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Huawei serait-il en train de prendre l'avantage sur le bras de fer l'opposant aux États-Unis ?
Les Américains ne parviennent pas à pousser la Grande-Bretagne et l'Allemagne à bannir l'entreprise

Le , par Stéphane le calme

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La campagne mondiale des États-Unis pour empêcher ses alliés les plus proches d'utiliser Huawei, la grande enseigne chinoise des télécommunications, dans le déploiement de la prochaine génération de réseaux sans fil semble ne pas porter ses fruits ; les dirigeants des nations alliées révoquent l'argument des États-Unis selon lequel l'entreprise représente une menace à leur sécurité.

Une situation qui a conduit les responsables américains qui, jusqu’à lors, étaient restés plutôt vagues et maintenaient le secret sur les éventuelles preuves susceptibles de confirmer les soupçons qui pèsent sur Huawei en matière d’espionnage technologique, à affirmer détenir des preuves que Huawei installe et entretient des portes dérobées dans les réseaux de télécommunications du monde entier où l’entreprise a pu gagner des marchés, à commencer par les équipements 4G vendus en 2009. Washington a été contraint de partager ces éléments de preuve avec le Royaume-Uni et l'Allemagne.

La Grande-Bretagne a déjà qualifié de bluff les décisions de l'administration Trump, pariant que les responsables reculeraient devant leur menace de cesser de partager des informations avec tout pays utilisant des équipements Huawei dans son réseau. Elle a décidé de ne pas céder à la pression américaine.

L'Allemagne lui a emboîté le pas, malgré un flot alterné de promesses et de menaces du secrétaire d'État Mike Pompeo, du secrétaire à la Défense Mark T. Esper et d'autres responsables américains lors d'une conférence mondiale sur la sécurité à Munich le week-end dernier.

Dans des discours publics et des conversations privées, Pompeo et Esper ont continué à rappeler les dangers de laisser une entreprise chinoise dans des réseaux qui contrôlent les communications critiques, disant que cela donnerait au gouvernement chinois la capacité d'espionner (ou, en temps de conflit, de couper) ces réseaux. Les risques pour la sécurité sont si graves, ont-ils averti, que les États-Unis ne pourraient plus partager de renseignements avec aucun pays dont le réseau utilise Huawei.

« Si les pays choisissent d'emprunter la voie Huawei », a déclaré Esper aux journalistes samedi, « cela pourrait bien mettre en péril tout le partage d'informations et le partage de renseignements dont nous avons parlé, et cela pourrait saper l'alliance, ou du moins notre relation avec ce pays ».


Une méthode qui s’essouffle

Pourtant, les responsables sentent que leur rythme continu d'avertissements perd de son efficacité en Europe, de sorte que l'administration modifie son approche. Les États-Unis visent maintenant à paralyser Huawei en étouffant son accès à la technologie américaine dont ils ont besoin et en essayant de concocter une alternative américano-européenne viable pour la concurrencer.

À en croire les récentes informations rapportées par le quotidien londonien Financial Times, l’administration Trump pourrait envisager de subventionner (à travers des crédits) les concurrents de Huawei, à savoir le suédois Ericsson et le finlandais Nokia (qui a avalé le franco-américain Alcatel-Lucent) pour les rendre plus attractifs auprès des opérateurs télécom. Selon les analyses du journal, ce geste revient à admettre que Huawei est clairement le moins cher. Cela pourrait aussi signifier que malgré la position actuelle délicate de Huawei, bon nombre d’opérateurs télécom dans le monde ont tout de même du mal à le concurrencer.

Selon le Financial Times, Washington serait prêt à délivrer des crédits à Ericsson et Nokia pour leur permettre de mieux résister au géant chinois. Parallèlement, les États-Unis tentent de convaincre des sociétés américaines de se lancer sur le marché des équipements 5G. Le Financial Times a expliqué que l'objectif de Washington est de permettre à ces entreprises de s'aligner commercialement avec Huawei qui propose des conditions de financement généreuses (grâce au soutien des banques de Pékin) à ses clients et des délais de paiement plus longs.

Le combat contre Huawei n'est qu'une partie d'une plus grande bataille américano-chinoise, alors que Washington essaie de contenir l'influence et le pouvoir de Pékin et de s'assurer que la deuxième économie mondiale ne domine pas les industries avancées qui pourraient lui donner un avantage économique et militaire. Cela inclut les réseaux de télécommunications de nouvelle génération que Huawei construit, connus sous le nom de 5G. Ces réseaux ultrarapides contrôleront les communications, les infrastructures critiques et, ce qui est le plus inquiétant pour les responsables américains, les appareils « Internet des objets » qui contrôlent déjà les usines, les véhicules autonomes et les opérations quotidiennes des bases militaires.

Les États-Unis tentent également de limiter plus largement l'accès de la Chine aux technologies américaines et envisagent de restreindre les ventes de micropuces, d'intelligence artificielle, de robotique et de certains types de logiciels avancés, ainsi que d'empêcher les entreprises technologiques de s'associer (ou même de faire de la recherche) avec les entreprises chinoises.


