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Le grand vainqueur de la confrontation entre Slack et Microsoft à propos de Teams en Europe pourrait être Google
Qui se prépare à les affronter sur ce terrain

Le , par Stéphane le calme

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27  0 
Il y a quelques jours, Slack a porté plainte contre Microsoft devant la Commission européenne pour pratiques anticoncurrentielles. Le service de messagerie reproche à Microsoft de profiter de sa position de force sur le segment professionnel pour imposer son service rival Teams et écraser toute concurrence. Il indique notamment que Microsoft a illégalement lié son produit Teams à sa suite de productivité Office dominante sur le marché, obligeant son installation auprès de millions d'utilisateurs, bloquant sa suppression et cachant le coût réel pour les entreprises clientes. Jonathan Prince, vice-président des communications et des politiques chez Slack, précise dans un communiqué que « Slack demande à la Commission européenne de prendre des mesures rapides pour garantir que Microsoft ne puisse pas continuer à exploiter illégalement sa puissance d'un marché à un autre en regroupant ou en liant des produits. »

Après examen de la plainte, l'Union européenne décidera d'ouvrir ou non une enquête sur les pratiques de Microsoft.

Mais le grand gagnant de cette guerre pourrait bien être Google

Après avoir soutenu pendant des mois que Microsoft Teams n'était pas un véritable concurrent de Slack et ressemblait davantage à Zoom, Slack a finalement admis ce qui était clair depuis le début : Microsoft Teams est un concurrent et Slack a du mal à rivaliser avec Microsoft. Ce n’est pas un aveu surprenant, mais si Slack a du mal à rivaliser avec Microsoft, il devra faire face à une concurrence encore plus sévère une fois que Google aura enfin pris ses marques. Après avoir cherché a faire populariser des applications de communication pendant des années, il y a des signes qui indiquent que Google est désormais prêt à affronter Slack, Microsoft Teams et Zoom.

La stratégie de Google au sein des entreprises a d'énormes implications sur la bataille antitrust que Slack voudrait engager contre Microsoft en Europe. Slack va devoir faire face à deux grandes entreprises technologiques qui profitent de la domination de leurs produits pour prendre une part importante du secteur des communications sur le lieu de travail. Si Slack parvient à convaincre l'UE de prendre des mesures contre l'offre groupée de Microsoft, elle est toujours confrontée à la menace imminente de Google qui regroupe ses propres applications et services de la même manière.

En fait, la plainte relative à la concurrence de Slack vise uniquement Microsoft et se concentre sur le fait que l'éditeur ait regroupé ses offres Teams et son abonnement Office 365 : « Ce que nous demandons, c'est que Teams soit séparé de la suite Office et vendu séparément avec un prix commercial équitable associé à celui-ci afin qu'il y ait une véritable concurrence sur le mérite avec notre produit », a expliqué David Schellhase, responsable juridique de Slack.

Microsoft a regroupé une variété d'applications de productivité avec sa suite Office pendant des décennies et a choisi d'ajouter Teams gratuitement aux clients d'Office 365 lors de son lancement en 2016. Cet ensemble, associé à une intégration étroite d'Office, a rendu difficile pour Slack de convaincre les entreprises qui paient déjà Office de payer un supplément pour obtenir Slack.


Mais Google semble prêt à reproduire cette stratégie avec G Suite, sa suite d'outils et de logiciels de productivité de type Cloud computing et de groupware destinée aux professionnels qu'il propose sous la forme d'un abonnement. G Suite, qui inclut des services comme Gmail, Drive, des outils comme Google Docs, Sheets, Form, Slides, ainsi que les services de communication comme Hangouts Chat et Meet (concurrents directs de Slack et de Microsoft Teams) a franchi le cap des deux milliards d'utilisateurs actifs par mois en mars 2020 (bien que le nombre d'utilisateurs payants a franchi le cap des six millions d'utilisateurs en avril 2020 et était de 5 millions en février 2019). Javier Soltero, patron de G Suite depuis octobre, a déclaré à ce moment que « changer la façon dont les gens travaillent est quelque chose pour lequel nous sommes particulièrement bien placés ».

