Cambridge Analytica aurait utilisé le goût de mode pour identifier les électeurs de droite
Afin d'aider « Steve Bannon à renforcer son insurrection »

Le , par Stan Adkens, Chroniqueur Actualités
Les choses s’accélèrent dans l’affaire de violation massive de données de plus de 87 millions d’utilisateurs à des fins électorales par le cabinet Cambridge Analytica et impliquant Facebook. Depuis la saisie d’une importante mémoire cache contenant des documents préjudiciables au géant des réseaux sociaux par le Parlement britannique, les carottes semblent être cuites pour Facebook qui rejetait depuis mars les accusations portées à son encontre par les utilisateurs, les organisations de défense des droits humains ainsi que des parlements de plusieurs pays.

En effet, le réseau social fait l’objet de plusieurs invitations depuis lors par des tribunaux afin de témoigner du rôle joué dans la collecte des données utilisateur et leur utilisation pour influencer les opinions politiques des utilisateurs, non seulement, lors de la campagne présidentielle de 2016 en faveur de l’actuel président des Etats-Unis, mais également, pour manipuler les opinions afin de contribuer à faire passer le « oui » dans les élections du Brexit. Facebook s’est toujours défendu de n’avoir jamais vendu de données à qui que ce soit : « Je ne peux pas être plus clair sur ce sujet. Nous ne vendons pas de données, ce n’est pas ainsi que fonctionne la publicité », a déclaré Mark Zuckerberg devant le Congrès américain.

Cependant, depuis la saisie de documents importants qui contiendraient des révélations sur les décisions de Facebook concernant le contrôle de confidentialité et de vie privée ayant conduit au scandale Cambridge Analytica, l’étau se serre peu à peu contre le géant des réseaux sociaux. Toute fois, Facebook soutient que les conversations incluses dans les emails contenus dans les documents détenus par le patron de Six4Three remonteraient à des années auparavant et que la société avait finalement décidé de ne pas facturer l’accès aux données des utilisateurs. En effet, The Wall Street Journal a rapporté au cours de la semaine dernière qu’il a eu accès à certaines pages des documents obtenus par le Parlement britannique de Six4Three. Selon le quotidien, l’examen des emails contenus dans les pages de la mémoire cache dont il a eu accès, révèle que Facebook envisageait de facturer aux entreprises un accès continu aux données des utilisateurs.

Un autre type de données sur les utilisateurs, qui auraient servi également à les catégoriser afin de les cibler avec des informations au cours de la période électorale 2016 aux Etats-Unis, a été révélé le jeudi dernier par Christopher Wylie, l’ancien directeur de recherche à Cambridge Analytica qui avait lancé l’alerte de violation massive des données par le cabinet, selon The News York Times.


En effet, Christopher Wylie, qui a aidé à fonder Cambridge Analytica, le cabinet de profilage d'électeurs, a révélé lors d'une conférence en Grande-Bretagne organisée par le site Web de l'industrie de la mode, The Business of Fashion, que les préférences vestimentaires avaient été essentiellement utilisées par Cambridge Analytica, pour identifier les électeurs de droite, selon the News York Times. « Les données de mode ont été utilisées pour créer des modèles d'IA afin d'aider Steve Bannon à renforcer son insurrection et à construire the alt-right », a-t-il déclaré. Selon ses déclarations, le cabinet dont l'activité consistait à créer et à vendre des profils d'électeur à partir de données Facebook, aurait eu recours à l’intelligence artificielle pour former un modèle qui aurait aidé la droite dans sa campagne électorale.

Selon M. Wylie, les préférences en matière de vêtements et de musique seraient utilisées comme les principaux indicateurs de la tendance politique, a-t-il déclaré. Le chercheur a mentionné, à titre d’exemple, que les marques Wrangler et L.L. seraient notamment utilisées par Cambridge Analytica pour identifier les conservateurs, tandis Kenzo conçu par le duo Humberto Leon et Carol Lim, par ailleurs, derrière la cérémonie d'ouverture de l’événement, faisait référence aux libéraux. « Les marques de mode sont vraiment utiles dans la production d'algorithmes pour savoir comment les gens pensent et ce qu'ils ressentent », a déclaré M. Wylie.

Par ailleurs, selon The News York Times, utiliser les habitudes vestimentaires des personnes pour évaluer leurs systèmes de valeurs, leurs priorités et leurs objectifs fait partie de la vie professionnelle depuis des lustres. Selon le quotidien, le cabinet de profilage d’électeurs n’a fait qu’exploiter une tactique qu’il a adaptée à un algorithme en utilisant des profils de 50 millions d’utilisateurs de Facebook sans aucune permission.

Par ailleurs, le penchant vestimentaire n’est que l’un des éléments de mode utilisé pour déterminer les sensibilités d’un électeur, a écrit le quotidien. David Stillwell, directeur adjoint du Psychometrics Center de l'Université de Cambridge, où Aleksandr Kogan, qui a développé l’application qui a permis au cabinet Cambridge Analytica de collecter des données des utilisateurs de Facebook, a comparé l’utilisation du profil vestimentaire à une étude montrant que la possession d'une voiture peut être corrélée aux préférences de vote politique dans certaines régions. – La prédominance des hybrides dans une région signifiant un vote à majorité démocrate et l'inverse étant vrai en ce qui concerne les camionnettes. « Le raisonnement est essentiellement le même », a-t-il déclaré. « Différentes personnes choisissent des vêtements différents et cela correspond à leur politique. »

