L'Arcep fait un état des lieux du déploiement de l'IPv6 en France
Et note « un retard de la majeure partie des acteurs »

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
Le fonctionnement d’internet repose historiquement sur le protocole IPv4, appelé à être progressivement remplacé par le protocole IPv6. La migration de tous les acteurs de l’internet vers le protocole IPv6 est urgente et indispensable. L’épuisement du stock des adresses IPv4 disponibles entraîne d’ores et déjà une augmentation significative du prix de ces adresses, ce qui est susceptible d’engendrer une barrière à l’entrée à l’encontre des nouveaux acteurs sur l’internet. La migration vers IPv6 des services, des terminaux et des équipements de réseau est dans ce contexte indispensable pour garantir le bon fonctionnement d’internet à long terme, le protocole IPv4 étant, après une phase de cohabitation des deux protocoles, appelé à disparaître.

.Savoir où en sont les opérateurs, les terminaux, les équipementiers, les infrastructures ou encore les hébergeurs n’est pas chose aisée. Aussi en 2016, un état des lieux a été demandé par le gouvernement. En 2017, l’Arcep a remis le couvert et cette fois-ci, l’autorité propose à nouveau un état des lieux.

Cette année encore, l’Arcep constate que la majeure partie des acteurs n’envisagent pas un déploiement qui permettrait d’avoir terminé la migration vers IPv6 à moyen terme et incite vivement les différentes parties prenantes à accélérer leur transition.

Le retard est particulièrement marqué du côté des hébergeurs - où seuls 5% des serveurs mail et 16% des trois millions de sites web des noms de domaine .fr, .re, .pm, .yt, .tf et .wf sont à ce jour accessibles en IPv6 - et du côté des opérateurs, notamment mobiles. Plus particulièrement, en ce qui concerne les principaux opérateurs Télécom en France : l’Arcep constate des progrès mais appelle les opérateurs à poursuivre et renforcer leurs efforts.
  • Si 100% des clients SFR sont déjà compatibles sur le xDSL et le FTTH (0% sur le câble), moins de 1% d’entre eux sont activés - c’est-à-dire émettent et reçoivent effectivement en IPv6. Les activations à venir, bien qu’en hausse par rapport aux dernières annonces de l’opérateur, demeurent très insuffisantes (25-30% à mi-2021). Une grande majorité des clients n’activant pas IPv6 manuellement, l’Arcep invite SFR à réaliser cette activation par défaut comme la plupart des autres opérateurs. Quant aux réseaux mobiles : SFR prévoit moins de 10% de clients activés à mi-2021 ;
  • L’Arcep note les efforts de déploiement de Bouygues Telecom sur les réseaux mobiles, mais regrette la chute des prévisions de migration sur les réseaux fixes : 40 à 50% de clients activés sont prévus à horizon mi-2021, contre 75 à 85% annoncés à fin 2020 dans le précédent baromètre ;
  • Sur les réseaux fixes, les taux actuels de clients activés de Free et Orange sont relativement élevés (respectivement 50% et 45%), mais les projections sur le même indicateur à mi-2021 ne permettent pas d’achever la transition à moyen terme (entre 75 et 85%* pour les deux FAI). Sur les réseaux mobiles, le taux de clients activés prévu par Orange à mi-2021 est en hausse mais demeure limité (25-35%) ; l’Arcep regrette que Free Mobile n’ait pas été en mesure de lui transmettre des prévisions.



État d’avancement de la transition vers IPv6 au niveau des différents maillons de la chaîne technique

Fournisseurs d'accès à internet fixe (grand public)

Pour qu’une ligne fixe émette et reçoive en IPv6, quatre conditions doivent être réunies :
  • le réseau fixe utilisé doit être compatible IPv6 ;
  • la box utilisée doit être compatible matériellement avec IPv6 et disposer d’un logiciel embarqué (firmware) capable de gérer ce protocole. Si la plupart des box proposées par les opérateurs en 2018 sont compatibles avec IPv6, certaines d’entre elles n’ont toujours pas de firmware adapté à l’IPv6.
  • Lorsque le réseau et la box sont compatibles IPv6, le client est dit « IPv6-ready ».
  • l’opérateur doit configurer à distance la box pour qu’elle utilise IPv6. Si le client est IPv6-ready mais que l’opérateur n’a pas activé IPv6, le client peut configurer lui-même sa box manuellement pour devenir un client « activé ». Cependant, la grande majorité des utilisateurs ne réalisant pas cette action spontanément, une action de la part du FAI permettrait de faciliter la migration;
  • le système d’exploitation du terminal utilisé doit être compatible et activé en IPv6.



Taux de clients du réseau fixe activés en IPv6 des principaux opérateurs en France

Dans la fibre optique comme sur les liaisons xDSL, SFR et Free ont rendu l’ensemble de leurs clients compatibles avec IPv6 (sauf en câble pour SFR). Est-ce à dire pourtant que ce protocole est effectivement activé partout ? Non : seule la moitié des clients Free accède à IPv6 et juste 0,9 % chez SFR.