Une action en justice

La semaine dernière, des procureurs américains ont accusé l’entreprise Huawei d’avoir volé des secrets commerciaux pour soustraire des technologies clés à d’autres entreprises et chercheurs aux États-Unis et renvoyer ces informations en Chine. Les procureurs affirment que Huawei a même mis en place un système de primes pour les employés qui pourraient voler la meilleure technologie et a aidé l’Iran à traquer des manifestants. Le nouvel acte d’accusation qui remplace celui qui a été rendu public l’année passée et déposé devant la Cour fédérale de Brooklyn, à New York.

En tout, la société Huawei est poursuivie par le gouvernement américain pour 16 chefs d’accusation. Une panoplie de techniques aurait permis à la firme de Shenzhen de réduire ses coûts en matière de R/D et de prendre un avantage non négligeable sur ses concurrents. On peut voir dans le dossier d’accusation que le géant Huawei et certaines de ses filiales sont poursuivis pour conspiration, violation d’une loi sur le racket utilisée en général pour lutter contre le crime organisé, vol des secrets commerciaux dans six entreprises américaines, mais aussi pour fraude et blanchiment d’argent.

Le dossier d'accusation contient en outre de nouvelles allégations concernant l’implication de l’entreprise dans des pays faisant l’objet de sanctions (Iran et la Corée du Nord notamment) établies par les USA et affirme, entre autres, qu'elle a installé en Iran du matériel de surveillance qui a été utilisé pour surveiller, identifier et séquestrer des manifestants lors des manifestations antigouvernementales de 2009 à Téhéran.

Les nouvelles allégations de vol de secrets commerciaux proférées par l'Oncle Sam concernent le détournement (par des moyens physiques ou autres) de la technologie liée aux antennes cellulaires, de la technologie robotique, du code source et des manuels d’utilisation de routeurs. Huawei est aussi accusé d’avoir élaboré un programme récompensant les employés-informateurs ayant détourné et transmis le plus de données confidentielles sur ses concurrents, de recruter des employés d’autres entreprises, de faire des efforts pour obtenir la propriété intellectuelle de ces entreprises et d’utiliser des professeurs d’instituts de recherche et divers autres moyens pour s’approprier des technologies protégées par le droit d’auteur.

Les nouvelles accusations ont été ajoutées à un ensemble plus large déposé en 2019 qui accusait la société et son directeur financier, Meng Wanzhou, de fraude et d'évasion de sanctions. Dans le cadre de cette affaire, l'administration Trump a fait pression sur le Canada pour extrader Meng, qui a été arrêtée fin 2018 à Vancouver à la demande de responsables américains, afin qu'elle puisse faire face à des accusations aux États-Unis. Meng est la fille aînée du fondateur de Huawei, Ren Zhengfei.

Un bouc émissaire trop « complexe » pour les États-Unis ?

Ce mois-ci, l'administration devrait essayer de resserrer encore l’étau autour d’Huawei en fermant une échappatoire qui a permis à la société de continuer à acheter des pièces et des produits à des sociétés américaines, malgré l'interdiction imposée par l'administration Trump de vendre à Huawei. Alors que le Pentagone s'est initialement opposé à cet effort, craignant que cela ne nuise aux fournisseurs de matériel de défense, il a maintenant inversé sa position sous la pression d'autres responsables administratifs.

Mais l'effort pour handicaper Huawei a été compliqué par le manque d'alternative à la société, qui propose des équipements de télécommunications à bas prix partiellement subventionnés par le gouvernement chinois. À l'heure actuelle, les seuls véritables concurrents sont Nokia et Ericsson, deux entreprises européennes qui affirment avoir déployé plus de réseaux 5G que Huawei, mais ont clairement du mal à égaler ses prix ou à suivre la recherche et le développement de l'entreprise chinoise.

Aussi, l'administration Trump s’est empressée de présenter aux pays européens et autres une autre option. En l'espace de 10 jours, le procureur général William P. Barr, le vice-président Mike Pence et d'autres responsables ont proposé différentes stratégies américaines pour construire un concurrent crédible pour Huawei. Pourtant, parfois, ils se contredisent, souvent en public.

Lors de réunions privées, Trump a exhorté les entreprises américaines à se lancer elles-mêmes dans la compétition. Mais l'administration est profondément divisée en interne sur la question de savoir si les États-Unis doivent investir dans la technologie ou quitter le marché pour la régler.

Barr s’est encore illustré dans un discours ce mois-ci où il a appelé à l'acquisition américaine de Nokia et d'Ericsson « par la propriété américaine d'une participation majoritaire, soit directement, soit par le biais d'un consortium de sociétés privées américaines et alliées ».

« Nous et nos alliés les plus proches devons certainement envisager activement cette approche », a estimé Barr.