« Il s'agit avant tout de savoir qui est votre base de soutien », a déclaré le maréchal Cohen, analyste en chef du secteur de mode à NPD Group et auteur de « Pourquoi les clients font-ils ce qu'ils font », dans une interview accordée lors de la campagne de 2016. « Comment vivent-ils ? Quels sont leurs points de déclenchement ? Quels mots résonnent avec eux ? Cela vaut son pesant d'or, sur la scène politique, tout comme celle des consommateurs. Nous appelons cela le profilage démographique, parce que le profilage des électeurs sonne comme un gros mot, mais c’est ce qu’il est. »

Selon le quotidien, Cambridge Analytica n’a fait qu’une application d’une pratique d’analyse de données qui existe déjà et cela ne devrait étonner personne. Cependant, les données ont été utilisées sans consentement des utilisateurs de Facebook, ce qui vaut au réseau social depuis cette année des critiques d’incapacité à pouvoir protéger les données des utilisateurs. Lors de son intervention pendant la conférence de l’industrie de la mode, Christopher Wylie s’est également insurgé contre l’énorme pouvoir du géant des réseaux sociaux.

Selon lui, Facebook nuit à la société par ses pratiques de catégorisation des personnes en fonction de leurs préférences culturelles. Il a par ailleurs attiré l’attention des personnes présentes à être conscientes des récits intégrés à leur image de marque.

Cependant, la plupart des acheteurs Instagram et des preneurs de selfie sont plutôt préoccupés par le vol de cartes de crédit que d'être victimes de messages politiques ciblés et subtiles. Toute fois, la plupart des utilisateurs des réseaux sociaux s’attendent désormais à ce que leur moindre trace culturelle laissée en ligne soit utilisée par les marques.

Source : The New York Times

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?

Lire aussi

Un autre dirigeant de WhatsApp décide de quitter le navire Facebook ! Il s'agit de Neeraj Arora, Directeur commercial de WhatsApp
Démission de Zuckerberg du poste de PCA Facebook : « Ce n'est pas dans mes plans », le fondateur s'exprime dans un entretien avec CNN
LinkedIn s'est servi de 18 millions d'adresses mail de non-membres, à des fins de publicités ciblées sur Facebook
Après LinkedIn, la Russie menace de bannir Facebook, si l'entreprise refuse de stocker les données des utilisateurs russes dans le pays
Facebook Watch, le service de vidéos à la demande du réseau social se tourne vers les utilisateurs plus âgés, pour rendre le service plus pertinent


Vous avez aimé cette actualité ? Alors partagez-la avec vos amis en cliquant sur les boutons ci-dessous :


 Poster une réponse Signaler un problème

Avatar de Bill Fassinou Bill Fassinou - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 03/12/2018 à 12:18
Facebook utiliserait les données personnelles des utilisateurs comme monnaie d'échange
pour accorder des privilèges spéciaux à certaines entreprises

En mai dernier, dans la foulée du scandale Cambridge Analytica, l’organisation des consommateurs et usagers (OCU), une association espagnole de protection des consommateurs avait annoncé, dans un communiqué sur son site Web qu’elle déposera « une plainte collective contre Facebook en défense de l’ensemble des utilisateurs de ce réseau social dont les données ont été exploitées sans leur consentement ». Dans son recours collectif contre Facebook, l’OCU estime que la société a enfreint les règles de protection des données en n'ayant pas informé ou demandé une autorisation expresse aux usagers pour l'utilisation de leurs données personnelles. L’association déclare agir dans l’intérêt, non seulement, des usagers qui sont touchés directement par la fuite de données, mais également tous les utilisateurs de Facebook en Espagne, quelques 26 millions d'utilisateurs, pour qui elle demande au moins 200 euros en guise d’indemnisation pour chacun.

L’association indique agir conjointement avec d'autres groupes de consommateurs au Portugal (Deco-Proteste), en Belgique (Test-achats) et en Italie (Altroconsumo). L'OCU et les autres associations ont demandé des explications à Facebook afin de clarifier quelles mesures adopter pour éviter ces cas à l’avenir et rendre aux utilisateurs le contrôle de leurs données, leur donnant le pouvoir de décider où, avec qui ils veulent les partager, quand ils veulent arrêter de le faire et quand ils veulent les récupérer, a publié l’association sur son site Web. Plusieurs autres groupe de consommateurs ont porté plainte contre Facebook pour l'exploitation abusive et sans consentement des données personnelles de ses utilisateurs. Six4Three, une société de technologie qui a mis au point un moyen de rechercher des photos de bikini parmi vos contacts sur Facebook, a porté plainte contre Facebook à la cour fédérale affirmant que le géant des médias sociaux distribuait les données des personnes de manière secrète et sélective en échange d'achats publicitaires ou d'autres concessions, alors même que d'autres entreprises avaient été coupées, ruinant leurs activités.


Après que Facebook ait fermé l'accès aux données en 2014 aux développeurs d’applications qui étaient auparavant habitués à obtenir de grandes quantités de données personnelles sur les utilisateurs de Facebook et sur leurs amis, l'entreprise a poursuivi Facebook en justice pour avoir détruit ce secteur d'activité. L’affaire, qui a progressé lentement devant la Cour suprême du comté de San Mateo dans la Silicon Valley, est centrée sur une période donnée. À l'époque, Facebook avait déclaré qu'il supprimait les données pour protéger la confidentialité des utilisateurs. La poursuite a repris son cours la semaine dernière lorsque des agents britanniques ont saisi des copies numériques de milliers de documents du développeur de Six4Three, Ted Kramer, lors de son voyage à Londres la semaine passée. La société Kramer est à l'origine du développement de Pikinis, une application permettant aux utilisateurs de trouver des photos d'utilisateurs de Facebook portant des bikinis. L'application a été créée à partir des données de Facebook, auxquelles Six4Three et des milliers d'autres développeurs ont eu accès via l'API de Facebook qui a permis à Six4Three de parcourir Facebook pour trouver des photos en bikini de personnes qui étaient des amis avec les utilisateurs de Pikinis.