Soltero est arrivé chez Google récemment après une carrière de quatre ans chez Microsoft, une société qu'il a rejointe à l'origine lorsque la grande enseigne a fait l'acquisition d'Acompli, qui est ensuite devenu Outlook pour iOS. Il a déjà démontré son expertise pour repérer les tendances et combler les lacunes avec des applications et des services suffisamment bons pour que Microsoft les acquière. S'il peut le répéter chez Google, alors Slack a un autre concurrent avec d'énormes dimensions prêt à regrouper et à tirer parti de ses applications de communication et de productivité populaires.

Google a déjà montré qu'il se rapprochait du terrain de Zoom, Microsoft Teams et Slack. Google a rendu Meet gratuit plus tôt cette année, son outil « premium » de vidéoconférence qui était réservé aux entreprises, pour tenter de contrer Zoom qui a gagné en popularité durant le confinement.


Concrètement, avec Google Meet, le grand public aura accès, sur ordinateur, iOS et Android, à :
  • la possibilité de faire un direct avec jusqu’à 100 000 téléspectateurs pour les clients G Suite
  • un affichage « mosaïque » qui permet de voir 16 personnes à la fois
  • la possibilité d’avoir jusqu’à 100 personnes par appel (250 pour les entreprises)
  • des sessions d’une durée illimitée pendant cette période (qui reviendront à leur limite de 60 minutes après le 30 septembre) ;
  • la possibilité de partager son écran pour faire une présentation
  • des sous-titres en temps réel grâce à l’intelligence artificielle
  • la possibilité d'intégrer des vidéos YouTube dans la discussion, afin de les regarder tous en même temps.

Google a également commencé à intégrer profondément l'application de vidéoconférence dans Gmail et Google Agenda. La prochaine étape vers une véritable concurrence entre Slack et Teams est le travail initial de Google pour intégrer Google Chat, Rooms et Meet dans Gmail. Cela n'arrivera que plus tard cette année, mais c'est clairement une grande priorité chez Google.

À ce propos, Soltero a expliqué :

« Les gens nous disent qu'ils se sentent surchargés avec trop d'informations et trop de tâches sur trop d'outils différents. Au lieu d'apprendre un autre outil, nous avons besoin que les outils que nous utilisons déjà soient encore plus utiles et travaillent ensemble, de manière intégrée et intuitive. C'est pourquoi aujourd'hui, nous introduisons un meilleur foyer pour le travail. G Suite rassemble désormais intelligemment les personnes, le contenu et les tâches dont vous avez besoin pour tirer le meilleur parti de votre temps. Nous intégrons des outils de base tels que la vidéo, le chat, le courrier électronique, les fichiers et les tâches, et les améliorons ensemble, afin que vous puissiez plus facilement rester au courant des choses, où que vous soyez ».


La menace tapie dans l'ombre ?

Si Google peut vraiment fournir une plateforme de communication plus cohérente qui fusionne les e-mails, les chats et les appels vidéo en une seule expérience, alors c'est une menace aussi grande pour Slack que pour Microsoft Teams.

Slack semblait hésitant quant à la menace imminente de Google et pourquoi il considère le fait que cette approche d'un groupement des outils Google est moins menaçante que l'approche de Microsoft. « Google et Microsoft sont différents », a déclaré Schellhase, répondant à une question sur les raisons pour lesquelles le travail de Microsoft avec Teams est différent de l'approche récente de Google. « Microsoft occupe une position dominante avec la suite de productivité Office et tous les logiciels auxiliaires. Il n’existe pas de loi contre la position dominante, mais il existe des lois sur la manière dont les entreprises qui détiennent une part de marché dominante doivent se comporter. Une chose qu’ils ne peuvent pas faire est de lier un nouveau produit indépendant au produit dominant qu’ils ont. »

