Broadcom serait prêt à débourser plus de 100 milliards de $ pour acquérir Qualcomm
En plein déboires juridiques avec Apple

Le , par Coriolan, Chroniqueur Actualités
Le géant américain des semi-conducteurs Broadcom explore la possibilité d’acquérir Qualcomm, cette opération si elle se concrétise va être la plus importante acquisition dans l’histoire des fabricants de circuits intégrés. Et pour cause, Broadcom qui pèse 107 milliards de dollars compte mettre sur la table plus de 100 milliards de dollars, un achat donc d'égal à égal puisque la valorisation boursière de Qualcomm est de 92 milliards de dollars.

Selon Bloomberg, la direction de Broadcom est en discussion avec ses conseillers pour envisager l'éventualité d'un accord avec Qualcomm. L’offre de 70 dollars par action va inclure une combinaison d'espèces et d'actions et sera probablement annoncée durant les prochains jours toujours selon les sources de Bloomberg. Les actionnaires ont vivement salué cette news et l’action de Qualcomm a connu une hausse de 19 %, sa hausse la plus importante depuis 2008.

Pour rappel, Qualcomm est en pleine crise à cause de son conflit légal avec Apple, qui a été depuis longtemps un client de Qualcomm et un important acheteur des modems sans fils qui permettent à l’iPhone de communiquer avec les réseaux de télécommunications. L’action de Qualcomm a baissé de 16 % cette année si on exclut la hausse d’hier survenue suite à l’annonce de la news de la potentielle acquisition. L’entreprise a aussi souffert une baisse drastique de 90 % de son profit durant le quatrième semestre, des résultats publiés au début de cette semaine. Qualcomm a informé que ses bénéfices ont été « négativement affectés par les actions entreprises par Apple et ses contrats de fabrication. »

Qualcomm face à cette crise se trouve dans une situation délicate. Le conflit judiciaire qui l’oppose à Apple pèse sur ses bénéfices et menace un business model qui a pendant des années fait de Qualcomm l’un des fabricants de puces les plus performants du marché.

Depuis des années, Apple et Qualcomm travaillent en bonne intelligence dans un contrat gagnant-gagnant. Apple utilise les technologies de Qualcomm comme les modems dans ses iPhone et Qualcomm, qui détient des brevets pour ces technologies, se fait payer des redevances par les entreprises intervenant dans la fabrication des iPhone pour qu’Apple puisse leur rembourser ces frais de licences payés. Mais cette bonne entente a pris une autre tournure depuis le mois de janvier.

En effet, depuis cette date la firme de Cupertino a traduit en justice Qualcomm, car elle estime que ce dernier utilise sa position dominante dans le secteur des semi-conducteurs pour lui faire payer un pourcentage jugé exorbitant sur le prix total des iPhone vendus peu importe si elle utilise les technologies de Qualcomm ou non. Ainsi, lorsqu’Apple a augmenté le prix de ses iPhone en fournissant une mémoire de stockage plus importante, le coût de licences dû à Qualcomm aurait également grimpé. Apple souhaiterait que ce montant soit fixé en fonction du prix des composants utilisés dans les téléphones et réduit à des dizaines de dollars.

Les brevets en question couvrent des fonctionnalités basiques des systèmes de téléphones mobiles. Quelques brevets ne sont pas directement liés aux puces de Qualcomm, mais plutôt à des technologies essentielles pour les smartphones comme la gestion d’énergie et les fonctionnalités d’écran comme la Force Touch. Qualcomm en poursuivant Apple estime que la firme a déformé la réalité et a menti aux régulateurs afin d’essayer injustement de pousser le fabricant de puces à baisser les royalties.

Par la suite, une série d’attaques en justice de part et d’autre se sont ensuivies, Qualcomm a essayé de suspendre la vente et l’assemblage de l’iPhone en Chine en saisissant la justice. Cependant, le fabricant de puces a été accusé par les autorités américaines et dans d’autres pays de pratiques anticoncurrentielles et a même écopé d’une amende de 654 millions d’euros à Taiwan pour abus de position dominante.

Broadcom qui est aussi un fournisseur de parts d’iPhone a informé cette semaine qu’il va relocaliser son siège présent actuellement à Singapour aux États-Unis, une décision applaudie par le président Donald Trump. Si jamais l’offre de l’entreprise est acceptée, Qualcomm va devenir une entité importante pour Broadcom qui a déjà des locaux en Californie. Si ce rachat se concrétise, personne ne sait encore ce qui va arriver à la bataille juridique qui oppose Apple à Qualcomm, mais des sources suggèrent que Broadcom opterait probablement pour un règlement à l’amiable afin d’éviter davantage de pertes.