Utiliser les données personnelles des utilisateurs comme monnaie d'échange - et accorder des privilèges spéciaux à certaines sociétés tout en en excluant de nombreuses autres - semble contredire les promesses répétées de Facebook de ne jamais vendre de données personnelles de ses utilisateurs. L'affaire soulève également des questions sur le respect par Facebook d'un accord avec la Federal Trade Commission, qui stipulait en 2011 que le réseau social ne pouvait pas donner aux développeurs tiers l'accès à des données utilisateur que les gens pensaient avoir gardées confidentielles. En effet, en 2011, la FTC avait accusé Facebook d’avoir trompé ses utilisateurs après avoir permis le partage de leurs informations en public au lieu de les garder au privé. L’année suivante, la société a créé un programme de confidentialité visant à réunir toutes les équipes du réseau social et améliorer la communication et la transparence concernant l’usage des données des utilisateurs.

Le réseau social a connu un bon nombre de controverses liées au respect de la vie privée. Et pour cause, le site se nourrit d’un grand nombre de données personnelles de ses utilisateurs et constitue même des « dossiers fantômes » sur les internautes, y compris ceux qui n'ont pas de compte. Pour exemple, cette réalité de non-respect de la vie privée par Facebook a été confirmée en novembre 2017 par un ancien employé de l'entreprise. Selon lui, le réseau social a concentré ses efforts sur la collecte de données des utilisateurs au lieu de les protéger des abus. Dans un article d’opinion publié par le New York Times, Sandy Parakilas avait informé que rien n’obligeait Facebook à surveiller la collecte ou l’usage des données des utilisateurs. L’employé a expliqué que le business model basé sur la vente de publicité en ligne empêche l’introduction de tout changement. « J’ai dirigé les efforts de Facebook pour régler les problèmes de confidentialité sur la plateforme de développeurs en 2012 avant son introduction [de Facebook] en bourse. Ce que j’ai vu à l’intérieur est une entreprise qui priorise la collecte de données des utilisateurs au lieu de les protéger de tout abus », avait déclaré Parakilas.


Selon la plainte, des documents feraient référence à des échanges de courriels concernant les relations de Facebook avec plusieurs grands partenaires commerciaux, notamment Lyft, Tinder, Amazon.com, Airbnb et la Banque Royale du Canada. Dans l'un des échanges de courriels, les employés de Facebook auraient ​​discuté de la fermeture de l'accès « en une seule passe à toutes les applications qui ne dépensent pas… au moins 250 000 dollars par an pour maintenir l'accès aux données ». Toutefois, Facebook nie avoir échangé l'accès aux données de ses utilisateurs à des fins commerciales. Pourtant, des milliers de pages d'archives classées par les tribunaux illustrent les stratégies astucieuses utilisées par le réseau social pour construire son empire publicitaire, selon The Washington Post. Ces documents mettraient en lumière des allégations de comportement anticoncurrentiel qui pourraient affecter les efforts déployés par les législateurs américains et européens pour limiter le pouvoir des géants de la technologie.

Depuis le scandale Cambridge Analytica ayant permis à un développeur d'accéder de manière inappropriée aux profils Facebook de 87 millions d'utilisateurs, les législateurs ont régulièrement interrogé Facebook sur ses relations avec ses partenaires de données. Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, avait déclaré au Congrès, en avril, que la société avait restreint l'accès des données des utilisateurs aux applications extérieures depuis quelques années, mais The Washington Post annonce des rapports ultérieurs ont révélé des relations privilégiées négociées par la société avec des partenaires extérieures. Facebook n'a pas contesté l'authenticité lesdits documents de preuve, mais a déclaré que les pièces du dossier avaient été utilisées de manière sélective pour donner un aspect trompeur de la prise de décision au sein de l'entreprise à un moment où le réseau social limitait fortement les informations que les développeurs d'applications pouvaient collecter de la plate-forme.


« Les documents rassemblés par Six4Three pour cette affaire sans fondement ne sont qu'une partie de l'histoire et sont présentés d'une manière très trompeuse sans contexte supplémentaire. Nous avons apporté des modifications à la plateforme en 2015 pour empêcher le partager des données des amis d'un utilisateur avec les développeurs », a déclaré Konstantinos Papamiltiadis, directeur des plateformes et des programmes de développement de Facebook, dans un communiqué. Six4Three estime que la confidentialité n’est pas la raison pour laquelle Facebook a fermé l’API. Le développeur affirme que Facebook s'est rendu compte qu'il pourrait utiliser son flux de données comme moyen de pression pour inciter les entreprises à acheter de la publicité susceptible d'alimenter le marché naissant de la publicité mobile de l'entreprise. Facebook indique qu'aucune des sociétés mentionnées dans les documents, à part Amazon, n'a continué d'y avoir accès après 2015. Le développeur affirme également que Facebook savait que les développeurs prenaient des données allant au-delà des préférences des utilisateurs en matière de confidentialité, en violation du décret de consentement de 2011.