Si nous nous penchons du côté des chiffres bruts entre la portée ou la domination de Google et de Microsoft, Office est utilisé par environ 1,2 milliard de personnes, et Google indique que G Suite est utilisé par 2 milliards de personnes. La principale différence entre ces chiffres est que la grande majorité des personnes qui utilisent Office l'utilisent dans le cadre d'une licence de travail ou d'un abonnement, alors que l'écrasante majorité de ce que Google appelle les utilisateurs de G Suite sont les quelque 1,5 milliard d'utilisateurs de Gmail qui ne le sont probablement pas. Tous n'utilisent pas le service pour le travail. Jusqu'à présent, Google ne s'est pas concentré à convertir ces utilisateurs de la version gratuite en clients d'entreprise. Cependant, lorsque l'entreprise le fera, elle pourrait devenir un acteur majeur plus ou moins rapidement.

Microsoft domine le lieu de travail avec Office, mais Google domine clairement l'utilisation des e-mails, de la recherche et des services comme YouTube par les consommateurs. Les services gratuits de Google sont également utilisés pour le travail. Cela est particulièrement vrai dans l'éducation, où G Suite et les Chromebooks continuent de prendre le contrôle des salles de classe aux États-Unis. La capacité de Google à regrouper et à intégrer Meet à Gmail devrait toujours être une source de préoccupation pour Slack, même si l'entreprise n'est pas prête à l'admettre ou à se battre pour le moment.


La réponse de Microsoft

On ne sait toujours pas si la Commission européenne va même enquêter officiellement sur la plainte de Slack. Nous aurons probablement des mois d'incertitude jusqu'à ce qu'une décision soit prise, et ce sont des mois clés à venir pour Microsoft, Google, Slack, Zoom et bien d'autres qui se battent pour la manière dont les entreprises et le milieu universitaire communiquent.

« Nous avons assisté à deux ans de transformation numérique en deux mois », a déclaré Satya Nadella, PDG de Microsoft, en avril. Les entreprises ont afflué vers des services comme Microsoft Teams et Zoom pendant la pandémie. Alors que Microsoft Teams a dépassé l'utilisation de Slack avec 13 millions d'utilisateurs quotidiens il y a un an, cela n'a pas été suffisant pour susciter une plainte auprès de l'UE. Il est clair que la transformation numérique que les entreprises sont obligées d'accélérer pendant cette pandémie en a poussé beaucoup plus vers Microsoft Teams au lieu de Slack.

L'utilisation de Microsoft Teams a grimpé en flèche de près de 40% en une semaine au début de la pandémie, passant de 32 millions à 44 millions. Ce changement ne s'est pas ralenti non plus, Microsoft révélant en avril que Teams compte désormais 75 millions d'utilisateurs actifs par jour. Slack a déclaré avoir battu des records d'utilisateurs en raison de la demande accrue de travail à distance, mais la société n'a déclaré que 12,5 millions d'utilisateurs simultanés de Slack jusqu'à présent. Ce nombre est également différent des 12 millions d'utilisateurs actifs quotidiens que Slack a déjà divulgués en octobre.

Microsoft a répondu à la plainte de Slack à l’UE et la société a profité de l’opportunité pour mettre en évidence un domaine qui lui semblait manquer : la vidéoconférence. Alors que Slack prend en charge la visioconférence, Microsoft déclare : « Nous avons créé Teams pour combiner la capacité de collaborer avec la possibilité de se connecter via la vidéo, car c'est ce que les gens veulent. Avec COVID-19, le marché a adopté Teams en nombre record tandis que Slack souffrait de son absence de visioconférence. Nous nous engageons à offrir aux clients non seulement le meilleur des nouvelles innovations, mais aussi une grande variété de choix dans la manière dont ils achètent et utilisent le produit. Nous sommes impatients de fournir des informations supplémentaires à la Commission européenne et de répondre à toutes leurs questions. »

Selon des observateurs, la visioconférence de Slack est bien inférieure à Teams, et ce serait la principale raison pour laquelle Slack s'est associé à Amazon pour passer à Chime pour les appels vocaux et vidéo, une annonce qui a été faite en juin 2020. Dans le cadre de cet accord, Slack va donc déplacer toutes ses fonctionnalités Slack Calls vers Amazon Chime. Cela permettrait aux utilisateurs de Chime de se connecter à tous les appels vocaux et vidéo à l'aide du service de communication d'AWS qui permet aux utilisateurs de se rencontrer, de discuter et de passer des appels professionnels.

