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Les internautes chinois arrêtés pour avoir conservé sur GitHub des données pour la recherche sur le coronavirus,
Et des archives fermées au public en raison de la "situation" en Chine

Le , par Stan Adkens

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La Chine a fait l'objet de critiques concernant sa gestion de l'épidémie, notamment en punissant les dénonciateurs qui ont tenté de mettre en garde contre le nouveau virus. Un groupe de trois volontaires, qui ont travaillé pour empêcher que les enregistrements numériques de l'épidémie de coronavirus soient effacés par la censure, sont maintenant la cible d'une répression, a rapporté le site Web Quartz. Cai Wei, un Chinois basé à Pékin, et sa petite amie surnommée Tang, qui ont contribué à un projet d’archive sur la plateforme de développement de logiciels GitHub, ont disparu le 19 avril et seraient détenus par la police.

Selon Quartz, le couple a été accusé de « chercher des querelles et de provoquer des troubles », une accusation couramment utilisée contre les dissidents en Chine, selon Chen Kun, le frère de Chen Mei, un autre volontaire impliqué dans le projet. Chen Mei est également porté disparu depuis ce même jour. Le 24 avril, les familles du couple ont reçu un avis de la police du district de Chaoyang, Pékin, qui les a informées de l'accusation, et a déclaré que les deux ont été placés sous « surveillance résidentielle dans un lieu désigné ». Il n'y a toujours pas d'informations sur Chen Mei, a dit son frère.


Le projet mené par des bénévoles, nommé Terminus2049, a permis de préserver des articles qui avaient été bloqués ou retirés des organes d'information et des médias sociaux du continent par la censure agressive de la Chine en ligne. Mais selon Quartz, il n'est pas clair si l'arrestation du couple et la disparition de Chen sont directement liées à leur projet GitHub. Quartz n’a pas pu joindre la police pour faire des commentaires.

Le projet Terminus2049 préserve depuis janvier 2018 les nouvelles, les vidéos et les articles censurés à partir de leur partage sur des applications de messagerie comme WeChat par des personnes. L'objectif du projet était d' « encourager le public à résister au "404" », en référence au message d'erreur affiché lorsqu'une page Web a été supprimée ou interdite par les autorités, a rapporté Quartz en citant un article en chinois qui date de 2018 sur Terminus2049.

Selon Straits Times, un journal de Singapour, Chen Kun a déclaré qu'il attend toujours la confirmation officielle de la police de Chaoyang que son jeune frère, âgé de 26 ans, a été arrêté. « Je comprends que Cai et Tang ont disparu à peu près au même moment que Chen Mei », a déclaré Chen à l'AFP, selon le quotidien. « Étant donné que Chen et Cai étaient tous deux des contributeurs au projet Terminus2049, nous soupçonnons que leur disparition était liée et en rapport avec le projet ».

Pendant l'épidémie, le projet s'est concentré sur le stockage d'articles liés au coronavirus. Le projet en ligne comprenait de nombreuses histoires sensibles sur le coronavirus publiées ces derniers mois, telles que des récits personnels de citoyens de Wuhan et une tristement célèbre interview du médecin Ai Fen de l'hôpital central de Wuhan, l'un des premiers à avoir dénoncé le virus, mais qui a ensuite été réprimandée. L'article, publié pour la première fois en mars, a été retiré quelques heures après sa publication. Mais le retrait de l’article a provoqué une large diffusion par les net-citoyens chinois dans plusieurs langages et formats pour échapper à la censure définitive après son retrait brutal d'Internet.

Selon Quartz, Terminus2049 a également conservé une critique très forte (en chinois) adressée au dirigeant chinois Xi Jinping, rédigée par le professeur Xu Zhangrun. Dans son essai, M. Xu s'en prenait aux contrôles sociaux et à la censure de Pékin. Il aurait ensuite été placé en résidence surveillée et son compte a été suspendu sur WeChat, d’après Quartz.

GitHub utilisé comme dernier recours contre la censure de l'Internet pour garder les souvenirs sur le coronavirus

Alors que la Chine tente de contrôler le récit national entourant les premiers mois chaotiques de l'épidémie, les citoyens chinois se sont tournés vers GitHub, propriété de Microsoft, après le début de l'épidémie, et des initiatives similaires à celle de Cai Wei et des autres contributeurs, financées par la foule, ont fleuri sur la plateforme. Selon Straits Times, GitHub est utilisé par un nombre croissant de Chinois comme une dernière frontière contre la censure toujours plus stricte d'Internet. Le site Web américain reste accessible en Chine bien que la page Terminus2049 soit bloquée, d’après le journal.

Mais pendant qu’ils s’efforcent pour conserver les souvenirs numériques de la pandémie, les volontaires chinois liés à ces pages GitHub sont confrontés au risque croissant de représailles de la part des autorités. Selon Quartz, une autre page archive de coronavirus sur GitHub, #2020 nCov memory, qui a été lancée par sept volontaires du monde entier pour faire la chronique des récits personnels et des nouvelles de l'épidémie, n'est plus accessible au public. L'équipe derrière la page a déclaré dans un e-mail envoyé à Quartz qu'elle suspendait le fonctionnement de la page et la collecte des soumissions en raison de la « situation » en Chine, et qu'elle espérait voir « du soleil demain ».

« Quelles querelles se sont produites et quels troubles ont-ils provoqués ? Montrez-moi des preuves légales », a déclaré Guo Yuhua, professeur de sociologie à l'Université de Tsinghua à Pékin, sur Twitter dimanche, en référence aux accusations de Cai et Tang. Mais le tweet n’est également plus disponible.

Les volontaires du GitHub ne sont pas les seuls confrontés aux représailles des autorités. Trois journalistes ont également disparu depuis février alors qu'ils effectuaient un reportage à Wuhan, la ville où l'épidémie a été découverte pour la première fois, d’après un article de Quartz publié en février. Parmi les journalistes, seul Li Zehua, un ancien employé de la chaîne publique, a récemment refait surface et a déclaré dans une vidéo qu'il avait été détenu et mis en quarantaine par la police pour "trouble à l'ordre public", d’après un article du Guardian.

Mais Zehua a également loué les actions de la police : « Pendant tout ce temps, la police a agi de manière civile et légale, en s'assurant que j'avais du repos et de la nourriture. Ils se sont vraiment souciés de moi », a-t-il dit, selon le Guardian. Par contre, le lieu où se trouvent les autres journalistes citoyens Chen Qiushi et Fan Bin reste inconnu.

Amnesty International a rapporté dans un article en mars que pour échapper au système de censure d’Internet le plus étendu au monde, les citoyens connectés de la Chine n’ont eu d’autre choix que de créer leur propre vocabulaire pour discuter des "questions sensibles". Mais ce langage devait évoluer constamment parce que Pékin veille au grain en mettant régulièrement à jour sa liste de sujets et termes qui sont localement interdits sur les réseaux sociaux. Par ailleurs, une loi conçue pour « créer un écosystème en ligne positif » et « préserver la sécurité nationale et l'intérêt public », selon un document du gouvernement, a été promulguée en fin février. Cette loi oblige les gens à ne publier uniquement que du contenu « positif » sur le pays sur Internet.

Source : Quartz

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