La France annonce le lancement d'un plan pour la science ouverte
Pour favoriser les avancées scientifiques ainsi que l'innovation

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
La science ouverte (open science ou open research pour les anglophones) est un mouvement visant à rendre la recherche scientifique, les données et leur diffusion accessibles (à tous les niveaux d'une société « apprenante »).

Pour cela la science ouverte s'appuie fortement sur le recours à l'Internet ouvert, à l'open data, aux outils de travail collaboratif (dont Wikipédia et Wikiversité ou Wikispecies font partie), au e-learning et au web social de manière à rendre la recherche scientifique et ses données accessibles à tous (amateurs et professionnels). Parce que pro-activement ouverte, elle peut aussi favoriser la multidisciplinarité de la recherche et éventuellement un caractère multilingue en considérant la science et les données comme un « bien commun ».

La science ouverte a pour objectif de faire sortir la recherche financée sur fonds publics du cadre confiné des bases de données fermées. Elle réduit les efforts dupliqués dans la collecte, la création, le transfert et la réutilisation du matériel scientifique. Elle augmente ainsi l’efficacité de la recherche.

La science ouverte favorise également les avancées scientifiques, particulièrement les avancées imprévues, ainsi que l’innovation, les progrès économiques et sociaux, en France, dans les pays développés et dans les pays en développement. Enfin, la science ouverte constitue un levier pour l’intégrité scientifique et favorise la confiance des citoyens dans la science. Elle constitue un progrès scientifique et un progrès de société.


Le contexte

Depuis des années, le système historique de publication des résultats de la recherche est âprement critiqué par des institutions dont les budgets sont en baisse alors que les recherches, elles, se multiplient. Conséquence prévisible, les bibliothèques de recherche peinent de plus en plus à proposer des ressources pertinentes à leurs étudiants.

À l'origine de ces difficultés, selon les professionnels, des tarifs d'accès devenus prohibitifs du côté des grands éditeurs d'articles scientifiques, qui gèrent des revues historiques dans différents secteurs. Et un système éditorial qui paraît bancal pour un certain nombre – y compris au sein de la communauté des chercheurs. En effet, les éditeurs de ces revues comptent sur les chercheurs pour en assurer les corrections, le plus souvent avec une rémunération moindre, voire inexistante.

Enfin, notamment dans le domaine de la recherche publique, il apparaît contre-productif, pour certains chercheurs, de publier les résultats d'une recherche financée par l'argent public dans une revue privée qui en fera payer l'accès. Parmi ces éditeurs historiques, comme Elsevier, Springer ou encore Macmillan, la plupart ont mis en place des formules d'accès ouvert, que beaucoup jugent trop chères ou trop contraignantes. De leur côté, ces éditeurs mettent en avant la valeur ajoutée de leurs revues, ainsi que la crédibilité apportée aux résultats publiés dans leurs pages.

C'est dans ce contexte que la ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation Frédérique Vidal a annoncé le plan national pour la science ouverte à l'occasion du congrès annuel de la LIgue des Bibliothèques Européennes de Recherche (LIBER), organisé à Lille du 4 au 6 juillet. D'après elle, seules les universités les plus riches du monde et les groupes industriels profitent de l'état actuel des choses, et de l'inflation démesurée des prix des revues scientifiques. « Alors que les fausses nouvelles sont très facilement accessibles, les publications scientifiques sont protégées derrière des péages qui sont autant de barrières à l’accès au savoir. Il faut dix minutes pour inventer et diffuser une fausse nouvelle, croustillante, étonnante et facile à comprendre. Mais il faut dix ans pour produire une démonstration scientifique apportant une information scientifique de qualité », a ajouté Frédérique Vidal, saluant au passage l'encyclopédie libre et ouverte Wikipédia.