AWS permettrait également à Slack avec son infrastructure cloud de prendre en charge les besoins de déploiement agile et de stimuler l'adoption de Slack. Cela améliorerait la portabilité des données de Slack dans divers pays et régions, et serait conforme aux directives de gouvernance des données dans ces régions. Au moment de cette annonce, Stewart Butterfield, PDG et co-fondateur de Slack a déclaré : « L'avenir des logiciels d'entreprise sera guidé par la combinaison de services cloud et d'outils de collaboration de flux de travail. »

Stewart a ajouté : « Un partenariat stratégique avec AWS permet aux deux entreprises de s'adapter à la demande et de proposer des offres de qualité professionnelle à nos clients. En intégrant les services AWS à la plateforme de messagerie basée sur les canaux de Slack, nous aidons les équipes à gérer facilement et de manière transparente leurs projets d'infrastructure cloud et à lancer des services cloud sans jamais quitter Slack. »

Les manquements de Slack en matière d'appels vidéo et de vidéoconférences fiables mettent en évidence l'une des principales différences entre Microsoft Teams et Slack. Microsoft a tiré parti de ses investissements dans Lync et Skype et les a intégrés dans Teams et chat, tandis que Slack a brillamment adapté l'IRC pour le lieu de travail.

Les différences entre Slack et Teams ont permis aux deux de se faire concurrence pour différents clients, d'autant plus que Microsoft s'adresse à la foule d'Office et Slack à une combinaison d'utilisateurs de G Suite, Zoom et d'autres outils. Cependant, Google occupe une place importante. L'intégration plus étroite de Google Meet dans Gmail touche à une faiblesse de Slack, et si Google est capable de produire un concurrent Slack convaincant, alors Slack sera confronté à des problèmes bien plus importants que Microsoft seul.

Source : deux milliards sur G Suite, six millions d'utilisateurs payants en avril 2020, communiqué de Microsoft, partenariat Slack et Amazon sur la vidéoconférence

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Avatar de MarieKisSlaJoue
Membre expert https://www.developpez.com
Le 27/07/2020 à 20:08
Citation Envoyé par ok.Idriss Voir le message
c'est pas qu'ils ont un produit qui est moins bon ou moins markété d'ailleurs, le problème qui est mis en évidence c'est qu'ils ne jouent pas avec les même dés au départ et c'est en ça que y-a un problème de concurrence déloyale potentiellement.
C'est là ou moi je ne suis pas d'accord, Slack a été bien moins bon en marketing si on compare à Teams. Microsoft a vraiment focalisé toutes sa force de vente, organiser des présentations de Use Case spécifique pour chaque secteur pour vendre Teams, il est normal que ça se ressente ensuite sur l'adoption.

Slack a plutôt l'air de surfer sur son côté cool, innovant et proche des IT au début, super pour introduire le produit, mais au moment où il faut vendre le produit a la DSI, vendre l'accompagnement au déploiement et au changement Slack ou eu l'air un peu absent...
6  0 
Avatar de Pierre Louis Chevalier
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 27/07/2020 à 17:31
A mon avis les arguments de Slack ne sont pas recevables, parce qu'il y a une concurrence : Libroffice, Google, Onlyoffice, etc et c'est tout à fait normal que les produits soient de plus en plus intégrés et interopérables.
Si cet argument était recevable la justice aurait interdit à Microsoft de rendre Excel, Word et Access interopérables et leur aurait interdit de vendre un pack Office avec le tout, et ça n'est pas arrivé. Il n'y a aucune raison que ça arrive à cause de l'intégration de nouveaux services, d'autant que les autres font de même, comme par exemple Google, ce qui est bien expliqué dans l'article ci dessus. D'ailleurs il y a un tas de startups qui proposent exactement les même services, ils sont juste moins connus que Microsoft, Slack et Google.