Dans un échange en 2012, un cadre supérieur de Facebook avait déclaré à ses collègues qu'après des discussions avec Zuckerberg, les dirigeants avaient décidé de limiter l'accès à l'API des entreprises potentiellement compétitives par rapport à Facebook. Facebook « demanderait également à tous les partenaires de la plateforme d’accepter la réciprocité des données », un terme qui, selon les plaignants, signifierait que les données ne seraient pas fournies sans compensation pour les activités publicitaires de Facebook. Dans un autre échange de courrier électronique en 2013 sur l'accès Amazon, un employé a demandé à ses collègues s'ils autoriseraient Amazon à utiliser l'API « uniquement s'ils acceptaient nos demandes ». Un autre employé a répondu que, comme Facebook était en train de restreindre l'API, l'entreprise devrait travailler avec Amazon à la conclusion d'un accord. Bien que les termes des "concessions" de Facebook ne ressortent pas clairement dans l'échange, l'API était considérée comme libre et sans restriction à l'époque.

Ben Holze, porte-parole d'Amazon, a rassuré qu' « Amazon utilise les API fournies par Facebook afin de permettre aux utilisateurs Facebook de vivre avec nos produits, par exemple, donner aux clients la possibilité de synchroniser leurs contacts Facebook sur une tablette Amazon. Nous utilisons les informations uniquement conformément à notre politique de confidentialité ».

Source : The Washington Post

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ?

Voir aussi

Données personnelles : l'OCU prépare une nouvelle plainte contre Facebook en Espagne, et sensibilise les usagers à s'allier à son action

Facebook a confirmé que les hackers ont volé des données personnelles détaillées de 14 millions de personnes, sur les 30 millions de comptes piratés

L'audition de Mark Zuckerberg devant le Congrès américain a révélé un PDG déconcerté le patron de Facebook aurait-il trompé les élus américains ?

Protection des données personnelles : un amendement qui prévoit la possibilité de demander réparation en cas de préjudice a été voté par les députés
Avatar de marsupial marsupial - Membre émérite https://www.developpez.com
le 03/12/2018 à 18:26
N'étant ni utilisateur de Facebook ni d'Amazon, cela ne me touche qu'indirectement. Mais je suis encore, malgré tous les agissements, sidéré par le cynisme des GAFAM. En 2011, le décret stipulait la protection des données utilisateur signé par les GAFAM. Il faut attendre 2015 pour que Facebook se mette en conformité après des errements peu glorieux. Cambridge Analytica est, à mon avis, la partie émergée de l'iceberg.

Après cela, je pense qu'Amazon va pouvoir renégocier son accord.
Avatar de Stan Adkens Stan Adkens - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 04/12/2018 à 9:05
Des employés de Facebook se renseignent sur des emplois extérieurs à l'entreprise
Et veulent savoir la meilleure façon de partir de la société

Facebook ne serait plus un eldorado ou l’entreprise où tout travailleur rêve de passer toute sa carrière professionnelle. Certains employés du réseau social seraient tentés par d’autres aventures et seraient en train de se renseigner sur la meilleure manière de partir de chez le géant de la Silicon Valley. C’est ce que rapporte un article de la CNBC du lundi. Selon CNBC, les employés de Facebook appellent leurs anciens collègues pour chercher des emplois extérieurs à l'entreprise et demandent quelle est la meilleure façon de partir.

Facebook dont l’effectif des employés a augmenté à environ 50 % sur une période d’une seule année – de 23 200 employés en septembre 2017 à plus de 33 600 un an plus tard – selon des rapports financiers, connait depuis cette année des difficultés a n’en point finir qui ont impacté négativement, non seulement, la fréquentation du plus prestigieux des réseaux sociaux, mais également, son stock qui a chuté de près de 40 % par rapport au mois de juillet.

En effet, depuis mars derniers, à la suite du lancement de l’alerte de violation massive des données par Christopher Wylie, l’ancien directeur de recherche à Cambridge Analytica, Facebook fait l’objet de sévères critiques de la part des utilisateurs, des organisations de défense des droits humains, des institutions juridiques ainsi que des organismes étatiques de régulation. Facebook, accusé d’être incapable de protéger les données des utilisateurs, a été emmené à témoigner de son implication dans le scandale Cambridge Analytica, devant le Congrès des Etats-Unis et le Parlement européen.

Facebook s’est fait aussi illustré par sa mauvaise politique d’utilisation des données utilisateur par des tiers. La société a révélé en juin dernier qu’elle donnait accès aux données utilisateur à plusieurs dizaines d’entreprises, dans un rapport qu’elle a remis au Congrès des Etats-Unis. La société continue également à lutter contre les faux comptes ou les bots sociaux sur sa plateforme afin de la débarrasser de la diffusion des actualités aux sources peu fiables qui ont entachées le processus démocratique aux Etats-Unis lors des élections présidentielles 2016.


Facebook a fait aussi l’objet d’importants piratages cette année, dont celui qui a affecté 30 millions de compte en septembre et qui a exposé les données sensibles des utilisateurs telles que le nom d'utilisateur, le statut de la relation, la religion, la date de naissance, niveau d'éducation, travail, les 10 derniers lieux dans lesquels ils ont ouvert ou ajouté des tags et les 15 recherches les plus récentes. L’attaque avait été menée à partir d’une fonctionnalité de Facebook conçue pour améliorer la confidentialité sur le réseau social.

