Qualcomm rejette l'offre finale de 82 $ par action faite par Broadcom à l'issue de leur rencontre
Mais se dit ouverte à d'autres négociations

Le , par Olivier Famien, Chroniqueur Actualités
Depuis le mois de novembre dernier, Broadcom a dévoilé ses intentions d’acquérir le fabricant de semi-conducteurs Qualcomm. Après plusieurs offres de Broadcom jugées inacceptables par Qualcomm, les deux fabricants de semi-conducteurs devaient se rencontrer pour la première fois ce mercredi 14 février pour accorder les violons sur ce qui semble être la plus grosse affaire du secteur technologique.

Comme il avait été convenu, les deux entreprises se sont rencontrées afin de statuer sur la proposition de Broadcom. Il faut rappeler que dès les premières heures de cette OPA, Broadcom avait fait une offre de 103 milliards de dollars (72 dollars par action) qui a été rejetée par Qualcomm. Pour contenter Qualcomm, Broadcom a fait nouvelle offre de 121 milliards de dollars équivalant à 82,00 USD par action (60 USD en espèces et 22 USD en actions Broadcom), mais le conseil d’administration de Qualcomm, qui a souhaité avoir plus de précisions sur cette offre, l’a à nouveau rejetée, estimant que cette offre sous-évalue considérablement son entreprise.

Les deux entreprises ont donc choisi mercredi dernier pour tenter de parvenir à un accord. Dans cette réunion qui a eu lieu, Broadcom a réitéré ses 82 dollars par action comme la meilleure offre finale qu’elle puisse faire. Mais encore une fois, le conseil d’administration a déclaré de manière unanime que cette proposition sous-évalue matériellement l’entreprise « ;et a un niveau de risque inacceptablement élevé, et n’est donc pas dans le meilleur intérêt des actionnaires de Qualcomm. ;» En somme, Broadcom devrait revoir sa copie au risque de ne pas pouvoir faire aboutir cette transaction.

En se basant sur la cotation en bourse de Qualcomm qui est d’environ 65,60 dollars par action, certaines personnes pourraient se dire que cette entreprise prend un risque en n’acceptant pas l’offre de Broadcom. Mais, avec les démarches menées par Qualcomm pour acquérir à hauteur de 38 milliards de dollars (environ 119 dollars par action) NXP, l’une des vingt plus grandes entreprises mondiales en termes de ventes dans le domaine des semi-conducteurs, cela donnerait encore de la valeur à Qualcomm. Et à ce sujet, Reuters rapporte que Broadcom aurait déclaré que son offre d’acquisition dépendait soit de l’achat de NXP par Qualcomm à des conditions actuellement divulguées de 110 $ par action en espèces, soit de la résiliation de la transaction. Broadcom souhaiterait donc que Qualcomm fasse une offre maximale de 110 dollars par action, ce qui est inférieur à ce que propose Qualcomm (environ 119 dollars par action) et également inférieur à ce qu’exigeraient certains actionnaires de NXP. À noter que pour ce qui concerne la fusion avec NXP, il ne reste plus que l’organe de régulation chinois MOFCOM dans le monde qui n’a pas encore approuvé l’accord Qualcomm-NXP.

Du côté de Broadcom, en dépit des obstacles flagrants qui se dressent sur sa route pour racheter Qualcomm, Broadcom basée à Singapour, aurait déclaré être prête à procéder à certains dessaisissements pour satisfaire les autorités de règlementation antitrusts, mais résistait encore aux « ;autres engagements qui pourraient être attendus ;» des organismes de régulation gouvernementaux, car ces derniers craindraient un trop grand monopole qui pourrait conduire à des abus de position dominante.

En outre, lors de la réunion entre ces deux fabricants de semi-conducteurs, Broadcom aurait accepté de se départir si nécessaire de son propre commerce de Wifi, au lieu de celui de Qualcomm, a indiqué une source proche des informations confidentielles de la réunion. Broadcom aurait souhaité également que Qualcomm inclue dans l’accord de fusion le fait qu’elle s’abstienne de poursuites judiciaires liées à l’octroi de licences pendant que l’accord est examiné par les régulateurs, selon la source, mais Qualcomm a opposé un refus pour cette proposition.

