La taxe robot rejetée par les eurodéputés est reprise par San Francisco :
Des impôts sur salaires et charges sociales pour l'utilisation de robots

Le , par Michael Guilloux, Chroniqueur Actualités
Les législateurs européens ont été parmi les premiers à discuter de l’application d’une taxe robot, dans le cadre d’un projet visant à mettre en place des règles de droit civil relatives à la robotique et l’intelligence artificielle (IA).

Il est en effet clair que la robotique et l’IA auront un impact social. En mai 2016, un rapport commandité par la Commission des affaires juridiques du Parlement européen a relevé que le développement de ces technologies pourrait avoir pour conséquence l’accomplissement par des robots d’une grande partie des tâches autrefois dévolues aux êtres humains. Et le fait de remplacer des travailleurs par des robots crée un manque à gagner pour les services de cotisation sociale, puisque l’employé mis au chômage ne sera plus en mesure de financer la sécurité sociale.

Il a donc été proposé au Parlement européen de faire payer des cotisations sociales aux robots et IA. Plus précisément, il fallait envisager l’application d’un impôt sur le travail réalisé par les robots afin de financer la reconversion des personnes dont les emplois ont été supprimés à cause de la robotisation. Cette idée a toutefois été écartée par les députés européens, en février dernier, dans la version finale du rapport. Mais elle vient d’être reprise par des officiels de San Francisco.

« Je pense que l'automatisation est une bonne chose », a déclaré Jane Kim, membre du Conseil des Superviseurs de San Francisco, dans une interview accordée au quotidien CNBC, « mais il y aura un inconvénient à ce progrès technologique et les travailleurs seront laissés derrière », dit-elle. Kim s'inquiète d'une « augmentation accrue de l'automatisation des emplois ». Et elle affirme qu'au-delà de l'industrie manufacturière, de nombreux emplois sont également menacés dans « le commerce de détail, le camionnage, les métiers de la comptabilité, même les courtiers en bourse ».

Pour essayer de lutter contre cela, Kim a créé le « Jobs of the Future Fund », un comité qui explore actuellement la mise en place d'un impôt sur les salaires qui sera appliqué aux robots qui effectuent des travaux à la place des humains. D'après Jane Kim, les entreprises devront verser dans un fonds dédié les mêmes montants d'impôts sur salaires et de charges de sécurité sociale qui seraient dus si le travailleur n'avait pas été remplacé par un robot. L'objectif dans un premier temps est d'aider à faciliter la formation et la réinsertion sociale des travailleurs victimes de l'automatisation. Mais ce fonds sera également investi « dans la création d'emplois bien payés dans les industries qui sont actuellement difficiles à automatiser, comme celle des travailleurs de la garde d'enfants qui est actuellement une profession de pauvreté », dit-elle.

Cette idée se base également sur une récente étude menée par deux économistes américains respectés dans leur domaine, pour le bureau national de recherche économique. L'étude indique en effet que l'automatisation réduit non seulement l'emploi, mais baisse encore les salaires.

Pour l'industrie de la robotique cependant, taxer les robots sera « une très grande erreur, non seulement pour la Californie, mais pour le pays. Les robots contribuent en fait à sauver et à créer des emplois en ce moment », a déclaré à Jeff Burnstein, président de l'Association for Advancing Automation, un groupe industriel qui représente plus de 1100 entreprises de la robotique et de la technologie.

Jeff Burnstein nie que les robots créent du chômage en soutenant cela par le fait que leurs données « sur plus de vingt ans montrent que lorsque les ventes de robots [industriels] augmentent, le chômage diminue ». Et d'ajouter que « notre véritable problème est que nous avons tant d'emplois vacants pour lesquels les gens n'ont pas les compétences nécessaires, dit-il.

Source : CNBC

Et vous ?

Que pensez-vous des arguments mis en avant par Jane Kim et Jeff Burnstein ?
De quel côté êtes-vous le plus proche en ce qui concerne l’automatisation et son impact sur l’emploi ?

Voir aussi :

USA : chaque nouveau robot supprime six emplois et réduit les salaires, d'après une étude du bureau national de recherche économique
Le Parlement européen adopte le rapport sur la robotique, en écartant les questions d'impôt sur le travail des robots et de revenu universel de base
Royaume-Uni : l'IA aurait créé 3,5 millions de nouveaux emplois mieux rémunérés en supprimant 800 000 emplois peu qualifiés, d'après une étude


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Avatar de Cincinnatus Cincinnatus - Membre confirmé https://www.developpez.com
le 09/10/2017 à 12:38
Citation Envoyé par Michael Guilloux Voir le message
Jeff Burnstein nie que les robots créent du chômage en soutenant cela par le fait que leurs données « sur plus de vingt ans montrent que lorsque les ventes de robots [industriels] augmentent, le chômage diminue ».
Et si c'était simplement parce qu'il s'agit de périodes de croissance économique ? La corrélation de l'augmentation de la robotique et de la baisse du chômage ne suffit pas à indiquer un lien de cause à effet. A moins que ce monsieur ait d'autre données à proposer.

D'ailleurs, il rejoint Jane Kim en indiquant la nécessité des formations pour de nouveaux types d'emplois. A priori les travailleurs écartés par les robots ne sont pas ceux qui profiteront des nouvelles carrières offertes par la robotique et son application à de nouvelles pratiques.
Avatar de SuperLow SuperLow - Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
le 09/10/2017 à 19:05
J'aurais une taxe sur ma calculette ? Elle est plus rapide que moi ...
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