent, CentOS et Debian), avec LibreOffice (et ses nombreux bugs, je suis contributeur), avec les outils GLPI, FusionInventory, Apache/PHP/MySQL/MariaDB et ce n'est pas prêt de s'arrêter
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Avatar de slowsaz
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 19/02/2019 à 10:42
Citation Envoyé par wolinn Voir le message
Dans le mien (une spécialité de simulation physique), ce n'est pas le cas.
Lorsque j'étais étudiant, vers 1990, l'enseignement se faisait sur un vieux logiciel développé par IBM dans les années 1960, qui était devenu libre (et qui a définitivement disparu depuis, jamais porté sur PC). Actuellement, mon école utilise un logiciel commercial pour cet enseignement (d'un éditeur américain), qui est le plus utilisé dans le monde entier.
La seule contre-partie open-source que je connais et qui est à peu près au niveau technique est un logiciel écrit en FORTRAN, assez ancien aussi et qui n'évolue plus, développé par un ingénieur isolé, proche de la retraite.
Même dans des domaines un peu plus large, la CAO mécanique par exemple, je ne vois pas de logiciel libre qui approche le niveau de logiciels comme CATIA,Solid Works, et quelques autres. On trouve bien des logiciels de dessin 3D libres, mais il manque toujours des fonctions très importantes pour les applications industrielles, et non triviales à développer.
Je ne nie en aucun cas le fait que certains domaines n'aient pas d'alternatives open source mais ce n'est pas le cas de la majorité. Quand je vois tous les collégiens/lycéens qui sont sous Office de Microsoft, je ne vois aucun intérêt. Le seul intérêt est pour Excel et uniquement quand on commence à entrer dans quelque chose de très complexe (j'en sais quelque chose puisque j'ai fait plusieurs années de VBA) qui ne concerne pas du tout la majorité des gens.
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Avatar de benjani13
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 19/02/2019 à 12:53
Citation Envoyé par MaximeCh Voir le message
On peut très bien montrer aux jeunes comment fonctionnent le cloud et le saas proprio en quelques jours. Et à côté de ça passer plus de temps à leur apprendre à faire un serveur d'hébergement yunohost, "son cloud à soi", qu'un bon front sur git ça tronche sharepoint, une alarme sur riscV...
Tu es un peu à l'ouest là. Je parle de collégiens (voir plus tôt) qui apprennent à se servir d'un ordinateur, à gérer des fichiers, à ouvrir un logiciel, à utiliser un logiciel de traitement de texte, un tableur. C'est là que tout se joue. Il faut que dans l'enseignement ont leur fasse comprendre que non, ils ne sont pas obligé de payer un abonnement, qu'ils peuvent garder le contrôle sur leurs données en sauvegardant localement ou sur un support amovible, etc.
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Avatar de wolinn
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 19/02/2019 à 9:17
Citation Envoyé par slowsaz Voir le message
C'est marrant, l'open source n'a jamais été aussi présent dans les domaines les plus pointues et inversement, aussi peu représenté dans les écoles touchant le moins à l'informatique.
...
Dans le mien (une spécialité de simulation physique), ce n'est pas le cas.
Lorsque j'étais étudiant, vers 1990, l'enseignement se faisait sur un vieux logiciel développé par IBM dans les années 1960, qui était devenu libre (et qui a définitivement disparu depuis, jamais porté sur PC). Actuellement, mon école utilise un logiciel commercial pour cet enseignement (d'un éditeur américain), qui est le plus utilisé dans le monde entier.
La seule contre-partie open-source que je connais et qui est à peu près au niveau technique est un logiciel écrit en FORTRAN, assez ancien aussi et qui n'évolue plus, développé par un ingénieur isolé, proche de la retraite.
Même dans des domaines un peu plus large, la CAO mécanique par exemple, je ne vois pas de logiciel libre qui approche le niveau de logiciels comme CATIA,Solid Works, et quelques autres. On trouve bien des logiciels de dessin 3D libres, mais il manque toujours des fonctions très importantes pour les applications industrielles, et non triviales à développer.
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Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 19/02/2019 à 10:47
Citation Envoyé par slowsaz Voir le message
Quand je vois tous les collégiens/lycéens qui sont sous Office de Microsoft, je ne vois aucun intérêt.
Microsoft donnent des licences aux professeurs et aux étudiants pour qu'ils s'habituent à ses logiciels.
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Avatar de benjani13
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 19/02/2019 à 12:24
Citation Envoyé par MaximeCh Voir le message
Si les écoliers savaient utiliser libreoffice par défaut, et intégraient comme une contrainte de devoir utiliser l'office de microsoft...
On en est plus là en fait. Il y a 10/15 ans dans les écoles l'enjeu était de faire comprendre aux gosses que informatique ne veut pas dire Microsoft, que traitement de texte ne veut pas dire Word. En bref, que des solutions gratuites existaient et que personne n'était obligé de payer pour cela. Je dis gratuit car c'est l'argument le plus simple à comprendre, bien sur il faut essayer de faire comprendre le principe du libre mais c'est plus difficile.

La bataille du libre (dans l'éducation) n'a pas été gagné, et des enjeux au moins aussi fondamentaux se sont ajoutés par dessus, tout ce qui concerne le "cloud".

Aujourd'hui l'informatique qu'on va apprendre à un gamin c'est louer un logiciel à l'année (office 365), voir des logiciels dans le navigateur (histoire de vraiment plus avoir de produit mais que du service) et enregistrer ses créations sur un hébergeur en ligne (Google drive) pour les habituer à fournir leur donnée à tout va.
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Avatar de micro38
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 19/02/2019 à 18:19
Il serait tellement dangereux pour n'importe quel gouvernement autocratique ou idiocratique de former des jeunes à la curiosité, l'ouverture et la découverte...
Formatage des esprits, en NTFS uniquement (ou HFS quand on a les moyens).
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