Je pense que Slack viens de faire une opération de communication totalement désastreuse : "On est pleine loose, et au lieu de se battre pour développer les services manquants, ou de les rendre plus interopérables, on va chouiner à la maîtresse, avec de la délation mensongère".

Ce genre de communication est un message fort pour les DI/DSI : "Fuyez Slack pauvres fous !"
4  0 
Avatar de titi1313
Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 27/07/2020 à 13:17
Beaucoup d'argument Anti-slack portent sur le fait que Teams n'est pas un mauvais produit. Mais ce n'est pas le sujet. La question à se poser est "Est ce que les gens utilisent Teams plutôt que Slack parce que c'est gratuit et intégré dans office365 ?" alors que Office 365 est dans une position dominante en entreprise.

De la même façon, contre Google, ce n'est pas que son produit Google Chrome (et les autres produits Google) était mauvais ou moins bon que ses concurrents (je pense que c'est un très bon navigateur internet) qui était reproché. Mais que les gens n'utilisent Google chrome sur Android que parce que il est installé par défaut quelque soit le modèle de téléphone sous Android que l'on achète (os qui est en position dominante sur les téléphones), C'est donc de la concurrence déloyale.
3  0 
Avatar de micka132
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 30/07/2020 à 9:33
Et mattermost dans tout ça ? https://mattermost.org/

Perso j'ai jamais utilisé Teams, mais il ne me semble pas jouer dans la même cour, justement par son intégration dans tout l’écosystème Microsoft.

Slack, c'est pour moi juste une version améliorée d'IRC ...
2  0 
Avatar de ok.Idriss
Rédacteur https://www.developpez.com
Le 30/07/2020 à 16:07
Citation Envoyé par micka132 Voir le message
Et mattermost dans tout ça ? https://mattermost.org/
Si tu va par la il y en a d'autres : zulip, discord, et probablement d'autres encore. Mattermost et Zulip ont l'avantage d'être OpenSource et self-hostable. Après il leur manque les confs call de mémoire par rapport à Slack, Teams et Discord.

Ils sont tous d'un bon niveau pour moi.
2  0 
Avatar de MarieKisSlaJoue
Membre expert https://www.developpez.com
Le 27/07/2020 à 13:44
Citation Envoyé par titi1313 Voir le message
Beaucoup d'argument Anti-slack portent sur le fait que Teams n'est pas un mauvais produit. Mais ce n'est pas le sujet. La question à se poser est "Est ce que les gens utilisent Teams plutôt que Slack parce que c'est gratuit et intégré dans office365 ?" alors que Office 365 est dans une position dominante en entreprise.

De la même façon, contre Google, ce n'est pas que son produit Google Chrome (et les autres produits Google) était mauvais ou moins bon que ses concurrents (je pense que c'est un très bon navigateur internet) qui était reproché. Mais que les gens n'utilisent Google chrome sur Android que parce que il est installé par défaut quelque soit le modèle de téléphone sous Android que l'on achète (os qui est en position dominante sur les téléphones), C'est donc de la concurrence déloyale.
Mais comment toi, moi, nous qui ne somme pas un commission d'enquete peut-on repondre cette question ?

Comment faire un offre Teams a part si il ne fonctionne qu'avec les principaux service Office 365 ?