Source : Bloomberg

Et vous ?

Quel sera selon vous l'impact de cette acquisition sur le marché des semiconducteurs ?
Pensez-vous que la concurrence va être mise à mal ?

Voir aussi :

L'ITC s'engage à investiguer sur les présumées violations de brevets de Qualcomm par l'iPhone 7 et rendra sa décision dans les plus brefs délais
Apple Vs Qualcomm : Intel entre officiellement dans la partie en se ralliant à Apple et assure que Qualcomm veut se débarrasser de la concurrence


Vous avez aimé cette actualité ? Alors partagez-la avec vos amis en cliquant sur les boutons ci-dessous :


 Poster une réponse

Avatar de chada2 chada2 - Membre à l'essai https://www.developpez.com
le 07/11/2017 à 23:06
C'est un monde de dingue avec des géants de l'internet et des géants de telecoms. Trump doit être aux anges avec des opa pareilles, ainsi que le Nasdaq et Wall Street !
Avatar de Stéphane le calme Stéphane le calme - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 13/11/2017 à 17:15
Qualcomm rejette l'offre de Broadcom qu'elle estime grandement sous-évaluée,
après un examen approfondi

Qualcomm s’est retrouvé en pleine crise, notamment à cause de son conflit légal avec Apple, qui a été depuis longtemps un client de Qualcomm et un important acheteur des modems sans fils qui permettent à l’iPhone de communiquer avec les réseaux de télécommunications. C’est dans ce contexte que l’entreprise a étudié la semaine dernière l’offre de fusion proposée par le spécialiste des semi-conducteurs Broadcom.

Une telle opération donnerait naissance à une entité encore plus importante qui serait le principal fournisseur de puces pour les quelque 1,5 milliard de smartphones qui devraient être vendus dans le monde cette année. Le montant proposé par Broadcom était de plus de 100 milliards de dollars. Broadcom a déclaré qu'il y avait des « avantages financiers convaincants » à un tel accord et que le portefeuille de Qualcomm et sa présence sur le marché mondial seraient complémentaires aux activités de Broadcom.

Cependant, Qualcomm semble rejeter l’idée d’une telle fusion. Dans un communiqué, Qualcomm a jugé l'offre de Broadcom grandement sous-évaluée et invoqué des incertitudes « significatives » en matière de conformité avec les règles en vigueur sur le plan de la concurrence.

« Le Conseil est unanime à penser que la proposition de Broadcom sous-estime significativement Qualcomm par rapport à la position de leader de la société dans la technologie mobile et nos perspectives de croissance future », a déclaré Paul Jacobs, président exécutif et président du conseil de Qualcomm Incorporated.

« Aucune entreprise n'est mieux positionnée dans le secteur des mobiles, de l'Internet des objets, de l'automobile, de l'informatique de pointe et de la mise en réseau au sein de l'industrie des semi-conducteurs. Nous sommes confiants dans notre capacité à créer de la valeur additionnelle significative pour nos actionnaires alors que nous continuons notre croissance dans ces segments attrayants et conduisons la transition vers la 5G », a déclaré Steve Mollenkopf, chef de la direction de Qualcomm Incorporated.

« Le conseil d'administration et la direction se concentrent singulièrement sur la création de valeur pour les actionnaires de Qualcomm. Après un examen approfondi, mené en consultation avec nos conseillers financiers et juridiques, le Conseil a conclu que la proposition de Broadcom sous-estime considérablement Qualcomm et présente une incertitude réglementaire importante. Nous sommes convaincus que la stratégie mise en œuvre par Steve et son équipe offre aux actionnaires de Qualcomm une valeur nettement supérieure à l'offre proposée », a déclaré Tom Horton, président de Qualcomm Incorporated.

L'offre de Broadcom survient au moment où Qualcomm tente de conclure l'acquisition du fabricant de puces pour automobiles NXP Semiconductors NXPI.O pour 38 milliards de dollars. Broadcom s'est dit prêt à racheter Qualcomm, quelle que soit l'issue du dossier NXP, en cours d'examen par les autorités de la concurrence. Il reste donc à voir comment l’entreprise compte réagir face à ce refus.

Notons que, de son côté, Broadcom attend le feu vert des autorités pour boucler le rachat de l’équipementier réseau Brocade Communications Systems pour un montant de 5,5 milliards de dollars

Source : Qualcomm
Contacter le responsable de la rubrique Accueil