À l’inverse, Orange paraît avoir plus de retard (40 % de clients prêts à l’IPv6 dans le xDSL et 90 % dans la fibre optique) mais presque la moitié (45 %) de sa clientèle a déjà basculé. La lanterne rouge est Bouygues Telecom : quasiment aucun client prêt pour l’IPv6 (2,5 % en xDSL et 1 % en fibre optique) et donc un taux actif de clients en IPv6 forcément très bas (2,5 %).


Opérateurs mobiles (grand public)

Pour qu’une ligne mobile émette et reçoive du trafic en IPv6, trois conditions doivent être réunies :
  • le réseau mobile utilisé doit être compatible IPv6, c’est-à-dire que l’Access Point Name ou APN doit être capable de gérer le protocole IPv6 (cf. tableau ci-dessous) ;
  • l’opérateur doit activer à distance le terminal mobile pour qu’il utilise IPv6. Sous Android, il est possible de configurer manuellement l’APN en IPv6. Cependant, la grande majorité des utilisateurs n’activant pas spontanément IPv6, une action de la part du FAI permettrait de faciliter la migration. L’activation manuelle n’est pas permise par un iPhone ;
  • le système d’exploitation du terminal doit être compatible IPv6 (cf. section « Terminaux » ci-après). Si c’est le cas de la quasi-totalité des smartphones récents, de nombreux modem-routeurs 4G ne sont toujours pas compatibles IPv6.



La politique d’activation d’IPv6 des principaux opérateurs explique la différence entre le taux de clients disposant d’IPv6 et le taux de clients effectivement activés en IPv6 (qui émettent et reçoivent du trafic IPv6).


L'Arcep souligne que, de façon encore plus marquée que sur les réseaux fixes, le rythme des déploiements futurs de l’IPv6 de la part des opérateurs mobiles risque fort de ne pas permettre de répondre au problème de pénurie générale d’adresses IPv4.

Plus particulièrement, en ce qui concerne les principaux opérateurs télécom en France, l’Arcep constate des progrès mais appelle les opérateurs à poursuivre et renforcer leurs efforts :
  • Si 100% des clients SFR sont déjà compatibles sur le xDSL et le FTTH (0% sur le câble), moins de 1% d’entre eux sont activés - c’est-à-dire émettent et reçoivent effectivement en IPv6. Les activations à venir, bien qu’en hausse par rapport aux dernières annonces de l’opérateur, demeurent très insuffisantes (25-30% à mi-2021). Une grande majorité des clients n’activant pas IPv6 manuellement, l’Arcep invite SFR à réaliser cette activation par défaut comme la plupart des autres opérateurs. Quant aux réseaux mobiles : SFR prévoit moins de 10% de clients activés à mi-2021.
  • L’Arcep note les efforts de déploiement de Bouygues Telecom sur les réseaux mobiles, mais regrette la chute des prévisions de migration sur les réseaux fixes : 40 à 50% de clients activés sont prévus à horizon mi-2021, contre 75 à 85% annoncés à fin 2020 dans le précédent baromètre.
  • Sur les réseaux fixes, les taux actuels de clients activés de Free et Orange sont relativement élevés (respectivement 50% et 45%), mais les projections sur le même indicateur à mi-2021 ne permettent pas d’achever la transition à moyen terme (entre 75 et 85% pour les deux FAI). Sur les réseaux mobiles, le taux de clients activés prévu par Orange à mi-2021 est en hausse mais demeure limité (25-35%) ; l’Arcep regrette que Free Mobile n’ait pas été en mesure de lui transmettre des prévisions.


Source : Arcep

Voir aussi :

L'Arcep fait un état des lieux du déploiement de l'IPv6 en France, et note des disparités entre les opérateurs
L'ARCEP publie son premier rapport sur l'état des lieux de l'internet en France sur plusieurs thématiques
Trolldi : quelles sont les pires excuses que les entreprises pourraient avancer, pour refuser le passage à l'IPv6 ?
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Avatar de Max Lothaire Max Lothaire - Membre confirmé https://www.developpez.com
le 13/10/2018 à 16:33
Constater le retard c'est bien; mais si on veut que ça avance, il faut mettre quelques coups de pied aux cul.
Avatar de sitexw sitexw - Membre du Club https://www.developpez.com
le 14/10/2018 à 13:46
Ce que je ne comprends pas, c'est que l'on est en capacité d'atteindre, en théorie et très rapidement, plus de 90% d'activation ipv6, car le matériel est compatible, le réseau est compatible, et certains l'on déjà activé manuellement (comme moi). Et pourtant, on reste au point mort. Les FAI pourraient inverser la tendance en un claquement de doigt, avec une petite mise à jour qui active l'IPv6 par défaut, mais ils ne le font pas et je ne comprends pas pourquoi... Si quelqu'un pourrait m'éclairer..

 
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