Avec ce Plan, la France se dote d’une politique pour la science ouverte ambitieuse, qui s’inscrit pleinement dans les engagements internationaux qu’elle a pris au titre du Partenariat pour un gouvernement ouvert (OGP - Open government partnership), initiative associant 70 pays et visant à développer la transparence de l’action publique. Ce plan national répond également à l’ambition européenne de l’Amsterdam Call for Action on Open Science. La France se dote ainsi d’une politique qui prolonge et amplifie les efforts de l’Union européenne dans ce domaine.

Ce plan est divisé en trois axes.

Premier axe : généraliser l’accès ouvert aux publications

L’ouverture des publications scientifiques doit devenir la pratique par défaut aussi vite que possible. Pour engager cette dynamique, les publications issues de recherches financées au moyen d’appels à projets sur fonds publics seront obligatoirement mises à disposition en accès ouvert, que ce soit par la publication dans des revues ou ouvrages nativement en accès ouvert, soit par dépôt dans une archive ouverte publique comme HAL.

Inscrire ces pratiques dans la durée nécessite de faire évoluer le système d’évaluation des chercheurs et des établissements en phase avec les principes et les pratiques de la science ouverte. Cette évolution de l’évaluation des chercheurs visera à réduire la dimension quantitative au profit d’une évaluation plus qualitative, dans l’esprit de la San Francisco Declaration on Research Assessment (DORA) ainsi que du Manifeste de Leiden pour la mesure de la recherche, et en s’appuyant notamment sur les citations ouvertes, dans la continuité des efforts de l’Initiative for Open Citations (I4OC).

D’une façon générale, la communauté scientifique doit reprendre le contrôle du système éditorial, dans l’esprit de l’Appel de Jussieu pour la science ouverte et la bibliodiversité. Elle doit faire converger ses efforts vers les acteurs vertueux qui développent un environnement éditorial moins concentré, obéissant aux principes d’un accès ouvert et éthique, notamment en termes de transparence, de gouvernance et de propriété intellectuelle.


Trois mesures sont envisagées ici :
  • Rendre obligatoire la publication en accès ouvert des articles et livres issus de recherches financées par appel d’offres sur fonds publics ;
  • Créer un fond pour la science ouverte ;
  • Soutenir l’archive ouverte nationale HAL et simplifier le dépôt par les chercheurs qui publient en accès ouvert sur d’autres plateformes dans le monde.

Deuxième axe : structurer et ouvrir les données de la recherche

L’ambition qui a été évoquée est de faire en sorte que les données produites par la recherche publique française soient progressivement structurées en conformité avec les principes FAIR (Facile à trouver, Accessible, Interopérable, Réutilisable), préservées et, quand cela est possible, ouvertes. Lors de l’annonce du plan « Intelligence artificielle » au Collège de France, le 29 mars 2018, le Président de la République a annoncé la mise en place d’un principe d’ouverture par défaut pour toutes les données publiées dans le cadre d’appels à projet sur fonds publics. Cette obligation sera limitée par les exceptions légitimes encadrées par la loi, par exemple en ce qui concerne le secret professionnel, les secrets industriels et commerciaux, les données personnelles ou les contenus protégés par le droit d’auteur. Elle sera par ailleurs encadrée par les bonnes pratiques définies par chaque communauté scientifique, par exemple pour définir des durées d’embargo.


D’autre part, le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation se dotera d’un administrateur des données de la recherche. Il travaillera avec l’administrateur général des données de la France et animera un réseau des administrateurs de données de la recherche dans les établissements concernés. Un appel « flash » de l’ANR permettra d’accélérer la structuration de la communauté scientifique afin de promouvoir les principes « FAIR » et de développer l’ouverture des données. D’une façon générale, les dépenses de traitement des données seront éligibles dans les appels à projets.

Voici les mesures envisagées :
  • Rendre obligatoire la diffusion ouverte des données de recherche issues de programmes financés par appels à projets sur fonds publics ;
  • Créer la fonction d’administrateur des données et le réseau associé au sein des établissements ;
  • Créer les conditions et promouvoir l’adoption d’une politique de données ouvertes associées aux articles publiés par les chercheurs.