Toute cette succession d’événements qui implique le manque de sécurité des données sur le réseau social a poussé un quart des utilisateurs américains de Facebook à supprimer l'application en 12 mois, tandis que 74 % ont changé leur relation avec le réseau social. Facebook ne ferait plus rêver les jeunes, ces derniers représentent 64 % de ceux qui ont modifié leur relation avec le réseau social. Facebook vit également une crise interne depuis 2017. Plusieurs actionnaires veulent voir partir Mark Zuckerberg de son poste de PDG.

En revenant à l’actualité, CNBC rapporte que les anciens employés partis de Facebook lui ont confié qu’ils ont été beaucoup appelés, ces derniers mois par leurs anciens collègues restés à Facebook pour s’informer des offres d’emploi ou rechercher une référence. Ceci arrive dans toutes les entreprises, cependant, le cas de Facebook mérite qu’on y regarde de près. En effet, selon 6 anciens employés partis de Facebook au cours de ces 2 dernières années, c’est une situation exceptionnelle que le réseau social n’avait pas vécu avant, Facebook étant connu à la Silicon Valley comme la société que personne ne quitte, selon CNBC.

Cependant, ce rapport des anciens employés de Facebook n’est pas soutenu par des preuves palpables qui étayent le fait que des employés tendent à partir de chez Facebook, même si les anciens employés qui ont parlé à CNBC estiment que la vague de scandales et la chute du cours des actions, qui sont des faits réels, incitent de plus en plus de personnes à envisager de partir pour la première fois. « Chaque jour de nouvelles choses sortent », a déclaré un ancien dirigeant de la société. « C'est une atmosphère plutôt sombre en ce moment dans l'entreprise ».

Toute fois, sur le site Glassdor, un moyen pour les travailleurs de noter leurs employeurs, Facebook conserve une bonne image avec un taux de satisfaction de 4,3 sur 5, même si cette note a sensiblement baissé cette année. Par ailleurs, la recherche de nouvelles opportunités par les employés n’est pas inhabituelle à mesure que les entreprises de haute technologie évoluent, selon CNBC.


Notation de Facebook selon le site Glassdor

La recherche de nouvelles opportunités par les employés n’est pas inhabituelle à mesure que les entreprises de haute technologie évoluent

Selon CNBC, la tendance à rechercher de nouvelles opportunités par les employés des technologies n’est pas inhabituelle et n’a pas commencé avec Facebook. Google et Microsoft ont connu cela bien avant. Vers 2010, Google a vu une vague d'ingénieurs et de cadres partir pour des horizons plus verts, y compris Facebook. Au début des années 2000, Microsoft était confronté à un exode similaire, selon CNBC.

« Notre taux de rétention reste très élevé », a déclaré Anthony Harrison, porte-parole de Facebook. « Tout le monde à Facebook cherche à avoir un impact positif dans le monde et à travailler sur des défis difficiles qui comptent. »

L’épuisement et le besoin de faire quelque chose de différent, des potentielles raisons de départ

Un ancien directeur de Facebook a dit avoir entendu parler de quelques employés de Facebook dont un qui travaille pour la société depuis 7 ans, qui a déclaré être finalement épuisé. « Beaucoup de gens veulent faire quelque chose de différent », a-t-il déclaré. « Ils sont juste brûlés. »

Un ancien recruteur de Facebook dit avoir entendu 30 actuels employés au cours de la dernière année, dont 15 au cours des deux derniers mois qui disent pour la plupart, « Mon directeur est nul, et je dois chercher quelque chose de nouveau. Connaissez-vous de nouvelles opportunités ? », a rapporté CNBC. « Que voyez-vous sur le marché de la Silicon Valley ? », viennent-ils demander au recruteur.

Un changement plus général de la culture, une autre raison de départ

En effet, l’effectif des employés de Facebook qui était de 23 200 employés en septembre 2017 est passé à plus de 33 600 employés un an plus tard. Selon un ancien directeur de Facebook, cette croissance entraînait une bureaucratie accrue et un style de gestion descendant, avec plus de politique et plus de prestige. Ceci s’oppose à un environnement de start-up qu’offrait la société auparavant, où tous les employés pensaient qu’il y avait un soutien mutuel entre employés. « Beaucoup de gens réussissent plus par leur apparence que par leur travail, et il y a des gens qui ont été relâchés qui étaient incroyablement bien respectés et c'était parce qu'ils ne jouaient pas le jeu de la politique », a déclaré un des anciens gestionnaires.

Une douzaine d’autres employés qui envisageaient partir de Facebook ont contacté un ancien ingénieur de Facebook depuis son départ pour se renseigner sur son expérience personnelle depuis son départ. Un autre a demandé conseil sur l'autorisation de créer une start-up tout en restant chez Facebook, a ajouté l’ingénieur. « Globalement, j'ai constaté une légère hausse chez les personnes recherchant d'autres activités ou plongeant leurs pieds en dehors du pool Facebook », a-t-il déclaré.

Cependant, les employés de Facebook voudraient partir de la bonne façon

Les employés actuels de Facebook qui appellent les premiers partis ne demandent pas que de nouvelles opportunités, ils demandent également conseils aux anciens sur la meilleure façon de partir de Facebook, car selon CNBC, tout départ de chez Facebook implique l’inscription sur l’un des registres : attrition, c'est-à-dire « regrettable » ou « non regrettable ». Et être marqué « non regrettable » annule les chances futures de travailler à nouveau à Facebook tout en diminuant considérablement les possibilités d'emploi dans l’une des entreprises de premier plan de la Silicon Valley.