A quoi ca sert d'etre sur un offre Cloud si quand un produit s'arrete (Skype Online) puis est remplacé par un autre (Teams) si il ne sont pas dans la meme offre cloud ?
2  1 
Avatar de ok.Idriss
Rédacteur https://www.developpez.com
Le 27/07/2020 à 16:50
Citation Envoyé par MarieKisSlaJoue Voir le message
Mais comment toi, moi, nous qui ne somme pas un commission d'enquete peut-on repondre cette question ?
Comment faire un offre Teams a part si il ne fonctionne qu'avec les principaux service Office 365 ?
C'est pas nous qui allons trancher certes, en revanche on a le droit de trouver que cette injonction est fondée et répondre à ceux qui disent que "Slack sont pas fair-play, ils font ouin ouin au lieu d'innover ou d'offrir un meilleur produit", ce qui me fait bondir car vraiment je pense que Slack fait tout pour offrir un super produit et que justement le problème c'est pas qu'ils ont un produit qui est moins bon ou moins markété d'ailleurs, le problème qui est mis en évidence c'est qu'ils ne jouent pas avec les même dés au départ et c'est en ça que y-a un problème de concurrence déloyale potentiellement.

Après oui on attend la réponse de la justice compétente et personnellement j'entends aussi les arguments qui disent que Teams, de bonne fois, fait sens en tant qu'évolution d'un produit (Skype enterprise) dans une offre existante. La frontière est assez floue mais bon tout ce que je dit personnellement c'est qu'il est normal que Slack réagisse de cette façon, ses arguments sont recevables et donc ils doivent être entendus en commission et il est mal venue de faire du Slack bashing sous couvert de "mauvais compétiteur qui sait pas s'adapter à la demande du marché" ce qui est complètement faux. Il y en a d'autres qui pleurent et attendent des aides publiques pour faire évoluer leur service alors que les GAFAM fournissent mieux et moins cher (en profitant pour certaines d'injustices fiscales cependant) mais la je suis le premier à taper sur ces structures qui ne veulent pas se remettre en question non plus. Je pense que Slack est loin d'être dans ce mindset.

Il existe quand même un problème des regroupement des offres multi-produits ceci-dit et même si la réponse est pas évidente, on peut pas indéfiniment fermer les yeux sur ce problème. On continue comme ça et c'est clair qu'à la fin il ne reste que des monopoles/peu d'acteurs et qui dit peu de concurrence dit réponse de moins bonne qualité à la demande à la fin ? On démantèle ces gros groupes mais c'est pas non plus tip top en terme d'évolution/innovation de ce qu'on propose à la demande ? Perso j'ai pas encore ma réponse non plus. Obliger les produits et proposer des intégrations entre eux (opensource toussa) ? A creuser ^^
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Avatar de ok.Idriss
Rédacteur https://www.developpez.com
Le 28/07/2020 à 7:40
Je vous rejoins sur le fait qu'ils ont peut-être moins bien vendu aux DSI le produit que Microsoft.

Je ne vous rejoins pas en revanche sur l'aspect "manque d'interopérabilité" et "services manquants" (la ou ils excellent justement sans mauvais jeux de mots), ils ont même, en plus de leur API qui est la largement la plus fournie, des extensions pour office365 et google doc/drive par exemple. Pour les "services manquants" justement ils ne se sont pas mis à concurrencer des marchés déjà pris, en revanche ils ont tout fait pour que leur solution soit la plus intégrées possibles à tout les eco-systèmes possibles (opensource, microsoft, google, etc).

Pour ce qui est de la concurrence à Office365, il y a comme seul concurrent dans les entreprises Google Gsuit qui, je pense, n'arrive pas à se vendre, o365 est en situation de quasi-monopole. Pour l'instant l'antitrust U.S. ne s'est pas encore publiquement penché sur leur cas, faut dire qu'ils auraient effectivement beaucoup de retard à rattraper dans toutes les GAFAM mais c'est pas exclut que dans les prochaines années on assiste à des démantèlement, certains semblent être déjà en cours d'étude (notamment séparer whatsapp de instagram de facebook par exemple). Et si ça arrive, ils injecterons peut être de l'argent dans Slack comme ils avaient fait dans Apple autrefois ...

Pour ma part je pondère simplement sur le fait que y-a quand même un problème d'égalité des chances à la base et que donc c'est compliqué de leur reprocher ce recours, sans dire que c'est la bonne stratégie non plus et encore une fois je vous rejoins sur le défaut de capacité de vente auprès des DSI fr (jamais entendu parler de commerciaux de Slacks qui se rendent sur place pour faire des démo comme on le vois avec des startups vendor tel que ElasticStack par exemple).