Troisième axe : s’inscrire dans une dynamique durable, européenne et internationale

Le succès de la science ouverte implique le développement de nouvelles pratiques quotidiennes pour les chercheurs. Cela nécessite la définition de nouvelles compétences, le développement de nouvelles formations et l’adoption de nouveaux services. Le Comité pour la science ouverte, qui rassemble plus de 200 experts du domaine, travaillera à la définition des nouvelles compétences nécessaires. Les premiers efforts seront réalisés à destination des écoles doctorales, qui constitue le bon niveau et le bon moment dans le parcours du chercheur pour mettre en place des formations adaptées.

Un label « science ouverte » sera décerné aux écoles doctorales qui proposeront une offre de formation adaptée aux objectifs décrits dans ce Plan. Par ailleurs, afin de développer une offre de formation dédiée aux compétences sur les données ainsi qu’à celles de la science ouverte en général, un appel à manifestation d’intérêt financera des propositions et expérimentations sur ces thèmes.

Afin d’amplifier le plan et de le déployer sur le territoire, tous les opérateurs de la recherche sont invités à développer une politique de science ouverte en leur sein.

L’évolution de l’écosystème de la science ne sera pas possible sans transparence : il est donc important d’ouvrir les jeux de données concernant les financements des appels à projets et leurs lauréats, mais aussi les dépenses d’acquisition des revues et de livres par les établissements

Mesures :
  • Développer les compétences en matière de science ouverte notamment au sein des écoles doctorales ;
  • Engager les opérateurs de la recherche à se doter d’une politique de science ouverte ;
  • Contribuer activement à la structuration européenne au sein du European Open Science Cloud et par la participation à GO FAIR.

Les connexes

Un fond pour la science ouverte sera mis en place pour garantir la diversité éditoriale et, sans doute, apporter un soutien aux initiatives allant dans le sens d'un « réinvestissement du contrôle du système éditorial par la communauté scientifique ». Les archives ouvertes HAL seront à nouveau soutenues, pour faciliter leur usage tant pour la publication que pour la consultation.

Un poste d’administrateur des données (Chief data officer) au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation sera créé, avec pour mission de coordonner l’action publique en matière de données scientifiques, « afin d’optimiser leur structuration, leur conservation et leur circulation ».

Enfin, une formation spécifique à la science ouverte sera en partie financée par le ministère de l'Enseignement supérieur, qui encourage également les institutions de recherche à se doter d'une politique d'ouverture des résultats de la recherche.

Le plan Science ouverte du ministère de l'Enseignement supérieur est doté, pour sa première année, de 5,4 millions €, puis de 3,4 millions € les années suivantes. Avec celui-ci, la France ambitionne de se placer en tête de l'innovation pour la science ouverte au niveau européen, aux côtés de l'Allemagne et des Pays-Bas, et ainsi inciter les autres pays à faire de même.

Remerciements du club

Le Club Developpez propose actuellement plus de 14 000 livres, cours, articles et tutoriels disponibles gratuitement, tout ceci sans subvention. Cela n'aurait pas été possible sans la participation des rédacteurs bénévoles. Une fois de plus, merci à tous pour votre participation

Source : plan en pièce jointe (au format PDF)

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Voir aussi :

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Avatar de Pyramidev Pyramidev - Membre expert https://www.developpez.com
le 05/07/2018 à 12:44
Quand un article d'actualité cite une publication scientifique, pour avoir plus d'infos, je suis souvent bloqué car l'accès à ladite publication est payant. Du coup, je suis très favorable à plus d'accès libre.

Je pense aussi qu'il faudrait une augmentation du niveau d'enseignement des mathématiques en probabilité et statistiques avant le Bac pour les élèves qui décident de se spécialiser en sciences. Actuellement, le niveau du Bac n'offre pas le niveau d'éducation nécessaire pour permettre à un citoyen de lire une publication scientifique, ce qui est fort dommage.