« La façon dont vous le faites et le timing comptent beaucoup, et cela nécessite une connaissance du jeu », a déclaré l'ancien ingénieur de Facebook.
« Une fois que quelqu'un a eu l'une de ces choses ... c'est comme Voldemort », a déclaré l'un des anciens responsables de Facebook. « C'est un nom que tu ne peux pas dire. »

Selon l’un des anciens responsables de Facebook, auparavant, le taux d'attrition était inférieur à 5 %, mais il pense que ce taux a augmenté cette année. « Personne n’a vraiment quitté Facebook. Il n’y avait pas beaucoup d’emplois de meilleure qualité », a déclaré l’ancien de Facebook. « Maintenant ? Je pense que c'est normalisé. Les gens ne voient plus Facebook comme un job de rêve. Ils sont prêts à partir et peuvent envisager des endroits meilleurs. »

Source : CNBC

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Pensez-vous que Facebook pourrait être confronté à un problème de rétention de son personnel ou d’embauche de nouveaux talents à l’avenir ?

Lire aussi

Facebook, l'entreprise tech la moins fiable en matière de protection de données personnelles, seulement 22 % des Américains lui font confiance
La plupart des américains ne savent pas que Facebook possède WhatsApp, alors qu'ils cherchent à prendre le contrôle de leur vie privée en ligne
Facebook Watch, le service de vidéos à la demande du réseau social se tourne vers les utilisateurs plus âgés, pour rendre le service plus pertinent
Facebook craindrait que les députés britanniques aient accès aux documents saisis, dans le cadre de l'enquête sur la violation de la vie privée
Les données de millions d'utilisateurs de sites de dating comme Tinder et Meetic revendues légalement, sans le consentement conscient des utilisateurs
Avatar de Stan Adkens Stan Adkens - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 07/12/2018 à 5:40
Les employés de Facebook utilisent des téléphones jetables pour parler de l’entreprise avec les autres
A cause d’une atmosphère de méfiance

Le développement d’une atmosphère de méfiance et de vive tension au sein de Facebook ne devrait pas étonner quelqu’un. En effet, la société fait la Une des médias depuis trop longtemps pour sa mauvaise gestion des données des utilisateurs avec un accent particulier mis sur l’année 2018. Depuis cette année, le géant des réseaux sociaux jouit d’une mauvaise presse occasionnée par la succession des révélations de mauvaises nouvelles partant du lancement de l’alerte de violation massive des données par le cabinet Cambridge Analytica, qui a disparu dans la foulée, aux dernières informations de la mémoire cache saisie par le Parlement britannique et qui compromettent toute la politique de la société.

Tout à commencé en mars derniers, lorsque l’utilisation des données utilisateur à des fins électorales par Cambridge Analytica a été rendue publique. En effet, la politique de données de Facebook de 2012 à 2014 a permis aux développeurs tiers d’accéder massivement aux données et de les partager à leur tour. C’est ainsi que les informations personnelles de plus de 87 millions de personnes ont été affectées lors de la période électorale 2016 aux Etats-Unis. Ce scandale a conduit Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, à témoigner devant le Congrès des Etats-Unis et le Parlement européen où il a soutenu n’avoir jamais vendu les données utilisateurs à qui que ce soit.

Dans la gestion de cette affaire, Facebook à déclaré dans un document remis au Congrès américains avoir partagé des données utilisateurs avec plusieurs dizaines d’entreprises à des fins de ciblages publicitaires, entre autres. Facebook continue également de lutter contre les fausses actualités afin de les éradiquer de sa plateforme et regagner la confiance des utilisateurs sans vraiment y parvenir. En effet, certaines études ont montré la faiblesse de sa stratégie de lutte contre ces nouvelles aux sources peu fiables.


La haine et la violence sur Facebook sont également des sujets brûlants que le réseau social tente de résoudre sur sa plateforme en mettant en place « une armée fantôme » de modérateurs qui décide de ce qui ne peut pas être publié sur Facebook en se basant sur une politique obscure qui fait l’objet de nombreux critiques de la part des organisation de protection des droits humains. Cette succession de mauvaises nouvelles ne pouvait qu’agir négativement sur l’environnement interne de travail. Par ailleurs, selon un rapport de CNBC, certains employés de Facebook seraient en train de se renseigner sur les opportunités d’emplois externes.

Aussi une étude a montré que les américains seraient en train de retirer leur confiance du réseau social. Un quart d’entre eux auraient désinstallé l’application sur leur smartphone en 12 mois. Un autre rapport d’étude publié en début novembre a révélé que Facebook serait l'entreprise des technologies la moins fiable parmi les géants de la Silicon Valley en matière de protection de données personnelles.

Selon BuzzFeed News, la mauvaise réputation de Facebook n’a pas affecté seulement que les utilisateurs, l’environnement interne de travail subit également les effets pervers de sa situation actuelle. Un climat de méfiance s’est installé et une tension vive existe divisant les employés en trois groupes : d’un côté, les fidèles au leadership traditionnel de Facebook, de son PDG Mark Zuckerberg et de la directrice de l’exploitation Sheryl Sandberg, et un autre groupe qui se préparait à « une plus grande fusion de l'entreprise ». Un troisième groupe met toute l’histoire dès le début des scandales à répétition sur le compte d'attaques médiatiques biaisées contre Facebook. L’Histoire de BuzzFeed est intervenue dans un contexte où les documents internes compromettants de Facebook sont en train d’être divulgués.