Quant à la communication désastreuse, on verra, si j'en juge par ce fil, effectivement la majorité semble dire que ça n'est pas la bonne approche
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Avatar de ok.Idriss
Rédacteur https://www.developpez.com
Le 03/08/2020 à 17:06
Citation Envoyé par Mingolito Voir le message
Si c'est pas Team qui va détruire slack ça sera discord ou autres, Slack c'est juste has been.
Je sais pas si t'as vu du discord autre part que chez les gamers mais pour mon cas non.

Mes 3 derniers clients en cours (et ce sont pas des petits) utilisent Slack :

  • L'un d'entre eux est un grand compte publique donc office365 avec déploiement de Teams qui va probablement prendre la place des Slacks utilisés au sein des projets comme déjà mentionné dans mes précédents messages ;
  • Les deux autres sont sur Google gsuit et donc on utilise surtout Google meet (parfois Zoom mais de moins en moins au profil de Google meet) aussi bien avec ces clients qu'en interne et Slack pour le chat mais surtout pour la supervision, suivi de production, monitoring, alerting temps-réel (en ce greffant sur des ELK via ElastAlert et avec des bots déployés sur nos clouds qui utilisent les webhooks/api rest de Slack) mais aussi l'activation de comptes sur la suite atlassian (quand même assez présente dans les orga qui font de l'IT pour ne pas dire largement majoritaire) et le partage de tickets jira/docs/repos bitbucket, le partage de documents sur google drive avec pilotage via Slack des autorisations, etc.
  • Ma propre entreprise gère tout de la même façon (gsuit, slack, etc) pour les projets internes


Zulip et mattermost ont déjà évoqué en benchmark en remplacement de Slack (pour les raisons suivantes : opensource et on premise donc plus de confiance car déployé sur nos infras et pas à l'extérieur, pas de quota et API aussi exploitable que Slack pour faire des bots dessus).

Mais discord jamais, même s'il a potentiellement les capacités d'adresser des besoins communément rendus par Slack & cie, il ne s'adresse pas du tout à ce marché je pense. Je veux bien aussi entendre que Slack est "juste has been" vis à vis de discord (que dire de Teams dans ce cas ^^ ) mais faudrait un peu plus argumenter. Et si c'est pour des fonctionnalités qui s'adressent surtout aux gamers d'un point de vue UX/UI, c'est un peu hors sujet . Par exemple j'ai pas tenu compte de l'intégration native de Giphy dans Slack par rapport à Teams comme avantage notable car c’est clairement pas un besoin pour lequel on cherche une solution dans un grand groupe. Pour l'instant je pense que c'est loin d'être discord qui tuera Slack, Teams j'y crois un peu plus mais pas en raison de sa capacité de fournir des features qui adressent mieux les besoins du marché des entreprises que Slack, mais plus en raison du positionnement déjà fort de office365 qui simplifie la facture et le déploiement inter-entités dans les grosses structures (+ potentiellement la force de vente qui est meilleure chez Microsoft que les autres).
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Avatar de Steinvikel
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 03/08/2020 à 12:09
...à ceci près que Mattermost est sous licence Apache 2.0 et MIT (client/server), zulip sous Apache 2.0, tandis que Discord est une solution propriétaire.
S'appuyer sur des solutions libres en entreprise n'est pas un choix anodin sur le long terme.

Il y a beau avoir des alternatives /concurrents, les fonctionnalités de chacun sont très différentes. Certains permettent une forte administration des cannaux de communication, d'autres non mais permettent le partage d'écran, certains permettent de mettre ce partage en pause pour taper ses mots de passe ou lire un mail confidentiel, etc. ...des différentiations assez marqués.
En général, les géant se ressemblent beaucoup, alors que les plus petits acteurs peinent à intégrer toutes les fonctionnalités à la fois utiles et qui les démarqueraient ...la faute à leur porte-feuille de "non-géant" je suppose.
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