La nouvelle politique de Twitter serait trop handicapante pour les applications externes
Afin d'aider le groupe à mettre en avant ses propres applis

Le , par Christian Olivier

21PARTAGES

14  0 
Depuis le 16 aout dernier, le réseau social Twitter a modifié ses règles d’utilisation pour les applis de développeurs tiers afin notamment de restreindre leur champ d’action. Ces applications externes ne pourront plus diffuser de tweets en temps réel et leurs notifications push seront différées ou, dans certains cas, bloquées par la plateforme.

Twitter aurait par ailleurs pris la liberté de faire un peu de ménage parmi les API supportées par son service afin que toutes les personnes souhaitant obtenir un accès complet aux fonctionnalités d’une application mise en avant par la plateforme soient désormais soumises à un système de type « ;faut payer plus pour avoir plus ;». Résultat : depuis plusieurs jours, de nombreuses applications Twitter externes ne fonctionnent plus comme elles devraient.


D’après Twitter, ce toilettage était nécessaire parce qu’un certain nombre d’outils de développement assez anciens n’étaient plus supportés. Le réseau social a ajouté que sa décision devrait contribuer à la création d’un cadre au sein duquel ses directives seront mieux appliquées, où il sera plus facile de combattre les trolls et d’exercer un meilleur contrôle sur l’utilisation et les données.

Ces nouvelles politiques d’utilisation mises en place par Twitter n’enchantent guère les développeurs d’applis externes telles que Tweetings, Twitterstream ou Twiterrific qui opèrent sur cette plateforme. Ces applications ne pourraient même plus être mises à jour, leurs éditeurs soulignant que « ;malgré de nombreuses requêtes, Twitter n’a toujours pas daigné fournir de solution viable afin de les aider à recréer la fonctionnalité perdue ;». Ils craignent qu’en agissant de la sorte, Twitter cherche davantage à privilégier ses propres applis. Cette situation affecterait les utilisateurs de Twitter sur toutes les plateformes (Android, iOS ou autre).

À titre d'exemple, on peut citer le cas de Twitterstream, une application libre d’accès, qui a été remplacée par une API Account Activity sur Twitter, sachant que l’API mise en avant par Twitter n’autorise que 15 comptes à la base. Si un utilisateur de Account Activity souhaite desservir davantage de personnes, il doit verser 2,899 USD par mois par tranche de 250 usagers supplémentaires. Les développeurs affirment qu’ils devraient de ce fait facturer 16 USD par mois et par utilisateur simplement pour atteindre le seuil de rentabilité, alors qu'une application externe comme Twitterrific, par exemple, propose à ses utilisateurs un abonnement fixe de 3 USD pour accéder aux notifications.

D’une manière générale, il semble que les applications mises en avant par Twitter après avoir rétrogradé les applications externes n’offrent que des fonctionnalités limitées comparées à celles qu’elles remplacent. En outre, elles obligeraient les utilisateurs à payer toujours davantage pour booster leurs capacités et ainsi rapporter plus d'argent à l'entreprise.

Craig Hockenberry, ingénieur à Iconfactory (l’entreprise derrière Twitterific), a déclaré : « ;Ce qui m’inquiète, c’est que Twitter ne semble pas comprendre que beaucoup de gens qui utilisent nos applications sont des utilisateurs de longue date qui sont très engagés avec le service. Ces gens ne sont pas bien servis par le client officiel et sont susceptibles de trouver un débouché différent pour leurs besoins en médias sociaux. ;»

Source : Twitter, Apps of a feather

Et vous ?

Pensez-vous que Twitter puisse atteindre ses objectifs de rentabilité en adoptant de telles pratiques ?
Avez-vous développé des applis pour la plateforme Twitter ? Si oui, avez-vous noté des problèmes particuliers depuis le 16 aout dernier ou avant ?

Voir aussi

RGPD : Twitter décide de bloquer les adolescents en Europe qui ont indiqué avoir moins de 16 ans, le consentement d'un parent est requis

Facebook, Google, Microsoft et Twitter lancent un projet open source de portabilité des données pour des transferts directs entre plateformes

Twitter a supprimé 143 000 applications malveillantes ces trois derniers mois et publie de nouvelles exigences à l'attention des développeurs

Twitter a supprimé plus de 70 millions de comptes en deux mois dans sa lutte contre la désinformation sur sa plateforme

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-le nous !

Avatar de flamwolf
Membre à l'essai https://www.developpez.com
Le 21/08/2018 à 17:20
Ni Facebook, ni Tweeter, ni Google ne peuvent êtres rentables sur le long terme.
C'est bien pour cela que Facebook et Google on investit en masse dans le hardware.
Les actionnaires commencent à vouloir récupérer un peu de dividendes des investissements consentis, d'où youtube music, d'où également la politique de Twitter le moins rentable.
Facebook a amorcé un net déclin en temps utilisateur, Google voit ses dépenses augmenter plus vite que ses revenus, le prix de la publicité chute, twitch vient concurrencer youtube sur la rémunération etc...
Bref le RSI vient de taper à la fenêtre de la réalité...
Avatar de Volgaan
Membre averti https://www.developpez.com
Le 22/08/2018 à 9:05
Citation Envoyé par flamwolf Voir le message
Ni Facebook, ni Tweeter, ni Google ne peuvent êtres rentables sur le long terme.
C'est bien pour cela que Facebook et Google on investit en masse dans le hardware.
Les actionnaires commencent à vouloir récupérer un peu de dividendes des investissements consentis, d'où youtube music, d'où également la politique de Twitter le moins rentable.
Facebook a amorcé un net déclin en temps utilisateur, Google voit ses dépenses augmenter plus vite que ses revenus, le prix de la publicité chute, twitch vient concurrencer youtube sur la rémunération etc...
Bref le RSI vient de taper à la fenêtre de la réalité...
Pour Twitter, je suis d'accord, cela fait des années qu'ils ont de la peine à faire du chiffre (en 2018, c'est la première fois dans leur histoire qu'ils dégagent du bénéfice). Mais Google ? Alphabet (la maison-mère, pour rappel) a fait 110 milliards de dollars de chiffre d'affaires en 2017, dont un bénéfice net de 12.7 milliards de dollars ! Excusez du peu

 
Contacter le responsable de la rubrique Accueil

Partenaire : Hébergement Web