Le programme de mathématiques a déjà changé pour mettre plus de probabilités avant le Bac. Par exemple, les étudiants qui passent le Bac S sont supposés connaître la loi normale. Mais ce n'est pas suffisant.

À part ça, quand j'étais en terminale, je me rappelle que le thème de la science était abordé en philosophie, mais c'était en vitesse. Je pense que la démarche scientifique devrait être davantage présentée à l'école. Actuellement, à l'école, les TP de physique n'enseignent pas la démarche scientifique, car c'est la faute des instruments de mesure quand l'observation ne colle pas à la théorie.
Avatar de benjani13 benjani13 - Membre chevronné https://www.developpez.com
le 05/07/2018 à 13:32
Citation Envoyé par Pyramidev Voir le message
Quand un article d'actualité cite une publication scientifique, pour avoir plus d'infos, je suis souvent bloqué car l'accès à ladite publication est payant. Du coup, je suis très favorable à plus d'accès libre.
L'absurdité du système c'est quand la dite recherche vient d'un labo public et donc que tu as déjà payé (par tes impôts) pour elle. Des millions sont dépensés en abonnements à des revues de publications scientifiques pour que les chercheurs ait accès aux travaux de leurs collègues. Un système qui engraisse une poignée d'entreprises à coup d'argent publiques...
Avatar de VivienD VivienD - Membre chevronné https://www.developpez.com
le 05/07/2018 à 13:53
Je rejoins plus ou moins Pyramidev. De solides bases en statistiques et en probabilités devraient être enseignées à tous les lycéens tant qu'ils ont encore des cours de mathématiques: ça éviterait aux futurs citoyens de se faire avoir par au moins une bonne des arnaques idéologiques basées sur des interprétations fallacieuses de certaines statistiques. L'enseignement de la méthode scientifique nous permettrait quant à lui de prévenir la trop grande prolifération de certaines théories conspirationnistes encore moins crédibles que les contes qui ont bercé ma petite enfance, les aventures du baron de Münchhausen incluses.

Par ailleurs, je suis aussi favorable à l'accès libre des articles scientifiques, surtout quand ils proviennent d'une entité financée par l'argent des contribuables ou quand ils ont été publiés il y a déjà quelques années.
Avatar de Theta Theta - Membre éclairé https://www.developpez.com
le 05/07/2018 à 14:29
Je rejoint Pyramidev et VivienD.

Le niveau de connaissances de la méthode scientifique est dramatiquement bas en France. J'ai du attendre l'école d'ingé avant d'apprendre à chercher dans les publis scientifique. Même en prépa (bio) on nous disait d'aller chercher sur wikipédia ou des revues de vulgarisation (ça me semble tellement absurde maintenant).

Je pense que c'est un peu utopique d'espérer faire comprendre les stats aux lycéens, du moins à une majorité d'entre eux, et au final je ne suis même pas sur que ce soit le plus important. Par contre je pense que ça vaudrais le coup de faire rentrer la méthode scientifique au programme de manière pluridisciplinaire (on en parle en philo, on vois des exemples en physique/chimie/SVT/socio, les stats en math, on lit des articles en anglais, et on applique ça en TPE que ce soit niveau recherche et expérimentation).

En tout cas ça serrais sans doute plus efficace que tout le bazar qu'il font autours des fake news. Les fake news/théories du complot etc?, je ne vois pas comment ça pourrait être possible de les empêcher d'exister. Mais si personne n'y croyait ça ne serrait pas un problème.
Avatar de Grogro Grogro - Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
le 05/07/2018 à 15:03
Citation Envoyé par Pyramidev Voir le message
Je pense aussi qu'il faudrait une augmentation du niveau d'enseignement des mathématiques en probabilité et statistiques avant le Bac pour les élèves qui décident de se spécialiser en sciences. Actuellement, le niveau du Bac n'offre pas le niveau d'éducation nécessaire pour permettre à un citoyen de lire une publication scientifique, ce qui est fort dommage.
Et surtout après le bac.

