Le Royaume-Uni inflige la première amende à Facebook liée au scandale Cambridge Analytica
Elle s'élève à 500 000 £

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
C’est le Royaume-Uni qui ouvre le bal des amendes à Facebook suite à l’affaire Cambridge Analytica. Pour rappel, le réseau social est sous le coup de plusieurs enquêtes concernant le détournement des données personnelles de quelque 87 millions d’utilisateurs par la société de marketing politique Cambridge Analytica et son PDG, Mark Zuckerberg, a été récemment auditionné par des parlementaires américains et européens.

Cambridge Analytica a travaillé pour la campagne du président Donald Trump en 2016 mais a nié avoir utilisé pour cela des données personnelles d’utilisateurs de Facebook.
La société reconnaît aussi avoir fait acte de candidature pour assister le mouvement pro-Brexit Leave.EU lors du référendum britannique de 2016 sur le maintien ou non dans l’Union européenne, mais sans obtenir le marché.

Elizabeth Denham, la commissaire britannique à l’information (ICO - Information Commissioner), a déclaré que Facebook avait enfreint la loi par son incapacité à protéger les informations des utilisateurs et n’avait pas été transparent sur la manière dont les données ont été récoltées par des tiers sur sa plateforme.

« Les nouvelles technologies qui utilisent l’analyse de données pour cibler les personnes donnent la possibilité aux sociétés de marketing politique de toucher des électeurs individuels. Mais cela ne peut se faire au détriment de la transparence, de l’équité et du respect de la loi », déclare-t-elle dans un communiqué.

La régulatrice britannique de l’information a annoncé mercredi son intention d’infliger une amende de 500 000 livres (565 000 euros) à Facebook pour violation de la loi sur la protection des données à la suite du scandale Cambridge Analytica.

L’amende de 500 000 livres qui est le maximum autorisé par la loi britannique sur la protection des données, « envoie un signal clair que je considère cela comme un problème important si l'on considère l'impact de la violation de données », a noté l’ICO.

L'amende ne constitue qu’une infime partie du chiffre d’affaires total d’un peu plus de 40 milliards de dollars (34 milliards d’euros) réalisé par Facebook l’année dernière, mais également une très faible partie du bénéfice de 5,9 milliards de dollars (5 milliards d’euros) de Facebook réalisé au cours des trois premiers mois de 2018. Si l'abus était jaugé en vertu du règlement de l’Union européenne sur la protection des données personnelles (RGPD), entré en vigueur le 25 mai dernier, Facebook aurait été exposé à des amendes pouvant représenter jusqu’à 4% de son chiffre d’affaires annuel.


En réponse, via un communiqué de Erin Egan, directrice de la protection de la vie privée chez Facebook, le réseau social a expliqué que « Comme nous l’avons déjà dit, nous aurions dû faire davantage pour enquêter sur Cambridge Analytica et prendre des mesures en 2015 ».

« Nous travaillons en étroite collaboration avec le Bureau de la commissaire à l’information concernant son enquête sur Cambridge Analytica, tout comme nous le faisons avec les autorités américaines et celles d’autres pays », pour ensuite assurer que « Nous examinons le rapport et répondrons bientôt à l'ICO ».

Le rapport de la commissaire à l’information indique aussi que la maison mère de Cambridge Analytica, SCL Elections, sera poursuivie pour avoir ignoré ses demandes.
L’ICO va en outre envoyer des lettres d’avertissement à 11 partis politiques pour les obliger à revoir leurs pratiques en matière de protection de données.

Damian Collins, le législateur britannique menant une enquête parlementaire sur l'utilisation politique des données, a déclaré que Facebook devrait fournir plus d'informations sur d'autres applications tierces qui auraient également pu récolter des données de personnes à leur insu.

« Si d'autres développeurs enfreignent la loi, nous avons le droit de savoir, et les utilisateurs dont les données pourraient avoir été compromises de cette manière devraient être informés », a-t-il déclaré. Le comité parlementaire de Collins publiera son propre rapport plus tard ce mois sur la désinformation en ligne et l'utilisation de données dans les campagnes politiques.

Manipulation du vote sur le Brexit ?

Facebook n’a pas été le seul à être surveillé mercredi par le régulateur britannique, qui a commencé son enquête sur l'utilisation des données dans les campagnes politiques en début d'année, en se concentrant sur l'utilisation abusive des informations personnelles lors du référendum.

Au cours des 18 derniers mois, une quarantaine d'enquêteurs ont progressivement étendu cette enquête à d'autres utilisations politiques des données en ligne, notamment les révélations faites plus tôt cette année par un développeur d'applications tiers lié à Cambridge Analytica. à l'échelle mondiale.

Le rapport final du régulateur, indiquant notamment si les données ont été mal utilisées lors du référendum sur le Brexit, sera publié en octobre. Jusqu'à présent, les responsables n'ont pas déclaré publiquement si l'un ou l'autre côté du vote de 2016 a enfreint les règles de confidentialité du pays.

Dans le cadre de son annonce mercredi, le gendarme anglais a déclaré avoir entamé des poursuites criminelles contre SCL Elections, une autre société d'analyse de données liée à Cambridge Analytica, au motif qu'elle n'avait pas transmis de preuves liées à une mauvaise utilisation des données.

Plus tôt cette année, SCL Elections et Cambridge Analytica ont déposé leur bilan. Les entreprises ont nié avoir abusé des données Facebook des gens pour influencer le référendum sur le Brexit, l'élection présidentielle américaine de 2016 ou d'autres campagnes dans le monde entier. AggregateIQ, une autre société de données liée à Cambridge Analytica, a également reçu l'ordre mercredi d'arrêter le traitement des données qu'elle détenait sur les citoyens américains.

« Le dilemme Facebook-Cambridge Analytica a permis d’ouvrir beaucoup d'enquêtes sur la protection des données et le droit électoral », a déclaré David Carroll, un professeur américain dont les demandes d'informations émanant de la société d'analyse de données ont abouti aux actions du régulateur américain. « Il a été remarquable que le Royaume-Uni a fourni la compétence pour un citoyen américain ».

Source : Politico

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Avatar de Felykanku Felykanku - Membre habitué https://www.developpez.com
le 13/07/2018 à 8:44
C'est une décision lâche de la part des dirigeants anglais. Jamais les réseaux sociaux ne peuvent remplacer la conscience.
Avatar de AoCannaille AoCannaille - Membre chevronné https://www.developpez.com
le 13/07/2018 à 10:19
Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
La régulatrice britannique de l’information a annoncé mercredi son intention d’infliger une amende de 500 000 livres (565 000 euros) à Facebook pour violation de la loi sur la protection des données à la suite du scandale Cambridge Analytica.

L’amende de 500 000 livres qui est le maximum autorisé par la loi britannique sur la protection des données, « envoie un signal clair que je considère cela comme un problème important si l'on considère l'impact de la violation de données », a noté l’ICO.
Ils auraient du faire comme pou rmicrosoft : mettre une amende par utilisateur brittanique dont les données ont été piraté.

 
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