Source : NYT

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Avatar de Acheumeuneu
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 19/02/2020 à 19:22
Les européens ont compris que Trump est un gros bidon et que les Etats-Unis apparaissent de moins en moins comme un allié fiable en tout cas tant que Moumoutte sera au pouvoir.
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Avatar de pboulanger
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 19/02/2020 à 8:50
et les US ne font pas pareils sur le matériel américain vendu à l'étranger? La NSA n'espionne pas les alliés des US? Boeing n'a jamais gagné de contrat grâce à de l'espionnage économique faite par la CIA?
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Avatar de yahiko
Rédacteur/Modérateur https://www.developpez.com
Le 19/02/2020 à 9:31
Les subventions pour Nokia et Ericsson vont avoir l'effet inverse de celui escompté.
Au lieu de les stimuler, cette manne financière va juste valider la relative médiocrité de ces deux entreprises.
Fausse bonne idée en fait.
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Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 25/02/2020 à 11:33
L'espionnage est un prétexte... Si ça se trouve la Chine n'espionne personne d'autres que les chinois.
Les USA sont mécontent de se faire dépasser technologiquement par la Chine.
Les USA sont en train de perdre leur place de première puissance mondiale, ils essaient de résister comme ils peuvent, c'est un mécanisme de survie.

Cn ce moment l'économie est dans un état catastrophique, mais globalement la Chine est en croissance et les USA en récession, petit à petit l'écart de ressert et les USA ne veulent pas être deuxième.
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Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 28/02/2020 à 10:27
Citation Envoyé par lechapelierfou33 Voir le message
Pour en revenir au sujet Huawei et USA tous vous mettent en garde pour mieux vous surveiller
Je pense que Trump essaie d'affaiblir Huawei pour que cette société vende moins de smartphones.
Le problème c'est qu'elle ne se laisse par faire, Huawei a lancé Huawei AppGallery un concurrent à l'App Store et au Play Store. À chaque fois que les USA attaques Huawei ça motive la marque a devenir plus forte. Huawei c'est peut-être le prochain Apple

Huawei va construire une usine en France, c'est sympa :
Huawei choisit la France pour sa première usine hors de Chine

===
Pour l'histoire de l'espionnage il faut attendre un lanceur d'alerte du type Julian Assange / Edward Snowden mais en plus chinois.
La France a refusé d’accueillir les lanceurs d'alertes US, mais je pense qu'elle accepterait de protéger les lanceurs d'alertes chinois. Parce qu'on est pas soumis à la Chine comme on est soumis aux USA. On se fait tyranniser par les USA.
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Avatar de Jean.Luc
Membre à l'essai https://www.developpez.com
Le 29/02/2020 à 8:29
J'ai un téléphone HUAWEI et dans le "play store" il est noté "Certifié" par Google.
Je l'ai en décembre 2019 donc bien après le mois de mai, et j'accède à toutes les fonctionnalités Google.

A mon avis, il y a ce qui se dit au niveau échange société et état et la réalité du terrain, c'est que Google ne veut pas perdre des parts de marché à cause d'un président qui ne sera là que pendant un temps et en gardant le pied dans l'étrier, ils assurent leur pérennité.
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Avatar de L33tige
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 19/02/2020 à 8:49
"trop « complexe »"

Ah oui effectivement se rendre compte que rester uniquement local ça donne pas envie aux autres pays de nous suivre c'est COMPLEXE, qui aurait pu prévoir ça, vraiment, 200 de qi au moins.
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Avatar de Jon Shannow
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 19/02/2020 à 13:27
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Le gouvernement Obama aurait fait exactement pareil
Ça, tu n'en sais strictement rien. Obama ne l'a pas fait, Trump si !
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Avatar de CaptainDangeax
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 20/02/2020 à 10:24
Trop marrant, les US ont déjà exporté toute leur production en Chine. Il n'est pas trop difficile de faire tomber le container du camion.
Les États-Unis tentent également de limiter plus largement l'accès de la Chine aux technologies américaines et envisagent de restreindre les ventes de micropuces, d'intelligence artificielle, de robotique et de certains types de logiciels avancés, ainsi que d'empêcher les entreprises technologiques de s'associer (ou même de faire de la recherche) avec les entreprises chinoises.
En plus, ce sont les chinois qui récupèrent toutes les vieilles cartes électroniques et qui démontent les puces qu'il y a dessus. Il suffit d'aller sur Aliexpress pour trouver tout et n'importe quoi, en pièce détachée ou réutilisé dans du neuf, du chip sonore et graphique de TI99/4A aux avant-derniers chipsets d'Intel et les Xeon qui vont avec.
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Avatar de abgech
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 25/02/2020 à 8:45
Tant qu'à faire, je préfère être espionné par les Chinois que par les Étatsuniens.

Après tout, les Chinois ont plus de 3000 ans de civilisation derrière eux, les Étatsuniens n'ont qu'un peu moins de 250 ans de barbarie.
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