Pour apporter plus de garanties aux actionnaires de Qualcomm, Broadcom avait mis sur la table une indemnité de rupture de 8 milliards USD au cas où les autorités antitrusts bloqueraient la transaction. Mais au sortir de la dernière réunion, le PCA de Qualcomm a déclaré ceci : « ;Notre conseil est très conscient de la nécessité de protéger les actionnaires de Qualcomm contre les risques considérables d’accepter une transaction qui n’aboutit pas. Des frais de rupture dans la fourchette proposée par Broadcom ne sont pas près de compenser ces risques. ;» C’est donc à croire qu’en plus de rejeter l’offre d’acquisition faite par Broadcom, l’entreprise de San Diego remet également en cause l’indemnité proposée par Broadcom en cas de non-aboutissement de la transaction.

Enfin, Qualcomm affirme au terme des échanges avec Broadcom que « ;bien que la proposition actuelle de Broadcom soit inacceptable, notre conseil d’administration se concentre intensément sur la maximisation de la valeur pour les actionnaires de Qualcomm, que ce soit en exécutant sa stratégie de croissance ou en vendant la société. Notre conseil est ouvert à d’autres discussions avec Broadcom pour voir si une proposition qui reflète de manière appropriée la vraie valeur des actions Qualcomm, et assure un niveau approprié de certitude de transaction, peut être obtenue. ;»

Source : Reuters, Bloomberg,Lettre du PCA de Qualcomm

Et vous ?

Quels commentaires faites-vous du rejet de la proposition finale de Broadcom par Qualcomm ;?

Qualcomm a-t-elle raison d’agir ainsi ;? Ou manifeste-t-elle de l’avidité en demandant plus qu’elle ne vaut ;?

Voir aussi

Qualcomm rejette la nouvelle proposition d’acquisition de Broadcom qui « ;soulève plus de questions que de réponses. ;» telle que présentée
Qualcomm rejette l’offre de Broadcom qu’elle estime grandement sous-évaluée après un examen approfondi


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Avatar de Michael Guilloux Michael Guilloux - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 13/03/2018 à 10:36
USA : Trump signe un décret interdisant le rachat de Qualcomm par Broadcom
évoquant des « preuves crédibles » d’une menace pour la sécurité nationale

Mise à jour le 15/03/2018 : Broadcom renonce à son projet de rachat de Qualcomm après la décision de Trump

Broadcom a finalement décidé de renoncer à son projet de rachat de son concurrent Qualcomm, après que le président Donald Trump a signé un décret interdisant ce rachat et toute opération « substantiellement équivalente, qu'elle soit effectuée directement ou indirectement ». Le rejet à deux reprises de sa proposition par Qualcomm ne l'avait pourtant pas dissuadé de poursuivre ses efforts.

« Bien que nous soyons déçus de ce résultat, Broadcom se conformera à l'ordonnance [de Donald Trump] », a annoncé l'entreprise dans un communiqué. Le fabricant américain de semi-conducteurs basé à Singapour a également assuré qu'il poursuivra son processus de relocalisation aux États-Unis annoncé l'année dernière, et qui avait d'ailleurs été salué par le président américain.

Source : Communiqué de Broadcom
13/03/2018 : Dans une lettre publiée la semaine dernière, le CFIUS, le Comité des investissements étrangers aux États-Unis a demandé un examen du projet de rachat du fabricant américain de semi-conducteurs Qualcomm par son concurrent Broadcom, qui est également une société américaine, mais basée à Singapour. Il s’agit pourtant d’une procédure menée quand des investissements, en général étrangers, sont susceptibles d’avoir des implications en termes de sécurité nationale.

Dans la lettre datée du 5 mars, le CFIUS a déclaré qu'il étudiait la possibilité qu’après l’acquisition, Broadcom prive Qualcomm de fonds de recherche qui lui permettraient de faire face à la concurrence. D'après une source proche du CFIUS, l'armée américaine craint également que si l'accord est conclu, dans dix ans, « il n'y ait qu'un seul acteur dominant dans toutes ces technologies, Huawei, et qu'ensuite les opérateurs de télécommunications américains n'aient pas d'autre choix que d'acheter [les équipements] Huawei », alors que le gouvernement américain tente justement de bannir les équipements du constructeur chinois qu’il considère comme une menace à la sécurité nationale. Le CFIUS a également cité le risque d'une relation entre Broadcom et des « entités étrangères tierces ».


