Depuis le 22 octobre dernier, le gouvernement français a annoncé la sortie de l’application de contact tracing TousAntiCovid qui est venue remplacer StopCovid. Après un peu plus d’un mois de mise en service, TousAntiCovid bénéficie d’un taux d’adoption meilleur que son prédécesseur StopCovid. En effet, le week-end dernier, Jean Castex, le Premier ministre du gouvernement français a annoncé que TousAntiCovid avait dépassé le cap des 10 millions de téléchargements. Bien sûr, il s’agit de téléchargements de StopCovid et TousAntiCovid cumulés. Lorsque l’on regarde de plus près, StopCovid a enregistré environ 2,5 millions de téléchargements tandis qu’en un peu plus d’un mois après son entrée en scène, TousAntiCovid a obtenu environ 7,5 millions de téléchargements.En plus des améliorations apportées au niveau de l’ergonomie et du contenu, TousAnticovid a reçu une implication particulière de la part du gouvernement dans la promotion de l’application. En effet, le gouvernement français a envoyé un SMS à tous les Français afin de les encourager à télécharger et à activer TousAntiCovid. Si l’application TousAntiCovid donne déjà des résultats prometteurs après quelques semaines d’utilisation, quel est le bilan que l’on peut faire de son ancêtre StopCovid qui a fonctionné pendant plus de 5 mois et n’a récolté que 2,5 millions d’utilisateurs ?
Avant le déploiement de StopCovid, Cédric O, le Secrétaire d’État chargé de la transition numérique et des Communications électroniques déclarait que si l’application était adoptée par 56 % de la population, elle mettrait fin à l’épidémie. Cet objectif étant difficilement réalisable, Cédric O ajouta que « si on a 20 % ou 30 % des populations des grandes villes, c’est très bien. En termes de gain marginal, c’est non négligeable, c’est même très utile ». Mais après un peu moins de six mois d’utilisation, la réalité est tout autre. À peine 3,5 % de la population (2,5 millions d’utilisateurs) ont installé StopCovid, tandis qu’elle a enregistré 1 million de désinstallations et 300 000 réinstallations. Il est clair qu’avec de tels chiffres, il ne fallait vraiment pas s’attendre à grand-chose.
Pour certains, ce fiasco était prévisible. En effet, le 23 juin, c’est-à-dire trois semaines après la mise à la disposition du public de StopCovid, Cédric O a présenté les premiers chiffres de StopCovid qui s’avéraient décevants, selon certains sénateurs. Pour Loïc Hervé, sénateur français, les chiffres communiqués confirment les doutes exprimés dès le début sur l’opportunité même du déploiement d’une telle application de suivi des contacts :
[LIST][*]L’adoption par la population française reste minime (1,9 million de téléchargements seulement, auxquels il faut même retrancher 460 000 désinstallations), ce qui contraste fortement avec la situation en Allemagne (près de 7 millions de téléchargements le jour de son lancement pour l’application développée par les autorités sanitaires), pays pourtant moins touché que le nôtre par l’épidémie ;[*]l’utilité sanitaire concrète à ce jour semble bien négligeable ; seules 68 personnes ont fait une déclaration de test positif via l’application, et avec seulement 14 utilisateurs avertis d’un risque de contact avec une personne contaminée, « StopCovid » apparaît bien comme un rendez-vous manqué ;[*]réduisant encore son efficacité, le dispositif reste un des rares en Europe qui ne sera probablement pas interopérable avec les autres applications développées par nos partenaires européens, en raison du choix minoritaire d’une architecture technologique centralisée (selon les informations de la Commission européenne, seules la Hongrie, la Norvège et la Slovaquie auraient fait un choix comparable) ;...
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