Ce climat délétère est en train de détruire les relations entre collègues au point que « Les gens ont maintenant un téléphone jetable pour parler de la merde à propos de la société - pas même aux journalistes, mais simplement aux autres employés », a déclaré un ancien employé. Il a ajouté qu’il régnait un réel sentiment croissant de paranoïa et les téléphones jetables pour échanger entre eux étaient la preuve d’une culture d’entreprise dégradée. Un porte-parole de Facebook n’a pas confirmé les appels par téléphone jetables mais a déclaré à BuzzFeed News qu'il s'agissait d'une « période difficile » et que « nous sommes plus déterminés que jamais à continuer à progresser sur les problèmes auxquels nous sommes confrontés ». Il a ajouté que « Les gens de Facebook se concentrent sur la création de produits qui les aident à se connecter et à avoir un impact positif sur le monde ».

Les gens « espèrent pour un moment Sundar ou Dara », a déclaré un ancien employé de Facebook à BuzzFeed News. Cet employé a fait référence aux changements de dirigeants qui ont eu lieu chez Google et Uber, dans lesquels les employés fondateurs se sont écartés des postes de haut niveau. Selon l’employé, les choses se passent bien avec la nomination de Dara Khosrowshahi, l'actuelle PDG d'Uber, pour remplacer Travis Kalanick afin de redresser la situation. De même Sundar Pichai, l’actuel PDG de Google prenant la place d’un fondateur serait un exemple à suivre, selon l’employé.

Tout le sens de cette référence à Google et Uber est le sentiment d’espérer voir partir Zuckerberg du poste de PDG et Sheryl de la direction des opérations de Facebook en les faisant remplacer par des personnes nouvelles qui pourraient changer la donne. Cependant, ceci semble improbable car depuis 2017 d’importants investisseurs font pression sur l’actuel PDG afin de changer la situation de cumule de poste à la tête de Facebook. Toute fois, s’exprimant dans un entretien à CNN à propos de sa démission Zuckerberg a dit que « Ce n'est pas dans mes plans ». BuzzFeed News a évoqué aussi la profonde fidélité au leadership de Zuckerberg à Facebook comme une raison pour laquelle Zuckerberg demeurera encore longtemps à son poste de PDG.

Source : BuzzFeed News, Business Insider

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Pensez-vous que le remplacement du duo Zuckercherg – Sheryl à leur poste pourrait changer la situation actuelle de Facebook ?

Lire aussi

Les données de millions d'utilisateurs de sites de dating comme Tinder et Meetic revendues légalement, sans le consentement conscient des utilisateurs
Facebook savait que collecter des logs d'appels serait mal perçu, mais la croissance potentielle du nombre d'utilisateurs l'a emporté
Facebook s'est servi d'un VPN qu'il proposait pour évaluer l'utilisation des apps de la concurrence, et définir sa ligne de rachat d'entreprises
Scandale C.A : Mark Zuckerberg fait parvenir une copie du témoignage qu'il fera demain à son audition devant le Congrès, quelques points clés
Démission de Zuckerberg du poste de PCA Facebook : « Ce n'est pas dans mes plans », le fondateur s'exprime dans un entretien avec CNN
Avatar de Stan Adkens Stan Adkens - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 07/12/2018 à 8:48
Le PDG de Facebook a soutenu le partage des données clients malgré des doutes, selon les documents saisis par les députés
Il a déploré son choix

Les éléments manquants du puzzle dans l’affaire scandale de données personnelles impliquant Facebook se mettent progressivement en place à grande vitesse. L’heure n’est plus pour le géant des réseaux sociaux à défendre ses politiques théoriques de confidentialité en guise de réponse à la moindre question : « Facebook n’a jamais vendu les données de qui que ce soit ». « Nos API ont toujours été gratuites et nous n’avons jamais demandé aux développeurs de payer pour les utiliser, que ce soit directement ou en achetant de la publicité ». Maintenant il est grand temps de commencer à déplorer les grandes décisions qui ont fait de Facebook une plateforme incontournable sur Internet mais qui ont aussi rendu les réseaux sociaux et toutes les autres plateformes liées des endroits hostiles.

C’est le 24 novembre dernier que la gestion du scandale de données de Cambridge Analytica qui a affecté les informations personnelles de plus de 87 millions de personnes a pris une autre tournure. A cette date, le Parlement britannique qui a vu ses invitations à témoigner rejetées par Facebook par plus de 2 fois a profité d’un voyage d’affaire à Londres du patron de Six4Three, une startup américaine de développement de logiciel, pour saisir une impressionnante mémoire cache détenue par l’homme d’affaire. Lui-même l’ayant acquise légitimement dans une affaire qui opposait son entreprise au géant de la Silicon Valley suite à la fermeture de son application qui était basée sur les données Facebook.

Depuis lors, les documents de cette mémoire cache qui n’étaient pas censés être divulgués par les députés britannique ni par personne d’autre car « …soumis à une ordonnance de protection de la Cour supérieure de San Mateo limitant leur divulgation. » ne cessent de révéler la face cachée de la gestion des données clients par Facebook.

Nous savons maintenant que Facebook utiliserait les données personnelles des utilisateurs comme monnaie d'échange pour accorder des privilèges spéciaux à certaines sociétés tout en en excluant de nombreuses autres. Ce qui est en contradiction avec ses promesses de ne pas vendre de données personnelles de ses utilisateurs que la société ne cesse de répéter, et est aussi en violation d’un accord avec la Federal Trade Commission datant de 2011, qui stipulait que le réseau social ne pouvait pas donner aux développeurs tiers l'accès à des données utilisateur.

