Marché des semiconducteurs : le rachat de NXP par Qualcomm se précise
La Chine serait désormais favorable à l'opération

Le , par Bill Fassinou

0PARTAGES

8  0 
Qualcomm, l'entreprise américaine des semiconducteurs avait annoncé depuis novembre 2016 son intention d'acheter NXP pour un montant de 47 milliards de dollars. Le gouvernement américain l'a approuvé en avril 2017 et tous les principaux organismes mondiaux de réglementation requis (9 au total) l'ont aussi approuvé, sauf la Chine. À cause des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, le ministère chinois du Commerce (MofCom) n'avait pas donné son accord pour cet achat. Steve Mollenkopf, PDG de Qualcomm a déclaré : « Je pense que ce serait une situation très inhabituelle pour le reste du monde d'approuver quelque chose que la Chine n'approuvera pas. C'est bénéfique pour la Chine d'obtenir cet accord, et vous savez que j'ai confiance que cela arrive ».

Des rumeurs selon lesquelles la Chine serait sur le point de donner son accord bientôt parviennent de Pékin selon « le Wall Street Journal ». Cette information a fait grimper de 4,01% le titre de NXP en bourse de New York et celui de Qualcomm de 1,44%. Récemment, MofCom a approuvé deux transactions majeures : la vente de TOSHIBA Corp. à une société américaine de capital-investissement pour 18 milliards de dollars et l'acquisition de Microchip pour 8,35 milliards de dollars. Son accord pour la fusion de Qualcomm et de NXP ne saurait alors tarder.


Rappelons que Trump a signé il y a quelques mois, un décret interdisant le rachat de Qualcomm par Broadcom évoquant des « preuves crédibles » d'une menace pour la sécurité nationale. Il craignait que cette fusion ne profite qu'à la société chinoise Huawei Technologies Co, car Broadcom, bien qu'étant une entreprise américaine se situe en Asie, au Singapour.

La Commission européenne avait aussi émis des réserves sur la fusion de ces deux géants du marché des puces. Elle avait même ouvert une enquête approfondie sur le projet d'acquisition de NXP par Qualcomm. Elle annonçait dans son communiqué qu'elle voulait surtout éviter que cette opération ne soit en défaveur des consommateurs. Car, cela pourrait avoir pour conséquence l’inflammation des prix en éliminant la concurrence sur le marché. L'objectif de cette enquête était aussi de s'assurer que cette fusion n’entrave pas l'innovation dans le domaine des semiconducteurs. Après l'enquête, la Commission a fini par donner son accord pour cette opération au début de l'année 2018.

La Chine a elle aussi examiné de près ce dossier de rachat et le ministère chinois du Commerce a déclaré à Qualcomm que cet examen a révélé « des problèmes difficiles à résoudre ». Suite à cela, Qualcomm a déclaré que les deux sociétés « à la demande du ministère du Commerce chinois ont retiré l'avis d'acquisition en ce qui concerne la fusion des deux entreprises ». Peut-être que la Chine se vengeait des USA à travers ce dossier, car depuis que l'administration Trump a défié le président Xi au sujet de l'excédent commercial de 400 milliards de dollars dont bénéficie la Chine par rapport aux États-Unis, les Chinois n'avaient plus avancé sur ce dossier. Qualcomm est une entreprise américaine et en a fait les frais dans son projet d'acquisition de NXP. Cependant, l'opération serait sur le point de connaître un dénouement.

Sources : Europa, Reuters, wccftech

Et vous ?

Quelles conséquences cette fusion de Qualcomm et de NXP pourrait avoir sur le marché des semiconducteurs ?
La Chine devrait-elle donner son accord ou maintenir sa position ?

Voir aussi

Bruxelles inflige une amende d'un milliard d'euros à Qualcomm pour abus de position dominante sur le marché des chipsets
Qualcomm rejette l'offre finale de 82 $ par action faite par Broadcom à l'issue de leur rencontre mais se dit ouverte à d'autres négociations
Broadcom devrait proposer 120 milliards de $ pour acquérir Qualcomm après que sa première offre de 100 milliards a été rejetée
Qualcomm lance ses processeurs ARM-v8 Centriq 2400 destinés aux datacenters jusqu'à 48 cœurs, cache L3 60 Mo et TDP 110 W
USA : Trump signe un décret interdisant le rachat de Qualcomm par Broadcom évoquant des « preuves crédibles » d'une menace pour la sécurité nationale

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-le nous !


 
Contacter le responsable de la rubrique Accueil

Partenaire : Hébergement Web