Dans un décret signé lundi, le président des États-Unis, Donald Trump, a interdit le projet de rachat de Qualcomm par Broadcom, pour les mêmes motifs de sécurité nationale. « Le rachat proposé de Qualcomm par l'acheteur (Broadcom) est interdit, et toute fusion, acquisition ou prise de contrôle substantiellement équivalente, qu'elle soit effectuée directement ou indirectement, est également interdite », a indiqué le décret présidentiel publié lundi. Le texte citait des « preuves crédibles » qui ont amené Donald Trump à croire qu'en prenant le contrôle de Qualcomm, Broadcom « pourrait prendre des mesures susceptibles de nuire à la sécurité nationale des États-Unis ».

Selon un responsable de la Maison-Blanche, ce décret se base sur le fait que les États-Unis pourraient perdre la première place dans la création de technologies et la définition de normes pour la prochaine génération de dispositifs de communications mobiles au profit de la Chine si Broadcom, basé à Singapour, fait l'acquisition de Qualcomm, basé à San Diego. Et d'après le CFIUS, « le passage à la domination chinoise [...] aurait des conséquences négatives sur la sécurité nationale des États-Unis. »

De son côté, Broadcom dit être en train d’examiner le décret présidentiel. « Broadcom est complètement en désaccord avec le fait que son projet d'acquisition de Qualcomm soulève des problèmes de sécurité nationale », a-t-il déclaré dans un communiqué en réponse à cette décision. Mais d'après Reuters, l'entreprise a très peu de chances de retourner la situation. La décision de Trump ne peut en effet faire l'objet d'un appel en justice. Et si Broadcom et Qualcomm peuvent contester la compétence du CFIUS devant les tribunaux, les entreprises ne peuvent pas contester les conclusions de la commission nationale interagence sur la sécurité nationale.

Source : Reuters

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Avatar de pierre-y pierre-y - Membre confirmé https://www.developpez.com
le 13/03/2018 à 11:43
Pour alstom par contre nous on n'y a vue que du feux.
Avatar de Cpt Anderson Cpt Anderson - Membre éprouvé https://www.developpez.com
le 13/03/2018 à 11:46
Au lieu de faire du sensationnalisme avec Trump, les médias de propagande français ferraient mieux de faire la une de leurs journaux avec cette news : elle veut tout simplement dire que les US font du protectionnisme intelligent quand ils en ont besoin pendant que nous, pauvres crétins à la remorque du mondialisme, vendons nos bijoux de familles à n'importe qui (aéroports, Alstom, etc) et nous délocalisons même la fabrication de nos armes ce qui est gravissime.
Avatar de - https://www.developpez.com
le 13/03/2018 à 12:41
La neutralité du Net...

La neutralité des HW...

Bien pensé le commentaire précédent.

Heureusement que communiquer est presque universelle pour certain...
Avatar de hotcryx hotcryx - Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
le 14/03/2018 à 11:08
Les américains se mettent dans la m* en continuant de pilonner la Syrie, à la barbe des Russes.
Voilà le gros problème de sécurité nationale.

Apocalypse 18.21:
"Alors un ange puissant prit une pierre semblable à une grande meule, et il la jeta dans la mer, en disant : Ainsi sera précipitée avec violence Babylone, la grande ville, et elle ne sera plus trouvée."
Avatar de coolspot coolspot - Membre confirmé https://www.developpez.com
le 14/03/2018 à 16:10
Citation Envoyé par pierre-y Voir le message
Pour alstom par contre nous on n'y a vue que du feux.
La différence entre un pays souverain et un autre qui ne l'est pas.

On ne sera jamais un pays souverain tant qu'on sera dans l'UE donc des alstom vont encore arrivé à l'avenir.

Et pis même si on écarte le problème de l'UE qui nous empêche d'être un Etat souverain et donc nous transforme en Etat esclave, il reste le problème en amont des élites qui n'ont aucun fondement de patriotisme et qui se foutent de vendre les bijoux de famille au plus offrant même si ca conduit à la ruine de la France.
Suffit de voir le récent article sur les professeur de l'ENA qui se plaignent du formatage idéologique totalement idiot et similaire de leur étudiant. Tu mettrais des robots à leur place ca serait la même chose et ca couterait moins cher. Ces étudiants n'ont aucune plus value à apporter à la nation.
Avatar de Zirak Zirak - Inactif https://www.developpez.com
le 14/03/2018 à 23:37
Citation Envoyé par coolspot Voir le message

Suffit de voir le récent article sur les professeur de l'ENA qui se plaignent du formatage idéologique totalement idiot et similaire de leur étudiant.
Ce qui est tout de même plutôt cocasse, ces étudiants étant formatés en bonne partie par les-dits professeurs.