Nous savons également que Facebook aurait été informé de l'extraction de données par des « entités » russes en 2014, mais qu’il aurait ignoré la gravité de l’affaire et serait resté sans réaction. Les documents ont également révélé que le réseau social aurait envisagé de facturer l'accès aux données des utilisateurs et d’en fermer l’accès en cas de non-paiement. Nous savons bien d’autres choses sur l’affaire qui n’a pas encore fini de vider son sac.


Les courriers électroniques datant de 2012 du PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, contenus dans les documents saisis par les députés britanniques enquêtant sur l’affaire Facebook, apportent de nouveaux éclaircissements sur les décisions prises par le géants des réseaux sociaux qui ont conduit à la violation massive des données clients tout en déterminant son niveau d’implication, selon les courriers publiés le mercredi et que Reuters a relayé le jeudi. Depuis la saisie de la mémoire cache, des réponses aux différentes questions des enquêteurs se dessinent chaque jour.

Les documents révèlent que Zuckerberg aurait douté de la proposition commerciale qui consistait à donner un large accès aux données clients à des millions de développeurs de logiciels tiers, mais a fini par adopté la pratique en 2012.

C’est en faveur de cette décision que les développeurs d’une application quiz ont pu collecter les données des 87 millions de personnes qui ont servi dans le cadre de l’activité de profilage électoral du cabinet Cambridge Analytica en faveur de la campagne présidentielle de Donald Trumps.

Choix d'accès payant aux données clients

Facebook était ouvert en ce moment-là aux applications tierces et cherchait à stimuler sa croissance en comptant sur les applications tierces telles que des jeux. Mais Zuckerberg voudrait bien comprendre si la présence de ces applications sur sa plateforme ainsi que les données qui seront envoyées à Facebook conduiraient à une augmentation suffisante de la fréquentation de la plateforme et des revenus.

« En théorie, nous voulons des informations, mais les messages que les développeurs nous donnent sont-ils vraiment utiles ? », Écrit Zuckerberg en réponse à un long courrier électronique envoyé par un lieutenant. « Ils ne semblent pas être pour le ciblage (contenu) et je doute qu'ils entraînent une augmentation significative de l'engagement. »

Une alternative à la première proposition consistait à charger les applications directement dans Facebook, avec l’inconvénient de limiter le nombre d’applications fonctionnant sur la plateforme. Facebook a opté finalement pour la proposition alternative en fin d’année 2012 qui marquait donc un accès payant aux données avec les applications tierces intégrées à la plateforme Facebook.

« Le but de la plateforme est de relier l'univers de toutes les applications sociales afin que nous puissions permettre davantage de partage tout en restant le pivot central », a-t-il déclaré dans un courrier électronique adressé à plusieurs dirigeants. « Cela trouve le bon équilibre entre l'ubiquité, la réciprocité et le profit. »

L’accès large aux données dont bénéficiaient les développeurs externes a été limité en 2014 lorsque Facebook a mis fin à la promotion gratuite.

Conséquences du choix de partage de données

Selon Reuters, les informations qui ont filtrées des courriers font état qu’un échange a eu lieu entre les cadres de Facebook sur les intérêts et non sur la vie privée des utilisateurs. Selon un courrier électronique, Facebook avait opté pour l’intégration des applications à sa plateforme et son PDG a proposé l’idée de facturer 10 centimes pour chaque demande de données d’utilisateur, ce qui pouvait faire environ 3 millions de dollars par an pour les applications telles que Spotify et Pinterest.

Facebook avait « maximisé les profits » dans l’arrangement, cependant, intégrer les applications à Facebook avait poussé les meilleurs jeux à abandonner les services de Facebook, a déclaré Sam Lessin, directeur de la gestion des produits. Lessin n’était « pas fier » de ceux qui restaient. Finalement, Facebook est revenu sur sa décision et a adopté, selon les emails, son objectif initial : inciter les gens à partager davantage d'éléments sur Facebook.

Selon les emails, Zuckerberg a écrit des mois plus tard, « Si Facebook permettait plus facilement à plus d'applications d'intégrer des fonctionnalités sociales, nous devrions être en mesure de débloquer plus de partage dans le monde et sur Facebook ».

Source : Reuters

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Quelle suite imaginez-vous pour cette histoire ?

Lire aussi

Une ex-employée de Cambridge Analytica écrit au parlement britannique, et accable Facebook et son ancien employeur
Le Royaume-Uni inflige la première amende à Facebook liée au scandale Cambridge Analytica, elle s'élève à 500 000 £
Cambridge Analytica : des agences fédérales US enquêtent sur les révélations de Facebook, pour déterminer le rôle de l'entreprise dans cette affaire
Le Parlement britannique a saisi des documents internes de Facebook, dans le cadre de l'enquête sur le scandale des données de Cambridge Analytica
Fake news et vie privée : Mark Zuckerberg encore invité à témoigner devant le Parlement UK, un refus pourrait donner lieu à une convocation formelle
Avatar de candide02 candide02 - Membre actif https://www.developpez.com
le 15/12/2018 à 14:33
La région Les hauts de France et le département de l'Aisne utilise facebook pour communiquer avec les citoyens, je trouve ce comportement irresponsable quand on voit la fragilité en terme de sécurité et les mensonges de cette société.
Contacter le responsable de la rubrique Accueil