On a dans le meilleur des cas, même dans les licences pure maths, un enseignement classique de proba-stats qui apporte les bases élémentaires, mais qui n'est pas suffisant. Un enseignement avec une forte dominante de proba et très peu de stats en raison du temps limité (un semestre, ça passe très vite). Or à notre époque, on a besoin au minimum d'être sensibilisés aux biais statistiques, à l'inférence bayésienne, et aux notions de p-valeur, d'hypothèse nulle et de tests statistiques, des notions d'échantillonnage. Idéalement un peu de Monte-Carlo et bien sûr du chi².

Tout ça me parait le minimum vital pour l'ingénieur d'aujourd'hui.

Un exemple d'étude bidon dans la presse aujourd'hui : https://www.20minutes.fr/sante/23018...-produits-luxe

A mettre en parallèle avec : https://www.sudouest.fr/2018/07/05/l...06573-4696.php

On peut repenser à la fraude scientifique de l'étude de Seralini (financée par la grande distribution).
Avatar de benjani13 benjani13 - Membre chevronné https://www.developpez.com
le 05/07/2018 à 16:07
Je rajouterais aussi une chose plus simple : faire comprendre qu'une publication, qu'une étude, qu'un test clinique ne se suffit pas à lui même, mais ce n'est qu'une étape dans un processus de recherche. On a tous les jours des journaux qui prennent une nouvelle publication scientifique et extrapole une conclusion au mieux trop osée, au pire carrément en contresens du contenu de la publication. Une publication doit être critiquée par la communauté scientifique, les expériences reproduites, améliorées pour éliminer les biais possibles, etc, avant de pouvoir arriver à une conclusion forte. C'est ainsi que lundi on lira que le café provoque des cancers, et que le mardi on vous diras "Buvez du café ça prolonge la durée de vie!".
Avatar de Grogro Grogro - Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
le 05/07/2018 à 16:14
A ce sujet : https://xkcd.com/882/ <- notion de statistiquement significatif

P-valeur : https://xkcd.com/1478/

Avatar de SimonDecoline SimonDecoline - Membre expérimenté https://www.developpez.com
le 05/07/2018 à 22:53
Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
Trois mesures sont envisagées ici :
Rendre obligatoire la publication en accès ouvert des articles et livres issus de recherches financées par appel d’offres sur fonds publics ;
complètement d'accord

Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message

Créer un fond pour la science ouverte ;
Qui servira à quoi ?

Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message

Soutenir l’archive ouverte nationale HAL et simplifier le dépôt par les chercheurs qui publient en accès ouvert sur d’autres plateformes dans le monde.
Jolie récupération. HAL existe déjà depuis des années et est déjà reconnu internationalement. Quant à la "simplification de dépôt", je pense que des chercheurs bac+8 doivent déjà arriver à uploader un PDF sur une page web non ?

Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message

Rendre obligatoire la diffusion ouverte des données de recherche issues de programmes financés par appels à projets sur fonds publics ;
Complètement d'accord mais complètement irréalisable.

Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message

Créer la fonction d’administrateur des données et le réseau associé au sein des établissements ;
C'est sûr que ça va tout changer. Pour info, la plupart des établissements de recherche ont déjà des "services valorisation", qui sont déjà catastrophiques.

Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message

Créer les conditions et promouvoir l’adoption d’une politique de données ouvertes associées aux articles publiés par les chercheurs.
Et concrètement, ça veut dire quoi ? Mettre des données sur un site web, genre data.gouv.fr ?

Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message

Développer les compétences en matière de science ouverte notamment au sein des écoles doctorales ;
Les écoles doctorales ne servent à rien, hormis à rabacher "la recherche publique est bouchée, créez votre start-up après votre thèse. D'ailleurs ça tombe bien on a des formations qui correspondent."

Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message

Engager les opérateurs de la recherche à se doter d’une politique de science ouverte ;
Ca c'est au moins du vent force 8.

Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message

Contribuer activement à la structuration européenne au sein du European Open Science Cloud et par la participation à GO FAIR.
Là c'est carrément la tempête.

Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
Le Club Developpez propose actuellement plus de 14 000 livres, ...
C'est quoi le rapport avec la recherche scientifique publique ? Comme quoi, il n'y a pas que les politiques qui font de la récupération.
Avatar de La truite La truite - Futur Membre du Club https://www.developpez.com
le 06/07/2018 à 13:42
Il est grand temps d'arrêter de dilapider de l'argent publique chez des éditeurs qui n'ont pour seul intérêt que d'apporter de la notoriété au papier publié. En ce qui me concerne, le problème est cependant bien plus profond que le simple fait de mettre en libre accès ces publications scientifiques. Le système de publication en lui même est une aberration au 21ème siècle :
- il est obsolète
- inefficace en ce qui concerne la transmission du savoir
- il ne valorise pas la réplication des expériences
- il ne valorise pas la publication de résultats "négatifs"
- il donne trop d'importance aux auteurs et favorise l'ajout d'auteurs par simple copinage (j'ai déjà été co-auteur d'un article signé par pas moins de 21 personnes, alors que le travail a été effectué par pas plus de 5 personnes !)
- il est trop rigide pour s'adapter à l'évolution des connaissances (la recherche évolue, un papier publié il y a 10 ans ne bougera pas)

Bref, il est plus que temps d'évoluer...
Avatar de ddoumeche ddoumeche - Membre chevronné https://www.developpez.com
le 08/07/2018 à 11:03
Citation Envoyé par Grogro Voir le message
Un exemple d'étude bidon dans la presse aujourd'hui : https://www.20minutes.fr/sante/23018...-produits-luxe
Pourquoi dis-tu que c'est une étude bidon ?

Citation Envoyé par Grogro Voir le message
A mettre en parallèle avec : https://www.sudouest.fr/2018/07/05/l...06573-4696.php

On peut repenser à la fraude scientifique de l'étude de Seralini (financée par la grande distribution).
La "fraude" scientifique est plus présente dans la recherche universitaire car les financements des laboratoires dépendent aujourd'hui énormément du nombre de publications. Les chercheurs ont donc un peu plus tendance à privilégier les études plus courtes voir à prendre des biais méthodologiques.. voir à frauder.
Effet paradoxal de l'augmentation du nombre de chercheurs, on a déjà cité le cas l'inflation technologique dans le domaine aéronautique, de l'inflation de l'information conduisant à la désinformation générale, et voici le cas de l'inflation scientifique.

Ceci dit, 90% des études scientifiques ont toujours été fausses depuis le temps antiques, que ce soit le calcul de la rotondité de la terre par Colomb, la théorie de la génération spontanée de la vie, la constante cosmologique d'Einstein ou la fusion froide. Il n'en demeure pas moins que les chercheurs demeurent des personnes crédibles.

Dans le cas de Séralini, il est exagéré de parler de fraude, car si l'anses avait lu l'étude et noté des "faiblesses" méthodologiques (faible représentativité de l'échantillon, etc), elle avait aussi souligné l’intérêt de la recherche sur les effets à long terme des OGMs en général et recommandé une contre-expertise.
Les contre-études vont sortir, ont coûte 5 fois plus cher donc sans doute sur un échantillon plus important, et ne démontreraient pas de lien de causalité entre le maïs NK603 et le cancer chez ses rats de souche Sprague-Dawley.
On verra donc quand elle seront publiées à la fin de l'année.

Jusqu'à présent, les pays de l'UE ne font que des études sanitaires courtes sur la nocivité des aliments. Quand aux autres produits de grande consommation, n'en parlons même pas: plus de 25000 substances référencées sur le marché dont on ne connait pas toujours les effets sanitaires, 81 substances probablement carcinogènes mais toujours sur le marché.
Des sommes considérables sont dépensées dans certains secteurs pour créer des systèmes expert en toxicologie capable de prédire les dangerosités de nouvelles substances juste par leur formule chimique.

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