Encore cela serait des professeurs externes à l'établissement qui exprimeraient ce genre de plainte à propos des enseignements de l'ENA, je pourrais comprendre, mais là...

Sinon je ne comprends pas non plus les propos de certains par rapport au protectionnisme et au fait d'être un état souverain ou non, quel rapport ?

Même si Broadcom a son ou ses usines basées à Singapour, cela reste une entreprise américaine (enfin c'est ce qui est dit dans la news non ?) qui a (ou va) ramener son siège social de nouveau aux USA, qu'on empêche le rachat pour empêcher un monopole, je comprends bien, mais pour faire du protectionnisme ou protéger la sécurité nationale ? Moi j'ai juste l'impression que Trump n'a même pas confiance en ses propres concitoyens et entreprises, c'est pas le meilleur moyen de make America great again.
Avatar de Ryu2000 Ryu2000 - Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
le 15/03/2018 à 9:39
Citation Envoyé par Zirak Voir le message
Ce qui est tout de même plutôt cocasse, ces étudiants étant formatés en bonne partie par les-dits professeurs.
Au moins ils ne font pas preuve de mauvaise foie et acceptent la réalité.
Ils pourraient dire "Nos élèves sont les meilleurs" et non, ils ont été franc, et ils ont dit "On leur fait passer des concours et ils ne réfléchissent pas par eux même et répètent tous la même chose".
La pensée unique à l'ENA ça ne date pas d'aujourd'hui...
Peut être que les professeurs ont joué un petit rôle dans le processus de formatage idéologique, mais il n'y a pas que ça.

Citation Envoyé par Zirak Voir le message
Même si Broadcom a son ou ses usines basées à Singapour, cela reste une entreprise américaine (enfin c'est ce qui est dit dans la news non ?) qui a (ou va) ramener son siège social de nouveau aux USA
Ouais ils déménagent à l'arrache en espérant que ça passe.
Broadcom Advances Headquarters Move From Singapore to U.S.
Broadcom Ltd., the Singapore-based chipmaker, said it expects to complete its move to the U.S. by April 3, two days before a shareholder vote at Qualcomm Inc., the target of its $117 billion hostile takeover bid.

The company originally planned to complete redomiciliation by May 6, but has sped up the process to try to avoid a review by the Committee on Foreign Investment in the U.S. of its offer for San Diego-based Qualcomm on national security concerns.
Les multinationales ne sont pas patriotique, elles s'en foutent des nations, elles peuvent bouger, elles n'ont aucune attache.
Donc même si Broadcom revient aux USA, elle pourrait repartir par la suite...

En France on vend tous à des étrangers...
Avatar de AoCannaille AoCannaille - Membre émérite https://www.developpez.com
le 15/03/2018 à 10:21
Citation Envoyé par pierre-y Voir le message
Pour alstom par contre nous on n'y a vue que du feux.
Pour Alstom, l'objectif recherché à été atteint. Ceux qui ont fait ça sont des traitres à la patrie mais pas des cons.
Avatar de Zirak Zirak - Inactif https://www.developpez.com
le 15/03/2018 à 10:29
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message

Ouais ils déménagent à l'arrache en espérant que ça passe.
Non ce n'est pas "à l'arrache", ils avancent juste la date pour avoir moins de contraintes dans leur tentative de rachat, mais le retour du siège social était déjà prévu depuis un moment et avait déjà été annoncé par Trump en novembre. Broadcom avait même annoncé que le rachat ne serait pas finalisé tant qu'ils n'auraient pas fait le déménagement.

Et que le siège social soit à Singapour ou aux USA, cela reste une entreprise américaine (sachant qu'en fait, elle a déjà 2 sièges, un à Singapour (depuis 2015) et un aux USA (depuis longtemps), et c'est juste celui de Singapour qui va revenir aux USA).

Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message

Les multinationales ne sont pas patriotique, elles s'en foutent des nations, elles peuvent bouger, elles n'ont aucune attache.
Les multinationales ne sont pas des êtres vivants, et donc n'ont pas de notion de patriotisme ou autres, cela dépend du patriotisme des dirigeants, et donc, cela peut varier d'une société à une autre.

Ton affirmation est donc erronée.
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